‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 151 sur 189 · LETTRE XXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIX

HÀLÀDIBS DBS ORQANBS SBXUBL8 DB LA FBMMR.

L*utérus.

J^arrive actuellement aux états morbides de Yutérus lui-même. Prenant Torgane d*abord en son entier, nous avons à étudier ses états hjperémiques. Parmi eux la métrite aiguë est rare, excepté après la parturition, à propos de laquelle nous aurons à Tétudier d'une manière spéciale. L'hjperémie Chronique de Tutérus, comme celle qui est la suite d'une subinyolution et des diverses causes d'afflux ou de stase du sang dans l'organe, est assez commune, et la seule question pour nous est de savoir si nous l'appellerons congestion ou inflammation. L'accord général des auteurs modernes est en faveur de la dernière opinion, de sorte que je traiterai ici de la

MÉTRITB CHROmaiTS.

Je pense néanmoins que notre traitement doit être différent, selon que les phénomènes sont plus purement congestifs ou présentent au moins, parfois, des signes francs d'inflammation. Les premiers de ces cas sont ceux qui sont les plus aptes à survenir par suite d'une excitation sexuelle excessive ou anormale et d'une dysménorrhée obstructive, d'une part, ou d'une stase veineuse due à une congestion portale ou pelvienne, de l'autre; les derniers sont principalement consécutifs à une métrite aiguë ou à une subinvolution. Nous avons ainsi trois formes d'hyperémie utérine que nous pouvons désigner grossièrement sous les noms de congestion artérielle, engorgement vei-

MÉTBITE CHRONIQUE. 523

neux et inflammation parenchjmateuse ; et c'est à ces trois formes que nous pouvons adapter nos médicaments.

Pour la congestion artérielle de la matrice, votre choix reposera en général sur Sàbina^ Belladonna et Liliumi tigrinum. Le premier doit être choisi de préférence lorsqu'il y a forte tendance àl'hémorrhagie, et irritation rectale ou véaicale concomitante, ou les deux. Le second^ lorsque existe la sensation caractéristique de pression en bas, comme si tout le contenu du bassin voulait être rejeté au dehors, que j*ai décrite sous le nom de ténesmo du col. Le troisième, lorsqu'il y a beaucoup d'irritabilité nerveuse générale, de douleur et de sensibilité localOi avec disposition à la diarrhée.

Pour la congestion veineuse Sepia tient le plus haut rang et couvre toute Tafifection, qu'elle manque rarement d'améliorer. Un médicament alternant est Murex pwrpured^ qui est préférable lorsque les règles sont abondantes, celles de Sepia étant plutôt pauvres. Lorsque le foie est très intéressé, Magnesia muriatica soulage souvent à la fois son affection et les troubles utérins concomitants ; tandis que lorsque le rectum est le point de départ de l'affection, Collinsonia peut rendre les plus grands services.

Dans les états inflammatoires purs , le D^ Matheson (dont une des leçons est sur la métrite), voudrait nous voir recourir presque exclusivement à Belladonna , de l'efâcacité de laquelle (à basses dilutions) il parle dans les termes les plus chaleureux. Dans les cas anciens, dans lesquels l'induration est survenue, plusieurs praticiens ont obtenu d'excellents résultats d'kién^m. LeD>^Leadam conseille, quels que soient les autres médicaments donnés, d'avoir fréquemment recours à des doses intercalaires de Sulfur^ comme « antipsorique », et le Dr Jousset attache aussi beaucoup d'importance à l'origine constitutionnelle de la métrite.

Sous ce nom je veux décrire 1' « atérus irritable », qui est quelquefois un utérus congestionné, plus souvent encore un utérus fléchi, et nécessite un traitement en conséquence. Mais lorsque tous cas semblables ont été éliminés, il en reste quelques-uns auxquels s*applique bien la description de Gooch et Fergusson, dans lesquels Tuférus, sans lésion reconnaissable, est une source constante de souffrance pour lui-même et pour toute l'économie • Aucun des anciens médicaments ne vaut pour cette affection VActœa raremosa, La présence fréquente d'une diathése rhumatismale chez les malades en fortifie l'indication. Je vous recommande d'en continuer l'usage à des dilutions variées pendant un temps considérable. Le Lilium tigrinum peut aussi être utile dans ce cas.

J'ai à peine besoin de vous faire remarquer l'importance des soins généraux dans ces cas. Ils sont tracés complètement par le D*" Ludlam, qui a fait une excellente leçon clinique sur la maladie.

J'emploie ce terme pour désigner l'inflammation de la membrane muqueuse qui revêt le corps de l'utérus. On la rencontre rarement excepté dans la forme chronique, alors qu'elle constitue une des formes de la leucorrhée. Lorsque vous êtes sûr de son existence, je vous engage à avoir recours à Arsenicum pour son traitement. Ce médicament est spécialement utile lorsque l'aménorrhée est un symptôme prédominant de la maladie.

J'arrive maintenant au sujet important et difflcile du traitement des inflammations, des indurations et des ulcérations du col de l'utérus. Quelques-unes de ces affections appartiennent à la métrite, d'autres à l'endo-métrite ; mais elles tiennent par elles-mêmes une place tellement spéciale, que je préfère les étudier séparément, ce que je ferai sous le titre de :

CBRVICO-MÉTRITE. 525

CERVico - métrite:.

La tendance de toutes les inflammations de cette partie étant de former des ulcérations, leur traitement, dans la vieille école, a consisté principalement dans l'emploi des caustiques qui sont employés si libéralement dans des solutions de continuité analogues d'autres régions. Au médecin homœopathe, cependant, une semblable conclusion n'est pas possible. Il n'y a pour lui aucune raisoiî a priori de penser que des ulcérations de cette partie ne sauraient se guérir aussi bien par des médicaments internes et des applications palliatives que celles qui se montrent en d'autres régions. Cependant, le préjugé en fsfveur des caustiques locaux est si fort, et le soulagement momentané qu'ils apportent si évident, que leur abandon est une des tâches les plus difficiles à accomplir par celui qui se convertit à l'homœopathie. Je suis persuadé qu'il doit le faire s'il veut être conséquent avec son nouveau système, et non un simple éclectique. J'ai, en faveur de cette opinion, presque tous les auteurs qui, dans nos rangs, ont cultivé la gynécologie. Ce que le D*" Madden a publié de son expérience particulière sur ce point est spécialement instructif. Ayant voué une bonne partie de son attention aux affections utérines, et étant loin d'être satisfait de la médication interne dans les ulcérations du col, il proposa et employa pendant quelque temps l'application locale des caustiques (voy. son mémoire étendu dans le Brit, J(yurn, of Homœop.y vol. IX, p. 11). Mais avant qu'il se soit écoulé un petit nombre d'années, nous l'avons vu avouer franchement qu'il avait en fin de compte trouvé cette pratique nuisible, et conduisant au développement de la maladie dans d'autres parties (voy. vol. XI du môme journal, p. 638). Il nous dit finalement {Annals, vol. V, p. 129) qu'il n'employait plus jamais d'application locale utérine plus forte qu'une lotion légère de Calendula.

Le D** Ludlam représente une opinion semblable lors-

626 HALADIBS LBS OROANBS 8BXT7BLS DE LA FEMKB.

qa^il dit (1) : « Que la profession, en général, concédera et décidera un jour, et bientôt, que la cautérisation du col de la matrice, pour les ulcérations, est tout à fait aussi inexcusable et nuisible que la cautérisation de la gorge et du larynx dans la diphthérie ; je n*en doute nullement.» Les D" Jousset et Matheson pensent tous deux que les applications caustiques sont rarement nécessaires ; tandis que Técole plus strictement hahnemannienne, telle que la représentent les D'* Guemsey et Skinner (2), et (jusqu'à un certain point) Leadam, nous dit que les médicaments internes sont tout à fait suffisants sans aucun traitement local. Les seules voix réellement dissidentes que j'ai entendues dans nos rangs sont celles du D^ Moore, de Liverpool, quiy après une expérience de vingt ans, conclut à ce que, quoique des ulcères simples de la matrice puissent être guéris sans applications locales, les ulcères granuleux et les ulcères scrofnleux et syphilitiques profonds nécessitent les caustiques pour leur guérison, et le D*" Edward Blake, qui paraît trouver tout l'appareil gynécologique de la vieille école nécessaire pour traiter les maladies des femmes.

Si cependant nous avons à nous servir de ces moyens paissants, nous devons choisir le plus soigneusement possible nos médicaments spécifiques. La principale dis* tinction à faire est entre la vraie métrite cervicale, qui est une inflammation parenchymateuse, et ce que nous pouvons appeler endo-cervicitis, ou catarrhe de la mu* queuse qui tapisse Tintérieur du col. Nous pouvons^ en conséquence, avoir affaire à des ulcérations en dedans on en dehors du col ; la surface affectée dans le premier cas étant celle d*un organe glandulaire à sécrétion libre, recouvert d'un épithélium cylindrique ; dans le second cas, celle d'une membrane muqueuse ordinaire avec épithélium pavimenteuX) recouvrant un tissu ôbro-musculaire*

(1) Dans son mémoire sur la théifapetttique utérins, lu au BriUsh Homœopathic Congress de 1875. (Voyez Monthly ffomceopathio RevietOy XIX, 673).

(2) Voy. Brit. Jeurn. of ffom,, XXXVI, 157.

OBRVICO-MÉTRITB. 527

Actuellement rendo-cervicitis et rulcération de Tintérieur du col se présentent toujours à nous en clinique sous forme de leucorrhée, et j'en parlerai immédiatement sous ce titre. La métrite cervicale survient quelquefois sous une forme aiguë, comme dans un cas bien décrit par le D' Ludlam. Plus fréquemment nous la rencontrons comme affection chronique, et en général associée à un état semblable intéressant le corps de Tutérus. Dans tous ces cas, Belladonna est le grand médicament dont on doit prolonger Tusage jusqu'à ce que toute sensibilité et tout engorgement aient disparu, ou jusqu'à ce que son action paraisse épuisée.

Le D' Matheson a en lui la dernière confiance, et le D' Moore affirme que son infiuence sur les états hyperémiques du col de Tutérus est « des plus [merveilleuses. » Si vous désirez lui donner un allié, vous pouvez le trouver dans TartamÂS emettcuSj que le D*" Ludlam a dernièrement préconisé dans cet état qu'il désigne sous le nom de « chronic corporeal cervicitis.» L'ulcération se seraitelle formée, mais seulement superficielle, on devrait donner Mercurtus soluhilis (ainsi que le recommande le D' Matheson) ou Arsenicum (ce dernier si la douleur est brûlante, la malade faible et l'écQulement clair), en même temps que l'on emploiera les injections de Càleudula (1 partie sur 8 d'eau ou plus faible encore). Si celle-ci est creusée plus profondément, et que la portion visible du col soit gonflée et indurée, MerçvLrius corrosïvi^s est mon médicament favori, et çgmme cet état de chose» existe presque toujours dans les cas chroniques^ je commence toujours par lui dans ces cas, en même temps que j'emploie les injections de Çalendula ou d'Hydrastis. Outre ces médicaments, Jahr recommande Nitri acidum, et Leadam Lycopodîum dans l'ulcération du col ; ce dernier donne en outre une longue liste de médicaments pos* Bibles pour elles, avec leurs indications, liste que vous pouvez consulter dans les cas difficiles.

Vous rechercherez nécessairement avec soin la syphilis chez votre malade, et vous en traiterez les manifesta-

lions locales comme vous le feriez si elles se montraient partout ailleurs.

J*ai maintenant à vous parler de la leucorrhée.

LBUCORRHBB.

Celle-ci est, il est vrai, un symptôme plutôt qu'une maladie, et elle peut être liée avec la plupart des affections utérines que nous avons déjà étudiées ou que nous avons encore à passer en revue. Mais il existe plusieurs variétés de leucorrhées qui se présentent à nous pour être traitées comme telles, et je vais actuellement étudier les médicaments qu'on leur oppose.

Premièrement, nous avons la leucorrhée qui fait partie de la débilité générale, comme à la suite d'une résidence dans les climats tropicaux, lalactation prolongée, etc., etc., impliquant un étal atonique de l'utérus, mais rien de plus. En plus des moyens généraux que vous mettrez en usage pour fortifier l'économie, vous vous rappellerez les vertus spéciales de VHelenias comme tonique utérin. Si, néanmoins, la leucorrhée persiste, vous trouverez PulsatUla ici comme ailleurs le médicament spécifique corrigeant l'activité morbide des glandes du col.

Une forme encore plus commune de leucorrhée est celle qui se présente à nous chez les femmes qui ont eu des avortements graves, ou qui ont mis trop souvent des enfants au monde. Ici, je crains qu'en outre de la débilité, il n'existe une congestion utérine passive. En conséquence, Sepia est notre médicament principal ; et avec l'aide de ceintures appropriées, il accomplira de grandes choses chez nos malades.

Lorsque la leucorrhée de quelque, cause que ce soit, mais spécialement de la dernière; a duré quelque temps, il s'établit une irritation allant jusqu'à l'inflammation et l'ulcération des glandes du col, comme l'a démontré le D*" Tyler Smith. Alors, si Pulsatilla et Sepia ont été largement essayés, ou si d'après les symptômes ou un examen direct vous diagnostiquez une endo-cervicitis,

DÊPLÂCElfENTS BB L^UTBRUS. 529

VOUS devez recourir à des médicaments à action plus profonde. Parmi ceux-ci je regarde Merçuritcs eilodium comme les plus importants, et ils se suivent Tun Tautre avec beaucoup d'effet. Les atténuations les plus basses paraissent être les meilleures pour les deux. Quelquefois, lorsque l'écoulement est devenu blanc et laiteux» mais continue d'être abondant, Calcarea ou Silicea peuvent intervenir utilement ; et si, d'autre part, il dégénère en un liquide acre et nauséabond, Kréosote devient le meilleur remède.

Je parlerai de la leucorrhée vaginale lorsque j'arriverai aux affections de ce canal.

J'ai de la sorte essayé d'indiquer les médicaments principaux pour les formes saillantes de la leucorrhée. Viendrez-vous à rencontrer un cas qui ne tomberait pas sous Tun de ces titres, ou ne leur céderait pas, vous devez justement le traiter sjmptomatiquement suivant la couleur, la qualité et la consistance de l'écoulement, les sjmptômes concomitants, et ainsi de suite.

On trouve dans les répertoires les médicaments convenables pour ces sortes de cas.

Quant aux injections vaginales dans la leucorrhée, ma propre expérience est décidément en leur faveur.

L'irrigation abondante et journalière du col utérin avec l'eau froide rend des services incontestables; et il y a avantage à employer en injections une solution du médicament donné à l'intérieur, ou de VHydrastis ou du Calendula, Je ne recommande cependant pas l'usage des astringents médicinaux. Dans l'endo-cervicitis, les injections ne sont pas avantageuses, puisqu'elles n'atteignent qu'à peine l'intérieur du canal du col ; mais le D' Ludlam a trouvé que l'insertion de temps à autre d'un tampon saturé de glycérine était une précieuse assistance.

DÉPIiACSMSKTS DES L'UTÉRUS.

Les déplacements de Vutérus^ comprenant Tante et la rétroversion, et le prolapsus, vont actuellement fixer Hughes. — Thérap. homœop. 30

530 BfALADIB8 DS3 0R6ANBS SBXtBLS DB LA FBMME.

notre attention. On peut croire que les médicaments aient peu à faire contre ces désordres mécaniques» Mais rappelez-vous combien les flexions de Tutérus dépendent souvent de la congestion de Torgane ou de la présence de tumeurs fibreuses de ses parois, et comment le prolapsus comprend en général la faiblesse des ligaments qui le supportent; et la place des médicaments comme agents pouvant j remédier est évidente. Le cas suivant peut montrer ce dont ils sont quelquefois capables (1) :

« En 1858, je fus appelé pour voir une femme non mariée, âgée de 30 ans^ qui avait été malade pendant trois ans et n'avait jamais retiré de soulagement d'aucun des avis médicaux qu'elle avait reçus. Je la trouvai avec une santé générale très altérée, une douleur constante dans le dos et la région pelvienne, une menstruation extrêmement douloureuse, du découragement et la conviction que personne n*avait compris son cas, et qu'il ne pouvait y avoir de guérison pour elle.

« Bn l'interroganty j*appria d'elle que, trois ans auparavant, pendant qu*elle aidait son père à soulever im objet pesant, elle avait senti quelque chose céder, et était tombée immédiatement malade ; qu*elle avait alors gardé le lit quelque temps, n^avait éprouvé de soulagement d'aucune médecine, et s'était rétablie lentement assez pour reprendre ses travaux^ mais n*avait jamais été bien portante depuis, ni cessé de souffrir dans le dos et la partie inférieure de l'abdomen.

« En pratiquant l'examen nécessaire, je trouvai Tutérus en rétroversion, le col pressant très haut contre le pubis, le fond de l'organe bas dans la courbure du sacrum. La plus légère tentative pour replacer l'organe déterminait des douleurs si fortes que je fus obligé de cesser immédiatement, et après deux essais insignifiants, je me dé» cidai à essayer Sepia 30«, et & la revoir quelques jours après. Je la trouvai alors mieux, mais elle me dit que chaque répétition du médicament déterminait une douleur de la région inguinale au pubis, une sorte de douleur fouillante I Je lui ordonnai de continuerSepia, et je la revis une semaine environ après mon premier examen. A ma grande joie, je trouvai le col de Tutérus descendu d^un pouce et plus, et le fond remonté en proportion. Je puis & peine exprimer la satisfaction que je ressentis à cette découverte, en pensant depuis ce moment que Tidée si longtemps caressée se réaliserait, et que ma malade serait réellement guérie lorsque l'utérus aurait repris sa position normale, et je ne doutai pas que le moyen qui avait si bien commencé l'œuvre la compléterait.

(1) Amerioim Bom. Review^ V, 321.

DÉPIAGSMENTS DS L*UTSRX7S. 531

Je n*ai qu*à ajouter que la première menstruation qui «arvint après le traitement commencé se fit avec une souffrance comparatif ▼evement faible, et qu*à mesure que la cure avançait, elle oes* sait. La guérison arriva régulièrement, et à mon troisième examen la position était normale ; et quoique la malade fût obligée de se lever plusieurs fois la nuit pour soigner une grand'mère âgée, et qu^elle ne se relâch&t pas de ses devoirs habituels dans la maison, elle n'eut pas de rechute. Environ deux ans après, je revins m*assurer si elle était encore bien, et je la trouvai ayant gagné une santé solide et n'ayant plus eu de retour de ea maladie. »

Ce oas est publié par feu le D' Mery Jakson, de Boston ; et. en consultant l'article Sepia de ma Pharmacodyna-' tniquey vous y verres que jusqu'à la fin de sa carrière elle continua d'obtenir les mêmes résultats du médicament. Je puis aussi vous renvoyer à un mémoire du D^ Liedebeck, de Stockholm, dans le 20* volume du Brittsh Journal^ dans lequel il relate quelques expériences avec Belladonna comme médicament utérin. Deux des cas guéris par lui étaient des oas de rétroversion. Il préfère s'en servir sous forme de pommade, à appliquer à l'hjpogastre et aux cuisses» Il existe aussi dans la science des cas de prolapsus guéris par Secale (1), et un cité par Rûckert, résultat d'un eflPorten soulevant un lourd fardeau, dans {lequel Nux Vomica et Aurum amenèrent la guérison. Enûn le D' Preston (2) a publié ses expériences avec Ferrum lodatum dans les déplacements utérins en général, lesquelles paraissent avoir été très satisfaisantes.

Vous verrez de la sorte que nous ne manquons pas de preuves du pouvoir des médicaments homœopathiques sur les diverses formes de déplacements utérins. Le D' Guernsey va jusqu'à dire qu'il n'existe pas de cas de maladie dans lequel, le replacement une fois effectué, et le repos dans une position convenable assuré, un rétablissement complet ne puisse suivre l'administration des médicaments appropriés.

<1) Voy. BHtUh Journal of HwnœoptbUi^^ ï, 49T* («) Voy. Id„ XXV» 497.

Il est vrai que le cas unique qu'il met en avant, dans lequel un utérus descendu depuis dix ans, remis dans sa position normale, ne la quitte plus après Tadministration de Conium, ne prouve pas grand'chose. Ce n'est pas une chose rare que semblable événement soit suivi d'une guérison définitive. Sans Conium ou tout autre médicament, des adhérences se forment entre le col ulcéré (en général) et le vagin, lesquelles empêchent le retour du prolapsus. Mais sa large expérience ne peut pas le tromper lorsqu'il parle de la curabilité générale de ces déplacements par les moyens médicinaux, sans remploi des pessaires et des supports utérins de toute nature ; et je pense être justifié en vous conseillant, dans tous les cas à Texception de ceux purement mécaniques, de commencer au moins avec le traitement médicinal seul. Les médicaments déjà mentionnés : Belladonna^ Ferrum^ Secale et Sepia, paraissent être ceux qui doivent le plus souvent rendre service; et je puis ajouter à ceux-là Stannum^ qui a réellement un grand pouvoir sur le prolapsus. Le D' Guernsej donne les indications d'environ cinquante médicaments que vous pouvez consulter si vous avez quelque cas embarrassant à traiter.

Même si, après un essai sincère des médicaments, des soutiens mécaniques sont jugés indispensables, ne discontinuez pas l'usage des premiers, car ils peuvent hâter le moment où une cure radicale aura lieu, et où les pessaires ne seront plus nécessaires.

J'ai à parler maintenant du* traitement médical des tumeurs morbides de l'utérus, et en premier des fibroïdes utérins.

fibroïdes utérins.

L'utilité principale des médicaments dans le traitement de cette maladie est de combattre les hémorrhagiés qui raccompagnent, au moins dans ses formes interstitielles et sous-muqueuses. Je traiterai de ce sujet à propos de la métrorrhagie. Jusqu'à présent il est incertain que nous puissions compter sur Iî^ médication spécifique pour ré-

FiBROiDBS utiSrins. 533

dulre la taille des tumeurs, ou en favoriser la diminution ou l'expulsion. Il existe un mémoire sur ce sujet par le D' Kidd, dans le vingtième volume du Brïtish Journal. Il témoigne en faveur du Mercure en étudiant ces tumeurs, et recommande le Bichlorure (1 à 3 gouttes de la 2« dilution décimale) lorsqu'il y a une abondante leucorrhée muco-purulente excoriante, et le Bibiodure dans les cas dans lesquels la tumeur présente une dureté rocheuse sans excoriation notable. Les cas qu'il présente à Tappui prouvent cependant à peine ce qu'il avance, un seul sur quatre ayant dénoté quelque impression faite sur la tumeur. Ici, de plus, Mercurius corrosivus fut le remède actif, quoiqu'il n'y eût pas de leucorrhée. Le Di^Helmulth, de New- York, qui a publié un mémoire sur ce sujet dans le vingt-troisième volume du même journal (p. 538), est moins confiant dans les résultats de la médication homœopathique, et le D** Jousset éprouve lui-même un effet analogue. Il écrit cependant ceci: «Jejviens d'obtenir la disparition complète d'une tumeur fibreuse qui avait atteint la taille d'un foetus à terme. La malade fut traitée principalement avec Platina, administré contre les hémorrhagies symptomatiques de sa maladie.» Il ne dit pas si ce fait eut lieu à la ménopause ou après un accouchement, époques bien connues pour être favorables à la chute spontanée de ces tumeurs, et dont nous pouvons nous aider pour essayer de faire une impression |sur elles.

Je n'ai pas besoin de vous rappeler la valeur de l'ergot de seigle ici, en injections hypodermiques dans le voisinage de la tumeur; mais, comme ce moyen n'est pas uae application de la méthode de Hahnemann, il est en dehors de mon sujet actuel. Les résultats favorables obtenus par le D''Batthye avec Silicea ont une signification des plus douteuses (1).

(1) V. Pharmacodynamique»

534 HALADIBS DES OEfiAMBI SMZMnOM «B LA FEMMS.

Il existe dans la littérature homœopathique plosieurg exemples d^expulsion de polypes de l'utérus apparemment sous rinfluence des médicaments homœopatMques. Le D' Petroz, les considérant comme une diathèse « syco • sique, » les traitait par Thuya, et rapporte un cas (1). dans lequel sous son influence il en fut expulsé un qui avait causé pendant longtemps de la gène. Dans le vingtsixième volume du British Journal of Homœopathy^ sont décrits deux cas, dans l'un desquels cinq polypes fibreux furent expulsés de l'utérus sous l'influence de Conium^ et l'autre du vagin sous celle de Thuya et Calcarea. J'avoue être plus disposé à regarder ces faits comme spontanés que comme effets de la médication. L'analogie présentée par les polypes du nez, dans lesquels nos médicaments réussissent si souvent^ a peine à entrer ici en ligne de compte , car les tumeurs utérines de cette nature sont ou des flbroïdes qui n'étaient unis à leur siège ori^nel que par un pédicule ou des follicules muqueux qui se sont hypertrophiés, et ont poussé devant eux la portion de la muqueuse qui les recouvrait. Le D' Guernsey, qui est, en général, si enthousiaste de la médication interne, recommande ici les moyens chirurgicaux, et Leadam est pour l'enlèvement d'abord et pour la médication homœopathique ensuite, afln d'obvier à leur reproduction.

CANCER XTTBIUCXf.

Cette terrible maladie peut se présenter sous deuic formes, dans lesquelles nous avons {l étudier ce que peut faire pour elle la médication homœopathique.

1. La première, et la plus commune, est le squirr|ie du col. Si vous pouvez saisir cet état morbide à son déb^t (ce qui est malheureusement rare), je pense que voi^s pouvez faire quelque chose pour lui ^^qq Arsemcumloda^ tum en triturations basses.

(1) Petroz, Etudes de thérapeutique et de matière médicale, précédées d'une introduction sur sa vie et ses travaux, par le D' Crétin. Paris, 1864. Mémoire sur la Sycose.

CANOi» uTsam, 535

Noire expérience n'est pas assez déoisive à mes yeux pour en dire plus actuellement. Mais je vous recommande cette pratique comme promettant beaucoup. Je ne saurais dire si ce médicament ou tout autre sera de quelque uti* lité lorsque Tulcération s'est déclarée*

2. Nous ayons ensuite a Texcroissance en chou-âeur» du col, laquelle, lorsqu'elle est maligne, est un épithélioma. Je dis, lorsqulelle est maligne, car il ne paraît y avoir aucun doute qu'il puisse survenir en cette région, par suite de gonorrhée ou d'autres irritations locales, des tumeurs papillaires d'un caractère parfaitement bénin. Thuya serait incontestablement curatif pour celles-ci, mais il est douteux qu'il puisse modifier des papillomes malins. Dans le cas relaté par le D*^ Quin dans le premier volume des AnnaUj il parut rendre des services frappants, mais Jahr dit n'en avoir jamais obtenu le moindre résultat favorable. U a, ainsi que Wahle et Kurtz, beaucoup de confiance dans Kreosott^m dans ces cas, et ce médicament a certainement ici quelque relation homœo* pathique.

3. La troisième forme de cancer utérin est le « sarcome malin. 1 Nous n'avons aucune connaissance du traitement de cette production ; mais depuis qu'on sait qu'elle paraît avoir son origine dans le tissu conjonctif, je conseillerais l'emploi de Silicea dans son traitement (1).

C'est ainsi que je ne puis rien dire de définitif quant à la possibité de la guérison du cancer utérin par nos médicaments, et je pense que toutes les fois que l'ablation de la tumeur est possible, nous devons la conseiller. Dans les cas où, cependant, les moyens chirurgicaux ne sont pas applicables, a défaut même d'une guérison, nous pouvons faire beaucoup dans le sens de la palliation. Argentum, Arsenicùm, Lachesis et Secale peuvent soulager les douleurs ; Kréosote peut combattre les vomissements et améliorer les écoulements; Hamamelis et Sabina combattront les hémorrhagies ; Sepia corrigera l'état

(l) Voyez Pharmacodi/namique,

536 ICALADIBS BBS OROANBS SEXUELS DE LA FBBCME.

général de la matrice. D*autres médicaments peuvent être indiqués par les symptômes, et ne manqueront pas de soulager. Vos malades affectées de cancer utérin pourront donc être tenues dans un bien-être relatif, tout en déclinant doucement jusqu'à ce que la mort termine la scène.

Un accident qui peut survenir avec n'importe laquelle des aifections utérines étudiées jusqu'ici, mais qui nécessite un traitement particulier, est la

MirrRORRHAOIB.

Pour arrêter une hémorrhagie utérine existante, nous avons d'excellents remèdes dans Ipecacuanha, Sabina, Secale, et Hamamelis. Ipecacuanha convient aux cas où il n'existe pas de traits distinctifs. Jahr dit qu'il commence toujours avec lui à moins que quelque autre médicament ne soit parfaitement indiqué, et le trouve souvent suffisant. Sahina est de la plus grande valeur lorsque l'hémorrhagie coïncide avec la congestion ou l'inflammation utérine, lorsque le malade est robuste et pléthorique, et que l'écoulement est rouge vif. Secale en prend la place lorsque l'état constitutionnel et local est d'un caractère opposé.

Mais & moins qu'il n'y ait présentes des douleurs d'efforts, je pense que ce médicament est à peine homœopathique; et j'ai l'habitude d'avoir recours à Hamamelis lorsque l'écoulement sanguin est noir, passif et sans douleur.

Pour remédier à la disposition à la métrorrhagie, les médicaments appropriés à la maladie dont celle-ci dépend sont généralement les plus efflcaces. Mais dans les cas où ce symptôme nécessite par lui-même un traitement, les médicaments comme Ferrum, Plumbum, et par dessiis tous Arsenicum sont indiqués. Le D** Ludlam a publié quelques expériences précieuses avec Nitri acidwn dansées métrorrhagies passives, mais prolongées, qui suivent quelquefois l'avortement, et qu'il rapporte à une lésion delà muqueuse utérine.

MÉTRORRHAGIE. 537

Les médicaments dont j'ai traité à propos delaménorrhagie peuvent entrer encore en jeu ici quanta ce qui est des formes particulières de cette affection. Je ne puis que dire que Jousset a trouvé Ledum, Platina etArgentum très précieux dans celle qui accompagne les corps fibreux utérins. L'auteur que je viens de nommer signale un médicament empirique, le «Thlaspi bursa pastoris, » comme lui ayant souvent rendu service dans les cas rebelles. Il le donne à la teinture mère.

Un mot à propos de l'hydrométrie et de la ph jsométrie dans le cas où vous rencontreriez ces rares affections sous cette forme idiopathique sous laquelle seulement les médicaments sont utiles. La première a été guérie ^avSepia (1). Pour la seconde, le D"^ Guernsey recommande le Brome, Tacide Phosphorique et Lycopodium ; mais le D*" Ludlam a relaté un cas amené par la fatigue et l'épuisement après Taccouchement, dans lequel ce fut Belladonna qui guérit.

(1) Voy. Nœ^th Amer, Joum. of Hom^, 111, 89.

Page 1