ÉPILEPSIE
Ignatia a une telle valeur en raison de Torigine fréquente de Tépilepsie dans les troubles émotionnels. J'ai dit que son emploi contre la maladie dépendante de cette cause datait d*avant Hahnemann, et qu'il confirme son utilité par son expérience avec les petites doses, limitant sa sphère d'action, cependant, aux cas récents, ou à ceux dans lesquels les attaques ne naissent jamais que sous l'influence de troubles de la même nature. Le D' Baertl a raconté plusieurs cas dans lesquels il fut curatif . Il est spécialement convenable dans l'épilepsie qui survient chez les enfants, sans qu'elle soit héréditaire.
L'homœopathicité de Vacïde Hydrocyanique à l'épilepsie fut signalée pour la première fois par le D'^ Madden et moi dans un mémoire sur cette substance, publié dans le vingtième volume du British journal of Homœopathy, Je suis revenu sur ce sujet plusieurs fois depuis, et j'ai maintenu notre position, ne la défendant que contre le seul assaillant qu'elle ait eu, feu notre collègue le D^ Russell (1), et dans une communication que je fis au Congrès homœopathique universel de 1876, laquelle sera publiée dans ses transactions, j'ai posé le sujet d'une manière définitive. Vous y trouverez au complet les arguments à Taide desquels je conclus que «l'acide Hydrocyanique est parfai* tement homœopathique à l'attaque épileptique ; ses effets ressemblejit aussi exactement et aussi véritablement à cette maladie que ceux de la Strychnine ressemblent au tétanos, w Je pense qu'il ne peut subsister de doutes làdessus. Mais on ne peut qu'avec des réserves considérables en induire son pouvoir curatif. Dans le tétanos, c'est l'accès que nous avons à traiter; dans l'épilepsie, c'est l'état morbide des centres nerveux d'où surgissent de temps à autre les attaques. Il n'est pas certain que nous puissions le modifier avec le médicament qui a, de plus (ainsi que l'a fait justement remarquer le D' Russell), une action très fugitive. Néanmoins, comme il guérit quelquefois, d'une manière des plus rapides et des plus éton-
(1) Voy. Manual of TherapeuU'cs, 1»« édit., p. 154.
nantes, des accès spasmodiques à retour comme la gastralgie et la coqueluche , il n'y a pas de raison pour qu'à l'occasion il ne puisse aussi guérir l'épilepsie. J'ai cité, dans le mémoire auquel je yiens de faire allusion, plusieurs observations de guérison par lui, même de cas de longue date. J'ai moi-même obtenu souvent de très bons résultats de son emploi dans cette maladie, et lorsqu'elle était d'origine récente, des eûtes. Dans un cas très intéressant le malade était, en outre, atteint d'angine de poitrine, et les deux affections cédèrent àl'âction de l'acide. J'ai eu de meilleurs résultats depuis que je me suis mis à donner des doses plus fortes, plus fréquentes et continuées plus longtemps. Ma pratique actuelle consiste à administrer de 5 gouttes de la troisième atténuation décimale, jusqu'à 3 gouttes de la première centésimale trois fois par jour.
Dans l'épilepsie de quelque durée , les principaux médicaments pour les homœopathes sont : Belladonna, Calcar e a et Cuprum.
Belladonna tient encore dans notre affection ce rang élevé qu'elle occupa dans la vieille école jusqu'à ce qu'elle fût détrônée par les bromures.
J'ai cité dans mes leçons l'opinion favorable de Trousseau sur son pouvoir; et, d'après l'article du D' Stillé sur ce médicament, il paraît que son usage systématique fut inauguré par Debreyne, et consistait à en donner des doses journalières en les augmentant jusqu'au maximum de tolérance, et en continuant ce traitement avec des interruptions de temps à autre, pendant trois ou quatre ans. Dans les cas rassemblés par le D"^ Baertl et ceux relatés par le D*" Russell, il paraît qu'elle peut quelquefois guérir à des doses plus petites et moins fréquentes ; mais que, dans les cas de longue date, Calcarea est en général nécessaire pour compléter le rétablissement. Bâhr remarque à juste titre que «les convulsions épileptiques de Belladonna sont la conséquence d'une intoxication intense de l'organisme; pendant qu'elles suivent leurs cours, elles peuvent reparaître plusieurs fois, mais jamais