VOMISSEMENTS
Les vomissements de la grossesse doivent en généraêtre traités autrement que comme une affection de l'es* tomac. Nux vomica, qui en est peut-être le remède le plus important, agit probablement en diminuant l'excitabilité réflexe qui met l'utérus à même de troubler l'estomac ; Kréosote^ dont la sphère est le « vomissement sympathique, » est un médicament de même ordre. Sepia est encore un de nos meilleurs remèdes pour cette affec-> tion, et ici nous devons supposer que son action s'exerce sur l'utérus lui-même, point culminant du circuit morbide. Il est particulièrement utile lorsque l'utérus a été malade auparavant. Ce n'est que lorsque l'estomac est devenu irritable, et que la plus grande partie des aliments sont rejetés aussitôt que pris, qxx^IpecacuanJia convient ; et même ici il vaut mieux l'alterner avec Nux vomica. L'Apomorphine devrait être essayée dans les cas rebelles.
Le pyrosis est souvent une des grandes souffrances de
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ces malades. U n'est pas forcément associé à Tacidîté ; si cette dernière existe à un certain degré, vous pouvez donner Calcarea, et permettre à votre patiente de manger beaucoup de fruits demi aigres qui leur sont toujours agréables.
Si le pjrosis existe seul, Pulsatilla et Capsicum en sont les meilleurs remèdes.
Quant à ce qui est des goûts étranges et des penchants qu'il n'est pas rare d'observer chez les femmes enceintes» je pense qu'il convient de les satisfaire à moins que la substance désirée ne soit nuisible, comme la chaux ou le charbon, ou que les organes digestifs ne soient malades d'une manière évidente. Dans ce dernier cas, il faut traiter ces derniers suivant les principes ordinaires. L'envie de chaux signifie souvent l'existence de l'acidité, et celle du charbon, la flatulence, en sorte que Calcarea et Carbo vegetalis peuvent faire disparaître ces symptômes. D'autres médicaments sont recommandés pour les diverses envies morbides par Leadam, Guernsey et Peters : mais je ne sais sur quelles bases.
CONSTIPATIOir.
La constipation n'est pas un accompagnement rare de la grossesse, en particulier dans les premiers mois, et je la suppose alors sous la dépendance d'une sorte d'inertie congestive de l'extrémité inférieure de l'intestin. Le médicament que je trouve meilleur que ceux ordinairement employés pour cette affection (qui cependant doit être choisi s'il est spécialement indiqué) est le Collinsonia Canadensis, que je recommandé d'administrer aux 1'®, 2® et 3« dilutions. Il n'est pas moins utile pour les hémorrhoïdes, lorsque celles-ci coïncident avec la constipation.
La diarrhée est beaucoup moins commune que la con-
MALADIES DE l'uTÉRUS GEAVIDE. 553
stipation. Pulsatilla en est généralement le remède, Findication caractéristique des selles survenant surtout la nuit existant souvent. Secale et Phosphorus ou Phosphori acidum sont quelquefois préférables, le dernier spécialement lorsqu'il y a prostration et perte de Tembonpoint. Dans les cas rebelles, Leadam et Jahr s'accordent à recommander Sulfur.
TOUX ET jyYSBNKm,
Les seuls symptômes des organes respiratoires que je sache coïncider avec la grossesse sont la toux et la dyspnée. La toux tient-elle à une plénitude vasculaire de la poitrine, il combla soulagera; elle peut être spasmodique, par suite d'excitation réflexe. Dans ce cas, Belladonna, à la première dilution décimale, a été mon médicament favori. Mais existerait-il quelqu'une des indications, qui vous sont actuellement familières, pour Ipecacuanha, Hyoscyamus, Corallium, Drosera ou Conium, vous aurez raison de donner ces médicaments tout comme s'il n'existait pas de grossesse. La dyspnée et l'oppression dont se plaignent souvent les femmes enceintes dans les derniers mois sont plutôt gastriques que pulmonaires; et je puis en croire tout à fait le D"* Leadam lorsqu'il affirme que Nvo) vomica est le meilleur médicament à lui opposer, quoiqu'on ne doive pas oublier Lycopodium et Apocynum.
TÉNXSSMB VéSICAL.
La vessie, à cause de sa proximité de l'utérus, est plus apte à étrv3 affectée que le rectum même pendant la grossesse. Dans les premiers mois, c'est d'ordinaire un ténesme sympathique du col vésical qui a lieu. J'ai ici encore trouvé Belladonna très utile, à la première dilution décimale. Mais Jâhr affirme que Pulsatilla manquera rarement de le soulager. Niuig vomica et Cantharis sont des alternants possibles, et l'olfaction du Camphre donnera souvent un soulagement momentané. Vers la fin, les besoinsfréquents d'uriner sont, je pense,
de cause mécanique, la capacité du viscère étant di« minuée par la pression de la matrice.
Une affection beaucoup plus importante des organes urinaires déterminée par la grossesse est l'albuminurie, avec Fanasarque qui raccompagne. Ce syndrome indique l'invasion des reins par une forme particulière de maladie de Bright. Je l'avais prise pour une congestion veineuse d'origine mécanique, capable d'arriver (comme celle des affections cardiaques) à l'induration et à l'atrophie ; et j'avais pensé que Colchicum devait en être le remède le plus homœopathique. Des observations récentes, cependant, ont démontré qu'il y avait là une véritable néphrite tubulaire,et cela nous a expliqué la réputation qn'Arsenicum et Apis ont acquise dans son traitement. Le D"^ Ludlam parle d'une façon encore plus décisive de Mercuriits corrosivus^ avec l'un de ces médicaments ou plus vous devez préparer votre malade, de manière à ce qu'elle ne coure pas les risques attachés au fait d'atteindre le terme de Taccouchement avec de l'albumine passant encore dans les urines.
MAIjADIBS I>B L'UTÉRUS GRAVrOB.
J'arrive maintenant aux affections que l'utérus gravide se cause à lui-même et aux autres parties du système sexuel de la femme. Quelquefois le commencement du développement de la matrice s'accompagne de beaucoup de souffrances. Ici le D'^ Leadam recommande Nuœ vomica, Pulsatilla, ou BeUadonna^ suivant les symptômes, et la constitution de la malade*
Chez d'autres, l'augmentation naturelle du volume des seins à cette période détermine une douleur et une tension extraordinaires. Conium et Pulsatilla conviennent lorsque c'est la névralgie qui domine, Bryonia et Belladonna lorsque les symptômes sont plutôt inflammatoires.
Le prurit vulvaire est un accompagnement très gê-