CATARACTE
dose le patient avait entièrement recouvré la vue. » (Peters. p. 224.)
Il existe une forme de cataracte connue sous le nom de « traumatique », que Ton dit avoir été quelquefois guérie par Conium, Le D"" Bayes cite un cas de cette espèce. Il est vrai que la pathologie de cette affection montre que sa guérison spontanée est au moins probable. L'humeur aqueuse, s'épanchant dans la capsule après sù. rupture, rend d'abord la lentille opaque; mais, à moins que la déchirure ne se ferme, elle la dissolvera à la on et de la sorte la vue s'éclaircira. Dans le cas du D*" Bayes, cependant, la cécité avait duré dix-huit ans.
J'ajoute ici une note que m'a fournie mon ami le D'*Madden, qui avait une expérience peu ccwnmune du traitement de cette maladie.
« Dans la période initiale, dans laquelle la vue n'est qu'obscurcie, et où l'ophthalmoscope ne décèle que des raies opaques, on peut très souvent obtenir l'arrêt d'un dépôt plus complet. S'il n'y a rien autre qu'un état de (( fumée » des lentilles, il peut se dissiper entièrement. Les médicaments que j'ai trouvés les plus utiles sont Mercurius, Calcarea et Phosphorus, tous aux dilutions les plus élevées. » Les D^" Allen et Norton donnent un pronostic semblable ; et ils ajoutent à la liste des médicaments à promesses Causticum, Magnesia Çarbonica et Sepia.
Je n'ai rien à dire des autres milieux de l'œil ; je passe aux affections de ses muscles.
La faiblesse des muscles oculaires nous donne cette douleur en s'en servant, et cet éblouissement après avoir concentré la vue un moment sur des objets rapprochés, que l'on appelle
ASTHéNOPIB.
Je pense que c'est dans cette affection que Buta a gagné sa réputation.
Les D" Allen et Norton s'accordent à la recommander ici, et trouvent ses indications presque aussi fréquentes
HUGHKS. — Thêrap. homœop. '6
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que celles de Natrum muriaticum. Ils considèrent ce dernier comme plus convenable lorsque les muscles externes sont affectés, déterminant de la douleur, dans quelque direction que l'œil se meuve. (Arnica peut aussi être utile dans ce cas.) Ils préfèrent la première lorsque la faiblesse existe plutôt dans le muscle ciliaire, constituant «l'asthénopie accommodative. » Dans les mauvais cas, les médicaments pour la
PARALYSIS -DES MUSCIiSS DB L'CEIL
peuvent entrer en scène. Ce sont Causticum et Rhus ; Gelseminum, Conium, et Phosphorus. Causticum et Rhus convienneât mieux lorsque la paralysie est d'origine « rhumatismale, » le premier (comme le pensent les D" Allen et Norton) étant préférable lorsque le malade a été exposé au froid sec, le dernier quand au froid s'est jointe l'humidité. Oelsemïnum et Conium correspondent à la simple paralysie des muscles de l'œil, sans cause définie : le premier serait utile spécialement dans le cas où la sixième paire, fournissant au droit externe, est affectée. Phosphorus s'est trouvé curatif dans des formes plus prononcées de la maladie, comme celle qui suit la spermatorrhée ou des excès sexuels. Là où l'on soupçonne une origine syphilitique, l'iodure de potassium, à doses massives, est nécessaire.
Pour la paralysie d'accommodation, l'atropine serait complètement homœopathique ; mais Argentum nitricum a été éprouvé comme curatif, (1) et dans cette affection succédant à la diphthérie, je trouve Gelseminum très efficace.
Le spasme des muscles oculaires se rencontre rarement excepté dans les paupières, à propos desquelles j'en ai déjà parlé. Mais le fait que le spasme du muscle ciliaire est un élément principal dans la
(1) Brit.jour. of Hom.y XXXII, 739. United states Med. Investigator^ VI, 539.
irrOPIB ET STRABISME. 270
acquise, a conduit le D' Woodyatt, de Chicago, à un très beau résultat de' thérapeutique homœopathique. Vous vous rappellerez que le Physostigma (la fève de Calabar) détermine pour un moment la vue courte en stimulant Tappareil de l'accommodation, juste de la même manière que l'Atropine détermine une presbytie temporaire en paralysant ce même appareil. Il a en conséquence donné ce médicament, aux seconde et troisième dilutions décimales, dans nombre de cas de myopie acquise, et avec les résultats les plus satisfaisants (1).
Le strabisme, lorsqu'il est paralytique, doit être traité en conséquence. Lorsqu'il dépend d'une amétropie, il doit être corrigé à l'aide de verres convenables. Mais il n'est pas rare qu'il se présente à nous chez des enfants comme trouble sympathique, comme reliquat de convulsions ou comme symptôme d'helminthiase. Dans le premier cas, Belladonna, Hyoscyamus, et Cicuta; dans le dernier, Spigelia, Cina, et Cyclamen ont eu des succès.
(1) Voy. United States Med. Investigator^ V, 390, et VI, 44,