URTICAIRE
soient recommandés, et aient beaucoup à faire dire en leur faveur. Les bienfaits obtenus de la Quinine dans la pratique de la vieille école sont si grands et son pouvoir de déterminer un exanthème a été tant de fois prouvé aujourd'hui, que je suis très porté à croire qu'elle exerce une influence spécifique, en particulier en ce que (suivant Jousset) sa relation avec le rhumatisme aigu est de nature homœopathique.
URTICAIRE. /l l > ^. , , , ^ 4 <
Dans cette affection, le bien connu, « netfie rash » (rash ortie), le médicament qui semblerait être le plus ordinairement homœopathique serait Urtica urenSyVoHiQ brûlante, dont les effets ressemblent tellement à l'affection, et qui a même déterminé ses boutons caractéristiques chez les expérimentateurs qui en ont pris à l'intérieur. Je crois qu'il est prisé par quelques praticiens, et Bahr le regarde comme le remède principal de cette affection. J'ai moi-même toujours traité l'affection aiguë (que j'ai eue sur moi deux fois) avec Apis^ qui n'est pas un moins vrai shnile de l'exanihème, et correspond mieux aux troubles nerveux et circulaires qui existent souvent avec lui. Sous son influence, j'ai vu les symptômes disparaître en trois jours, tandis que Erasmus Wilson affirme que leur durée naturelle est de sept jours.
Dans l'urticaire chronique, celle dans laquelle un écart de régime ou un changement de température fait naître l'éruption, ces médicaments suffiront rarement, et il sera nécessaire de recourir à d'autres ayant une action plus longue. Anarcadium, Antimonium crudum, Arsenicum, Chloral, Copahiba et Dulcamara ont tous été trouvés aptes à produire l'éruption, et peuvent trouver place dans son traitement. Antimonium crudum convient mieux, aidé d'un régime convenable, lorsque la cause est gastrique ; Dulcamara lorsqu'elle est atmosphérique ; Anacardium lorsqu'elle est émotive (ce médicament correspond spécialement à la forme connue sous le nom d'U. tuberosa). M' Hunt a obtenu d'excellents résultats de V Arsenic dans
des cas rebelles, et les D" Dyce Brown et Bumett, ainsi que M. Clisson, ont démontré les vertus du Chloral^ donné à la dose de quelques grains. J'avais Thabitude de traiter ces cas, lorsqu'il n*y avait pas d'indications spéciales, avec Arsenicum et Apis alternés; mais dans ces derniers temps j'ai trouvé dans le Chloral un succédané unique et suffisant.
ROSéOUS.
La roséole ne nécessite pas d'autre traitement que quelques doses à.* Aconit et de Belladonna suivant les symptômes.
Une espèce de l'ordre des Papules, le strophulus, appartient aux maladies des enfants.
Les deux autres sont le Lichen et le Prurigo.
Pour la forme simple de cette maladie, nous n'avons pas de meilleur médicament que Sulfur, dont l'éruption caractéristique est papuleuse.
Pour le Lichen urticatus. Apis est préférable, et les « Bourbouilles » des tropiques paraissent appartenir à cette catégorie.
Dans le lichen agrius des anciens auteurs, et aussi dans le lichen ruber d'Hebra, Arsenic est indispensable.
PRURIGO.
Le Prurigo (que, ainsi qu'on le verra, je reconnais être entièrement distinct du prurit) est aussi, lorsqu'il est récent,' souvent guéri par Sulfur^ et lorsqu'il est chronique, par Arsenic, Le D*" G. Wesselhœft a publié quelques cures remarquables de cette affection par Rhus (1) (dont la variété Venenata est en général préférable) ; et Mezereum ne doit pas être oublié.
Je passe maintenant à l'ordre des Vésicules, en tête duquel se trouve l'une des affections cutanées les plus importantes et les plus fréquentes.
(1) Voy. New England Médical Gazette y mars 1875.
EGZÉHA. 583
BCZÉMA.
Dans Teczéma aigu simple, vous aurez rarement Toccasion d'employer aucun autre médicament que Rhtùs. Il est complètement homœopathique et guérit rapidement. Son seul rival est Croton, avec lequel je commence souvent le traitement lorsque la démangeaison est extraordinairement violente. Rhus est pour Jousset, et Croton pour Bâhr, le remède principal de Teczema simplex; en sorte que j'ai de bons appuis pour mes recommandations.
Dans Teczema rubrum, Mercuriv^ devrait être le médicament principal, étant au point de vue pathologique identique àTeczéma mercuriel. Je Tai trouvé de beaucoup de valeur sous la forme de sublimé corrosif. Jousset recommande Cantharis dans la période inflammatoire du début, et ici encore Mezereum ne doit pas être oublié.
Dans Teczéma impétigineux j'incline à penser que Antimonium crudum est le médicament le plus approprié. Je ne suis pasTexemple despathologistes modernes en comprenant sous ce titre toutes les formes de Timpétigo, qui est cliniquementjusqu'à un certain point une affection cutanée distincte.
Dans Teczéma chronique, lorsque les vésicules du commencement se sont transformées en croûtes, en rhagadeset en épaississements, V Arsenic est encore un excellent médicament, mais l'homœopathie on a découvert un autre dans le Graphites, avec lequel, comme règle, vous ferez bien de commencer le traitement. Nous avons guéri, écrit Bàhr, un eczéma de dix-sept ans de date avec Graphites, la patiente jouissant d'ailleurs d'une santé parfaite. Elle dut continuer Tusage du médicament plus de six mois, de la quatrième à la sixième trituration (décimale), mais les oreilles elles-mêmes qui étaient excessivement hypertrophiées reprirent à la fin leur volume normal. » L'écoulement d'une humidité glutineuse est pour le D' Guernsey une indication spéciale de ce médicament.
Quelques variétés locales de reczéma demandent une mention spéciale. Il se montre sur les mains, et lorsqu'il en affecte le dos, comme dans la gale des boulangers et des épiciers, on a préconisé Bovista; à la paume des mains, c*estle a psoriasis palmaris », dans lequel Graphites et Hepar sulfuris sont excellents. Lorsqu'il se manifeste derrière les oreilles, il constitue une affection très ennuyeuse. Cependant Oleander l'a guérie. L'eczéma du scrotum est spécialement guérissable par Croton (1).
Celui qui survient à la face, eût-ilbesoin d'un traitement, se trouverait probablement le mieux de Rhus, et celui du prépuce de Mercurius solubilis, qui Ta causé, et suffit pour le guérir. Quand l'une ou l'autre de ces affections ont de la tendance à recommencer, Bâhr recommande Hepar sulfuris. Mais les deux formes les plus communes de l'herpès sont l'h. zoster. et l'h. circinnatus.
1. L'herpès zoster, zona, « dartres », est une affection commune et intéressante, spécialement à cause de ses rapports avec la pathologie du système nerveux. On l'a traité homœopathiquement par plusieurs médicaments (2), mais je pense à peine que nous ayons besoin d'aller si loin. Lorsqu'il survient chez des sujets jeunes ou d'un âge moyen, je l'ai toujours traité avec Rhus^ et je suis arrivé aux mêmes conclusions que leD'^Russell(3), que par lui-même ce médicament suffit pour enlever la douleur, et je le prescris pour abréger la durée de l'éruption, et pour en empêcher les suites. Chez les personnes âgées, cependant, ces dernières se montrent sous la forme à la fois de prurit et de douleurs névralgiques. Alors (d'après la recommandation de Bahr), j'en vins à substituer Mezereum àBhus chez ces sujets, et ce médicament m'a
(1) Pour Teczéma chronique avec croûtes, épaississement de la peau, crevasses, etc., surtout aux membres inférieurs, on a encore le Plumbago Europœa, (Note du traducteur.)
(2) Voy. BHu Joum. of Hom., XX, 492.
(3) Ihid., X, 605.
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donné entière satisfaction. Ranunculus, Cistus et Arsenic sont d'autres médicaments qui ont déterminé les phénomènes du zoster, et le dernier est fortement indiqué par l'éruption vésiculeuse, la douleur brûlante et la névralgie qui constituent Taffection. Bazin et Trousseau (1) le recommandent.
Les douleurs névralgiques que laisse derrière lui le zona sont très rebelles ; mais tous les médicaments cités plus haut ont été trouvés utiles pour elles, et aussi le Dolichos pruriens.
Deux recueils d'expériences intéressantes sur le zona ont été publiés au British Journal of Homœo]^alhy de 1877, l'un par le D*" Ker, l'autre par M. Cliton.
Le premier loue leMezereum pour les douleurs qui restent, et obtint dans un cas de bons résultats du Dolichos. Le dernier a démontré combien les douleurs névralgiques précèdent souvent de longtemps l'éruption, et cite des cas dans lesquels Staphysagria et Causticum se sont trouvés meilleurs pour elles, et Apis pour l'éruption. Le D*" Wilkinson vante beaucoup une lotion locale avec Cantharis.
L'herpès circinné (qu'il ne faut pas confondre avec la teigne circinnée, « dartre de la surface » ) a, depuis que dans l'expérimentation pure le Tellurium a déterminé une éruption si semblable, toujours été traité par moi avec ce médicament; et je n*ai jamais manqué avec son aide de le guérir rapidement.
Le pemphigus, lorsqu'il est récent, peut être guéri par Rhus^ ainsi que je puis l'attester. Lorsqu'il est chronique, il existe tellement de preuves de spécificité en faveur de l'Arsenic, que cela semblerait une perte de temps de donner tout autre médicament. Le même médicament conviendrait aussi dans ces formes graves de l'affection
(1) Trousseau, Clinique médicale de VHôtel-Dieu^ 5« éhtion, Paris, 1877,
HUGHBS. — Thérap. homcsop. 33.
(non syphilitique) qui se montrent quelquefois, et qui, ainsi que le p. foliaceus, peuvent même mettre la vie en danger. J'arrive maintenant à Tordre des Pustules, qui comprend Timpétigo, Tecthyma et le rupia.
IMPÉTIGK).
Quelques formes de cette maladie, sous les noms de porrigo capitis et crusta lactea et serpiginosa, sont propres à l'enfance. Chez les adultes, je trouve Viola tricolor très efficace dans Timpétigo simple et récent de la face. Une forme plus prolongée de cette maladie est guérissable par le Tartanes emeticus, ainsi que Ta démontré le D"" Dudgeon (1) ; et une foisj'ai trouvé ce médicament très efficace dans Ti. eryssipelatodes. L'Antimoine est, il est vrai, le grand médicament des pustules, comme l'est Rhus pour les vésicules et Sulfur pour les papules. Il agit mieux, je crois, dans Timpétigo chronique, sous forme d'Antimonium crudum, auquel on peut joindre Kali hichromicum en qualité de remède souvent très efficace. Vous seriez encore pourtant en dedans des limites de l'homœopathie en ayant recours à TArsenic, que M. Hunt trouve aussi précieux que dans Teczéma chronique et le psoriasis.
On a la relation d'un cas d'impétigo figurata guéri par Conium(2).
ECTHYMA.
« Les pustules », ditErasmusWilson, « qui suivent Tirritation causée parle tartre éme'tique, sont ecthymateuses» et dans la forme simple de l'affection aucun médicament ne pourrait être plus efficace. Dansl'e. cachecticum, il est nécessaire d'employer des médicaments à action plus profonde, et nous pouvons les trouver ddius Arsenicum ou
(1) Brit. Jouim. of Hom., XXIV, 311 ; XXIX, 405.
(2) British Journal of Homœopathy, XXII, p. 569.
RUPiA. 587
Lachesis^ si les pustules apparaissent sur les bras, Secale si elles envahissent les jambes.
RUPIA.
Le rupia est Tecthyma syphilitique des adultes, et nécessite le traitement delà diathèse elle-même. Actuellement, étudions les squamesy qui sont le pityriasis, le psoriasis et Ticthyose.
Cette affection de la peau est, dans sa forme simple, la plus fréquente parmi les altérations cutanées déterminées par ArseniCy et on a observé le p. rubra comme effet de ce métal. Je puis difûcilemeut recommander un autre médicament, et en cela j'ai pour moi l'opinion de Jousset et de Bâhr. Le second préfère le Graphites pour le pityriasis capitis. Teste pense que Cantharis convient mieux chez les enfants.
PSORIASIS.
Cette maladie a trouvé aussi dans Y Arsenic un remède si spécifique, que comme il Ta aussi déterminé (2), nous avons à peine besoin de chercher autre chose pour le guérir. C'est le médicament principal du D*" Jousset pour cette maladie ; et le D' Arcularius, qui a fait à New- York une spécialité du traitement des affections cutanées, quelque jour (je l'espère) à notre avantage, rapporte en avoir guéri deux cas à l'aide de la 30° dilution. Sepia est un autre médicament que l'on recommande. Il conviendrait spécialement aux femmes souffrantes de l'utérus. J'ai eu moi-même de très bons résultats avec Mercuri%bs soluhilis dans des cas récents. L'acide Carbolique et le Manganum sont en faveur en France.
(1) Voy. Stillé, Therapeutics and Mat. med.^ 4« éd., II, 823,; ,
588 MALADIB8 AFFBCTATn* LA PEAU.
L*afféctionqae nous avons Thabitude d* appeler «lèpre » parait actuellement reconnue comme étant simplement une forme circinnée du psoriasis. Dans un cas que j'eus une fois à traiter, les symptômes constitutionnels me conduisirent, après Mercurius, à employer lodium, et une cure prompte et permanente récompensa mon choix.
lOHTHirOSB.
Cette affection, rare heureusement, toujours héréditaire ou congénitale, paraît modifiable par le traitement, même i^9ltV Arsenic. Je conseillerais Hydrocotyle comme un médicament à essayer.
J*ai actuellement étudié les « ordres » reconnus des affections cutanées, et je réserve leurs autres variétés pour une lettre suivante.