‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 68 sur 189 · HYDROPHOBIE · texte numérisé non relu

HYDROPHOBIE

Ton peut faire pour enlever la cause excitante. En vérité, l'excision de la portion mordue est autant le devoir du patricien homœopathe que celui de son confrère de la vieille école. Et rien de ce que nous pourrions offrir dans un but prophylactique ou curatif ne remplace sa nécessité supérieure. Mais cela fait, nous sommes à même d'entamer le traitement ultérieur avec de plus grandes ressources et de plus grandes chances de succès que nos confrères. Notre avantage réside dans la possession par nous de deux médicaments actifs entièrement homœopathiques à la maladie. J'ai nommé Belladonna et Stramonium. Je n'ai pas besoin de faire ressortir l'homœopathicité de ces médicaments aux symptômes de l'hydrophobie. Elle est évidente. Mais quels faits avons-nous à offrir touchant leur efficacité ?

Nous avons d'abord la large somme de traditions venues à nous depuis le siècle dernier sur les vertus prophylac- ^ tiques de la Belladone. Bayle (1) a raconté les résultats de l'expérience deMiinch et de ses fils. Ils traitèrent avec ce médicament 176 personnes qui avaient été récemment mordues par des chiens enragés, et aucune d'elles ne fut attaquée par la maladie. Il conclut avec raison qu'il est de la dernière importance que l'on répète leurs expériences. Un sur vingt-cinq est la plus faible proportion à laquelle on estime l'occurence de l'hydrophobie chez les gens mordus, de sorte que au moins sept cas de la maladie furent prévenus par le médicament. M. Youat, suivant sir Thomas Watson avait grande foi dans une combinaison de Belladonne et de Scutellaria comme prophylactique de la rage chez les chiens (2) . Je pense que vous vous sentirez portés, d'après ces faits, et d'après l'analo-

(1) Bibliothèque de thérapeutique^ II, 502.

(2) II est nécessairement pressenti que la Scutellaria joua ici le rôle le plus important. D'après renseignements donnés sur elle par le D*" Haie dans ses New Remédies^ celle-ci paraît être un Nervin d'une certaine énergie, et qui fut signalé à M. Youatt par un médecin Américain (le D' Spalding) comme comptant de nombreux succès dans la prophylaxie de la rage.

224 BiALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.

gie avec la scarlatine, si quelqu'un dont la vie vous est chère est mordu par un chien suspect, de le tenir sous Tinfluence de la Belladone jusqu'à ce que la dernière limite de Tincubation ait été atteinte.

De plus, ceux qui se confiaient à la Belladonne comme prophylactique la donnaient aussi comme médicament curatif lorsque la maladie avait déjà éclaté. Bayle cite six cas traités ainsi, dontquatre guérirent. Hempel arecueilli cinq autres cas de cure supposée par Belladonna; et trois autres sont rapportés par des praticiens de notre propre école, dans lesquels elle fut le médicament principal (1). Accordons que quelques-uns d'entre eux fussent l'effet de la frayeur, il est difficile de croire que tous fussent tels ; et si Belladonna a guéri un seul cas, elle a fait plus que tout ce que les moyens antipathiques ou homœopathiques n'ont été en état d'accomplir, et est digne d'un essai répété.

Quant à ce qui est du Stramonium, tout ce que j'en sais est qu'il est réputé en Chine comme spécifique de la maladie. Je pencherais à le choisir de préférence dans les cas où l'irritabilité nerveuse et le délire seraient extrêmes, et Belladonna dans ceux où les symptômes de la gorge montreraient que la force du mal est tombée sur la moelle allongée et les nerfs qui en naissent.

Dans l'hydrophobie, comme dans le Tétanos, l'application du froid le long de la colonne vertébrale excitée (ici à sa partie supérieure) semblerait raisonnable ; je donnerais certainement aussi de la glace à ingérer au malade, ce qu'il peut souvent faire. Dans l'une comme dans l'autre de ces deux maladies, l'expérience paraît en faveur des doses massives. Ce n'est qu'aux plus fortes quantités que la Belladone a déterminé des symptômes hydrophobiques, et c'est de doses correspondantes que ses propriétés curatives ont été le plus souvent obtenues. C'est là un exemple dans lequel la règle du D'^ Yeldham quant à la dose (p. 29-30) peut trouver son application.

(1) Voy. BriL Joum, of Homœopathyy VII, 146; VIII, 81 ; XI

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