OTITE
quée (quoique le D^ Jousset préfère Pulsatilla et Mercnrius); et avec Taide de la chaleur humide constante, ce médicament effectue la résolution aussi rapidement que possihle. Dans l'autre forme, la lésion est dans le derme lui-même, et principalement dans la portion la plus profonde du méat, où il n'existe pas de tissu coojonctif. L'extrême sensibilité du derme dans cette région rend l'inflammation horriblement douloureuse, et lorsque (ainsi qu'il arrive souvent) elle gagne la membrane du tympan, il survient des symptômes cérébraux alarmants. Je parlerai bientôt plus au long de cette dernière complication. C'est à cette forme d'inflammation du méat, je pense, que le D^ Bayes fait allusion, et son expérience coïncide tout à fait avec la mienne : a Dans l'otite, dit-il, dont j'ai vu de nombreux cas graves. Aconit, 1^ décimale, a été rapidement curatif aux doses de 2 à 5 gouttes toutes les heures ou toutes les deux heures jusqu'à ce que la douleur se soit calmée. Je n'ai jamais vu les dilutions plus hautes d'Aconit, de Pulsatille ou de Chamomille rendre le plus petit service dans la douleur à rendre fou, de l'otite, tandis que l'Aconit, V^ décimale, agit admirablement (1). »
Les cas chroniques de cette maladie consistent quelquefois dans le retour répété d'attaques aiguës.
Le D^ Dudgeon cite un cas semblable, dans lequel cette tendance fut arrêtée par l'emploi persistant de l'acide nitrique 3". Il n'est pas rare que le retour de l'affection se montre sous forme de furoncles. Je pense que vous trouverez le traitement habituel des furoncles suffisant ici, c'est-à-dire, des doses répétées deBelladonnal^ pendant leur présence, et Sulfur pour en arrêter le retour ; quoique le D' Houghton dise avoir obtenu de meilleurs résultats de l'acide Picrique dans ce but. L'inflammation chronique du méat, lorsqu'elle est continue, peut être avec ou sans écoulement. Cette dernière est trop de la nature des affections locales pour qu'on puisse espérer
(1) Applied Homœopathy, p. 45.
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beaucoup des médicaments internes; et quoique vous puissiez administrer Arsenicum, Graphites, ou Mercurius corrosivus avec des avantages probables, je pense que vous ferez mieux avec Tapplication locale du nitrate d'Argent, 1 grain pour une once d'eau. Tel est Tavis de M. Cutmore. La forme la plus commune, accompagnée d'écoulement, constitue dans la plupart des cas ce que nous appelons
OTORRHBS.
Je pense qu'il est encore pratique de traiter de ce symptôme comme d'une maladie, quoiqu'il dépende sans aucun doute de plus d'un état pathologique. Le point important est que, lorsqu'elle est chronique, elle coïncide presque toujours avec une santé générale mauvaise chez le malade, et nécessite par conséquent un traitement constitutionnel.
Les deux principales formes d'otorrhée sont : 1** celle dépendant d'une inflammation primitive chronique du derme du méat externe et de la membrane du tympan ; 2o celle qui est symptomatique du catarrhe de la membrane muqueuse du tympan.
Dans la première le derme devient une espèce de membrane muqueuse, subit une inflammation « catarrhale, » et jette au dehors un écoulement laiteux. Outre l'injection journalière (laquelle, cependant, doit être légère), ou le nettoyage avec le coton, vous obtiendrez souvent de bons résultats dans ces cas de médicaments tels que Mercurius, Hepar sulfuris et Nitri acidum; mais si ceux-ci ét5houent, vous ferez bien de recourir à Sulfur, Calcarea, ou Silicea, suivant les symptômes constitutionnels de votre malade.
La seconde forme d'otorrhée appartient aux affections de l'oreille moyenne (quoiqu'elle puisse avoir lieu sans perforation de la membrane du tympan), dans la catégorie de laquelle je l'étudierai.
POLTPB DBS OREILLES. 289
POLTPB DBS ORBZI«I.BS.
Le polype des oreilles est un accompagnement fréquent de l'otorrhée. Les difPérentes formes prises par les excroissances détermineront le traitement chirurgical à employer, s'il est nécessaire, pour leur extraction. Mais jusqu'à présent je ne vois pas de relation entre elles et les médicaments employés contre l'otorrhée, avec la guérison de laquelle elles disparaisi^nt en général spontanément. Un cas à point, dans lequel Mercurius fut le remède, est publié par le D'Dudgeon (1). Le polype paraît avoir été de l'espèce « framboisée celluleuse » de Toynbee. Une autre circonstance dans laquelle un semblable polype a disparu sous l'influence du traitement interne est relatée par moi-même dans le trentième volume du Monthly Homœopathïc Review. Le médicament fut Thuya. Il doit y avoir quelque raison pour laquelle les polypes se montrent sous ces différentes formes ; et quelque jour nous pourrons découvrir le lien existant entre eux et les espèces d'otorrhée avec lesquelles ils surviennent, et en fin de compte (c'est possible) déterminer pour chacun d'eux le médicament approprié.
Les exostoses du méat externe sont décrites par M. Toynbee, comme n'étant pas rares. Il les fait coïncider avec les diathèses rhumatismale et goutteuse, et accorde de nombreux succès à l'application locale de l'iode, et à l'usage interne de Tiodure de potassium. Je ne connais rien de leur traitement homœopathique.
Il est inutile de parler beaucoup des affections de la Membrane du tympan. Le revêtement dermique externe appartient au méat externe, dont il partage les maladies et le traitement. Sa membrane muqueuse intérieure faft partie de la cavité du tympan. Le relâchement de la
(1) Voy. Briu Joum. of ffom.j XXI, 248f
HUOEBS. — Th6rap. Homœop, 47
290 MALADIES DE L'oREILLB.
membrane paraît toujours lié à un état morbide de Toreillé moyenne, et est guérissable par les médicaments qui influencent la membrane muqueuse. La seule partie spéciale à cette membrane est sa couche fibreuse, et lorsque les symptômes font voir qu'elle est le siège de l'inflammation, je conseillerai J5r^oma et peut-être -4 contY comme les médicaments les plus convenables. Les exacerbations vespertines de cette maladie font penser forcément à l'ophthalmie rhumatismale, dont elle est évidemment l'homologue.
La Trompe d^Eustache fournit sa quote-part aux maladies de l'oreille par le fait de l'obstruction fréquente de son orifice faucial. Ceci constitue la
SURBITÉ PAR liA OORaXS (THBOAT DRAFKÉSS).
Je fais appel à vos connaissances sur tout ce que l'on sait de la physiologie de la trompe d'Eustache et des divers procédés mécaniques (insufflation par la méthode de Politzer, ou à l'aide du cathéter) adoptés pour obvier à son occlusion. Lorsque vous vous serez assuré de son manque de perméabilité et de ce qu'il est sous la dépendance d'un état maladif de la membrane muqueuse de la gorge, vous vous tournerez naturellement vers les médicaments que nous possédons pour modifier ce dernier état. M. Toynbee a fait quelques bonnes remarques sur l'action purement palliative des moyens mécaniques et des applications topiques dans ce cas. « Il se présente une troisième suggestion, » écrit-il, « s'assurer de la signification de cette membrane muqueuse épaissie et découvrir ce que la nature a voulu effectuer en l'épaississant.
Et si le patient est un enfant, il se peut que la nature^ par le moyen de cette membrane épaissie, essaie de se débarrasser de sa souillure scrofuleuse ; ou si le patient est un homme d'âge moyen, il se peut encore que la nature tende à travers^ cette membrane épaissie à se débar-
•fiXJttDlTÉ PAR LA <K)tlOB* 201
rasser da poison goutteux. Et si nous invoquons nousmêmes l'assistance de la nature, nous lui éviterons pour ainsi dire la nécessité d'épaissir la membrane ; celle-ci reviendra à son état naturel ; la trompe d'Eustache sera ouverte par ses muscles et la surdité disparaîtra, dans ce cas, d'une manière permanente.
Tel est le principe de notre traitement dans ces cas. Lorsque l'affection est récente, le reliquat'd'un catarrhe, Pulsatille fera en général tout ce qu'il faut pour rendre permanent le soulagement apporté par l'insufflation. Dans les cas plus chroniques, j*ai en général obtenu des résultats si excellents de Vlode (que j'ai donné à la troisième dilution décimale) que je n'ai pas trouvé nécessaire de recourir à aucun autre médicament; mais je citerai Petroleum, Graphites, et Manganum comme des médicaments qui ont été trouvés utiles, et qui conviennent tout à fait à cette affection. Le D' Jousset dit avoir eu les meilleurs résultats avec Sepia. Dans les cas goutteux dont parle M. Toynbee, Sulfur, et peut-être Hamamelis devraient être utiles.
Le cas suivant fera voir ce que l'Iode peut faire dans cette affection, même sans aide mécanique ou sans applications locales. Miss L..., âgée de 21 ans, a toujours été quelque peu sourde de l'oreille gauche. Sa gorge a été maladive en ces quelques dernières années, les amygdales étant hypertrophiées et sécrétant beaucoup de matière caséeuse. En mars 1869, elle eut une atteinte d'amygdalite aiguë qui fut guérie sans aller jusqu'à la suppuration, au moyen de Baryta carbonica. Une toux rauque succéda à cette attaque, et pour laquelle je fus appelé, le 21 mai, à prescrire. Elle me dit alors que depuis son esquinancie son oreille droite était devenue peu à peu sourde comme la gauche* Elle reçut Hepar sulfuris pour la toux, et je ne la revis plus jusqu'au 7 juin, lorsque je fus obligé de soigner sa sœur pendant quelques semaines, et pendant ce temps je fus à même de traiter Miss L... régulièrement pour la surdité, qui était alors devenue assez grande pour l'exclure entièrement de toute
292 MALADIBS DB L*OREILLE.
conversation dans la chambre. Un examen avec le spéculum auri démontra qu'il n*existait rien en défaut à la membrane du tympan et au méat externe ; et Thistorique entier du cas désignait la membrane muqueuse de la trompe d'Eustache comme étant le siège de la lésion obstructive. Pulsatille 2* pendant une semaine n'ayant pas produit d'effet, je la mis à Tusage de Tlode, troisième décimale, deux gouttes trois fois par jour. Au bout de peu de jours elle sentit un bruit de rupture dans Toreille, et rouie devint aiguë pendant quelques heures, mais alors la surdité revint, quoique pas à son premier degré. Une autre relation semblable donne des résultats analogues, et dans le courant de trois ou quatre semaines Touie par Toreille droite devint parfaite. Et ce ne fut pas tout, car l'oreille gauche, dont elle avait été sourde du plus loin qu'elle pouvait se rappeler, devint beaucoup plus sensible aux sons.
M. Toynbee fait une distinction entre la membrane muqueuse «épaissie, » et « relâchée, » de la gorge dans ces cas, et des observations ultérieures détermineront les rapports entre ces variétés et les médicaments que j'ai mentionnés.
L'obstruction de la trompe d'Eustache à son orifice tympanique appartient en réalité aux affections de Y oreille moyenne , auxquelles j'arrive actuellement. L'importance pathologique de cette portion de l'organe de l'ouïe vient de ce qu'elle est tapissée par cette prolongation de la muqueuse pharyngienne qui, passant par les trompes d'Eustache, se termine dans les cellules mastoïdiennes. La promptitude avec laquelle cette membrane est prise d'inflammation sous l'influence du froid ou des exanthèmes, en particulier lorsque, comme dans la scarlatine, la gorge elle-même est affectée, rend ces états morbides fréquents et d'une grande importance.
La congestion, ou l'inflammation subaiguë de la membrane muqueuse du tympan paraît être dans la plupart des cas la base de V