‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 21 sur 189 · FEBRICULA. — FIÈVRE CONTINUE SIMPLE · texte numérisé non relu

FEBRICULA. — FIÈVRE CONTINUE SIMPLE

A côté de la fébricule, la nomenclature que nous employons donne une autre « fièvre simple continue » (raçpellant ainsi) qu'elle définit « une fièvre continue sans caractère spécifique », la séparant par ce mot « continue » de la febricula également non spécifique, qui n'a qu'une durée de trois ou quatre jours. Reste à savoir s'il existe un semblable type distinct de fièvre ; et cette question a une importance considérable (comme je l'ai dit) dans sa portée sur les prétentions que moi et d'autres avons élevées pour Baptisia, comme ayant un véritable pouvoir abortif sur la fièvre typhoïde. S'il existe une autre fièvre continue ressemblant à l'entérique, mais n'ayant pas la même origine causale spécifique, n'ayant par conséquent ni type fixe, ni durée définie, il se peut que ce soit dans cette sorte de fièvre que Baptisia ait récolté ses lauriers, et que le pouvoir des médicaments de faire avorter la vraie fièvre typhoïde soit encore à prouver.

Maintenant, lorsqu'au Congrès homœopathique Anglais de 1872, je lus le mémoire que j'ai cité, j'étais disposé à soutenir la négative de cette question. Je ne trouve dans les écrits aucune preuve suffisante qui l'emporte sur l'opinion de Jenner, de Watson et de Trousseau, que la «fièvre gastrique, » comme on l'appelait communément, était la c( fièvre typhoïde » de la nosologie moderne. Mais la possibilité de l'alternative opposée étant actuellement vivement présente à mon esprit, j'ai scruté ma propre expérience et celle des autres pendant ces quelques dernières années, eu égard spécialement à cette question, et je me trouve à contre-cœur porté vers une conclusion opposée touchant cette alternative.

Je dois donc parler ici de la

FIÈVRE SIMPLE COKTINUS:

comme distincte de la fièvre typhoïde d'une part, et de la febricula de l'autre. Bahr aussi distingue cette fièvre en gastrique, bilieuse ou muqueuse, suivant ses phénomènes ; et Jousset fait de même en l'appelant a fièvre synoque. » Le premier corrobore ma propre observation en

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disant que, dans les cas prolongés, la langue devient brune et sèche, l'abdomen se tuméfie, et la diarrhée remplace la constipation qui existait d'abord. C'est ce que les auteurs Anglais entendent par ce terme de « fièvre gastrique tournant à la typhoïde. »

C'est dans cette fièvre que (suivant ma croyance actuelle) Baptisia s'est trouvé tellement spécifique. La défervescence et la crise suivront en un très court espace de temps son emploi, beaucoup plus court que cela n'aurait lieu si. la maladie était abandonnée à son cours naturel : la langue se nettoiera rapidement en même temps que reviendra la capacité de reprendre et de digérer les aliments. La « fièvre gastrique » ne tournera jamais à la « typhoïde, » je crois, lorsqu'elle sera traitée de bonne heure par ce médicament. Si, cependant, vous n'êtes en présence du 'cas que lorsque les symptômes typhoïdes sont déjà développés, le médicament approprié sera presque toujours V Arsenic,

Vous trouverez dans Bahr et Jousset (1) des indications de plusieurs autres médicaments dans cette fièvre. Je ne saurais vous conseiller, cependant, de les substituer aux deux mentionnés ci-dessus. Aucun d'eux ne se saisit de l'essence de la maladie comme le font ceux-là. Quelques-uns peuvent à l'occasion trouver leur place en alternance avec Baptisia lorsque les indications de leur emploi sont très fortes. Mais ma propre impression est que ce dernier agit aussi bien sans eux.

J'ai à citer ensuite la

FŒVRS récurrente:

(Relapsing fever, fièvre à rechutes) qui n'a pas besoin de définition de ma part.

Nous avons trois sources de renseignements sur son traitement homœopathique.

La première est une relation par Hahnemann lui-même de la fièvre qu'il traita à Leipzig en 1814, et que je dois,

(1) Aussi dans : a Some Observations on the treatment of fevers, » par le D»" Anderson, dans le Monthly Hom. Ueview^ VIII, 331.

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