L'HYPOCHONDRIE
a déjà été mentionnée à propos de sa forme la plus commune, c'est-à-dire de mélancolie accompagnant la dys-
pepsie, mais hors de proportion avec elle, et nous avons dit la valeur de Nux vomica dans cet état morbide. Mais il y a aussi ce que Jous«et appelle une hypochondrïe essentielle, qui est une maladie réelle. Elle est définie par les D^^GuÛ et Anstie, dans leur article sur elle dans le St/stem of Medicine de Reynold, comme étant « une dépression mentale, survenant sans cause suffisante, et prenant la forme, même tout d'abord ou de très bonne heure, d'une conviction dans Tesprit du malade, qu'il est victime d'une très sérieuse maladie corporelle. »
Le D' Jousset dit que l'Angleterre est le pays de l'hypochondrie ; mais elle paraît être beaucoup plus fréquemment rencontrée par leshomœopathes de l'Allemagne que par nous de nos jours. Hartmann s'étend beaucoup sur les remèdes à lui opposer, et Bâhr a fait sur cette maladie un excellent article.
Outre Nux vomica et Sulfur, il recommande Staphysagria, Nairum muriatïcum et Conium. Le premier est spécialement indiqué lorsque l'affection est causée par des impressions déprimantes longtemps continuées; le second, lorsqu'il y a beaucoup de cachexie et de constipation ; le troisième, lorsque une continence sexuelle forcée semble en être l'origine.
Il transcrit aussi la forte recommandation de Hartmann de l'emploi du Séannum, que j'ai cité lorsque j'ai parlé de ce médicament, et lequel convient lorsqu'il existe de fortes douleurs abdominales, soulagées par le mouvejnént, lequel pourtant fatigue le malade. Outre ces médicaments, je dois mentionner ^ r^emcwm et Ignatïa. Le dernier combattra ces exacerbations demi-délirantes de la détresse mentale qui affligent quelquefois les victimes de l'hypochondrie. Le premier est indiqué par les douleurs brûlantes si caractéristiques de la maladie ; et la disposition mentale existante répond de très près à celle que produit le poison. Le D' Black (1) loue hautement sa valeur associé au Mercurius.
(1) Hahnemann, Mat, Medica, part I, p. 25.
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est ouvertement un exemple de cas dans lesquels plus de malades sont morts du fait du docteur que de celui de la maladie. Traité anciennement comme une inflamniation^ les moyens antiphlogistiques et le régime adoptés étaient (ainsi que nous le dit Watson) « positivement nuisibles. » Mais aujourd'hui la même imputation est jetée à la face du traitement opiacé qui à ses yeux paraissait leur remplaçant rationnel. De n grands malheurs » sont attribués à cette croyance et à cette pratique dans les traités de médecine les plus récents ; et on nous dit que « Fidée que les patients affectés de delirium tremens doivent êtrenarcotisés jusqu'à être dans un état de repos peut maintenant être dite abandonnée par ceux qui sont le mieux qualifiés pour parler sur ce sujet. » Le traitement d'aujourd'hui paraît être de l'expectation pure. — « Le traitement heureux du delirium tremens, dans neuf cas sur dix, dépendant d'un régime convenable, régulier et continu, par lequel les fonctions du système nerveux sont soutenues pendant le combat jusqu'au rétablissement. »
Je n'ai pas de statistiques à mettre en avant portant sur la question de savoir si l'homœopathie peut ajouter quelque chose ici au succès del'expectation. Mais je crois que cela est très probable, et j'essaierai de vous donner les indications de certains médicaments à employer dans son traitement.
Vous aurez en général besoin de deux de ceux-ci, — un pour combattre le désordre cérébral, l'autre les symptômes gastriques, et nerveux en général, du malade alcoolisé. Vous trouverez le premier dans Hyoscyamus^ Belladonna ou Stramomum, — beaucoup plus communément le premier. Il est rare que le delirium soit assez in flammatoire pour nécessiter Belladonna, ou suffisamment maniaque pour Stramonium, Les médicaments de la deu-
xiéme catégorie qui vous rendront service sont Tartarus emeiicicset Arsenicum. Le premier répond mieux à beaucoup de dérangement gastrique muqueuœ, et lorsque la bière a étéTagent intoxiquant; les sueurs froides profuses l'indiquent aussi. La tendance que les cas de delirium tremens ont à voir survenir la pneumonie est une autre preuve de l'homœopathicité du Tartarus emeticus. L'Arsenic vient en ligne lorsque l'état de Testomac est celui de la gastrite, et quand le désordre nerveux est considérable, ce que démontrent la prostration et les tremblements musculaires, qu'il combat d'une manière remarquable.
En donnant un de ces derniers médicaments le jour, et un des premiers la nuit, vous obtiendrez, je pense, des effets très satisfaisants dans le delirium tremens. Pour quelques exemples de cas, je vous renverrai à un mémoire sur cette maladie par le D'^ John Moore, de Liverpool, publié dans le huitième volume du British Journal of Homœo'pathy. Je m'accorde avec lui en pensant que l'Hyoscyamus doit être donné dans ces cas à une dilution pas plus élevée que la première décimale.
Le delirium tremens est décrit aujourd'hui comme un « Alcoolisme aigu », et est envisagé conjointement avec une série d'altérations des fonctions nerveuses survenant chez les ivrognes, auxquelles on donne le nom « d'alcoolisme chronique. » Les tremblements musculaires et les vomissements du matin sont les plus communs de ces accidents : de graves dégénérescences des centres nerveux, indiquées par la paralysie et l'aliénation mentale, tiennent l'autre extrémité de l'échelle. J'ai à peine besoin de dire que si l'on veut traiter avec succès de tels malades, ils doivent d'abord rompre avec leur habitude vicieuse. Mais en outre, vous pouvez obtenir des effets très heureux de l'administration de Nux Fomeca dans ces cas, lorsque le mal n'est pas trop avancé. Dans les formes plus avancées de la maladie, je pense que nous pourrions difficilement faire mieux que ce que recommande le D'' Anstie, c'est-à-dire — essayer d'améliorer la nutrition