MALADIES DE L' OREILLE
brane du tympan, avec sa couche centrale fibreuse, serait complète. La difficulté survient au dernier pas qui. nous reste à faire. Dans )*œil, nous arrivons sur une membrane muqueuse, la conjonctive. Dans l'oreille, le tissu suivant est la peau du méat externe. On peut dire que la peau et la membrane muqueuse sont essentiellement identiques, ne différant que par la situation, soit extérieure, soit intérieure ; elles sont même capables de se transformer l'une en l'autre. Mais le fait malencontreux est que l'oreille possède une vraie membrane muqueuse, prolongement de celle du pharynx par les trompes d'Eustache, tapissant la cavité du tympan, enveloppant ses osselets, et finalement se terminant dans les cellules mastoïdes. Cela répond-il à la conjonctive oculaire? Je ne le pense pas. Pour qu'il en soit ainsi, la dernière devrait reposer, non où elle est, mais entre la cornée et l'humeur vitrée (aqueuse), recouvrant les parois de la chambre, réfléchie sur les bords du cristallin pour recouvrir celui-ci, et finalement se prolonger dans les cellules ethmoïdes, dont le voisinage de l'œil rappelle tant celui des cellules mastoïdes de l'oreille. « La Capsule close de l'humeur aqueuse, » si une pareille entité est quelque chose de plus qu'hypothétique, remplit cette place, mais ni par sa structure, ni par ses fonctions, ni par ses rapports, ce n'est une membrane muqueuse.
Je conclus donc que l'œil n'a rien qui réponde véritablement à la membrane muqueuse du tympan, et que la conjonctive trouve son homologue dans la couche dermique de la membrane du tympan. Sa communication par les conduits lacrymaux et nasaux avec la membrane muqueuse du nez est purement une disposition pour emmener les larmes, desquelles le cérumen du conduit auditif est le représentatif.
Le méat n'est pas non plus sans structure analogue. Supposons seulement Vorhite approfondie, rétrécie et presque recourbée, et le globe oculaire pressé en bas autant que possible, et il nous faudrait nous' servir d'un spéculum pour nous assurer de l'état de la conjonctive et
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de la cornée, de la même manière que nous nous en servons pour explorer la membrane du tympan.
En dernier lieu, les paupières et les pavillons de l'oreille sont des homologues non douteux. Tous- deux consistent en cartilages, couverts de peau et de tissu cellulaire. Chacun d'eux appartient au méat de l'organe, quoique Tun appartienne à son extrémité extérieure, l'autre à son extrémité profonde. A chacun il appartient de garderie passage qu'il couvre, et dans ce but, ils sont mus par leurs muscles propres, servant en outre dans leurs mouvements aux divers besoins de l'expression. Les muselés orbiculaires et auriculaires sont en conséquence fournis par le nerf facial, le nerf d'expression émotionnelle. Chez les animaux inférieurs, ainsi qu'on le sait bien, les muscles auriculaires ont une puissance suffisante pour diriger les oreilles vers le point d'où vient le son. Dans l'œil, cette fonction est accomplie par les muscles droits et obliques du globe oculaire.
Je vais maintenant étudier les diverses maladies qui affectent les oreilles. En le faisant, je suivrai principalement la classification de Toynbee, tout en me servant largement des recherches additionnelles de von Trôltsch.
Ùaurïcule, de même que la paupière, lorsqu'elle est atteinte d'inflammation, a d'habitude celle-ci sous sa forme érysipélateuse ; je parlerai donc de
Ici encore, comme dans sa région homologue, le choix repose entre Belladonna, Rhus et Apis; quoiqu'il soit rare de rencontrer l'état de pâleur et d'œdème indiquant ce dernier médicament.
Quelquefois cependant la dermatite a un caractère qui nous porte à rappeler
SCZÉMA DES ORBIXjLBS.
Cette affection, lorsqu'elle est récente, cédera souvent assez rapidement aux médicaments de l'eczéma en gêné-
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rai comme Rhus, Croton etMezereum. Mais nous avons le plus souvent à la traiter comme afTection tîhronique, lorsque, comme vous le savez, elle tend à s'étendre à rintérieur du méat, et à déterminer la surdité en boachant le passage avec Tépiderme exfolié. M. Cutmore a publié deux bons cas de cette affection dans le vingtième volume du BHtish Journal of Homœopathy, L'effet curatif d'Arsenicum et de Clematis fut très marqué dans le premier cas. Lorsque Teczéma affecte le dos de Tauricule et la surface mastoïdienne adjacente, c'est une affection très tenace. Muriatis acidura, Graphites ou Oleander feront ici quelque effet; mais elle se guérit rarement sans quelque application locale, telle que la Glycérine et le tannin. Le D*" Houghton parle avec éloges du Petroleum intus et extra.
J'ai à traiter à présent des nombreuses maladies qui affectent le méat extérieur: Je ne comprends pas parmi elles l'obstruction mécanique, soit par des corps étrangers, soit par une accumulation de cérumen ; car avec nous, comme avec tous les médecins, le remède dans ce cas est la seringue. Je ne saurais dire s'il existe des médicaments capables d'arrêter la suractivité des glandes cérumineuses, à laquelle pourrait être rapportée l'accumulation ; si nous en possédons, il me semble que c'est Conium. M. Cutmore pense que nous ayons dans Spongia un excellent médicament pour l'état opposé, c'est-à-dire celui où le cérumen manque totalement.
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Lorsqu'elle est aiguë, elle a pris d'après mon expérience deux formes différentes, demandant des médicaments différents aussi. La première est « l'inflammation du tissu connectif de Kramer (1), compris dans la moitié la plus externe du méat, dont l'oriflce devient un pertuis presque imperceptible. Ici Belladonna est en général indi-
(1) Yoy, Brit.Journ.ofBom.t XXI, 243.