ASTHME
A Taide de ces médicaments on peut donner beaucoup de soulagement aux patients sous le coup de cette maladie intraitable autrement. On peut aussi les aider dans leur action en combattant quelques-uns des symptômes incidents qui les épuisent, par exemple avec Lycopodtuniy lorsqu'il se développe un catarrhe intestinal avec flatulence et constipation, avec Ligitalis et PhospTwruSj lorsqu'à la dyspnée vient s'ajouter une faiblesse de l'action cardiaque.
Pour d'autres avis à ce sujet, je vous renvoie à un savant, mémoire sur cette affection, par le D' Edward Blake, que vous trouverez dans le Monthly Homœopathic Revieto de 1877.
Je limite nécessairement cette dénomination à la vraie dyspnée paroxystique idiopathique, et je ne comprends pas sous ce titre les variétés de respiration difficile, qui sont quelquefois appelées à tort « asthmatiques ». Cependant, je ne saurais la regarder comme « asthme spasmodique », car jepense qu'il reste encore àprouver que le spasme soit dans l'essence de l'affection. Je connais peu de morceaux plus intéressants de raisonnement pathologique que l'argument du D' Russell, à savoir que la dyspnée de l'asthme serait une exagération morbide du besoin de respirer^ et qu'il n'y a là aucune asphyxie réelle présente ou imminente. J'ai recours à son étude de la maladie dans ses neuvième et dixième leçons cliniques. Il y étudie les médicaments les plus convenables pour la combattre, et si à ses remarques vous voulez joindre le mémoire du D' Blundell, dans le second volume des Annals, avec la discussion à laquelle il donna lieu, vous aurez sous les yeux la substance de l'expérience anglaise dans le traitement de l'asthme. Jahr vous fournira ensuite celle des plus anciens homœopathes, et Bâhr et Jousset celle de l'école moderne en Allemagne et en Franôe.
En premier lieu, que pouvons-nous pendant l'accès ? Possédons-nous quelques médicaments capables de donner
un prompt soulagement ? Ou devons-nous avoir recours à la fumée de la cigarette de stramoMum, ou à l'inhalalation des vapeurs du papier nitré, en honneur dans la vieille école ? Le dernier moyen est au moins innocent, s*il devient nécessaire. Mais très souvent nos médicaments agissent avec une grande rapidité. Si vous êtes appelé auprès d'un malade en puissance d'un accès, assu* rez-vous d'abord si la cause déterminante a été atmosphérique, comme le brouillard, ou Tair froid et sec. S'il en est ainsi, donnez-lui Y Aconit, à doses répétées. Si, d'autre part, l'estomac paraît avoir donné la provocation, administrez Lohelia de la même manière, non pas comme émétique ou déprimant, mais de la seconde à la sixième dilution. Si on ne peut trouver aucune cause déterminante, Ipecacuanha (teinture mère ou première trituration décimale) doit être administré lorsqu'il existe des symptômes de bronchite, Cupmm et Hydrocyanic acid. lorsque l'attaque paraît purement nerveuse (comme lorsque le chloroforme et d'autres sédatifs en arrêtent entièrement des accès). Si vous avez des raisons pour penser que le traitement curatif du cas devra être fait avec l'Arsenic, vous ferez bien d'essayer celui-ci comme médicament de l'accès, sur lequel, ainsi que le dit Bàhr, il « exerce quelquefois un effet magique » . Pour n'oublier aucun secours possible, j'ajouterai que Jousset a obtenu de bons résultats de Sambucus^ lorsque l'obstacle à la respiration était très prononcé .
Lorsque par ces moyens vous aurez soulagé votre malade de son accès, vous aurez à étudier les meilleurs moyens d'en prévenir le retour. Les principaux médicaments que je citerai sous ce rapport sont Nux vomica, Arsenicum et Sulfur.
Nux vomica est peut être le meilleur médicament curatif que nous ayons pour l'asthme « spasmodique » simple, dans lequel il n'existe pas de lésion bronchique, mais une excitabilité réflexe permanente du pneumogastrique par les impressions externes ou celles par la voie de l'estomac. Un des premiers cas qui rendirent
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Hahnemann fameux était de cette nature ; et Nux fut donné à doses massives. Le D''Kidd dit qu'il le considère aussi comme notre meilleur antiasthmatique. Tout en vous donnant confiance dans le médicament, son témoignage peut aussi vous suggérer les doses auxquelles vous devriez l'employer (1). Vous pourrez souvent, il est vrai, obtenir tous les bons effets de Nux dans cette maladie, de son alcaloïde la Strychnine.
Arsenicum est placé à la fois par Bâhr et Jousset à la tête de nos médicaments de Tasthme. Symptomatiquement, il est indiqué par la venue des accès vers minuit, par la gravité des souffrances du malade et sa détresse pendant Taccès, et sa prostration après, tandis que sa susceptibilité aux causes déterminantes n'est pas si marquée que dans les cas indiquant Nux vomica. LeD' Russell Testime plus lorsque Tasthme bronchique tend à devenir, ou est devenu chronique; et il donne plusieurs exemples de son efficacité. Il est aussi indiqué d'une manière évidente par la coexistence de Temphysème ou d'une affection cardiaque. Mais TArsenic est non moins précieux lorsque l'asthme se présente à nous comme une névrose pure et typique, héréditaire (sans l'intervention de la goutte), et pouvant se changer en d'autres formes d'affections nerveuses. La faveur croissante dont il jouit dans la thérapeutique ordinaire en pareil cas n'est que le reflet de celle dont il jouissait depuis longtemps dans l'école de Hahnemann.
Dans un grand nombre de cas d'asthme vous découvrirez, en cherchant, l'hérédité ou la proclivité goutteuse,
(1) Je puis confirmer la remarque suivante du D' Russell, à propos de ce médicament, oc Lorsque l'accès est terminé, il laisse après lui un état des organes digestifs pour lequel Nux vomica est le grand remède. La langue est recouverte d'un enduit jaune épais ; il existe souvent de légères nausées, de la flatulence et de la constipation. En outre, la respiration est rarement tout à fait nette, en général il reste une sorte de réminiscence physique du combat. Le patient sent qu'il ne doit prendre aucune liberté, soit de régime, soit d'exercice. Rien ne remédie aussi efficacement à cet état d'embarras secondaire que Nux vomica. »
402 liALADIBS AFFECTANT LES ORGANES RESPIRATOIRES.
OU quelque forme d'affection cutanée alternant avec la dyspnée « asthme dartreux » des Français). Dans ces cas quoique dans la seconde alternative Arsenic puisse agir favorablement) vous obtiendrez les résultats les plus satisfaisants de Sulfur. Vous pouvez envoyer vos malades à une source sulfureuse, comme le conseille le D' Russell ; mais je pense qu'ils obtiendront souvent des résultats presque satisfaisants chez eux à l'aide des atténuations habituelles du médicament, desquelles je préfère, dans ce cas, les plus basses.
Il est un autre médicament qu'il ne faut pas oublier dans le traitement de l'asthme, et celui-ci est l'Iode. Le traitement de cette maladie par Tiodure de Potassium jouit d'une faveur croissante dans la vieille école, et Bâhr appelle Tattention sur la fréquence de l'asthme parmi les symptômes de l'empoisonnement lent par cette substance. «Dans \e Deutsche Klinik de 1856 », il décrit a trois cas d'asthme iodique qui présentent un véritable intérêt : L'asthme se montra après un usage prolongé de la drogue, tandis qu'une intoxication aiguë par l'iode ne détermine jamais d'asthme. » Il est donc probable que l'homœopathîe est enjeu dans ce point de thérapeutique, et dans ce cas cela nous encouragerait à remployer.
En dernier lieu, j'appellerai votre attention sur Aurum, en tant que causant une dyspnée marquée, fait qui n'a été jusqu'à présent ni étudié, ni utilisé.