LE PURPURA
doit, ce me semble, être étudié ici, ayant été appelé « scorbut de terre. » Mais je suis convaincu que la ressemblance entre les deux n'est que phénoménale. Dans le purpura, il n'y a nulle trace de cet excès de fibrine dans le sang que l'analyse *a démontré dans le scorbut, et qui se manifeste dans les dépôts plastiques qui recouvrent les muscles et qui engorgent le tissu cellu-
(1) Mon critique dans le Monthly Hom. Review (XIII, 236) diffère de moi quant à cette recommandation, et écrit : a Raue, dans son excellente Spécial Pathology, nomme 15 médicaments convenables pour les différentes lésions qui sont la conséquence du scorbut, et il est hors de doute que nous devrions donner quelquesuns d'entre eux, suivant les spécialités individuelles du cas, en outre du régime approprié. » Je serais heureux de savoir si le D' Raue a jamais traité le scorbut, et vu quelqu'un de ses « 15 médicaments » faire ce qu'un régime convenable était impuissant à faire ou à faire aussi vite. Je puis me rappeler deux cas (non suspects) de scorbut (terrestre) dans lesquels le traitement médicinal le plus soigné ne faisait absolument rien, mais qui guérirent rapidement lorsque la vraie cause des symptômes fut découverte, et que l'on pourvut au manque de végétaux frais. Ce n'est pas ainsi que les maladies se comportent là où les médicaments sont de première importance, et où le « régime approprié » n'est qu'un supplément utile.
laire des scorbutiques. Il n'y a pas non plus dans la majorité des cas de purpura, d'historique de pénurie dans l'abondance ou la variété du régime. Il me paraît être un état morbide suigeneris, se développant dans des circonstances très variées. J'ai quelque peu étudié sa pathologie et ses causes dans un mémoire publié dans le vingtsixième volume du British Journal of ffomœopathy . Vous y renvoyant pour les détails, je me contenterai de résumer ici les conclusions auxquelles je suis arrivé pour son traitement.
Le purpura se montre sous deux formes, le purpura fébrile et le purpura simplement hémorrhagique. La variété fébrile elle-même diffère selon qu'elle est sthénique ou asthénique. J'ai cité des cas de purpura sthénique fébrile dans mon travail, et j'ai noté la réputation de la saignée, des purgatifs et de la diète dans son traitement. Chez nous, la place des deux premiers moyens serait prise par V Aconit, qui en conséquence promet d'être son remède le plus approprié. Quant au purpura avec fièvre asthénique, j'en ai donné deux cas tirés de la littérature homœopathique. Les deux furent graves ; et ils guérirent tous deux sous l'influence de l'acide Sulfurique et de l'Arnica. J'avoue cependant que je suis tout à fait incapable de voir l'homœopathicité de l'acide Sulfurique à cet état. Son emploi me paraît une relique des traditions de la vieille école plutôt qu'une induction de la loi des semblables; et il est difficile de comprendre que l'action « astringente » du médicament puisse s'être exercée à la première et à la deuxième dilution, qui furent employées dans les cas cités. Les prétentions de VArmcay il est vrai, méritent une attention plus respectueuse. Les pétéchies du purpura sont sans conteste autant de meurtrissures (le terme ecchymoses est commun aux deux) ; seulement, dans ce cas, l'extravasation est le résultat d'une altération morbide venue du dedans, et non par violence mécanique du dehors. L'influence de l'Arnica sur les ecchymoses dues à la dernière cause n'est probablement pas purement locale, mais dynamique et spécifique. Il pousse