‹ Manuel de transports commerciaux et de douane. Préf. de M. Ed. HerriotChapitre 166 sur 194 · MARSEILLE · texte numérisé non relu

MARSEILLE

Marseille était, à l'origine, une colonie de Phocée, ville grecque de l'Asie Mineure; sa fondation paraît remonter à la première année de la 45e olympiade, 599 ans avant notre ère.

Les premiers Marseillais se donnèrent d'excellentes institutions ; ils se livrèrent à la navigation sans îvshercher les conquêtes; ils surent gagner et conserver l'amitié des Romains et faire, sous leur protection, les opérations maritimes et commerciales que ceux-ci dédaignaient.

Du temps de Jules César, qui s'était emparé de la ville, celle-ci était concentrée aux abords du port; au moyen-âge, l'agglomération marseillaise était encore tout entière au nord du port; elle en était séparée par un mur percé de plusieurs ouvertures qu'on fermait le soir par des grilles en fer.

La superficie totale du port de Marseille était avant la guerre de 297 hectares, se partageant de la manière suivante :

Surface d'eau .... . . 194 hectares

Surface des quais 93 —

Surface des formes de radoub. ... 8 —

Le port comprenait 2 avant-ports, 8 bassins ouverts à la navigation, 2 bassins, l'un pour les réparations à flot, l'autre qui servait de chantier, et de 6 formes sèches.

. f ,, Développement

Surface d eau des qSaia

Avant-port nord 13 h. 400 mètres

Avant-port sud 2 380 —

Bassin du Vieux-Port 26 1890 —

— de la Joliette 20 1920 —

— du Lazaret et d'Arenc ... 18 2630 —

— de la gare maritime . ... 18 2150 —

— national ....... 41 4000 —

— de la Pinèdre 26 3200 -

— de la Madrague 15 1000 —

Trois lignes de chemin de fer appartenant à la Compagnie P. L. M. desservent le port de Marseille :

La ligne de Lyon et Paris ;

— des Alpes par Aix ;

— de Nice et Vintimille.

Ces voies ferrées partent de la gare principale qui est située au quartier Saint-Charles, dans une partie élevée de la ville, à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des embranchements aboutissent aux gares secondaires du Prado, de laJoliette d'Arenc et du Vieux-Port.

On compte sur les quais et dans les bassins plus de 200 appareils pouvant servir pour le chargement et le déchargement des navires.

Tant dans le périmètre de sa concession, qui s'étend autour des bassins du Lazaret et d'Arenc, que sur le côté nord du bassin de la Joliette et sur le côté sud du bassin de la gare maritime, la Compagnie des Docks et Entrepôts exploite des hangars et magasins occupant une superficie totale de près de 260.000 mètres carrés. La masse des marchandises que peut svoir cette Compagnie est évaluée à 208.000 tonnes. Pour manutentionner les marchandises. la Compagnie des docks a dans l'intérieur de s< m domaine des appareils hydrauliques qui ne figurent pas dans l'outillage du port.

La Chambre de Commerce a établi et exploite sur les quais des bassins delà Joliette. de la gare maritime, de la Pinède et du bassin national, des hangars couvrant une superficie totale de 130.000 m. c. et deux môles.

tk> vapeurs à hélice dont la jauge brute varie de 5 à 250 tonneaux et la force motrice de 15 à 800 chevaux, sont affectés au service du remorquage.

Le transport de l'eau douce à bord des navires se fait par bateauxciternes, ces bateaux sont au nombre de 11, ils peuvent porter de 30 à 120 tonnes d'eau.

Les principales Compagnies de navigation française ayant leur port d'attache à Marseille sont :

a La Compagnie d?s Messageries Maritimes, pour les relations avec l'Egypte, la Grèce, l'Australie, la Nouvelle-Calédonie, Madagascar, l'Indo- Chine, la Chine et le Japon ;

h La Compagnie Générale Transatlantique, pour les relations avec l'Algérie et la Tunisie ;

c) La Compagnie Marseillaise de navigation à vapeur (Frayssinet et Compagnie), pour les relations avec la Corse, le littoral méditerranéen et le Congo ;

d La Compagnie de Navigation mixte, pour les relations avec laTripolitaine, l'Algérie et le Maroc ;

t La Société Générale des Transports Maritimes à Vapeur, pour les relations avec l'Algérie, le Sénégal et l'Italie ;

/) La Compagnie Française de navigation Cgprien Fabre et Compagnie, pour les relations avec le Dahomey, l'Egypte, la Turquie d'Asie ;

g) La Compagnie de Navigation Paquet et Compagnie, pour les relations avec le Maroc. Gibraltar, les lies Canaries et les Port de la Mer Noire.

La plupart des Compagnies de navigation étrangères desservaient le port de Marseille, avant la guerre.

Des taxes de péage sont perçues au profit de la Chambre de Commerce,

elles sont perçues sur les marchandises entrant ou sortant et sur les na vires suivant leur tonneau de jauge.

369. — Outillage des ports de commerce. Un port, avonsnous dit, en examinant la question d'une façon générale, est essentiellement une « gare de transbordement » et c'est pour cela qu'il faut aménager chaque détail pour donner toute rapidité et toute facilité, par conséquent toute économie dans l'embarquement, le débarquement, le stationnement des marchandises à l'arrivée comme au départ.

Voici ce que dit à cet effet M. Daniel Bellet dans son Traité sur les grands ports maritimes :

« Tout naturellement la disposition la plus nécessaire est que les marchandises trouvent de faciles voies d'accès aux quais. Pour cela il faut d'abord un réseau de chemins et de routes, non seulement sur les quais mêmes, mais aussi se dirigeant vers l'intérieur du pays, des grandes routes mettant le port en communication avec les centres industriels qui peuvent fournir du fret aux navires fréquentant le port, et d'une façon générale en appeler à> leur puissance de transport II y a toute une série de conditions que doivent remplir les voies de terre établies sur les quais, comme larpcur, comme solidité, les véhicules qui viennent charger ou décharger devant pouvoir s'appTocher aussi près que possible de l'arête du quai.

« Il ne faut pas oublier que dans l'espèce les voies de communication par eau, par la baltelleiïe, sont au moins aussi importantes que les voies de terre : fleuves, rivières, canaux, permettent de transporter à peu de frais les produits embarrassants qui forment fréquemment le fret des navires de mer; souvent il arrive pour le matériel encombrant, pour le produit de l'industrie métallurgique notamment, que le transport par voie de fer est presque impossible, et que l'embarquement sur chaland devient pour ainsi dire unenécessité. En outre, on comprend quel avantage c'est pour un navire de pouvoir opérer son chargement et son déchargement sons être forcé d'accoster le quai : le chaland, la péniche vient se mettre bord à bord avec lui et la manutention en est d'autant simplifiée.

« Mais si les'voies d'eau sont d'une utilité indiscutable, il n'en est plis moins vrai que la voie de transport de beaucoup la plus nécessaire à un port, c'est aujourd'hui la v-oie de fer. Pour apporter les marchandises à embarquer,, pour expédier, sur les points de destination, les produits débarqués, pour assurer ces opérations avec toute la célérité qu'exige le commerce tel qu'il se pratique aujourd'hui, il faut le chemin de fer se ramifiant sur les quais, de façon que les wagons puissent se mettre à toucher presque l'arête du quai et le flanc des navires.

« Dans les ports très fréquentés, les seuls vraiment utiles et intéressants, les places à quais sont de' plus en plus disputées, et il est désirable que chaque navire y puisse faire ses opérations dans le 'court espace de temps possible ; c'est-à-dire qu'il doit pouvoir, avec la plus grande rapidité, déposer son chargement à quai, ou descendre à fond de cale les marchandises qui se trouvent sur le quai. C'est pour répondre à ce desideratum que l'on installe sur les quais des grues de divers systèmes, pour élever verticalement un poids quelconque du fond de la cale au niveau des quais, ou pour faire l'opération inverse ; le type le meilleur de l'instrument dont il s'agit est la grue

mobile pouvant soulever 1000 à 1500 kilog. cPu moins pour les opération curantes. Ces grues, on les fait mobiles pour qu'elles puissent se transporter sur des rails et venir se placer à l'aplomb des panneaux du navire à décharger, près des ouvertures qui donnent accès clans la eale. La grue actionnée à bras d'hommes est encore parfois en usage, mais elle est fort insuffisante, et l'on recourt généralement aux grues dotées d'une petite machine à vapeur ins- ! tallée sur leur socle même, ou à celles qui sont mues hydrauliquement par l'eau comprimée. D'une façon générale ces grues tournent autour de leur axe, et peuvent ainsi déposer un objet pris dans une cale en un point quelconque autour d'elles, aussi bien à terre que dans un wagon.

«On emploie parfois des grues douantes, installées sur des pontons et qu'on dispose entre le quai et le navire ; cette manière d'agir est fort utile quand le quai n'est pas vertical ni accostable directement. Enfin, on use souvent aussi de grues d'une très grande puissance, de 10 à 30 tonnes : et il en est même de 100 à 1?0 tonnes, comme la Bigue du port de Marseille, pour mater, démâter, enlever ou mettre en place les chaudières ou les canons. -

Si les marchandises ne sont pas enlevées immédiatement après déchargement, elles doivent, en principe, séjourner sur les quais: lorsqu'on ne peut faire autrement, on se contente de les laisser sur les terre-pleins en les couvrant de bâches ; mais c'est là un procédé très primitif qui ne protège nullement les marchandises de l'humidité, de chances d'avaries multiples non plus que des vols. Aussi a-t on créé des hangars clos qui servent en même temps d'entrepôts temporaires de douanes, quand les commerçants ne veulent pas payer immédiatement les droits.

Tel est, en grand, l'outillage d'un port de commerce, ses instruments de manutention, en un mot. Nous verrons tout à l'heure, en parlant des bassins de radoub, carénage, etc.. en quoi consiste l'autre partie de l'outillage, celui intéressant les instruments de réparation.

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