MALADIES DE L*(EIL
Je donne ces indications en cas de besoin, et parce que les caractéristiques des médicaments dans Tophthalmie sont en général si clairement données. Mais je doute fort que le D"" Dudgeon ait eu jamais l'occasion d'employer plus de trois ou quatre de ces médicaments dans la conjonctivite simple. Pour ma part, Euphrasia ouBelladonna n'ont toujours suffi ; quoique je pense que, si le malade est d'une constitution malsaine, une dose de Sulfur doive commencer et puisse terminer le traitement. Euphrasia est préférable lorsqu'il y a un fort larmoiement, Belladonna lorsque la surface oculaire est sèche.
Je puis ajouter que Bâhr pense que l'Aconit, si on le donne de bonne heure, peut guérir tout cas simple. Il donne les indications, outre les médicaments déjà cités, d'Euphorbium et de Rhus ; et il dit que « appliquée localement, Euphrasia- produit souvent d'excellents effets, même après que son administration à l'intérieur se serait trouvée être absolument inutile. » Jahr parait employer le plus souvent Arsenicum et Euphrasia; mais il approuve la pratique de commencer le traitement de presque toutes les inflammations des yeux par l'Aconit. Jousset pense comme moi que l'Euphrasia est le médicament principal de l'ophthalmie catarrhale.
C'est dans sa forme chronique que nous sommes le plus fréquemment appelés à traiter cette affection. La pratique commune consiste à appliquer des irritants locaux, comme le nitrate d'argent et les sulfates de zinc et de cuivre. C'est là de la véritable homœopathie, quoique de la plus grossière espèce. Le D*" Liebold a bien démontré que ces substances ne sont pas de purs « astringents, » mais qu'elles enflamment en réalité la conjonctive lorsqu'on les y applique à l'état sain(l), et je suis loin do nier que leur emploi ne puisse être quelquefois la meilleure marche à suivre. Maisje vous engage fortement à essayer les médicaments internes seuls avant de recourir à ce mode de procéder moins désirable. L'Argentum nitricum
(1) Voy. Transactions of Amer, Insl. ofIIo,n,\ for. 1867.
CONJONCTIVITE PURULENTE. 257
lui-même est Tun d'eux. L'influence irritante de ce médicament sur la conjonctive a été démontrée d'une manière frappante dans la belle pathogénésie du D^ MûUer; et il est préconisé par Allen et Norton lorsque la conjonctive est rouge écarlate et les papilles hypertrophiées. Mercurius Corrosivus et Kali bichromicum, aussi, possèdent là comme dans la plupart des inflammations chroniques muqueuses une puissance curative. Mais Arsenicum^ dans ce cas, les surpasse. Dans la conjonctivite chronique simple, je vous conseillerais de n'essayer aucun autre traitement avant d'avoir donné à ce grand médicament une entière latitude de faire bon effet.
Je puis aussi mentionner Sulfur comme un allié précieux chez les sujets malsains, et citer ce que Bâhr dit de Staphysagria : « Avec ce médicament nous avons guéri plusieurs cas de catarrhes très rebelles, avec gonflement considérable des paupières, après que d'autres médicaments avaient complètement échoué. »
Quittant actuellement la conjonctivite simple, nous arrivons à sa forme purulente, dont nous avons trois variétés : i'ophthalmie des nouveau-nés, Tophthalmie d'Egypte ou conjonctivite purulente et rophthalmie blennorrhagique. Je parlerai de la première lorsque je traiterai des maladies des enfants ; nous nous occuperons de suite des deux dernières.
CONJONCTIVITE PtlRULENTE ,
Je ne puis parler de cette affection que d'après Texpérience des autres. Le D' Peters établit que lui et un de ses collègues ont « traité quarante cas d'ophthalmie purulente des enfants, à la « maison des dépourvus d'amis » (Homeofthe Friendless) sans la perte d'un seul œil, quoique trois ou quatre de ces cas parussent des plus intraitables. » Ils employèrent des applicatioàs locales adoucissantes; mais je pense que ce succès extraordinaire doit être attribué à la médication interne, qui consista, dans la plupart des cas, en Hepar sulfiirts, soir et
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matin, et Uhus^ toutes les deux heures jusqu'à 8 heures, suivant la gravité des symptômes. Les deux médicaments furent donnés de la première à la troisième atténuation. Les D'® Allen et Norton, tout . en accordant une valeur occasionnelle à ces médicaments, parlent de Y Argentum nitricum comme du remède par excellence, pour toutes les formes de l'ophthalmie purulente. « Nous avons été témoins, » disent-ils, « de la rapidité avec laquelle le chémosis le plus intense avec étranglement des vaisseaux, l'écoulement purulent le plus abondant avec commencement d'opacité de la cornée et menace de cécité, cédaient à ce médicament donné à l'intérieur. Nous en sommes encore avoir, » ajoutent-ils, « le premier cas allant jusqu'à la destruction de la cornée. » Ils donnent la trentième dilution, et tout en pensant qu'il n'y a pas besoin de cautérisation, ils croient qu'une faible solution du médicament appliquée localement aide à la cure. On doit auD^^Dudgeon de dire qu'il fut le premier (dans les mémoires que j'ai cités) à signaler l'action spécifique du nitrate d'argent sur la conjonctive, et à préconiser son administration à l'intérieur là où jusqu'alors on ne le connaissait que comme caustique.
Si vous désiriez, quelque secours additionnel je puis vous citer le D'^ Jousset, lequel traite tous ses cas d'ophthalmie purulente en injectant dans les yeux, toutes les deux heures, une solution de 20 gouttes de la première dilution de Mercurius corrosivus dans 100 grammes (environ 2 onces) d'eau. Le D^^ Dekeersmaecker, de Mons, qui s'occupe de pratique ophthalmique, dit avoir adopté ce mode de traitement dans tous les cas et avec des succès très encourageants.
OPHTHAI^MTB BI^NNOBRHAaiaUS.
Je croiç très important de distinguer deux formes de cette aflfëction. Dans l'une, elle est un eifet constitutionnel du virus, analogue au rhumatisme blennorrhagique, avec lequel elle est souvent associée; ici, les deux yeux sont affectés simultanément. Dans l'autre, elle est le ré-
OPHTHALMIE BLBNN0RRHA6IQTJE. 250
sultat d'un contact accidentel avec la matière de Fécoulement, et elle attaque, au moins au début, un seul des jeux.
La première yariété cédera, on a de bonnes raisons de le croire, au traitement interne seul. « Dans tous les cas semblables, » écrit Jahr, «je donne d'abord ^coniV, dans le but de modérer l'inflammation, après quoi, si l'écoulement continue encore, Nitri acidum complète la guérison, ou peut-être Pulsatillay si l'écoulement s'est arrêté tout d'un coup. » Mais l'autre variété d'opbthalmie biennorrhagique est si strictement une affection locale, que si jamais on doit compter sur un traitement local, c'est ici. Vous pouvez commencer par ce que recommande Bahr, savoir : Mercurius corrosivus intùs et extra, et, si tout va bien, Hepar sulfurù, de la même manière, pour achever la guérison. Mais la lésion s'étend si rapidement que, à moins qu'après vingt-quatre heures de traitement elle ne décline au lieu d'avancer, je vous conseille de ne pas attendre plus longtemps pour faire localement une assez forte cautérisation au nitrate d'argent, en même temps que vous l'administrerez à l'intérieur. En agissant ainsi, vous pouvez vous appuyer sur l'opinion de Watson : c( M. Guthrie, » dit-il, « considère cette affection comme une maladie locale d'un caractère particulier; et agissant d'après l'aphorisme de J. Hunter (aphorisme cependant qui a besoin d'une qualification), que deux maladies ou actions ne peuvent avoir lieu en même temps dans une partie, il propose de déterminer dans la conjonctive enflammée une nouvelle action qui remplacera la première maladie, et en créera une autre plus facilement guérissable. A ce point de vue la ratïo medendi de M. Guthrie s'accorde avec celle de Hahnemann, autour de laquelle il s'est fait un bruit si absurde dans ces dernières années (1). » La force de la solution, selon le D' Angell,
(1) Le D' Dudgeon, il est vrai, estime que, même ainsi appliqué localement, Argentum nitriewm agit d'une manière spécifique ; et qu'aucun autre irritant simple, sans affinité pour le tissu enflammé, n'aurait le même effet.
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doit être d'un à quinze grains par once, suivant la gravité des symptômes.
J'ai à peine besoin de dire que dans toutes les formes d'ophthalmie purulente, Tenlèvement de la matière produite et rempêchement à sa nouvelle accumulation par de fréquents lavages sont accomplis par les praticiens homœopathes avec autant de soin que par les autres.
Comme c'est la conjonctive qui est principalement affectée dans cette forme curieuse d'ophthalmie qui survient si souvent spontanément chez les sujets scrofuleux, c'est de cette affection que je vais parler maintenant.
ophthalmie: scrofuusitse.
C'est une des maladies les plus ennuyeuses que nous soyons appelés à traiter, ses rechutes fréquentes nous causant des désappointements réitérés. Néanmoins, le traitement que je vais vous esquisser doit à la fin réussir sûrement, quoique je sois incapable de dire si on peut le comparer favorablement ou non à celui de l'école dominante. En tous cas, il est plus agréable. Le D^. Angell, d'ordinaire si partisan des applications locales, les trouve presque toujours inutiles dans cette affection; et ceci semble un verdict comparé en faveur du traitement homœopathique. Vous devez d'abord tenir compte de la constitution de votre malade, et lui donner en conséquence, en même temps que vous soignerez son hygiène, Sulfur et Calcarea, Je regarde cela comme indispensable dans tous les cas. Sulfur convient mieux lorsque Tophthalmie est le seul signe de tempérament scrofuleux, ou quand celui-ci se montre principalement dans une peau malsaine. Comme symptômes subjectifs, les D^» Allen et Norton signalent le caractère aigu et piquant des douleurs des yeux, et l'intolérance des parties malades pour l'eau. Calcarea est meilleur quand la diathèse est fortement marquée, spécialement par le gonflement des glandes lymphatiques ; nos auteurs ajoutent que, lorsqu'il est indiqué, il y a une aggravation générale des