‹ Manuel de transports commerciaux et de douane. Préf. de M. Ed. HerriotChapitre 150 sur 194 · Types de traction des bateaux fluviaux. Il y a · texte numérisé non relu

Types de traction des bateaux fluviaux. Il y a

trois types de traction : le halage, le remorquage et le louage.

Halage. — Sur les voies de faible largeur, on fait généralement tirer les bateaux au moyen d'une corde par des hommes, des animaux ou des moteurs mécaniques, circulant sur un chemin latéral appelé chemin de halage. C est ce qu'on appelle le halage.

En vertu d'anciens règlements, remplacés aujourd'hui par la loi du 8 avril 1898, les propriétaires riverains des rivières navigables doivent subir la servitude du halage ; à cet effet ils sont tenus (1) de laisser libre, au bord de l'eau, un chemin large "de 7m,80 du côté où les bateaux se tirent habituellement et un marche-pied de 3ra,25 de l'autre côté. Le long des canaux, la création d'un chemin de halage fait partie intégrante des travaux d'établissement.

1° Halage à «los «1 hommes. — Ce halage est encore employé pour les petits bateaux en usage dans le centre de la France : deux hommes tirent un bateau avec une vitesse qui ne dépasse guère 1 kilm. à l'heure ; le parcours journalier atteint 8 ou 10 kilm. et le prix moyen de la tractiun est de 5 à 6 millimes par tonne kilométrique.

*i° Halage par chevaux. — Ce halage est de beaucoup le plus usité. Deux chevaux tirent une péniche pleine ou deux péniches vides avec une vitesse moyenne de 2 à 2500 mètres à l'heure. Avec des chevaux qui accompagnent le bateau dans tout son voyage (halage aux longs jours) on ne parcourt guère que 15 à 18 kilm. par jour et le coût moyen peut être évalué de 3 à 4 millimes par tonne kilométrique sur les canaux ; sur les rivières il est parfois moitié moindre à la descente et double ou triple à la remonte ; pour un bateau vide, le prix est à peu près de la moitié de celui qui serait payé pour le même bateau chargé.

Un* cheval peut haler sur une eau dormante de 00 à 100 tonnes.

(1) Colson. Transportset tarifs,

iV Halage mécanique (1). — Certaines sociétés ont installé sur [es Chemins de halage un système de traction électrique et perçoivent de ce chef des taxes, qui varient suivant que le bateau remonte ou descend la voie navigable considérée, et qui sont applicables par tonne et par kilomètre.

Remorquage. — L'emploi des remorqueurs n'est vraiment avantageux que sur les fleuves où la puissance des machines peut être utilisée en constituant des convois de bateaux. Lorsque les bateaux sont assez serrés l'un derrière l'autre, la traction d'un convoi exige une force inférieure à la somme des forces qui seraient nécessaires pour remorquer chaque bateau fendant l'eau isolément ; l'écart peut aller jusqu'à 25 %• L'avantage qui en résulte est largement compensé sur un canal par les partes de temps qu'entraîne l'obligation d'attendre, pour reformer le convoi, que chaque bateau ait été écluse isolément. Sur les rivières à courant libre, ou sur les rivières canalisées où il existe des barrages très espacés auxquels on peut accoler des écluses assez grandes pour recevoir un convoi entier, le remorquage à vapeur est le mode habituel de traction, qui revient à 0 fr. 015 par tonne kilométrique.

Pour que la lenteur de marche de la plupart des bateaux n'empêche pas la création de services plus rapides, les bateaux remorqués par des moteurs mécaniques sont autorisés à dépasser ceux qui sont halés par des chevaux, et les remorqueurs sont autorisés à dépasser tous autres bateaux. Le règlement de police de chaque voie détermine les conditions d'exercice de ce droit, qu'on appelle « Trématage », ainsi que les cas- dans lesquels certains bateaux peuvent franchir les écluses devant ceux qui y seraient arrivés avant eux.

Touage. — Le touage consiste à faire traîner un convoi par une machine à vapeur installée à bord d un remorqueur — appelé dans ce cas loueur — qui prend son point d'appui sur une chaîne noyée dans le chenal ou lit de la rivière sur toute la longueur du trajet. Les bateaux chargés ou vides sont donc halés par le toueur muni d'un appareil disposé pour saisir la chaîne au passage et exercer sur eile une traction qui le fait avancer ainsi que le convoi La traction est évaluée à environ 0,010 par tonne kilométrique.

332. — Flottage à bûches perdues. C'est un moyen de transport spécial à celui des bois en grume. Il ïrv iste à jeter pêle-mêle dans des ruisseaux ou de petites rivières, des Duchés de bois appartenant à divers marchands, sauf à les distinguer plus tard au moyen d'une iararque imprimée aux deux bouts et à les suivre jusqu'aux ports où on les recueille,

et on les répartit entre les divers propriétaires ; on les forme alors en trains

(1) A Dizy. près d'Epernay, sur le canal de la Marne au Rlrih, on ;. procédé à de 1res intéressantes expériences en vue de l'utilisation des .tanks à ta traction des

péniches sur les Viies navigables. Un train de 4 p -niches char. :nent

remorqué par un tank léger. Vitesse obtenue 3 kilem. à l'heure.

qui sont eux-mêmes livrés à un nouveau flottage sur les rivières ou les canaux.

Le flottage à bûches perdues ne peut s'appliquer qu'aux bois à brûler ; il est très en usage pour le transport des bois du Morvan.

333. — Flottage par trains ou radeaux. Le flottage par trains ou radeaux s'applique à la fois aux bois de charpente et aux bois à brûler. Quand il s'agit de bois de charpente, on forme des radeaux en réunissant les pièces par des transversales ; plusieurs radeaux placés à la suite les uns des autres forment un train ; on a soin de donner à l'attache réunissant les radeaux une certaine flexibilité, afin que les trains puissent circuler facilement dans les courbes des rivières.

334. — Droit de péage. Les voies navigables faisant toutes partie du domaine public national, c est l'Etat qui les administre, en dehors des rares concessions : canaux encore concédés ; les agents de l'Etat (c'est le corps des Ponts et Chaussées qui est chargé de ce service) exécutent les travaux neufs et d'entretien, assurent la manœuvre des écluses, etc. .

Comme seule contre partie des charges que l'Etat s'impose, l'Etat perçoit les revenus domaniaux (pêche, plantations, prises d'eau), et un impôt sur les bateaux de voyageurs ; l'usage des lettres de voiture timbrées étant facultatif pour la navigation intérieure comme pour le roulage, leur produit est insignifiant.

Jusqu'en 1880, l'Etal percevait, en outre, des péages qui avaient existé de tout temps avec des formes et des caractères différents ; ces droits, qui en 1879. avaient produit près de 5 millions (exactement 4.390.781 francs), furent supprimés parla loi du 19 janvier 1880.

La navigation est donc affranchie aujourd'hui de tout péage sauf sur les rares canaux encore concédés, notamment*:

a) Les canaux de la ville de Paris (canal Saint Martin, canal Saint- Denis, canal del'Oureq) exploités par la Ville qui perçoit des droits de navigation, de stationnement, de garage, d'éclairage, etc.. -appliqués par tonne de chargement et variant suivant la nature du chargement ;

b) Le canal de la Sambre à l'Oise.

Nous avons vu (voir I, note 210) qu'un projet de loi déposé le 22 juin 1917 tendait à frapper d'ua impôt, variable suivant la valeur des produits transportés, les transports par la batellerie. Ce projet de loi n'eut as de suite, pas plus d'ailleurs que celui examiné par la Chambre des Députés dans sa séance du 4 avril 1918 (art. 49 du projet de loi portant fixation du budget ordinaire des services civils de l'exercice 1918, relatif à l'impôt destiné à grever les transports par eau). Cet article fut disjoint sur la demande du Ministre des Finances, la question devant être reprise ultérieurement, elle ne l'était pas encore au moment où n,ou savons mis sous presse.

Le projet de loi évaluait à 15 millions le profit que l'Etat aurait retiré de ce nouvel impôt pour l'année 1918.

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