DIABÈTE SUCRE
Celui-ci est le métalrare et nouveau appelé Vranîum^ donné sous la forme d'un de ses sels solubles (le nitrate ouïe muriate). Dans nia Pharmaoodynamique y^X donné avec quelques détails la preuve de Thomœopathicité et de Tefficacité de ce médicament, je n'ai à ajouter ici que le témoignage donné par le D'Jousset sur sa valeur(l): «Cette substance, » écrit- il, « qui produit un diabète artificiel chez les chiens, détermine chezles diabétiques la disparition du sucre sans régime restreint. Il existe même un certain nombre d'observations dans lesquelles la maladie a été complètement guérie. Les praticiens qui ont employé Tazotate d'Urane l'ont donné en général à doses croissantes des premières triturations décimales (Curie, Ozanam). Cependant, nous avons un bel exemple d'une cure complète avec la 6® dilution (Love). Huit années d'expérience ont confirmé dans mon esprit l'action favorable de ce médicament dans le traitement du diabète. Il produit rarement une guérison radicale et définitive, mais amène presque toujours une amélioration considérable de l'état général du malade. L'indication principale pour le choisir est une soif excessive. »
Quant aux indications distinctes des deux médicaments ci-dessus, je suis de plus en plus convaincu que la principale est celle que j'ai donnée dans ma leçon snr l'Uranium, c'est-à-dire, « qu'il convient mieux aux cas ayant leur origine. dans la dyspepsie ou les désordres d'assimilation, tandis que l'acide Phosphorique excelle dans ceux où le point de départ gît dans le système nerveux. » Je suis heureux de voir que Senator les reconnaît comme les deux formes principales de la maladie. Nous avons, dit-il, a un diabète procédant primitivement du système nerveux (névrogénique) et un diabète procédant primitivement du canal intestinal ou du foie (gastro-entérogénique ou hépatogénique). » Je fus moi-même conduit à découvrir l'existence de ces deux formes d'après l'action
(1) Jousset, Eléments de médecine pratiquet 2« «clit., Paris, 1877.
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des médicaments qui les déterminent et les guérissent. Je suis porté à croire le diabète plus souvent « névrogénique », et par suite à penser que Tacide Phosphorique est plus souvent indiqué que l'Uranium pour son traitement. En effet, dans les trois derniers cas que j*ai eus à traiter, le désordre pouvait être attribué, dans le premier à. Tanxiété qui avait accompagné des pertes subies, dans le second, à une hémiplégie, dans le troisième, à une maladie épuisante de longue durée (qui n*avait cependant pas intéressé les organes digestifs).
Nous aurions encore besoin d'un médicament antidiabétique pour les cas dans lesquels, sans qu'il y ait d'antécédents d'affections des centres nerveux, la maladie semble avoir commencé dans le foie, et être, pour nous servir de l'expression de Senator, d'origine hépatogéuique. Le D^ Sharp a publié deux cas dans lesquels CAamomilla, à la première dilution, fut ce médicament^ sans grande restriction du régime (1).
De plus, nous rencontrons quelquefois des cas de diabète à marche extrêmement rapide ; et menaçant la vie en quelques semaines {Bïabetus acutes et acuttssimus). Ici, nous devons, je pense, invoquer l'aide de ces médicaments nervins que les expériences physiologiques sur les animaux ont démontrés être capables de déterminer . la glycosurie. Je parle spécialement de la Morphine et du CurarSy dont notre autorité pour ces sortes de propriétés est Claude Bernard (2) lui-même.
En dernier lieu, nous devons aviser à ce que nous devrions faire dans ces intoxications cérébrales subites qui se montrent quelquefois dans le cours du diabète, analogues à l'urémie de la maladie de Bright, et appelée (provisoirement) acetonaemie, d'après le poison dont on suppose le sang chargé. J'ai peine à croire qu'aucun mé-
(1) Sharp, Essays on Medicine. p. 791.
{2) Claude Bernard, Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1857, 1 vol. in-8. — La science expé» rimentaUj 2e édition, Paris, 1878. — Leçons de physiologie opératoiri?. Paris, 1879.
DUBÉTB mSIPIDE. 475
dicament spécifique puisse nous aider beaucoup ici, et, comme dans Turémie, nous ferons de meilleure besogne en mettant en jeu les fonctions de la peau.
Il y a peu à apprendre dans nos auteurs systématiques quant au traitement du diabète. Bâhr en parle d'une manière très désespérée, et ne fait que des recommandations théoriques. Jousset, outre ce que j'ai cité de lui à propos de l'Uranium, dit avoir obtenu des résultats réels à'Arsenicum, et Yeldham ainsi que Von Granvogl ont chacun publié un cas de guérison avec ce dernier médicament. Ils voient tous deux dans Kreosotum un médicament qui promet; et sans aucun doute les vertus qu'il possède sont dues à une homœopathicité grossière à la maladie.
Pour un médicament à opposer au
DIAB&TB INSIPIDi:
VOUS chercherez naturellement parmi ceux qui formant l'ordre des « diurétiques. » Parmi eux, Scilla mérite toute notre attention. Le premier cas dans lequel je le donnai fut celui d'un officier indien, qui pendant deux ans avait rendu des quantités extraordinaires d'urine pâle. Il n'y avait pas de symptômes spéciaux, mais cette excrétion paraissait tenir sa santé et ses forces au-dessous de leur niveau normal. L'acide Phosphorique que je lui donnai ne lui fit aucun bien. Il prit alors Scilla 2^, trois gouttes dans de l'eau trois fois par jour. Après avoir continué ce traitement pendant trois ou quatre semaines, il me dit que l'urine était retombée à sa quantité'normale, et qu'il se sentait tout à fait bien. Depuis, je l'ai donné dans un cas semblable et avec les mêmes résultats.
Outre les diurétiques ordinaires, d'autres médicaments tels qu'Argentum et Murex purpurea ont procuré quelquefois des guérisons. Les médicaments du diabète sucré, l'acide Phosphorique et l'Uranium, sont aussi applicables icii le dernier est surtout indiqué lorsque l'urine est
476 MALADIES AFFECTANT LES OR0AKBS UmNAIRES.
acre. Le diabète insipide, cependant, est si souvent la conséquence de lésions incurables de cette partie du cerveau dpnt l*îrH|a*ion peut le déterminer que son pronostic est rarement favorable.
La chylurie se voit rarement dans nos pays, et est en apparence indigène des régions tropicales du continent américain {l).ll est naturel de la supposer dépendante de quelque communication des vaisseaux chjlifères avec les voies urinaires ; mais il est reconnu que jamais semblable communication n*apu être démontrée. En attendant, il ne peut y avoir aucun mal à tenter de la traiter par des médicaments constftutionnels ; et ici encore, celui qui paraît promettre le plus de résultats est racide Phosphorïque. Le D' Chapman, en mentionnant la valeur de ce^ médicament dans les dérangements nutritifs des enfants accompagnés d'un état laiteux des urines, en a conseillé remploi dans le traitement de l'urine chyleuse des Indes orientales (2), Si maintenant vous voulez lire le compte rendu qu'a fait le D"^ Lionel Beale des symptômes constitutionnels de cette maladie, tels qu'ils les a observés dans plusieurs cas (3), vous ne pourrez faire autrement que de voir confirmée l'indication du B' Chapman, et rhomœopathicité de l'acide en question à l'état tout entier, établie. Uva ursi compte aussi quelques témoignages en sa faveur (4).
Vous aurez probablement à observer rarement V
(1) L'auteur eût pu ajouter : et de la mer des Indes. Connue à l'île Maurice sous le nom d'hématurie chyleuse, eUe s'obserye même en Europe, sur les sujets natifs de ces pays. (Note du traducteur.)
(2) Chapman, Brit, Joum. of Hom,, VII, 391.
(3) Lionel Beale, Brit. Joum, ofHom»y 1860, p. 772, et De Vurine^ des dépôts uHnaires et des calculs^ de leur composition chimique^ de leurs caractères physiologiques et pathologiques^ et desindi" cations thérapeutiques qu*ils fournissent. Paris, 18d5.
(4) Brit. Joum. ofHom., IV. 320.
AZOTURIE, GRAVELLE. 477
• AZOTURIB,
c'est-à-dire l'excès d'urée dans l'urine. Si cela vous arrivait, vous lirez avec intérêt le cas du D' Drysdale dans le vingt-cinquième volume du British Journal^ dans lequel, après l'échec de médicaments indiqués par les symptômes, Senna TM, quatre gouttes deux fois par jour, fut donnée avec un bénéfice marqué. Le D' Drysdale fut conduit à choisir ce médicament par cette assertion contenue dans le mémoire publié par le D' Cl. Millier dans le dix-septième volume, que Senna détermine invariablement chez les personnes en santé une augmentation dans la quantité de l'urée, du chlorure de sodium, des phosphates terreux et des urates de Furine, dont la pesanteur spécifique est accrue en conséquence ; vous pouvez aussi consulter ce quia été dit du Causticum (1), quoique je ne sache pas que Turée ûi partie de la perte de substance indue qu'on Ta trouvé corriger.
J'ai à parler en finissant du traitement de la
Il est nécessaire d'avoir une idée nette des états morbides variés compris sous ce titre. Je les diviserai en quatre groupes.
1. Il peut y avoir excès actuel de l'acide urique ou phosphorique formé dans l'économie et éliminé par l'urine. Cela est rare il est vrai, spécialement en ce qui regarde l'acide phosphorique. L'excès d'acide urique est nécessairement caractéristique de la diathèse goutteuse ; et je vous ai déjà dit ce que nous pouvons faire pour la modifier. La question additionnelle soulevée par cette manifestation de la diathèse est celle qui a trait à l'administration des alcalins. Je ne saurais penser que nous devions repousser l'aide temporaire de ces médicaments
(1) Hughes, Action des médicaments ouÉie'ments depharmaco^ dynamique^ Paris, 1874.
(spécialement sous forme d'eaux minérales) lorsque nous avons des raisons de craindre les doncrétions; mais je suis tout à fait opposé à leur emploi continu. L'excès d'acide Phosphorique implique le dépérissement du tissu nerveux (plus rarement une maladie des os, comiftô leur ramollissement). Leur meilleur médicament serait probablement l'acide Phosphorique lui-même sous forme dynamisée.
2. Il peut y avoir dépôts, sans excès d'acide urique ou d'urates, d'une part, ou de phosphates d'autre part. Us surviennent, ainsi que vous le savez, Tune de ce que l'urine est trop acide, l'autre de ce qu'elle est trop alcaline. Encore ici je ne puis voir d'objection à redresser la balance d'une urine sur-acide momentanément par des moyens chimiques. Mais vous êtes trop sage pour espérer une guérison radicale d'autre chose que d'un régime et d'un « modus Vivendi » convenables. Dans cette catégorie, vous tiendrez compte de l'emploi réglé du jus de limon, sur la valeur duquel le D^ Kidd a publié des exemples si nombreux et si remarquables (1). Le dépôt d'urates coïncide en général [avec quelque dérangement passager de la santé et ici n'a pas besoin d'un traitement spécial. Lorsqu'il a lieu d'une façon permanente, comme symptôme faisant partie d'un groupe d'autres ayant trait à des désordres digestifs, il signifie que le foie est intéressé. Je l'ai toujours trouvé être une indication pour Lycopodium ; mais la réexpérimentation récente de Sepia nous montre que ce médicament est aussi approprié à ces cas. Si pourtant les symptômes sont plutôt névralgiques, la présence d'urates abondants me conduit à l'emploi de la Qv/inine. Je ne saurais expliquer pourquoi il en est ainsi ; mais je vous donne cette indication après expérience. — L'urine alcaline, lorsqu'elle est ainsi sécrétée par les reins, doit être sous la dépendance d'un état de dépression de l'économie en général, spécialement du système nerveux. U acide Phosphorique ici
(1) Brit. Journ, of Hom.^ XXI, 43.
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encore doit nous assister comme médicament; et si vous aimez à le donner à doses massives de manière à en obtenir les effets chimiques en même temps que les effets dynamiques, au moins je ne vous chercherai pas querelle. Mais je crains que l'urine alcaline ne soit plus fréquemment lé résultat de l'inflammation de quelque partie de l'appareil muqueux urinaire, et ne nécessite le traitement approprié à cet état.
3. Je suppose que l'emploi de l'acide Nitro-muriatique dans l'oxalurie est un des morceaux les plus satisfaisants de la pratique ordinaire. Quelle est Wraison de son action? Il n'y a ici aucun état à neutraliser chimiquement; il est vrai que les alliances de l'acide Oxalique ont plutôt lieu avec la diathèse urique qu'avec la diathèse phosphatique, comme l'adémontréle D''Bence Jones (1). Je pense que l'acide Nitro-muriatique est un tertium quid différent soit de l'acide Nitrique, soit de l'acide Muriatique ; et que son action dans l'oxalurie est spécifique et dynamique. Je dois ajouter, d'après l'analogie de l'utilité de l'acide Phosphorique dans la diathèse phosphatique, que je donnai V acide Oxalique lui-même, à la 12® dilu* tion, dans un cas de cette nature, et avec des résultats très satisfaisants.
4. Quand, conjointement avec quelqu'une des causes et des variétés de la gravelle, celle-ci est formée en particules d'une taille telle que leur passage des reins à la vessie détermine de la douleur, nous sommes en présence d'un autre problème thérapeutique ; on pourrait à bon droit douter que Thomœopathie eût quelque chose à faire dans cet état (la colique rénale ou néphrétique des auteurs), la difficulté étant mécanique, et la douleur inséparable de la présence des grains.ou concrétions de matières solides. Certainement que, «i la douleur le nécessitait, nous serions tout à fait justifiés ici en donnant de petites doses répétées de morphine ou des inhalations de Chloroforme. Mais l'analogie du pouvoir du Calcarea sur les
(1) BrîU Journ» ofHom,, XXI, 43.
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coliques hépathiques fait penser qu'ici encore des médica ments agissant homœopathiquem«nt pourraient être trouvés; et ils paraissent exister dans ^aréert* et i=><a retra brava. J'ai cité dans ma Pharmacodynamiaue des preuves de la valeur du premier ; je puis moi-même y en ajouter. Le dernier, longtemps en réputation pour les affections nrinaires, a été éprouvé dans cette affection par le D' Turrel, et trouvé éminemment utile à toutes les puissances de la teinture mère à la 12 dilution <1) Le b' Jousset appuie de sa propre expérience l'efficacité de ce médicament.
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