‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 24 sur 189 · FIÈVRE CÉRÉBRO-SPINALE · texte numérisé non relu

FIÈVRE CÉRÉBRO-SPINALE

Notre principale expérience, cependant, sur le traitement de la fièvre cérébro-spinale a été acquise en Amérique. La maladie s'y présente sous deux formes. La première est inflammatoire et sthénique, et ici l'Aconit, le Veratrum viride ou le Gelseminum, avec la Belladone, ont été ses remèdes. La seconde, et de beaucoup la plus commune, affecte le type typhoïde; elle est caractérisée par des pétéchies, de manière à lui faire donner le nom de «fièvre tachée » (spotted fever) (1). Ici les médicaments typhiques, Bryonia, Rhus et Arsenic ont été mis enréquisition, et la prostration fut combattue par l'alcool absolu. Lorsque les spasmes continuaient après l'apaisement des symptômes aigus, le D' Searle et d'autres trouvèrent l'Actaea racemosa très utile.

Je pense que l'on ne peut s'empêcher de sentir que, à l'exception de V Aconit dans les cas franchement inflammatoires, nous n'avons pas encore rencontré le vrai stmile de la méningite cérébro-spinale. Mais j'espère qu'il a été trouvé dans la Cicuta. Le D' Baker, de Batavia, a communiqué à Idi. New-York State Homœopathic Society (2) une série de soixante cas de la maladie, à tous les degrés de gravité, traités par ce médicament seul sans un seul cas de mort. Les phénomènes de l'empoisonnement par la cigûe sont très homœopatiques à ceux de la maladie, même aux pétéchies; et les autopsies des animaux tués par elle montrent beaucoup d'hyperémie des méninges cérébro-spinales. Quant à l'Aconit, à côté de ses indications évidentes (et je puis dire que le pouls est toujours, siuon tout à fait altéré, plein et tendu) nous possédons les observations récentes de Harley, desquelles il conclut que l'aconit affecte l'axe cérébro-spinal des centres de la troisième paire de nerfs à l'origine des nerfs, phréniques juste de la manière que la Strychnine l'affecte tout en-

(1) Les mêmes symptômes la caractérisaient dans une épidémie récente en Grande-Bretagne, et le nom qui fut d'abord proposé pour elle ici fut « Fièvre pourprée maligne » (Malignant purpuric fever).

(2) Voy. ses Transactions pour 1872, p. 60.

tier (1). C'est dans cette région que les symptômes de la méningite cérébro-spinale se montrent au degré le p]us intense.

Je ne dois pas oublier les venins des serpents, spécialement leCrotalus, dans les cas où les phénomènes çétéchiaux étaient très marqués. Je puis mentionner aussi que le D^ Searle, de Brooklyn, a relaté quelque expérience dans la surdité que laisse si souvent après elle cette maladie (2). 11 a obtenu beaucoup de succès dans son traitement, en général regardé comme futile, avec Silice et Sulfur.

De la dernière de ces fièvres malignes, la

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KarèÇoxiiv, j'ai peu de chose à dire. Elle paraît être un typhus caractérisé par des charbons et des engorgements des glandes lymphatiques.

L'homœopathie n'a pas de connaissances pratiques de sa thérapeutique, et heureusement, il est probable qu'aucun de nous n'aura l'occasion de la traiter. Si cela était, Arsenicum etLachesis sont les deux médicaments que je serais disposé à essayer (3).

(1) Dublin Joitmal of médical Science^ n® 45.

(2) Voyez les Transactions mentionnées ci-dessus, p. 188.

(3) Voir une étude publiée par nous dans le Bulletin de la Société

Homceopathique de 1879.

{Note du traducteur.)

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