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CHAPITRE IV

Essais préliminaires.

De même que l'analyse minérale, l'analyse quantitative d*une matière organique doit être précédée d'une analyse qualitative. Le mode opératoire varie, en effet, suivant la composition de la substance. On doit donc constater, avant tout, à côté du carbone, de l'hydrogène et de Toxygène, la présence possible de Tazote, du soufre, du phosphore, du chlore, du brome ou de riode et des éléments fixes.

Recherche de l'azote. — Dans un tube à essai, on introduit environ 1 centigramme de substance avec un petit morceau de potassium. On chauffe à la flamme d'un bec de gaz : lorsqu'on a aperçu la vive lueur produite par la combustion du potassium, la réaction est terminée. Sans laisser refroidir le tube, on le porte dans un verre à expérience contenant un peu d'eau où il se brise. On filtre pour séparer les débris de verre et le charbon. Si la matière contenait de l'azote, il s'est formé du cyanure de potassium; en ajoutant à la solution deux ou trois gouttes d'une solution de sulfate ferreux contenant un peu de sulfate ferrique, puis de l'acide chlorhydrique pour neutraliser, on voit la liqueur se colorer en bleu et des flocons bleus se déposer *.

Ce procédé ^st très sensible, et il réussit dans tous les cas qui se présentent dans la pratique. Il est plus sûr que celui qui consiste à chauffer la. substance avec de la chaux sodée et à constater le dégagement d'ammoniaque.

1. Ces derniers s'apercevront plus aisément si l'on flitre la liqueur sur du papier blanc qui coagulera le bleu de Prusse formé. On peut également rechercher le cyanure à l'état de sulfocyanate ferrique, mais la réaction est moins nelle.

Recherche du soufre. — La matière bien desséchée est introduite dans le fond d'un petit tube fermé avec un petit morceau de sodium. On chaufTe, et, après combustion du sodium, on porte dans un verre contenant de Teau, comme dans la recherche de l'azote. Si la matière était sulfurée, il s*est formé du sulfure de sodium, que Ton reconnaît facilement à Todeur, et par son action sur une lame d'argent ou sur du papier à l'acétate de plomb, s'il n'y a pas de phosphore en présence, et au moyen du nitroprussiate de sodium dans le cas contraire.

Recherche du phosphore. — On calcine la matière dans un creuset de porcelaine fermé, on détache le charbon, on le broie, et on l'introduit dans un petit tube avec environ la moitié de son volume de magnésium en poudre. On chaufTe assez fortement, en ayant soin d'agiter le tube pour que le^ gaz qui se dégagent ne projettent pas la masse pulvérulente au dehors. S'il y a du phosphore, on aperçoit une lueur phosphorescente dans le tube et on constate quelquefois un petit dép6t de phosphore rouge. La plus grande partie du métalloïde se trouve combinée à l'état de. phosphure de magnésium. On brise le tube sur une soucoupe. En soufflant sur les fragments avec la bouche ou en les humectant avec de l'eau, on provoque le dégagement de l'hydrogène phosphore, facilement reconnaissable. Le phosphore, comme d'ailleurs aussi le soufre, peut être décelé par les méthodes usuelles de l'analyse minérale» après que l'on aura oxydé totalement la matière organique par les procédés applicables au dosage de ces éléments (Voy. p. 108).

Recherche du chlore, du brome et de l'iode. — Si la matière est liquide, on peut en enflammer une petite quantité au bout d'une baguette de verre, en recouvrant la flamme d'un verre renversé dont on a, au préalable, humecté les parois avec de l'eau distillée. Les acides chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique qui prennent naissance dans la combustion se dissolvent. On ajoute un peu d'eau distillée, on filtre et on recherche les halogènes au moyen du nitrate d'argent.

Un bon procédé consiste à prendre dans la boucle d'un fil de platine, disposé comme pour faire une perle, un peu d'oxyde de cuivre. On chauffe cette perle au rouge dans un bec Bunsen, on l'humecte avec de l'eau et on la chaufle de nouveau ; on ne doit observer aucune coloration de la flamme. On prend alors sur Toxyde un peu de la substance, et on chauffe dans la partie oxydante de la flamme. Si la substance renferme un élément

halogène, on perçoit très nettement la coloration bleue ou verte que donne à la flamme le composé cuivriquc.

Le premier de ces deux procédés est peu sensible et pas toujours infaillible; le second est trop sensible, car il permet de déceler des traces absolument impondérables d'halogènes. Aussi a-t-on recours beaucoup plus généralement à des méthodes de désagrégation semblables à celles que Ton emploie pour le dosage des éléments en question. Ainsi, si le composé est peu volatil, on le calcinera dans un petit tube avec de la chaux pure, et on recherchera ensuite les hydracides par le nitrate d'argent après avoir repris la masse par de l'acide nitrique dilué pur et Oltré la liqueur. On s'assurera bien entendu que la chaux employée ne contient pas de quantité appréciable de chlore.

S'il s'agit d'un corps volatil, on le chauffera en vase clos avec de l'acide nitrique fumant pur et du nitrate d'argent (Voy. la méthode deCarius, p. 104).

Recherche de la partie fixe. — Cette recherche est absolument indispensable, car la présence de métaux dans un composé organique oblige à modifier du tout au tout le procédé de combustion.

L'essai est d'ailleurs fort simple; il suffira presque toujours de calciner quelques centigrammes de substance dans un creuset de platine et en flamme oxydante jusqu'à disparition complète du graphite et de constater la présence ou l'absence d'un résidu fixe et incombustible. La fusibilité, l'aspect et la couleur de ce résidu donneront des indications approximatives sur sa nature, qu'on pourra d'ailleurs achever de déterminer par des réactions appropriées.

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