DB LA FEMME
Le périutërus^ le vagin et la vulve^ et les seins^
Avant de quitter Tutérus, je dois parler de deux affections qui appartiennent à ses environs et à ses connexions. Ce sont lapérimétrite et Thématocèle pelvienne.
Par ce mot j'entends la pelvi-péritonite deBernutz et Goupil, laquelle est, comme son nom l'indique, une inflammation de cette portion du péritoine qui s'enfonce dans le bassin, et constitue les ligaments larges de Tatérus. J'exclus ainsi la « paramétrite» des Allemands, et la « cellulite pelvienne » de notre nomenclature anglaise, qui se montrent rarement si ce n'est dans l'état puerpéral, et seront étudiées à leur place.
Le seul de nos auteurs qui mentionne la périmétrite est le D' Jousset, qui dans ses Leçons en décrit deux cas, et étudie la pathologie et la thérapeutique de la maladie. Les médicaments qu'il recommande sont V Aconit (à doses assez fortes), Colocynthis^ et (d'après l'analogie de son action sur la plèvre) Cantharis. J'ai de la peine à conseiller de meilleurs médicaments que les deux premiers nommés, àmoinsqueMercurius corrosivusne soit trouvé aussi utile ici que dans les inflammations du péritoine abdominal.
HÉMATOCÈLB PBLVIBNNK. — VAGINITE. 539
HXSMATOCBUS PBLiVIBNKE: .
Nous devons aussi au D"" Jousset une leçon sur cel ac-
cident; et ses remarques, avec un mémoire communiqué par le D' Dyce Brown à la British Homœopathic Society, constituent la seule littérature homœopathique sur le suj et dontj^aie connaissance.
Il existe trois circonstances de Thistoire clinique de rhématocèle pelvienne dans lesquelles nos médicaments peuvent intervenir avantageusement. La première est lorsque Thémorrhagie primitive dure encore. Ici J7amamelis conviendrait à la fois à la nature de Taffection et à la source dont elle provient. Laseconde est lorsque Tépanohement est intra-périton^al, et a déterminé de Tinflammation. Les médicaments déjà recommandés pour la pelvi-péritonite viendraient alors à notre aide. La dernière, lorsque tout est tranquille, la résorption de Tépanohement peut être favorisée par Arnica et Sulfur. Le cas du D' Brown se trouva très-bien de ce traitement, Aconit, Belladonna, Mercurius corrosivus et Arnica ayant été les médicaments successivement administrés.
Les états morbides moins importants du vagin et de la t>uhe doivent aussi nous passer sous les yeux.
VAGnnTS,
La vaginite peut être observée soit comme affection aiguë, soit comme affection chronique.
\^ La vaginite aiguë est en général le principal élé^ ment de la gonorrhée chez la femme. Lorsque cela est, et que Aconit et Cantharis ont été donnés au besoin, au lieu du Cannabis que nous administrons chez Tautresexe, Je recommande Sepia. Dans la vaginite aiguë simple, comme celle qui résulte du froid, Aconit peut être suivi de Mercu7'ius comme le conseille Bâhr. Dans la vaginite diphthéritique, comme celle que Ton observe quelquefois dans le cours des maladies toxémiques, les moyens antidastiques paraissent être les aides les meilleurs que nous
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puissions donner aux médicaments adressés & raffectîon générale.
2o Le catarrhe vaginal est la base de la leucorrhée vaginale en tant que distincte de Tutérine. Mercurius et Sepia sont encore ici les principaux médicaments (le D*" Jousset recommande le second à la 1*"® et à la 2® trituration); mais Calcarea est bon à employer chez les scrofuleuses, Pulsatilla chez les chlorotiques, et Kreosotum lors que l'écoulement est acre et de mauvaise qualité.
VAGINISME.
En entreprenant le traitement d'un cas de cette douloureuse aÎTection, il est nécessaire de s*assurer tout d^abord de Tétat du mari. Scanzoni nous a utilement dirigés vers cet élément de Taffection (l),et nous pouvons adopter avec avantage ses suggestions quant au traitement général de la malade. Mais il se présentera souvent des cas dans lesquels de semblables moyens seront însufâsants, et alors vous aurez à traiter untt maladie substantielle, une hyperesthésie réflexe des jîerfsde la partie. Le D** Skinner (2) nous dit que sirJames Simpson (3), qui a vu des multitudes d'exemples de cette affection de toutes les parties du globe, admettait que la grande majorité de ces cas étaient de pures névroses, capables d'être modifiées seulement par de longs traitements avec des médicaments antinévralgiques comme le fer et l'arsenic, et que, en dépit de ces médicaments et des moyens chirurgicaux, l'échec à guérir était la règle entre ses mains. Le D' Skinner lui-même a publié deux exemples de guérison apparente. Dans le premier Silicea, donné en raison de symptômes concomitants du côté de Ja
(1) Scanzonî, Traité des ^mal<idies des organes sexuels de la femme^iraid, par H. Dor 6t A. Socin. Paris, 1858.
(2) Orffanon.
(3) Simpson, Clinique obstétricale et gynécologique, trad. par G, ehantreuil. Paris, 1874.
VULVITE. — ABCÈS AIGUS. 541
tête, enleva ceux-ci et le vaginisme en une quinzaine de jours.
Et comme la malade ne s'était plus adressée à lui pendant les deux années suivantes, il regarde à bon droit son rétablissement comme permanent. Dans le second cas, la disparition passagère de l'affection (qui avait duré deux ans) eut lieu deux fois, là première par Nux vomica^ la seconde par Ignatia, Quelques semaines aprèsle changement favorable apporté par le dernier médicament, son mari fut noyé, en sorte qu'il est impossible de dire si Taffection ne se serait pas reproduite par la suite.
Ces médicaments paraissent convenir parfaitement à la pathologie ainsi qu'à la symptomatologie de la maladie, et devraient être consultés dans tous les cas qui se présentent à nous. Je puis ajouter que le vaginisme a été observé comme un des eifets de T empoisonnement par le plomb, ce qui nous donne Plumbum comme un médicament possible pour lui, ^
PROLAPSUS bu VAGIN.
Le prolapsus du vagin, après replacement, et aidé de la position horizontale, peut être aidé matériellement par Stanmmi,
VULVITE.
La vulvite, celle qui se montre chez les enfants, sera étudiée bientôt. Chez les adultes, la vulvite aiguë a rarement lieu si ce n'est conjointement avec la vaginite, dont elle fait partie et au traitement de laquelle elle participe. Lorsqu'elle paraît indépendamment, aucun médicament ayant une action aussi intense sur les organes génitaux externes que V Arsenic, je serais disposé à y avoir recours de préférence à tout autre médicament. La vulvite chronique est ou eczémateuse ou folliculaire. La première (avec le prurit vulvaire) sera étudiée avec les maladies de la peau. Pour la dernière, on a recommandé Mercurius, Thuya et Sepia.
ABCàS AIGUS BES GRANDES LÈVRES.
Les abcè9 aigus des grandes lèvres (je parle ici de la
HuOHBS. — Thérap. hoxnœop. 31
variété circonscrite, généralement, sinon toujours, à une inflammation de la glande vulvo-vaginale) nécessitent des médicaments différents de ceux de la vulvite, dans laquelle c*est la surface de la partie qui est principalement affectée. Il j a un cas relaté dans le vingt-quatrième volume du British Journal of Homœopatht/ dans lequel Apis paraît avoir arrêté les progrès de l'iniiammation. Jahr dit qu' « une inflammation avec gonflement de la grande lèvre, si elle n'est pas très intense, cède en général à une seule dose de Sepia 30*, et si elle est aiguë et menace de suppurer, à une seule dose de Mercurius. »
GANCBR Pt7I>axn>I.
Le cancer pudéndi, comme celui des organes génitaux externes de Tautre sexe, est de la variété épithéliale, et peut jusqu'à un certain point bénéficier du traitement, Conium^ Arsenicum et Thuya sont les médicaments capables de le guérir. Dans un cas que j'eus l'occasion de traiter pendant peu de temps, j'ai vu les deux premiers de ces médicaments apporter un soulagement marqué aux douleurs lancinantes»
KYMPHOlCANIfi.
La nymphomanie est, en général, associée à quelque Irritation des parties externes, ce qui fait que je la cite ici ^ Elle est heureusement rare de nos jours; mais nos anciens homœopathes paraissent avoir eu quelque expérience de son traitement. Hahnetnann lui-même en a relaté un cas (1) dans lequel Hyoscyamus fut le remède prindipal. On recommande généralement aussi Platina; celui-ci rendrait spécialement service s'il y avait en même temps des symptômes d'irritation ovarique. Gratiola ]^b>ssg pour avoir causé j et Ortganum pour avoir à la fois causé et guéri cette forme de manie (2).
Le traitement des affections des organes urinaires
(1) Voy. Brit. Joum. of Hom., VII, 494.
(2) Voy. North Americcut Joum» of Hom.<, XV, 62«