‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 138 sur 189 · NÉPHRITE ALBUMINEUSE · texte numérisé non relu

NÉPHRITE ALBUMINEUSE

Bartels, que lorsque Tatrophie secondaire survient après une néphrite de longue durée, le cœur commence en même temps à s'épaissir et la tension artérielle à augmenter. Les six chats chez lesquels Quaglio détermina une néphrite albumineuse furent empoisonnés lentement pendant des périodes de un à dix mois ; et chez les quatre chez lesquels le ventricule gauche était hypertrophié, Tatrophie secondaire peut bien avoir commencé. La néphrite arsenicale n'est pas aussi aiguë que la néphrite cantharidienne, et pour cette raison même je trouve TArsenic préférable dans la plupart des cas de néphrite post scarlatineuse.. Dans la maladie de Bright chronique il renforcera Terebinthina dans beaucoup de cas, et il lui serait préférable dans ceux ayant une origine matérielle, ses rapports avec l'inflammation des membranes séreuses nous fournissant un autre argument pour son homœopathicité dans la maladie et en indiquant l'emploi, sinon préventivement au moins lorsque celle-ci se montre.

Je dois parler maintenant plus brièvement de quelques autres médicaments qui paraissent avoir une relation avec la néphrite albumineuse.

Aconit serait évidemment indiqué, d'après son action générale, lorsqu'une néphrite aiguë, suite d'un refroidissement, est accompagnée d'une anasarque générale à développement rapide, constituant « l'hydropisie rénale aiguë » des anciens auteurs. Mais il paraît aujourd'hui être un irritant spécifique des reins, depuis que dans un cas récent d'empoisonnement observé par lui on trouva l'urine chargée d'albumine et de fragments de tubes, lesquels disparurent rapidement lorsque le malade se rétablit.

Apis semble, d'après l'expérience thérapeuthique, agir sur les reins en grande partie comme la Térébenthine et les Cantharides, déterminant un flux abondant d'urine dans les états congestifs des reins, et enlevant ainsi l'œdème. Son action physiologique dans cette sphère est inconnue. C'est un remède favori de l'hydro-

pisie post scarlatineuse entre les mains de beaucoup de praticiens, et dans la néphrite de la grossesse.

Aurum Mun'aticum guérit un cas grave de la maladie, avec hjdropisie locale et générale, traité à l'hôpital de Leopoldstadt, de Vienne, et est recommandé par Liedbeck et Buchner. Il devrait être utile là où TArsenic est indiqué, mais il a échoué. Le D** Bartholow en dit du bien dans le traitement de la néphrite interstitielle.

Chelidonium a déterminé des symptômes très frappants de néphrite desquamative. Outre les phénomènes généraux d'irritation rénale, un examen de Turine dans un cas y montra la présence de tubes cylindriques remplis de cellules épithéliales.

La lésion dans ce cas était si considérable, qu'il survint un gonflement œdémateux des extrémités.

La relation du Chelidonium à la pneumonie devient ici importante, à cause de l'occurrence fréquente de cette inflammation comme complication de la néphrite tubaire chez les enfants.

Le D' Buchner a publié un cas de guérison d'une affection rénale chronique par ce médicament ; mais il fut traité à distance et trop imparfaitement décrit pour pouvoir être identifié.

Hcllehorus ni^er possède une grande réputation parmi nous comme médicament de l'hydropisie post scarlatineuse, et c'est évidemment un irritant des reins. Nous ne savons cependant pas si son aclion s'étend plus loin que ces organes.

Hepar sulfuris est très préconisé par Kafka pour la même affection, sur cette donnée pathologique qu'elle consisterait en une néphrite croupale. Je me permets pourtant d'en douter. Les soi-disant tubes fibrineux qui apparaissent dans l'urine sont simplement, je crois, de l'albumine coagulée ; ils varient en nombre en proportion directe de la quantité de l'urine.

Le cas d'empoisonnement par Phosphoruê que j'ai relaté dans mes leçons indique le pouvoir quïl possède de déterminer une néphrite véritable, et Sorge affirme que

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dans ses expériences a Turine contenait à plusieurs reprises nombre de cellules épithéliales, de pus, de corpuscules muqueux, dans six cas de Talbumine, dans deux des tubes sécréteurs, dans un des globules sanguins. »

Rapprochantces faits de l'action profonde de cette drogue sur le sang et de son pouvoir de déterminer la pneumonie, elle devrait jouer un rôle important dans le traitement de la maladie de Bright. Je suis d'accord avec Bâhr en la croyant spécialement appropriée à ces cas (non amyloïdes) qui surviennent dans le cours des suppurations chroniques.

Sahina et Scilla ont toutes deux dans leurs symptômes l'urine rare, sanguinolente et albumineuse, et pourraient trouver place dans le traitement de la présente maladie, la première lorsqu'elle se montre pendant la grossesse ; la seconde lorsqu'elle prend la forme d'une hydropisie rénale aiguë.

Solania^ le principe actif de la Dulcamara, détermine aussi de semblables effets, et la réputation de la plante dontelleestissuedansles affections résultantdu froid et de l'humidité garantit les services qu'elle peut rendre dans la première période d'une néphrite albumineuse chronique ayant ces sortes de causes.

> Quant aux complications incidentes de cette forme de maladie de Bright, j'ai déjà mentionné Arsenicum pour les inflammations séreuses, auxquelles il convient le plus, Chelidonium et Phosphorus pour la Pneumonie. Je parlerai de l'Urémie et de ses effets lorsque j'aurai étudié Vautre forme de la maladie à laquelle elle se rattache.

Je n'ai qu'à ajouter qu'il n'y a rien dans la médication spécifique que j'ai recommandée qui soit capable de contre-indiquer ou rendre inutiles les adjuvants tels que le régime lacté préconisé par Donkin, ou les moyens diaphoré tiques si prisés par Bartels. Dans une maladie si grave que celle-ci, aucun secours n'est à dédaigner.

Je traiterai des autres formes dominantes de la maladie de Bright sous le titre de :

466 MALADIB8 AFFBCTANT LBS ORQANBS URINAIRBS«

Celle-ci est la véritable atrophie primitive aiguë du rein, la « Néphrite desquamative chronique » de Johnson, la « cirrhose rénale » de Dickinson et Grainger Stewart, la «néphrite interstitielle» des pathologistes Français. Ç*est une affau*e très sérieuse, et Thomoeopathie, tout comme la médecine traditionnelle, doit reconnaître qu*ici la terminaison ordinaire est la mort; j'ai toujours fait remarquer que si nous devions jamais espérer quelque chose, ce serait du côté du Plumbum. J'ai fait voir dans ma Pharmacàdynamique la complète homœopathicité de ce médicament à la maladie, et il correspond non seulement à la lésion rénale, mais encore aux traits concomitants tels que les altérations artérielles, Tamaurose, la tendance à Fhémorrhagie, la cachexie et le découragement. Je n'ai cependant aucune expérience favorable à joindre à celle de mon premier travail, et le D»* Jousset est obligé d'avouer les mécomptes qu'il a eus avec lui. Le D' Samuel Jones a cependant publié un cas intéressant de cette nature dans le douzième volume de V American ffomœopathic Observer, Le tableau de l'analyse hebdomadaire de l'urine donné par lui montre bien la diminution progressive de l'albumine, et l'augmentation de l'urée sous l'influence du médicament qui fut donné à la 30* trituration.

Le malade (qui était âgé de 52 ans) « échangea sa mine jaunâtre et pâteuse contre l'apparence rubiconde de la santé, » et regagna sa santé et sa vigueur ordinaires.

Tandis, cependant, que nous devrions donner à nos malades l'avantage d'un usage continu de ce' médicament, qui, s'il est le moins du monde bienfaisant, doit l'être radicalement, nous les soulagerons mieux encore en tentant de combattre les complications. Parmi celles-ci, la plus nuisible et ennuyeuse peut-être est la dyspepsie, avec les vomissements qui l'accompagnent. Le D' Jousset parle chaudement de la valeur qu'a ici Nux vomica» «Nous avons vu sous son influence, » écrit-il, « la diges- '

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