MALADIES DE L'ŒIL
mais il n'y a pas à douter que l'iritis syphilitique ne se guérisse souvent sans mercurialisation, et je pense que, dans la plupart des cas, nous pouvons la traiter avec succès par d'autres médicaments. Pour ma part je suis si satisfait de ClematiSy que j'ai l'habitude de l'employer dans tous les cas, et que jusqu'ici il ne m'a pas fait défaut.
Mais, quel que soit le médicament que nous donnions ,à l'intérieur, il n'y a pas de doute que nous devions appliquer localement l'Atropine pour dilater la pupille. C'est principalement un procédé mécanique. Nous avons besoin d'éloigner la capsule du cristallin de l'iris, de peur que celle-ci ne contracte une adhérence avec elle, et pour empêcher aussi la contraction de la pupille qui pourrait devenir permanente, effectuer ce résultat par un mydriatique est certainement hors de toute objection. Mais puisque, selon toute probabilité, l'Atropine dilate la pupille par la stimulation des nerfs sympathiques de la région, elle doit contracter aussi ses vaisseaux sanguins, et en cela aider à brider l'inflammation. Elle tient aussi le muscle iridién en repos et calme peut-être la douleur ciliaire. Mais cette dernière indication peut être mieux remplie par l'emploi intercurrent (aux plus hautes dilutions) des médicaments indiqués par les sensations subjectives accusées par le patient, comme Spigelia, Colocynthis et Chamomilla(l).
Je n'ai rien à dire sur la mydriase qui est presque toujours un symptôme de quelque désordre profond^ ou distant. Je passe donc aux affections de la choroïde.
CONaESTION CHOROIDIENNE.
La congestion choroïdienne est, je pense, l'état des yeux chez ceux qui souffrent d'un excès de travail de ces organes, quand ce n'est pas simplement une aslhénopie par fatigue musculaire. Autrefois, pour cette affection, on
(1) Voy. British Journal of Hom., XXVII, 467.
CHOROÏDITE. 269
préconisait Ruta et Rhododendron; mais je crois que nous possédons, dans la Santonine^ un médicament beaucoup plus efficace.
CHOKorDrrË.
La choroïdite peut être simple (séreuse), diflBase ou suppurante.
La choroïdite simple a été causée et guérie par Tlpécacuanha ; et Arsenicum a, au moins une fois, été trouvé capable de la guérir (1). Mais Belladonna et Geîseminum, dans les cas récents, avec Phosphorus dans ceux d'une plus longue date, sont recommandés par les D*^ Allen et Norton, et ils semblent avoir été trouvés par l'action connue de ces médicaments. La photopsie et la chromatopsie existent dans les cas indiquant le premier et le dernier de ces médicaments; les maux de tête congestifs dans ceux passibles du premier. L'état indiquant Gfelseminum est moins actif. Prunus spinosus, médicament peu connu, est recommandé par ces auteurs quand la douleur est intense, d'un caractère écrasant, pressif ou déchirant.
La choroïdite diffuse paraît, en général, associée à la syphilis. Il est donc naturel de la traiter par Mercurius et Kali lodatum.
Tous deux cependant se sont trouvés utiles dans la forme non syphilitique, et le dernier est regardé par le D' Angell comme ayant une action tout à fait spéciale sur la choroïde. Les D" Allen et Norton citent un cas de choroïdite diffuse non syphilitique guéri par lui à la première dilution centésimale.
La choroïdite suppurante, souvent appelée « panophtalmitis » est une maladie très grave. S'il est quelque médicament sur lequel on puisse compter, c'est Rhus, Je connais un cas dans lequel l'affection survint dans le cours d'une infection purulente suite d'une blessure anatomique, mais par l'emploi (principalement) de ce re-
(1) Voy. Brit. Joum. offfom,, XXII, 568.
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mède, les deux yeux furent sauvés, et le patient recouvra une vue très passable.
C'est à cette place que je dois étudier le traitement de la très obscure mais très intéressante maladie connue sous le nom de
OLAUCOMB.
Le bienfait de Tiridectomie (ou sclérotomie) dans le glaucome très aigu est si évident, et le danger de la distension prolongée du globe oculaire si grand, que je ne saurais excuser le praticien qui la mettrait de côté en faveur d'un traitement médicinal. Mais lorsqu'il existe une période prémonitoire, et que nous pouvons saisir alors le patient, ou quand le glaucome a pris un caractère chronique, et que les exacerbations inflammatoires laissent entre elles des intervalles de rémission complète, je pense que nous pouvons beaucoup avec les médicacamenti^ homœopathiques.
Le premier d'entre eux est [Belladonna, Il est significatif que tous les oculistes s'élèvent contre l'emploi local de l'Atropine dans le glaucome, et récemment von Graefe, Derby et Soelberg Wells ont cité des cas dans lesquels son emploi imprudent a déterminé actuellement la maladie. Le cas cité comme symptôme 473 de la pathogénésie de Belladonna, dans la Hahnemann Materia Medicay paraît avoir été de cette espèce. D'autre part, le D"* Anstie ne doute nullement d'avoir plusieurs fois arrêté le développement du glaucome par l'injection sous cutanée de l'Atropine, et il démontre que la maladie survient souvent conjointement avec une névralgie du trijumeau, comme Térysipèle et Therpès de la face. Les D" Allen et Norton disent que Belladonna est très précieuse pour soulager les violentes douleurs du glaucome, spécialement celles qui sont accompagnées de beaucoup de troubles circulatoires locaux.
Le second médicament est Phosphorus, Hahnemann mentionne le glaucome comme un des états morbides dans lequel il est indiqué. On donnait ce nom, de son temps, à l'aspect bleu verdâtre du globe que l'on remar-