‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 123 sur 189 · LARYNGITE · texte numérisé non relu

LARYNGITE

POIiYPSS DSS KABIKSS.

Cette affection mérite de nous arrêter ici, ayant été assez souvent guérie par l'administration interne des médicaments homœopathiques, en particulier Teucrium et Calcarea (1). Le premier convient mieux pour les polypes muqueux, les produits du catarrhe chronique; le second aux véritables productions sarcomateuses. — Phosphorus a aussi quelque réputation dans le traitement de la dernière variété, et serait approprié aux cas où la végétation saignerait facilement; enfin, on ne doit pas oublier la relation de Thuya à ces tumeurs. Ce dernier médicament, ainsi que le Teucrium, peuvent souvent être appliqué? localement avec avantage.

Du nez, nous passons au larynx.

IiAryngitt:.

Cette affection n'est pas pour nous aussi redoutable que pour l'ancien système. Nous ne disons pas, comme Aitken, si les inhalations, les sangsues et les fomentations échouent, « la trachéotomie ne doit pas être différée. «Je veux vous renvoyer à quelques cas publiés dans le Monthly Homœopathic Review de 1866, par le D^ Meyhoffer, de Nice. Vous verrez que nous avons quelques médicaments importants en relation spécifique avec le Larynx et ses états inflammatoires. \j' Aconit paraît être indispensable au commencement, et suffit même quelquefois à la cure. Spongia^ Jtali bichromïcum, Bromum, et Hepar Sulfuris viennent ensuite par rang d'utilité. Les deux premiers ont le plus d'expérience en leur faveur, Hepar convient mieux lorsque la toux est devenue facile, mais que l'enrouement persiste. Si l'œdème de la glotte survenait, des doses répétées ^*Apis donneraient les meilleures chances d'éviter la trachéotomie.

Une forme plus superficielle de laryngite peut être

(1) Voy. BHU Joum. ofJËtom.y XT, 484, Monthly ffom, Review, VUI, 559.

HuOHU. — Thérap. homaop. <>

386 MALADIES DES ORGANSS RESPII^TOIRES.

désignée SOUS le nom de a catarrhe laryngé. » Sous ce titre ; il existe un bon article par le D»^ Kleinert dans le douzième Tolume du Brîstih Journal, Il parait avoir acquis une grande expérience chez les chanteurs de profession, qui partout se trouvent en vérité avoir recours de préférence aux conseils de l'homœopathie. Vous tirerez un grand profit de ses remarques et des cas décrits par lui. Cat/5^ecwm,Bromum,et Sélénium, avec TAconit, dans les cas récents, et Carbo vegetabilis dans les cas plus chroniques, paraissent être ses principaux médicaments. Le premier et le second sont ceux que mon expérience particulière me porte à recommander (1).

Pour la laryngite chronique nous avons encore l'expérience du D' Meyhoffer, sous la forme d'une série de chapitres de son excellent traité intitulé Chronic diseuses of the organs of Respiration. Il parle en premier lieu de la variété catarrhale, et montre les effets duKali bichromicum, du Tartarus emeticus, du Kali iodatum, de THepar sulfuris, duManganum aceticum, de Carbo vegetabilis, et du Phosphorus. Le premier est indiqué par une expectoration glutineuse, le second par une expectoration abondante et facile ; Kali iodatum, Manganum et Phosphorus dans les cas où le larynx est sec et irritable ; Hepar sulfuris daÉs ceux où, tandis que l'expectoration est comme celle de Kali brichromicum, l'organisme du malade est plus malsain ; et Carbo dans les « vieux catarrhes des sujets âgés, ou des personnes dont la vitalité est réduite au degré le plus bas, par une nutrition insuffisante plutôt que par la maladie, avec une dilatation veineuse capillaire des parties pharyngo-laryngées, et une torpeur marquée de toutes les fonctions. »

L'expérience du D' Wurmb à l'hôpital Léopoldstadt, de Vienne, confirme la valeur de ce dernier médicament (2).

(1) Il existe encore bien d'autres médicaments usités dans le traitement de ces laryngites, tels que Ambra grisea^ Arv/m trijphyllumj Merourius soluhilis^ Rumex crispics, etc.

(Note du traducteur).

(2) Voy. BHt, Joum. of Hom., XXII, 347.

LARTNGITB. 387

Le D' Meyhoffer ajoute Causticum et Lachesis, le premier pour relever la vigueur, le second pour diminuer Tirritabilité de l'organe. Il parle ensuite d'une forme plus tenace de laryngite chronique, la folliculaire ; il fait remarquer que celle-ci est en général primitive, tandis que la variété catarrhale est d'habitude la suite d'une série d'attaques aiguës. L'Iode et son composé de potassium sont ici ses principaux médicaments ; et il trouve leur gipplication locale nécessaire dans la plupart des cas où l'on veut obtenir une prompte guérison. Lorsque la laryngite folliculaire est la manifestation d'un état morbide général de l'économie, susceptible de se déceler par des éruptions cutanées (la diathèse « herpétique » ou « dartreuse » des Français), il trouve Sulfur de la plus grande valeur, quelquefois aux atténuations homœopathiques, d'autres fois aux eaux thermales des Pyrénées. Le D' Meyhoffer passe ensuite aux altérations plus profondes auxquelles le larynx est sujet, la laryngite hypertrophique, l'inflammation des cordes vocales et la périchondrite laryngée. Pour toutes ces affections il regarde, le traitement local comme indispensable, et Thomœopathie n'a que peu de chose à leur faire. Il en est autrement, cependant, de cette affection encore plus sérieuse, la laryngite tuberculeuse (phthisie laryngée). Ici, quoiqu'il regarde l'administration directe et indirecte conjointement des remèdes appropriés comme la meilleure pratique, il est convaincu de Tefûcacité du dernier de ces modes même employé seul. Les médicaments dont il a obtenu les meilleurs résultats sont Nitri acidum, Argentum nitricum, Arsenicum, lodium et Séléniate de Soude, le premier et le dernier convenant aux cas les plus récents, et les autres à ceux d'une plus longue date. De plus, la syphilis laryngée nécessite à peine un traitement local. Lorsqu'elle survient en même temps que des symptômes secondaires, Mercurius corrosivus et Nitri acidum en sont les remèdes, le premier lorsque des ulcères, le second lorsque des plaques muqueuses et des condylomes constituent la lésion. Dans la syphilis tertiaire du Larynx, il regarde le Mercu-

rius biniodatus et l'Iodure de Potassium comme répondant à tous les besoins, et ne croit pas nécessaire de donner de fortes doses du dernier. Lorsque la peau est très éruptive, il obtient souvent les meilleurs résultats du Cinnabaris, à la troisième trituration ou à de plus hautes.

Je me suis aussi étendu sar les recommandations du Df Meyhoffer parce que sa position (à Nice) lui a fourni des occasions exceptionnelles d'étudier cette classe d'affections, et à cause du caractère tout à fait scientifique et satisfaisant de ses écrits sur ce sujet. Parmi nos autres thérapeutistes, Jousset ne s'occupe que de la forme tuberculeuse (ou comme il l'appelle, scrofuleuse) ; il ajoute Drosera ou Calcarea aux médicaments qui lui conviennent, le premier lorsque la toux est fréquente et violente, le second lorsqu'il y a des ulcérations. Les indications médicamenteuses de Bâhr, autant qu'il en donne, sont principalement les mêmes que celles du D^ Meyhoffer, quoiqu'il attache plus d'importance au Manganum. Le seul point qui distingue Kafka est sa recommandation de l'atropine (en gouttes de la première dilution du sulfate) lorsque la toux sympathique des ulcérations laryngiennes est douloureuse.

Outre les affections laryngées des enfants, dont je parlerai en temps et lieu, j'ai encore à citer deux autres états morbides dont l'organe est Susceptible, qui peuvent être ou n'être pas la conséquence de ses inflammations : ce sont l'œdème de la glotte et Taphonie.

CBDàMB BS IjA OIjOTTE!.

Je pense que le meilleur conseil que je puisse vous donner quant au traitement de cette dangereuse affection, dans n'importe quelle circonstance elle survienne, est de recourir à Apis» Du moment que ce médicament a pu la guérir même dans la forme la plus fatale, c'est-à-dire celle qui affecte les enfants qui ont bu au bec d'une théière, il sera probablement capable de combattre les autres formes de la maladie. S'il venait jamais à vous

Page 1