‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 162 sur 189 · LETTRE XLIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLIII

J'ai à vous entretenir actuellement du traitement homœopathique des affections cutanées. Nous n'avions pas une littérature spéciale abondante sur ce sujet jusqu'à Tannée dernière, lorsque le D»^ Lilienthal nous donna son Treatise on Liseuses ofthe Skin, une compilation, cela est vrai, mais une représentation très utile de nos connaissances en thérapeutique cutanée. Nous pouvons, cependant, revendiquer pour Thomœopathie, dans toute l'acception du mot, le livre de M. Hunt sur le traitement des affections de la peau par l'Arsenic, car c'est en vertu de son pouvoir de déterminer presque toutes les formes d'affections cutanées qu'il possède une utilité si étendue ici (1). Son mode de traitement, déplus, est (excepté en ce qui concerne la dose) exactement celui de l'homoeopathie, d'autant plus qu'il cherche à guérir ces maladies du dedans, par la médication interne, plutôt qu'à les supprimer par des moyens externes, comme c'est aujourd'hui la mode. Quelque insoutenable que soit la doctrine Hahnemannienne de la psore quant à ce qui concerne la maladie définie sous le nom de gale^ à laquelle il la rattachait, elle est, je crois, entièrement vraie par rapport aux affections cutanées en général. Il est très rare que celles-ci soient primitivement parasitaires ou purement locales. Elles ont presque toujours leurs racines dans Téconomie entière, et en tous cas dans les profondeurs de la région sur laquelle elles apparaissent, et nous tenons pour une pratique mauvaise et pleine de dangers de se contenter d'en faire disparaître les manifestations superficielles. Il est beaucoup plus aisé d'agir ainsi, et

(1) Voy, British Joum. of Hom., XXI, 660.

aussi plus expéditif, que de guérir Tétat morbide dont dépend Tafiection cutanée ; et le traitement homœopathique de ces affections est souvent lent, comparé à celui des spécialistes de la vieille école. Mais je crois que si vous pouviez recueillir l'histoire médicale ultérieure d'une douzaine de malades traités suivant Tune ou Tautre méthode, vous seriez satisfaits de la supériorité de la médication interne en ce qui concerne Tintérêt du patient dans son entier. Ma classification des affections cutanées vous présentera peu de chose de nouveau. Elle sera en substance celle qui aprévalu dans Técole Anglaise depuis Willan.

Dans l'ordre des Exanthèmes, nous aurons à étudier (l'érjsipèle l'ajant été comme maladie générale) l'érythème, l'urticaire et la roséole.

L'érjthème se montre sous deux formes.

Dans la première, la rougeur est continue, et la peau luisante. C'est celle qui vient par une irritation locale, par suite d'une congestion fréquente de la peau (comme à la face chez les alcooliques ou les dyspeptiques), et par une insolation. La cause ayant été éloignée, Bella^ donna sera trouvé un excellent médicament pour l'érythème de la face et de la partie supérieure du corps, et J/e^erewm pour celui des jambes (où il se montre souvent chez les gens âgés par suite de la gêne circulaire, et est appelé érysipèle.

L'erythema nodosum est le type de la seconde forme de l'érythème, et l'erythema circinnatum, marginatum, tuberculatum en sont de simples variétés. Cette éruption se rapproche des vrais exanthèmes, étant précédée et accompagnée depyrexie,avec douleurs articulaires. Quelques auteurs y voient une affection rhumatismale. Et Hardy l'appelle a Purpura rhumatisma. » Il diffère de l'érythème simple en ce qu'il se fait un certain degré d'épanchement. Apis est en général regardé comme efficace dans son traitement, quoique Arnica et RhiLs

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