‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 23 sur 189 · FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE JAUNE

Institute of Homœopathy, dans les Transactions de 1868 duquel on peut en lire Thistoire. Il traita 300 cas et n'eut que 7 morts ; mais la mortalité générale fut aussi moindre que d'habitude. Le D' Holcombe en était arrivé à cette époque à la conclusion que les venins des serpents étaient les remèdes les plus véritablement homœopathiques que nous possédions pour la fièvre jaune ; et il les donne, en conséquence, à la 30® dilution, dans tous les cas. Il considéra le « Lachesis » coname plus particulièrement adapté aux éléments nerveux, et le « Crotalus » aux éléments vasculaires de la maladie, Lachesis àTempoisonnement nerveux, Crotalus à l'empoisonnement sanguin, et conséquemment il donna Lachesis dans la première période, et Crotalus dans la seconde, celle d'épuisement, d'hémorrhagie et d'ictère. Avec ces médicaments, il alterna souvent ses vieux médicaments à mesure qu'ils se trouvaient indiqués par les symptômes. Il préconise fortement l'Argentum nitricum pour le vomissement de la seconde période, mais il paraît préférer l'Arsenic lorsque le vomissement est sanguin, c'està-dire lorsque le « vomissement noir » a lieu ou est sur le point de venir.

Nous avons d'autres relations d'épidémie des D" Neidhard, de Philadelphie (1) et Morse, de Memphis (2). Le premier fut à inême de compter presque exclusivement sur Crotalus. Le deuxième traita ses cas suivant les symptômes ; mais lui et ses collègues ne perdirent que 12 p. 100 de leurs malades, tandis que sous le traitement allopathique la mortalité atteignit le chiffre d'au moins 40 pour 100.

Ces résultats montrent que si vous rencontrez jamais la fièvre jaune, vous pouvez compter avec la plus entière confiance sur les médicaments holnœopathiques. Les faits que j'ai avancés en parlant des venins des serpents font voir combien je suis d'accord avec les D^* Holcombe et

(1) On Crotalus horridtcs in Yeîlow fever,

(2) North American Joum. of Hom.^ vol. XXII, 425.

Neidhard pour trouver dans Lachesis et Crotalus les vrais similia pathologiques de cette terrible maladie. Leur seul concurrent à un honneur égal est Phosphorus, La ressemblance entre Tempoisonnement par cette subtance avec son ictère et ses hémorrhagies et la fièvre jaune est évidente. La seule question est de savoir si celle-ci affecte le sang par le foie ou primitivement. Si la première hypothèse est la vraie, je dois être de l'avis du D"^ Holcombe que le médicament n'est pas réellement homœopathique à la maladie, puisque dans cette dernière le sang est directement affecté et la jaunisse elle-même hématique plutôt qu'hépatique. Mais si le dire d'Hœnisch (1) est correct (il diffère quelque peu de celui de Frerichs), l'état du foie et des reins trouvé après la mort par la fièvre jaune est précisément la dégénérescence graisseuse, que détermine le phosphore. On dit que le phosphore a donné d'excellents résultats dans cette maladie pendant une épidémie à Rio de Janeiro (2).

La fièvre continue que j'ai à étudier ensuite est la méningite cérébro-spinale, qui est appelée dans la nouvelle nomenclature (anglaise)

FISVRS OÉRÉBRO-SPINAIjS.

Dans un mémoire publié dans le vingt-troisième volume du British Journal of homœopathy, j'ai rassemblé tout ce qui était alors connu du traitement homœopathique de cette maladie. Vous verrez qu'il a toujours eu un large succès comparé. Ainsi, dans une épidémie qui eut lieu à Avignon en 1846-47, le D'" Béchet ne perdit que 22 pour 100, comparativement à une mortalité de 72 pour cent dans les hôpitaux militaires. Son médicament fondamental, chose assez curieuse, fut l'Ipécacuanha. 11 fut donné en teinture mère, et presque toujours alterné avec quelque autre médicament indiqué par des symptômes spé • ciaux. Hyoscyamus fut un des plus fréquemmentemployés.

(1) Ziemssen, Handbuoh der spedellen Medicin^ vol. I.

(2) British Journal of Hovnœopathy ^ XXIII, 130.

Page 1