‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 44 sur 189 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

la pie-mère respectivement. Mais enpratique, une semblable, division n'est pas tenable. Il est douteux que l'arachnoïde soit jamais affectée primitivement. Sa lame supérieure est souvent comprise dans l'inflammation de la dure-mère. Sa lame inférieure participe à tout ce qui affecte la pie-mère. En sorte que la division pratique du sujet est : méningite comprenant la dure-mère et l'arachnoïde crânienne, et méningite comprenant la pie-mère et l'arachnoïde cérébrale.

1. La première forme de méningite s'offre à nous d'ordinaire comme le résultat d'une violence extérieure. C'est celle qu'à décrite si exactement Watson :

a Un homme reçoit un coup sur la tête; le coup l'étourdit peutêtre sur le moment, mais il ^.e remet de suite, et demeure en apparence en parfaite santé pendant un certain temps. Mais après quelques jours écoulés, il commence à se plaindre ; il a de la douleur à la tête, est agité, ne peut dormir, a le pouls fréquent et dur, la peau chaude et sèche, la face devient colorée, les yeux rouges et brillants ; il survient des frissons, des nausées et des vomissements, et, vers la fin, du délire, des convulsions ou du coma. »

A l'ouverture du crâne, on trouve la dure-mère enflammée, et de la sérosité ou du pus épanché sur la surface supérieure de l'arachnoïde.

Elle est aussi quelquefois causée par l'extension de la maladie de l'oreille interne. Le cas suivant paraît être un exemple de cette dernière variété, et fait voir la manière de la traiter :

a Un jeune homme, âgé de 18 ans, souffrait d'un écoulement de Toreille, qui se supprima par un refroidissement. Il avait des douleurs violentes, perçantes et insupportables traversant la tête d'une oreille à l'autre, une forte fièvre, de l'intolérance pour la lumière, avec des pupilles très mobiles, de l'insomnie ou des réveils en sursaut, une toux violente avec douleur frontale, de la constipation. Il prit Bryonia 2, le sixième d'une goutte toutes les deux heures. A la fin de vingt-quatre heures, l'écoulement de l'oreille avait reparu, il avait une transpiration abondante, surtout sur la tête, la douleur et la fièvre n'étaient plus que légères, la peau seulement modérément chaude, la soif non pressante, mais il était agité, inquiet, pensant

qu'il allait mourir; il dormit beaucoup et eut une évacuation involontaire de mucosités par le rectum. Hyoscyamus^ 2« dil., suivie de la l""®, enleva tout danger en trois jours, et le patient fut guéri en six. » (Peters, Biséases of the Brain).

C'est Texpérience hospitalière qu'il faut coasulter pour connaître le traitement convenable de la méningite suite de blessure. Je suis fâché d'avoir à dire que l'on ne trouve rien à ce sujet dans la littérature homœopathique. Je ne puis que conseiller l'emploi de V Arnica depuis le commencement comme prophylactique, et l'administration d'une basse dilution d'Aconit en doses fréquemment répétées aussitôt qu'apparaissent les symptômes inflammatoires ou fébriles. S'il survient du délire, vous pouvez alterner votre Aconit avec Belladonna, mais ne le quittez pas. Ce n'est que s'il apparaît des symptômes d'épanchement qu'il doit être abandonné en faveur des médicaments dont j'aurai à parler comme convenant à la seconde période de la méningite ordinaire.

2. L'inflammation de la pie-mère comprenant l'arachnoïde est la forme la plus commune de la méningite. C'est celle qui est déterminée par les poisons scarlatineux et rhumatismal, et se voit quelquefois aussi dans le cours de la fièvre typhoïde et des autres maladies aiguës. C'est la « fièvre cérébrale, » de plus, que l'on rencontre dans le cours de la réaction d'une commotion sans blessure du crâne, et comme résultat d'une chaleur excessive, de l'excitation mentale, de l'intempérance et d'autres causes analogues.

Ici encore, V Aconit est indispensable au début dans les inflammations primitives et pendant qu'il existe de l'excitation. Donnez-en des doses répétées jusqu'à ce que la tension artérielle se relâche et que la chaleur fébrile fasse place à la transpiration, et vous aurez à moitié gagné la bataille.

Tous les bons effets attribués par Abercombrie etWatson aux émissions sanguines dans ces cas seront obtenus sans spoliation du fluide vital. Alors, ou dans la méningite

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