‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 22 sur 189 · FIÈVRE RÉCURRENTE · texte numérisé non relu

FIÈVRE RÉCURRENTE

avec le D'^ Russell, considérer comme appartenant à cette variété. Ses principaux médicaments furent Bryonia et Rhus, chacun à la 12« dilution, l'un ou Tautre étant donné suivant que les douleurs étaient soulagées par le repos ou le mouvement. Il traita 183 cas sans un seul mort, pendant que la mortalité sous le traitement ordinaire était considérable (1).

La deuxième est Texpérience acquise par le D»*Kidd dans la fièvre qui désola l'Irlande en 1847(2). Il traita à Bantry 1 11 cas parmi lesquels 24 sont considérés par lui comme ayant été des cas de typhus, et 87 de fièvre récurrente. Il ne perdit que deux malades qui étaient selon toute apparence parmi les cas de typhus ; en sorte que sa mortalité aussi fut nulle. Son principal médicament fut Bryonia; et ayant repris ce suj et en 1865, il est convaincu qu'aucun médicament ne peut être recommandé avec plus de confiance.

Notre troisième autorité est le D' Dyce Brown, qui traita 50 cas dans une épidémie qui eut lieu à Aberdeen en 1871(3). Il donna à presque tous ses malades Baptisia; et il le trouva, par comparaison avec l'histoire naturelle de la maladie, hâter matériellement la crise. Il ne perdit non plus aucun malade.

Il paraît, d'après ces faits, que la fièvre à rechutes traitée homœopatiquement peut n'être jamais mortelle; et que Bryonia^ Rhics et Baptisia (le dernier devant être préféré lorsque prédominent les symptômes gastriques) sont ses principaux remèdes. J'aurais cru, d'après le caractère élevé et synochial de la fièvre, que l'aconit eût pu rendre des services ; mais le D^ Dyce Brown dit qu'il ne lui servit en rien. Je ne pense pas que nous puissions prévenir la rechute par des médicaments homœopathiques (4), mais nous devons soulager les douleurs qui sont un trait si caractéristique de cette fièvre.

(1) Voy. Lectures de Russell, p. 369.

(2) Voy. Brit, Joum, ofHom,, VI, 85 ; et Annals^ IV, 136.

(3) Voy. Brit. Joum. ofHom.y XXXI, 355.

(4) Le D' Brown a trouvé que l'hyposulflte de soude, à la dose de 5 grains, remplissait ce but.

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Bryonia ou Rhus donné suivant l'indication de Hahnemann, et d'après sa méthode, c'est-à-dire une seule dose de la 12« dilution le matin, sans répétition, peut le faire ; mais s'il échoue, je conseillerais d'essayer Eupatortum perfoliatum de même que dans les douleurs très semblables de la dengue et (ainsi que nous le verrons) de la grippe.

Nous avons fini d'étudier les types anglais de la fièvre, mais il en existe trois qui leur sont alliés de près, quoique des variétés spécifiquement distinctes de ces dernières se rencontrent dans d'autres pays. Ce sont la fièvre jaune, la fièvre cérébro-spinale et la peste.

De la première, la

nous possédons une bonne quantité de relations de la part des médecins qui pratiquent l'homœopathie dans les Etats du sud de l'Amérique. Dans le troisième volume du North American Journal of Homœopathy^ le D' Holcombe nous a donné le récit d'une épidémie dans laquelle lui et un associé traitèrent 1,016 cas. Le traitement fut général et symptomatique ; le camphre fut donné lorsque le frisson primitif fut si intense qu'il rappelait à l'observateur le coUapse cholérique (c'est la forme algide du D' Lyons). L'Aconit et la Belladone furent employés pour combattre la réaction ; après eux, il fallut en général recourir à l'Ipécacuanha et à la Bryone pour les symptômes gastriques. Si le cas tournait à l'état typhoïde, on donnait l'Arsenic et le Lachesis, et si le vomissement noir survenait, l'Argentum nitricum. Quelquefois on avait recours à Cantharis pour l'état des voies urinaires, et ce médicament le modifiait pour le mieux. Par ce traitement, ils ne perdirent que 55 malades, ce qui met la mortalité à 5,4 p. 100, au lieu de 15 à 75 p. 100 qu'elle est d'ordinaire.

En 1867, le D' Holcombe traversa une autre épidémie de fièvre jaune et communiqua ses résultats à l'American

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