‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 45 sur 189 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

secondaire depuis le commencement, consultez Belladonna eiBryonïa.Jahv indique bien leur diagnostic différentiel : «Je préfère Brjonia, » dit-il, « si le délire est plus doux, et si les douleurs sont violentei^, lancinantes et déchirantes. » Ce qui veut dire, si les membranes sont plus affectées que le cerveau lui-même. Mais il peut être souvent difficile de se décider entre les deux ; et dans un état complexe comme celui-ci, leur alternance paraît tout à fait justifiée.

Mais il peut se faire que, pendant le temps que vous êtes appelé auprès de votre patient, la période d'excitation passe à celle de dépression et de stupeur, ou haême que cet état soit déjà développé. Vous souvenant de la loi de Trinks, savoir, que la place de Bryonia dans les inflammations séreuses est la période d'épanchement (1), vous la trouverez encore utile si jusque-là les symptômes ont été principalement méningés. Vient-elle à manquer d'effectuer un changement favorable dans l'état, votre choix devra reposer entre Apis y Helleborus et Sulfur. Le second serait préférable au premier si la dépression cérébrale était hors de proportion avec le degré d'épanchement, indiquant que la substance cérébrale elle-même avaitététrès affectée ; il suivraiten effetBelladonnacomme Apis suivrait Bjronia. Mais ces médicaments homœopathiques se montreraieni-ils inefficaces, vous ferez bien alors de vous confier aux vertus inexplicables mais non douteuses de Sulfur, sur lesquelles, il est vrai, quelquesuns de nos thérapeutistes voudraient nous voir compter exclusivement, aussitôt que le moment est passé d'employer Aconit, Belladonna et Bryonia.

Aussi longtemps que le baromètre nous indique que la chaleur du sang est au-dessus du degré normal (et il tombe rarement durant toute la maladie), je ne vous conseillerais pas de quitter les médicaments vraiment antiphlogistiques que je viens de citer. Mais l'inflammation eût-elle réellement cessé, et ne reste-t-il que Tépanche-

(1) Hughes, Action des médicaments ou Eléments de pharmacodynamiqtte, Paris, 1874.

ment ou la torpeur cérébrale, on peut songer à V Arnica et au Zincum.

Le premier serait nécessairement indiqué spécialement dans les cas où une violence aurait été la cause déterminante ; mais, en tant que provoquant la résorption de quelque épanchement de sérosité, il prend Faction là où la Bryone et TApis la quittent. Zincum occupe une place tertiaire correspondante par rapport à la Belladonne et à THelleborus. Même dans une paralysie avancée suite d'encéphalite, avec froid général, on l'a vu provoquer une réaction salutaire .

Vous trouverez des exemples nombreux de la place et de la valeur de ces médicaments dans le Treatise on theinflammatory and organicdiseasesoftheBraindixlb^Feievs, et dansBâhr et Jahr. Leurs conclusions, tant des preuves fournies que par rapport aux médicaments, sont de beaucoup en faveur du pouvoir de Thomœopathie sur cette maladie. D'autre part nous avons l'opinion du D^ Hammond (qui sur treize cas traités par lui, en perdit dix) (1), que les bons résultats qu'il obtint chez les trois qui guérirent ne furent pas dus à la médication orthodoxe qu'il recommande, saignées, froid, purgations et mercurialisation, mais à de fortes doses de bromure de Potassium.

Il en est tout autrement avec la méningite chronique. Ici, nous ne possédons pas d'expérience homœopathique définie ; tandis que d'autre part les thérapeutistes de la vieille école annoncent des résultats souvent surprenants avec les hautes doses d'iodure de Potassium qu'ils administrent dans beaucoup de cas, l'explication de ses effets bienfaisants se trouve dans la nature syphilitique de l'affection, et l'action de la drogue est simplement destructive de la néoformation. Mais nous pouvons avoir affaire

(1) Hammoad, Traité des maladies du système nerveux^ c<ymprenant les mMadies du cerveau^ les maladies de la m>oelle et de ses enveloppes, les affections cérébro-spinales, les m^aladies du système nerveux périphérique et les maladies toxiques du système nerveux, traduction française augmentée de notes et d'un appendice, par le D»* F. Labadie-Lagrave. Paris, 1879, 1 vol. gr. in-8, xxiv-1278 pages, avec 116 figures.

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à une méningite chronique, spécialement à la convexité du cerveau, dépendante d'autres causes, et ici encore Tiodure estsouventbienfaisantjtouten n'ayantbosoin que de doses plus faibles (quoique encore massives). En présence de cette maladie, donc, je ne puis rien dire sur le traitement homœopathique, et je croirais démon devoirde donner à mes malades le bénéfice de doses entières et croissantes d'iodure de Potassium. Si en même temps le bichlorure de Mercure aide son action dans les cas syphilitiques, et un des bromures dans ceux dépendant d'autres causes, je ne vois pas de raisons pour ne pas les employer.

C'est là tout ce que j'ai à dire concernant l'inflammation qui aifecte les membranes du cerveau. Nous arrivons actuellement à celle qui comprend la substance cérébrale elle-même, autrement dit, la

L'inflammation du cerveau, comme celle du foie, peut prendre place soit dans les éléments essentiels de l'organe, qui sont ici les cellules et les flbres nerveuses, soit dans le tissu conjonctif. Dans le premier cas, elle se termine, si on ne parvient à l'arrêter, par un abcès ; dans le second cas, par l'induration et l'atrophie.

1. La cérébrite suppurative est toujours circonscrite, et se présente sous une forme subaiguë ou chronique, constituant dans le dernier cas l'abcès cérébral. Les symptômes d'irritation et la flèvre ne sont jamais graves, et je ne pense pas qu'il y ait place pour l'Aconit et la Belladone dans leur traitement. Le médicament le plus homœopathique à cet état me paraît être le Mercurius, J'ai dit, lorsque j'ai parlé do ce métal, que son influence sur le cerveau est très marquée ; et les symptômes qu'il fait naître, qui pourraient appartenir à quelque dégénérescence de l'organe, d'après son action partout ailleurs, sont mieux attribués à l'inflammation, de sorte que, lorsque Sir Thomas Watson dit, «j'ai connu plusieurs symptômes obscurs mais menaçants d'affection cérébrale se dissipant entièrement lorsque les gencives étaient ren-

dues malades par le mercure, et entretenues légèrement telles pendant quelque temps, » on est porté à penser que le pouvoir du médicament de développer une affection cérébrale avait quelque rapport avec la guérison, et que la stomatite était un élément tout à fait inutile dans le traitement.

Je ne connais cependant rien de l'emploi homœopathique intentionnel de ce médicament dans ce but, ni en vérité aucune expérience notée dans le traitement de cette maladie. Quant aux auteurs, Bâhr conseille lodium et Plumbum, et cite un cas d'empoisonnement chronique par ce dernier métal dans lequel l'autopsie décela un abcès dans le cerveau, et Jousset, nous rappelant le mal que fait Nux vomica aux doses ordinaires, en infère avec juste raison qu'en petites quantités il pourrait être bienfaisant. 2. L'inflammation de la névroglie du cerveau y causant de l'induration et conséquemment l'atrophie de la substance céréb!rale, n'a été reconnue que dans ces dernières années. Elle peut se montrer sur une large surface ou en foci disséminés; d'où nous avons les scléroses cérébrales « diffuses » et « multiples. » La symptomatologie de l'affection, sous ces deux formes, est donnée d'une manière excellente par le D"^ Hammond, et son étude peut nous conduire au choix de remèdes convenables pour la maladie, parmi lesquels Baryta mérite considération, d'après les succès que l'auteur attribue à l'administration du chlorure de Barium. A présent, je conseillerais Plumhum comme le médicament le mieux indiqué par la nature delà lésion. L'induration et l'atrophie sentie plus souvent découvertes post mortem dans les centres nerveux des sujets soumis àson influence; et le tremblotement saturnin, comme les spasmes et les douleurs lancinantes ou déchirantes qu'il détermine, ont des analogies frappantes dans les phénomènes de la sclérose cérébrale.

peut-être soit idiopathique, soit secondaire à l'obstruction des vaisseaux sanguins. Dans le premier cas, le

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