AFFECTIONS DES PAUPIERES
spasmes et de ptosis, doivent être rapportées avec soin à leurs causes, si on désire les traiter avec succès. Elles viendront donc sous d'autres titres de cette partie de notre sujet. Pour le blépharospasme idiopathique, Jahr recommande ZTyo^cyamu^, et Allen etNorton Agancus{l). Je ne puis parler ici que de la paralysie apparemment idiopathique de Torbiculaire et de l'élévateur supérieur des paupières. Toutes deux, si elles sont d'origine centrale, demandent un traitement en conséquence ; mais autrement pourraient céder, la première à Causticum^ la dernière au même médicament ou à Gelsemïnum ou Conium.
La Nictïtattorij cette contraction ennuyeuse des paupières connue sous le nom de « sang vif » (live blood), cédera souvent à Pulsatilla ou, chez des sujets très nerveux, à lynatia. « C*est quelquefois », dit le D' Angell, » Tindice d'un manque de pouvoir de réfraction de rœil, et on la guérit alors en faisant prendre au patient des lunettes appropriées. ))
TXTMEXTRS BES PAXTPEÈRSS.
Des tumeurs sébacées ont disparu sous l'influence de hautes dilutions de Calcarea carhonica (2). Quant au « Chalazion » ou kyste de Meïbomius, voici ce qu'écrit le D^ Angell : « J'ai réussi quelquefois aie guérir rapidement en administrant Mercurius à l'intérieur, et en faisant appliquer soir et matin sur l'extérieur des tumeurs une pommade composée de quatre ou six grains de précipité rouge pour une once d'axonge. » Dans les tumeurs tarsales poussant à la manière des condylomes, Thuya est très utile.
Je veux actuellement dire un mot de deux des affections de l'appareil lacrymal. Beaucoup d'entre elles nécessitent
(1) Pour le dernier médicament, voyez un exemple dans le Hahnemannian Monthlt/j XII, 390.
(2) Annalsy I, 272.
HuOHES. — Thérap. homœop. i^
254 MALADIES DE L'cEIL.
un traitement chirurgical : Je ne parlerai que de ce que Ton peut faire avec les médicaments homœopathiques.
L'INFUUiXMATION DU SAC LACRYMAL
fut une fois rapidement guérie, par le D"^ Dudgeon, par Silicea (1), et j'ai pour ma part rencontré un castrés semblable. Il existe aussi des exemples de
FISTUX.B LACRYMAIjB
guérie par le même traitement (2) ; et dans d'autres cas, par Calcarea, Fluoris acid., Natrum muriaticumet Causticum. Quelques-uns de ces cas étaient simplement des obstructions du canal nasal, avec stillicidiumlacrymarum. Cependant, le but du traitement est unique et le même. Rétablir la membrane muqueuse du canal à son état normal par des médicaments, et les larmes couleront par leur conduit naturel, tandis que Touverture fistuleuse, s'il y en a une, se fermera. Le D' Roche relate un cas bien observé, dans lequel cela fut évidemment accompli par Mercurius corrosivus et Sulfur (3) ; et sur ce dernier médicament Jahr écrit : « Je n'ai pas encore traité un seul cas dans lequel Sulfur ne m'ait rendu d'éminents services ; dans beaucoup de cas ce médicament seul effectua la guérison ». Il est cependant difficile de supposer que «beaucoup de cas » de cette affection puissent s'être présentés à un même praticien, même pendant « quarante années » de pratique. Après ces quelques données sur le traitement des maladies des annexes de l'œil, je passe à ]'étude des affections de la conjonctive, des ophthalmies proprement dites.
CONJONCTIVITE SIMPLE.
La conjonctivite simple, l'ophthalmie catarrhale, communément « refroidissement sur l'œil » (coup d'air), cède
(1) Brit, Joum, ofHom,, XIII, 135.
(2) Ihid,, XXVII, 567. Amer. Hom. Review,, V, 390.
(3) Monthly Homœopathio Review.^ XIV, 503.
CONJONCTIVITE SIMPLE. 255
rapidement (lorsqu'elle est aiguë) au traitement homœopathique, sans qu'il soit besoin d'applications locales. Voici les instructions détaillées du D^ Dudgeon sur le choix des médicaments :
« Lorsque l'affection est récente, et que les symptômes sont une sensation de sécheresse, de démangeaison ou de cuisson dans les yeux et les paupières; un clignement fréquent, et un écoulement de larmes de temps à autre avec la conjonctive injectée partiellement ou d'une manière uniforme; peu ou pas de mucus sécrété; la conjonctive palpébraïe comparativement plus rouge que celle du globe oculaire ; une dose ou deux de Sulfur^ à n'importe quelle dilution, suffit d'ordinaire à effectuer une rapide guérison. Lorsque, dans le conamencement de la maladie, il existe une forte sensation de sécheresse brûlante, avec céphalalgie frontale, et des symptômes de congestion vers la tête, Belladonna, précédée ou non à' Aconit^ sera souvent trouvée utile. Si l'écoulement des larmes est considérable, et même d'un caractère acre, en même temps qu'il en existe un aqueux par le nez, des éternuements, et d'autres indices de Coryza, Euphrasia est le médicament indiqué. Dans le cas où, avec un écoulement abondant de larmes, il y a de fortes douleurs cuisantes et brûlantes, les larmes étant particulièrement acres et corrosives, ou sll y a chémosis et un état œdémateux des paupières, on trouvera Arsenicùm utile. Si, au début de la maladie, il y a un écoulement muqueux abondant, il faut penser à Chamomzlla. Lorsque la sécrétion muqueuse est excessive, l'injection considérable, et les caroncules en particulier enflammées et gonflées, Argentum nitricum se montrera, je pense, spécifique. Lorsque les glandes de Meibomius paraissent très affectées, et les bords des paupières rouges et tuméfiées^ la sécrétion formant pendant le sommeil des croûtes jaunes dans les cils, Mercurïus soluhilis ou Hepar sulfuris seront donnés avec avantage. Lorsque les exacerbations, qui ont lieu d'ordinaire le soir, sont très marquées, on trouvera Puisatille utile. »