Administration des ports de commerce en France
Comme les voies navigables, les ports maritimes, dépendant tous du domaine public national, sont administrés et entretenus par le servide des Ponts et Chaussées, sous l'autorité du Ministre des Travaux Publics. Le service sanitaire, dont nous parlerons ultérieurement, relève seul du Ministre de l'Intérieur. L'administration des douanes perçoit les divers droits établis sur la navigation, au profit de l'Etat ou des autorités locales, en même temps que les droits de douaue sur les marchandises et sans qu'un service spécial soit organisé à cet effet.
Les frais de l'entretien et du personnel spécial des ports maritimes figurent au budget pour une somme de 8 millions notoirement inférieure aux besoins réels et ceux des phares et balises (signaux fixes) pouf 2 millions l/i En y ajoutant le personnel des Ingénieurs, Conducteurs, Eclusiers, etc .. et aussi les frais du service sanitaire (500.000 fr. on arrive d'après les chiffres fournis par M. Colsoa à une dépense totale d environ 15 millions supportée par l'Etat.
Les Chambres de Commerce dépensent en outre 4 millions environ pour l'entretien et i'ex» ioitalion de l'outillage et des services qu'elles
mettent a la disposition du public : grues, hangars, remorquage, sauvetage, etc ... Mais ces frais sont couverts par les taxes perçues sur les usagers, lesquelles laissent même, dans la plupart des cas, un certain bénéfice ne! venant en atténuation des charges d'intérêt et d'amortissement du capital d'établissement de l'outillage du port.
Les dépenses assumées par l'Etal ne retombent pas entièrement sur les contribuables, car la navigation maritime supporte des péages importants sous la forme de droits de navigation (Voir VII, note 387).
371. — Autonomie des ports- Dans la plupart des pays, l'administration des ports revêt un caractère plus local qu'en France. Le seul pays où 1 autonomie des ports soit complète est l'Angleterre. Ce régime ; 1) y est accompagné de ce qui est sa condition nécessaire et essentielle, l'alimentation du budget de chaque port exclusivement au moyen des taxes qui y sont perçues et des produits de son exploitation. Les administrations locales des ports anglais sont maîtresses de leur gestion dans des limites très larges, fixées par les actes émanant du Parlement qui ont réglé leur fonctionnement, mais elles n'ont à compter que sur leurs propres ressources. Grâce à la situation insulaire du pays et à l'étendue de son commerce, le mouvement maritime qu'elles desservent est bien plus développé que le nôtre et peut supporter des tarifs bien plus élevés.
372. — Bassins à flot. — Bassins à demi-marée. —Bassins en eau profonde. —Bassins de carénage.— Grils à marée. — Calesdehalage. — Bocks flottants. — Formes sèches.
Pn bassin est la partie d'un port où les navires stationnent.
Dans les régions où les marées — avons-nous vu en parlant des ports — ont une très grande amplitude, on fait entrer les navires dans des bassins au moyen d'écluses. Les portes de ces écluses restent ouverts pendant toute la période d'étalé (état stationnaire de la mer qui suit le moment où la marée cesse de monter et dure jusqu'à ce qu'elle commence à descendre), c'est alors que les navires entrent et sortent librement dans ces bassins qu'on appelle bassins à flots. C'est le cas pour les ports de la mer du Nord, de la Manche et de l'Océan.
Un navire d'un certain tonnage qui se trouve à sec, qui échoue dans un port d'échouage, souffre de cette position, il fatigue beaucoup, suivant le terme consacré, par ce que la résistance de l'eau ne peut plus soutenir sa carène, sur laquelle pèse le chargement. Au contraire, dans un bassin à flot, même quand la mer s'est retirée au dehors, le navire reste à Ilots dans l'intérieur du bassin, et il ne subsiste plus rien du danger de Téchouage.
Dans la Méditerrannée (nous l'avons vu en parlant des ports) et les autres mers sans marées, la sujétion des bassins écluses ne .s'impose pas ; on augmente alors la longueur des quais accostables au moyen de môles
:1) Colson, Transports et Tarifs.
placés perpendiculairement à la direction du - - bordés de quais
et séparés par des bassina appelés Darses.
Pour réparer et nettoyer les bâtiment.-, on se sert de bassins de radoub te radoub s'entend plus spécialement de la réparation de la coque d'un navire; et de bassins ou docks flottants.
Le bassin de radoub ou cale sèche, communique avec la mer par une porte mobile ou bateau porte : on y introduit le navire à réparer on ferme le bateau-porte, on vide l'eau et le navire repose sur des poutres.
Le bassin ou docks flottants employé- là où l'on ne pourrait construire des bassins de radoub sont composés de grands caissons qu'on remplit d'eau pour les immerger au tiram d'eau du navire qui doit y entrer et qui, nne fuis vidés, émergent jusqu'à la plate-forme supérieure du fond. D'une façon générale, un dock flottant remporte deux parties bien distinctes : d'une partie fond ou ponton qui sert à assurer la flottaison sur l'eau et d'autre part les murailles ou montants latéraux. Le ponton est divisé en un certain nombre de compartimenta que l'on peut à volonté remplir d'eau ou vider. Quand le dock n'est pas occupé, le ponton émerge légèrement et contient un peu d'eau dans se? compartiments. Pour mettre à sec un navire on procède aux opérations suivante- : on introduit dans les compartiments du ponton un certain volume d'eau et le dock ainsi alourdi ^'enfonce dans la mer au fur et à mesure que la quantité d'eau augmente. Cette entrée de l'eau dans les compartiments du ponton s'obtient au moyen de vannes qui les mettent en communication avec la mer. Quand le ponton est suffisamment enfoncé, on ferme l^s vannes et on introduit entr. les deux murailles le navire à mettre à sec qu'on a marre solidement au dock au moyen d'étais, déchaînes et de cables. On vide ensuite au m< de pompes les compartiments du ponton remplis d'eau ; le dock allégé remonte peu à peu et le navire se trouve alors complètement à sec sur le ponton qui sort, de nouveau, quelque peu de l'eau. 11 est facile de comprendra combien cette opération est délicate ; il faut que l'équilibre soit à chaque instant maintenu ; il est de toute nécessite que le ponton soit toujours bien horizontal pour éviter le renversement de l'ensemble constitué par le dock et le navire ; pour permettre d'arriver à ce résultat les compartiments du ponton sont disposés de manière à pouvoir être remplis chacun indépendamment des autres : si donc on voit que le dock penche d'un côté ou de l'autre pendant la manœuvre de sortie de l'eau, on augmente le remplissage de tel ou tel compartiment du dock afin de rétablir l'horizontalité voulue.
Dans certains ports anciens et de peu d'importance, on se contente, pour la réparation des navires de faible tonnage, de plans inclinés sur lesquels on haie les navires; ces appareil- porent le nom de cales de halage et de bassins ou grils de carénage. A cet effet dans les meis à marée on établit, dans un endroit où cela ne peut gêner la circulation, et dans un emplacement abrité, une plate-forme en maçonnerie, parfois même un plancher, sur lequel on fixe des pièces de bois massives perpenclairement à sa longueur : ce sont les ne On amène le navire î
flotter au-dessus de la plate-forme, dti gril, et à marée baissante il vient s'y échouer ; on le maintient debout sur sa quille à l'aide d'amarres et de pièces de bois l'appuyant sur les cotés ou sur un côté, quand un quai se trouve latéralement au gril Bien entendu, on ne peut faire les réparations qu'à marée basse, le navire reprenant à flotter à chaque marée montante : c'est dire que le gril ne permet que des réparations peu importantes. En outre il n'est guère praticable, répétons-le, que pour les navires d'un tonnage assez faible.
Un port bien outillé doit donc posséder des moyens de carénage appropriés aux dimensions deynavires qu'il reçoit : grils, cales sèches ou docks flottants; leur exploitation donne d'ailleurs lieu à des bénéfices rémunérateurs.