‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 55 sur 189 · MIGRAINE · texte numérisé non relu

MIGRAINE

symptômes sont très augmentés par le mouvement, et aussi en se baissant, ce qui donne une sensation comme si le cerveau voulait tomber dehors. Le mal de tête de Nux est plutôt occipital et s'aggrave spécialement par Texercice mental. Glonoïn est ici d'une grande valeur dans les cas où la céphalalgie s'accompagne de beaucoup de battements. Pour celle causée par une congestion passive, la seule distinction diagnostique que je puisse établir entre les symptômes &'Opium et ceux de Gelsemï' num est que la somnolence est plus marquée dans le premier, Tétourdissement dans le second.

Le traitement de ces céphalalgies, quand elles sont chroniques, est en grande partie du ressort de Thygiène et du régime, et sur ce point le B"" Shuldham donne d'excelleiits conseils. Dans le choix des médicaments, l'état de la santé générale doit être pris en considération, et peut quelquefois nous conduire à des médicaments comme Sulfur, Sepia et Çalcarea, au lieu des plus habituels, Belladonna et Nux. Ferrum aussi doit être souvent consulté. J'ajouterai que dans beaucoup de cas de céphalalgie continue à type congés tif, avec tendance à la surdité et aux bruits d'oreilles, j'ai obtenu les résultats les plus satisfaisants des trois premières triturations duStUfate de quinine,

3. Quoique j'aie parlé d'une manière étendue sur la migraine, j'ai encore à étudier le « mal de tête nauséeux » (sickheadache). Je n'entends pas par là le simple mal de tête dyspeptique, pour lequel les médicaments antidyspeptiques sont indiqués. J'ai en vue une attaque revenant périodiquement, dont la douleur de tête est un symptôme, et le vomissement un autre, mais dont l'histoire clinique dénote une origine plutôt gastro-hépatique que cérébrale. Le cas suivant est destiné à illustrer ce que je comprends et à montrer l'action d'un des médicaments qui lui sont applicables :

a Agnès F..., âgée d'enviroa 30 ans, avait souffert de temps à autre, de « maux de tête nauséeux » à retours pendant les huit dernières années. Je l'avais traitée quelquefois, mais avec peu de résultats. Le 16 mai 1870, elle s'adressa encore à moi pour voir si je

pourrais la soulager sous ce rapport. Lorsque je vins pour m*enquérir de son état, je trouvai que les symptômes avaient acquis une forme tellement typique qu'il me fut possible de lui promettre un soulagement presque certain.

Tous les quinze jours, cette malade commençait par ressentir beaucoup de douleur dans Thypochondre droit, laquelle douleur augmentait graduellement. Lorsqu'elle était le pire, la tête commençait à lui faire mal, spécialement dans la partie antérieure et les tempes. Cette céphalalgie arrivait aussi bientôt à son acme ; et en même temps les nausées qui avaient existé à un certain degré depuis le commencement se changeaient en vomissements, principalement de bile. Cela continuait ainsi quelques heures, et alors les symptômes diminuaient de la même manière graduelle, l'attaque entière ayant duré près de trois jours. Dans les intervalles, il y avait de temps à autre des sensations de céphalalgie, de nausée et de douleur de côté, mais à un faible degré. Les sécrétions et les fonctions utérines étaient normales.

Le médicament qui m'était venu à l'esprit en entendant c«|te histoire, et dont j'étais capable de promettre un bienfait si certain, était Chelidonium, Je lui en donnai trois gouttes de la 3« dilution, soir et matin.

30 mai. L'attaque arriva à son époque habituelle, mais fut moins intense. Continué le médicament*

15 juin. Il y a trois semaines écoulées depuis le dernier accès, et il n'en est pas survenu d'autre. Elle se sent tout à fait mieux. Continué le médicament, 3« dilution décimale.

Le 25. Le lendemain de ma dernière visite, il survint une attaque, mais elle fut tout à fait légère. Elle ressentit peu de céphalalgie, de nausée et de douleur dans le côté. Continué le médicament.

Ce fut la dernière de ses céphalalgies pour longtemps. Elle cessa le médicament à la fin de juillet. Je l'ai vue depuis quelques fois, mais une seule fois pour un accès de cette nature, qui survient maintenant rarement. »

Il est rare que rorigine hépatique des attaques soit aussi évidente que dans ce cas. Lorsque les symptômes sont plus obscurs, les médicaments à consulter sont Nitx vomica, Bryonia, et Iris versi'color. J'ai employé assez le second ; mais Tlris a été mon ancre de salut. Il coupera souvent court les accès ; et son usage continu, en observant un régime et une hygiène convenables, fera beaucoup pour en éviter le retour. On le dit spécialement utile lorsque l'attaque commence par une tache devant les yeux, comme dans la vraie migraine.

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