‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 91 sur 189 · MALADIES DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'OREILLE

Il y a une bonne quantité de lumière à jeter sur l'obscurité comparative de la thérapeutique auriculaire au moyen de Tétude des homologies de l'œil et de Toreille. Les états morbides du premier de ces organes, et les médicaments qui influencent ses diverses parties constituantes, sont si bien connus, qu'ils deviennent des points de repère précieux sur notre route à travers les régions plus obscures de l'autre. Je dois donc vous retenir quelques instants, sur une esquisse du sujet, et j'ose penser que le temps que nous y consacrerons ne sera pas perdu.

Premièrement, comparons les organes des deux sens de la vue et de Touïe quant à leur structure normale et à leurs fonctions.

Partant ab initio, nous trouvons à la base du cerveau deux groupes de ganglions, centres indépendants euxmêmes, mais intimement unis par des flbres issues de la substance grise des hémisphères cérébraux. Ce sont les tubercules quadrijumeaux et les ganglions auditifs, les premiers ayant des connexions avec le sens de la vue, les seconds avec le sens de l'ouïe, soit comme leurs récipients ultimes ou (comme cela semble actuellement plus probable) comme leurs agents de transmission aux centres localisés dans l'écorce cérébrale. Pour obtenir les impressions qu'ils perçoivent ou transportent de la sorte, ils envoient aux organes ressentant l'impression du monde extérieur les nerfs optiques et les nerfs auditifs. Chacun d'eux, en passant au dehors du crâne, s'épanouit en une surface de réception. Le nerf optique devient la rétine^ei le nerf auditif se répand lui-même sur les parois du labg^ rinthe.

Jusqu'ici l'analogie est évidente ; mais procédons d'arrière en avant. Immédiatement en face de Fexpansion auditive se trouve la membrane du labyrinthe, quasi séreuse, renfermant la liqueur de Cotugno, L'imi^ortBXice de ce liquide comme transmettant les vibrations sonores n'a pas besoin de commentaires. Que trouvons-nous dans l'œil qui corresponde à ce liquide? Immédiatement en avant de la rétine se trouve Vhumeur vitrée, contenue dans les

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mailles de la membrane hyaloîde. La différence de consistance des deux milieux correspond précisément à la différence entre les deux espèces d'ondulations qu'ils sont chargés de transmettre.

Ensuite, nous observons que les ondes sonores qui font entrer le fluide labyrinthique en vibration lui sont communiquées par une chaîne d'osselets. Le dernier de ceuxci (l'étrier) n'est séparé du vestibule du labyrinthe que par la membrane de la fenêtre ovale, sur laquelle il repose. De lamême manière aussi, la lumière, qui a rencontré l'humeur vitrée, j est arrivée à travers les cristallins, partagée seulement par la capsule propre de ceux-ci (1) et répandue sur la membrane hyaloîde. J'anticipe quelque peu ; mais je ne saurais résister à l'envie de faire remarquer les homologies morbides de ces deux structures.

Quelle que soit la fonction complémentaire qu'elles remplissent par rapport aux expansions nerveuses au delà, il est certain que ces dernières peuvent, en cas de nécessité, se passer de leurs services. Que les osselets viennent à être disjoints ou même détruits par une maladie, que les cristallins soient extraits par le chirurgien, et l'ouïe et la vue seront conservés. 11 en est autrement, cependant, lorsque ces milieux, gardant leur place, deviennent incapables de transmettre leurs messages. Si les cristallins sont devenus opaques par une cataracte, ou les étriers ankylosés sur les bords de la fenêtre ovale, il reste peu de chance que l'oreille puisse entendre ou que l'œil puisse voir.

Avançons encore. L'extrémité la plus externe de la chaîne des osselets est en rapport avec la membrane du tympan. Cette membrane s'étale en travers du passage par lequel arrivent les sons, dont elle régularise la transmis-

(1) La membrane postérieure de la capsule du cristallin correspond donc au septum membraneux de la fenêtre ovale. Il est en conséquence intéressant qu'une branche de l'artère centrale de la rétine pénètre dans l'humeur vitrée pour fournir le sang à la surface voisine de la capsule, pour reconnaître l'association des deux membranes.

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sion par Taction antagoniste de deux muscles, le tenseur et le rjelaxeur du tympan. Elle remplit de la sorte pour l'oreille Toffice qui, pour l'œil, incombe à Viris. Ce dernier est, il est vrai, musculaire lui-même, et ses deux ordres de fibres dilatent ou contractent, suivant les besoins, son ouverture centrale, à travers laquelle passe la lumière. Je vois à peine l'importance qu'il faut attacher à la présence, dans chacune de ces membranes, d'une couche de fibres radiées. Dans la membrane du tympan, ces deux appareils s'attachent à la malléole, mais à deux parties différentes. Les tendons des deux muscles s'insèrent aussi à deux parties diflFérentes de cet os. Une étude de Faction des muscles pourrait probablement montrer que chacun d'eux agit sur un des ordres de fibres. Mais uue question plus importante a rapport aux nerfs que reçoivent les deux appareils. Les nerfs ciliaires, qui gouvernent les mouvements de l'iris, viennent tous du ganglion ophthalmique ; mais des expériences ont démontré que les rameaux qui se rendent aux fibres circulaires (contracter pupillœ) viennent de la troisième paire de nerfs, tandis que ceux qui vont aux fibres radiées viennent du système sympathique. Dans l'oreille, la corde du tympan fournit au laxator tympani, tandis que le tensor tympani reçoit une branché du ganglion otique. Il est tout à fait probable qu'ici l'on trouverait encore que les rameaux sympathiques du ganglion fournissent à ce dernier muscle, tandis que le premier est sous l'infinence des filets cérébro-spinaux, probablement du-facial, que contient incontestablement la corde du tympan.

Jusqu'ici le parallèle n'est pas douteux. Mais ici nous rencontrons une difficulté. Celle-ci n'est pas levée, cependant, par la cornée. La Cornée appartient en réalité à l'iris, quoiqu'elle se projette en avant, afin de réunir ensemble les rayons lumineux. C'est le panneau de verre, pour ainsi dire, qui remplit la fenêtre de la pupille. Si la sclérotique au lieu de se recourber en avant s'enfonçait verticalement dans le voile de l'iris, ayant la cornée transparente pour centre, la ressemblance avec la mem-

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