MAKIS
Excluant la forme puerpérale de cette affection (dont je parlerai en temps et lieu), votre choix pour le médicament qui lui convient doit presque toujours résider parmi les trois «mydriatiques » Belladone^ Byosciamus et Stramonium, Vous vous rappellerez les caractéristiques différentielles de ces trois médicaments telles que je les ai esquissées dans ma Pharmacodynamique. La rage plus furieuse du Stramonium, l'hyperémie marquée de la Belladone et le type à la fois moins actif et sthénique du délire d'Hyoscyamus. Le premier des trois a été le plu§ souvent employé avec succès ; mais ils sont tous trois si en-
tièrement homœopathiques aux traits essentiels de la manie que vous ferez bien de les remplacer les uns par les autres plutôt que de les changer contre quelque autre médicament d'une relation plus éloignée. La seule exception que je voudrais faire est dans le cas de manie prenant la forme de Timmodestie et de la lascivité. Ici, dans le cas ou Hyoscyamus échouerait, Phosphorus est fortement recommandé par Jahr, nécessairement à haute dilution.
Veratrum album est le seul autre médicament que je voudrais citer. Sa réputation chez les anciens a été confirmée dans notre pratique ; Tangoisse de l'esprit paraît être le symptôme qui l'indique le plus fortement.
Dans la manie aiguë, je n'ai aucune raison de douter que la pratique ordinaire d'administrer de petites doses répétées du médicament indiqué réponde à tous les besoins. Mais dans les foïmes chroniques et récurrentes de la maladie, je serais plutôt disposé à faire une puissante impression sur le cerveau par une seule forte dose ou deux, suffisantes pour déterminer des effets physiologiques. L'avantage qu'il y a à agir ainsi avec Hyoscyamus a été illustré dernièrement par le D' Lawson (1). Il dit q^e ce médicament produit chez l'homme une forme réduite de manie accompagnée d'une paralysie presque complète des muscles volontaires ; et il trouve qu'en produisant cet état (à l'aide d'un grain d'alcaloïde, l'Hyoscyamine) la manie chronique est par suite améliorée à un degré étonnant.
Lorsqu'elle n'est pas un symptôme de dyspepsie, d'affection du foie, d'oxalurie, ou de fonctions ovario-utérines troublées, elle trouve ses meilleurs remèdes parmi trois médicaments métalliques, — Aurum, Platina et Plumbum, et deux du règne végétal : Ignatia et Veratrum.
(1) Practitioner, vol. XVII. Voy. aussi Brit, Joum. of Hom., XXXV, 162.
Aurum est un médicament renommé dans l'école homœopathique pour la mélancolie suicide, comme je Tai démontré lorsque j'en ai parié comme médicament. Platina prend sa place, jusqu'à un certain point, chez le sexe féminin, probablement parce qu'il affecte les ovaires, de même qu 'Aurum affecte les testicules.
Il a guéri la mélancolie religieuse et celle qui est associée à des dérangements de la santé utérine chez ces sujets. Le D' V. Meyer donne l'appréhension de la mort comme étant l'indication spéciale de ce médicament. Plumbum a aussi guéri la mélancolie religieuse dans des cas où les symptômes corporels étaient caractéristiques de ce médicament. Ignalia devrait, on général, être préférée lorsque la mélancolie est récente, et est distinctement attribuable à une impression morale, comme le chagrin, la frayeur, le désappointement et autres causes analogues.
Les indications pour Veratrum ne sont pas distinctes, excepté qu'ici, comme dans la manie, l'angoisse y fera toujours songer.
Outre ces médicaments, l'Arsenic, l'Iode et le Mercure ne doivent pas être oubliés. J'ai décrit dans ma Pharmacodynamique l'état mental produit par chacun d'eux; e^t l'agitation, la dépression anxieuse de l'Arsenic, le découragement et la démoralisation de l'Iode, et l'irritabilité acariâtre du Mercure peuvent vous guider pour accomplir une guérison occasionnelle. L'expérience favorable récente de la vieille école avec l'opium est, en outre, digne d'attention (1) . La mélancolie est un des caractères du mangeur d'opium confirmé, et la constipation, si constamment présente dans la maladie idiopathique, est un élément important de l'homœopathicité du médicament.
lorsqu'elle survient comme affection primitive chez un jeune sujet, est presque toujours (je le crains) le résultat
(1) Voy. Hamraond, Op. cit., p. 372.
de la masturbation. Ici, Phosphori acidiim et AnacaV'c?mw rendront des services. Lorsqu'il y a en même temps de la mélancolie, on dit Conium utile. Une autre forme probablement curable de la maladie, est celle qui suit quelquefois une attaque aiguë de folie, et pour celle-ci Helleborus semblerait indiqué. Mais la démence sénile •doit être- impossible à guérir, ou même à être arrêtée dans ses progrès, en dehors de ce qu'un bon régime et des soins appropriés peuvent faire.
LA PARALYSIS GÉNéRALS DSS ALJSTŒS
paraît être dans tous les cas liée à une inflammation diffuse de la substance corticale du cerveau et des membranes voisines. Ceci indiquerait, dans la première période, Tadministration persévérante de la Belladone. Lorsque les symptômes de Texaltation mentale si caractéristique de ce médicament sont présents, à mesure que la paralysie avance, je pense que nous devrions es» sayer si nous ne pourrions pas obtenir d'effets bienfaisants du Cannabis Indica, Ce médicament a été très employé dernièrement dans les désordres mentaux, mais son homœopathicité parait entièrement ignorée. Une grande exagération de perceptions, d'idées et d'émotions, tel est le désordre mental produit par lui ; et ici, sinon ailleurs, il trouve une occasion d'exercer une influence curative sur des phénomènes similaires. Il pourrait être aidé par le Mercurius corrosivus et l'Iodure de potassium pour agir sur les méninges enflammées. •
Nous ne possédons aucune expérience homœopathique de traitement de cette affection dans nos annales.
L'hypochondrie et le delirium tremens doivent finalement être étudiés avant que nous ne quittions le sujet des affections mentales.