NERFS CRÂNIENS
est facile de sentir une apophyse proéminente, en arrière et en dedans de laquelle se trouve le facial, au moment où il sort du trou stylo-mastoïdien. On isole alors ses différentes branches, et Ton peut expérimenter.
Cl. Bernard pratiquait Tarrachement du nerf, ce qui permet quelquefois de conserver le nerf de Wrisberg et le ganglion géniculé. Le procédé opératoire est exactement le même; seulement, arrivé sur le nerf au moment de sa sortie du crâne, on le saisit avec de fortes pinces, et on en opère Tarrachement en imprimant à Tinstrument un mouvement de torsion, pendant que Ton tire à soi. Ce procédé, applicable au chat et surtout au lapin, ne réussit pas chez le chien, à cause de la résistance du tissu conjonctif qui entoure le nerf chez cet animal.
La section ou l'arrachement pratiqué, on referme la plaie par un point de suture.
Pour les branches de terminaison du facial, on peut les isoler séparément, peu après le trou stylo-mastoïdien.
Petit pétreiix superficiel, — Ce filet nerveux, qui naît du ganglion géniculé, sort du rocher pour aller se jeter dans le ganglion otique. Chez le lapin, il passe, pendant une courte partie de son trajet, sous la duremère crânienne, à la surface du rocher, tout près du bord externe du tronc du trijumeau. On peut donc l'atteindre en ce point, sans ouvrir préalablement le crâne.
Voici le procédé employé par Schiff. On se sert d'un instrument semblable à celui dont on fait usage pour sectionner le trijumeau dans le crâne. De l'aveu de l'auteur, c'est une des opérations les plus délicates.
On procède comme pour la cinquième paire, c'est-
à-dire qu'on introduit l'instrument en avant de l'anneau osseux qui entoure Torifice du conduit auditif externe. Avançant alors lentement et avec beaucoup de précaution, le long de la base du crâne jusqu'au trijumeau, on épie le moment oîi les signes de douleur de l'animal indiquent que Ton est arrivé dans le voisinage du nerf sensible, qu'il s'agit de ne pas léser. On arrête alors immédiatement la marche de l'instrument en avant, et on le retire à peu près d'un demi-millimètre. Dans cette position, le tranchant de l'instrument étant tourné en bas, on appuie la lame fortement sur la base du crâne, et on la retire par un mouvement rapide, coupant de cette manière, toutes les parties molles qui recouvrent la partie externe et antérieure de la surface crânienne du rocher.
La réussite de l'opération est immédiatement annoncée par une très forte salivation.
Corde du tympan (fig. 114-, B). — La corde du tym*pin est un nerf très grêle qui naît du facial dans le canal spiroïde, à 4 ou 5 millimètres au-dessus du trou stylosmastoïdien ; il se dirige en haut et en avant, et pénètre dans l'oreille moyenne, qu'il traverse d'arrière en avant. Là, ce filet se trouve isolé dans un très court trajet de 6 à 8 millimètres, il passe vers la fissure de Glaser, et sort du crâne au voisinage de l'épine du sphénoïde, par un conduit qui se trouve sur la limite des portions mastoïdienne et pétrée de l'os temporal; il se dirige en bas et en avant, et, après un court trajet accompli sous le muscle ptérygoïdien externe, il se jette dans le nerf lingual.
Ce filet nerveux peut être atteint, ou dans la caisse du
(uperflciel — V, nerf tnblingual
(ibLlis de clieval
Ji Fcprit)cnl*nl k siafUpii
is pain. — MNP, nert maiULiire supé- I poinl où vient te rondre le erind nar lu Diuilliir«iBréricur.(CI. Bcroard.)
tympan, ou en dehors au moment où il se sépare du nerf lingual.
Dans la caisse du tympan ce nerf étant libre sur une partie de son parcours, on peut facilement l'atteindre. Pour celçi l'animal étant maintenu, on fixe sa tête avec la main gauche, et, au moyen d'un instrument tranchant, analogue à celui que l'on emploie pour sectionner la cinquième paire dans le crâne, on pénètre dans la caisse du tympan, par le conduit auditif externe. Au moment où l'on perfore la membrane du tympan pour pénétrer dans la caisse, on entend un bruit particulier et l'on a une sensation de papier déchiré. On dirige alors le tranchant de l'instrument en haut et l'on incline le manche en bas ; de cette façon, on accroche le nerf dans son passage dans la caisse du tympan, et il est presque impossible de ne pas le couper. Au moment où on coupe la corde du tympan, l'animal crie, probablement à cause de la sensibilité des parois de l'oreille moyenne. La section terminée, on retire l'instrument avec précaution.
A son point de séparation du nerf lingual, il n'est pas très difficile d'isoler ce nerf.
Le procédé opératoire que l'on doit suivre est exactement le même que celui qui a été décrit pour le lingual et les nerfs de la glande sous-maxillaire (voy. p. 269) . Seulement, pour arriver sur la corde du tympan, après avoir isolé avec soin le nerf lingual, il faut suivre avec précaution ce dernier nerf vers son origine et, au moment où il croise les canaux salivaires, on trouve la corde du tympan (fig. 11], T) qui se détache en arrière, en formant une courbure à convexité inférieure; après quoi, elle se dirige vers le hile de la glande, en suivant parallèlement
â82 NERFS CRANIENS.
le bord supérieur des conduits salivaires, mais un peu plus en dehors et un peu plus profondément.
Rameau anastomotique du facial avec le pneumogastrique. — Ce rameau, qui est très développé chez le cheval et chez le bœuf, peut aussi se préparer sur un gros chien. Il naît du facial dans le canal de Fallope près du point d'origine de la corde du tympan, se dirige en bas et en arrière, traverse la portion tubéreuse du temporal, croise le rameau de Jacobson et vient se jeter dans le ganglion jugulaire du pneumogastrique. Pour expérimenter sur ce rameau, voici le procédé indiqué par CI. Bernard :
On prend un gros chien que Ton anesthésie et que Ton fixe sur la table ou dans la gouttière sur le dos, la tête tournée de côté. On lui abat une oreille, de manière à pouvoir facilement arriver sur le facial à sa sortie du crâne. Alors, on suit le nerf en sculptant le rocher, en s'aidant de la gouge et du maillet, on détruit Tapophyse mastoïde dont les cellules donnent une hémorrhagie souvent considérable et qu'on arrête en bouchant les sinus avec de la cire ramollie ; on remonte ainsi le parcours du nerf facial dans le canal spiroïde, avec de grandes précautions pour ne pas le blesser. On arrive ainsi avec du temps, de la patience et beaucoup de soin, à mettre à nu le rameau anastomotique qui unit le facial au nerf pneumogastrique.
Ces nerfs forment la huitième paire, ils naissent du bulbe immédiatementendehors des faciaux(fig. 112, y).
Delàilsse dirigent en dehors, avec la seplième paire^pour gagner Thiatus auditif interne, dans lequel ils se divisent en deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure.
Avant son entrée dans le trou auditif interne, ce nerf ne peut être sectionné seul, il est toujours atteint en même temps que le facial, par les procédés décrits à propos de ce nerf (voy. p. 276).
L'expérimentation porte généralement sur ses branches de terminaison, dans les diverses parties de l'organe de l'ouïe.
Expérience sur le limaçon. — Pour cette expérience M. Gellé a utilisé une disposition anatomique de l'oreille interne particulière aux cobayes.
Chez cet animal en effet, le limaçon forme sur la face interne de la bulle (oreille moyenne), une grosse saillie cylindrique, bien isolée, couchée horizontalement sur la paroi inférieure de la cavité auriculaire.
L'organe est ainsi limité et nettement séparé du reste de l'oreille labyrinthique, de plus il est facile à atteindre sur le vivant.
Voici le procédé suivi par M. Gellé. L'instrument nécessaire pour cette expérience, est un poinçon coudé à 45 degrés à un centimètre de son extrémité libre et à pointe denticulée. Au moyen de cet instrument, on pénètre dans le méat auditif d'un cobaye, dont on maintient solidement la tète avec la main gauche, tandis que son corps est immobilisé par un aide ou par l'opérateur qui le tient entre ses jambes. On perfore la membrane du tympan, ce dont on est averti par le bruit particulier et la sensation de papier déchiré, et la pointe de l'instrument arrive dans la cavité auriculaire. Quelques mouve-
284 NERFS CRANIENS.
ments de la pointe d'avant en arrière et de dedans en dehors, écrasent, labourent, détruisent la cochlée fragile. On sent alors la résistance vaincue et la crépitation des fragments osseux, ce qui annonce que l'opération a réussi. On retire Finstrument avec ménagement et l'animal est laissé libre.
Expérience sur les canaux demi-circulaires. — Pour expérimenter sur les canaux demi-circulaires, l'animal qui se prête le mieux est le pigeon, parce qu'il offre des canaux demi-circulaires bien séparés.
Voici d'après Gyon le procédé opératoire :
Le pigeon étant fixé, on coupe les plumes sur la partie postérieure du crâne avec des ciseaux courbes; puis, on divise sur la partie médiane la peau, en faisant attention de ne pas léser les petits vaisseaux sanguins qui sont sous la peau, dans la ligne de jonction des muscles des deux moitiés de la tête. Pour éviter plus sûrement cette lésion, on forme un pli transversal avec la peau que l'on incise au moyen des ciseaux, ou bien on fait glisser la peau sur le dessus de la tête, et on la sectionne avec le bistouri. Les muscles qui s'insèrent à la partie postérieure de la tête sont riches en vaisseaux, et leur lésion amène des hémorrhagies, surtout vers la partie médiane; aussi faut-il pour éviter la perte de sang ne pas se rapprocher de la ligne médiane, ni léser les muscles plus loin de 3 à 5 millimètres au-dessous de leur insertion supérieure. Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de pénétrer jusqu'à Tos entre le bord externe du muscle large de la nuque, et le bord interne d'un muscle plus mince qui s'insère tout près du premier.
Cette limite se trouve nettement indiquée par une
bandelette blanchâtre. Avec une pointe mousse, on sépare avec précaution les deux muscles l'un de l'autre, on pousse doucement le bord externe du muscle le plus large en dedans et en arrière, ainsi que l'enveloppe crânienne, au-dessous de laquelle on voit par transparence la région de croisement du canal horizontal avec le canal vertical inférieur plus petit. Si l'on veut mettre davantage l'os à nu, ce qui est indispensable pour opérer sur le canal vertical supérieur, qui est le plus grand, il faut sur un espace de deux millimètres séparer, en raclant, l'insertion supérieure du muscle le plus large, en commençant par
son bord le plus externe, ou bien, il faut le couper avec de fins ciseaux. Dans les deux cas, ilfaut en môme temps enlever le périoste, de façon à ne pas entamer les fibres musculaires.
Si tout cela se pratique proprement et avec précaution, on ne perd pas de sang et la plaie ainsi obtenue suffit pour opérer sur les canaux. Ce qu'il faut faire aussi sans hémorrhagie, c'est l'enlèvement de la lamelle mince et
transparente qui recouvre la cavité formant des cellules osseuses et logeant les canaux. Cette lamelle renferme un vaisseau, qu'il faut éviter avec précaution en enlevan* la lamelle supérieure qui forme comme le toit. Ce vaisseau sinueux chemine d'abord parallèlement à la partie du petit canal vertical qui est située au-dessous de la région d'entre>croisement. Il se recourbe ensuite en dedans, puis se recourbe encore une fois en haut ; marche ensuite pendant un petit instant au-dessus de la portion supérieure du canal horizontal. Il faut donc dans cette région^ ménager la partie qui forme le couvercle. Le meilleur endroit pour l'attaquer, c'est dans l'angle an-*
286 NERFS CRANIENS.
téro-supérieur de la croix qui est formée par le canal horizontal et le canal vertical. Il faut pour cela faire pénétrer dans cet angle Textréraité aiguë d'une des branches d'une petite pince et faire sauter un petit morceau de Tos. Avec cette même petite pince, on enlève ensuite le reste de cette portion supérieure, dans les limites tracées par le parcours du petit vaisseau mentionné précédemment, et Ton enlève ensuite les cellules osseuses qui entourent les canaux. Dans les deux angles antérieurs de la croix, on peut procéder hardiment à l'enlèvement des cellules osseuses, et l'on peut pénétrer assez profondément pour mettre à nu les ampoules, auxquelles on arrive le plus facilement par l'angle antéro-inférieur. Il faut procéder avec plus de précaution pour mettre à nu les angles postérieurs. Il vaut mieux laisser de côté l'angle inférieur, parce que là il est presque impossible d'enlever la partie supérieure sans hémorrhagie. Dans la préparation de l'angle supérieur, il faut avoir la précaution de respecter sur son bord postérieur le vaisseau placé contre le canal osseux. Ce vaisseau se recourbe en bas, précisément au point d'entrecroisement et continue son chemin en restant appliqué cpntre la partie postérieure du canal horizontal. Par I^angle postéro-supérieur de la croix, on peut aussi arriver facilement jusqu'aux ampoules. Par ce même procédé, on peut aussi atteindre le canal vertical supérieur. Les canaux demi-circulaires une fois découverts, il ne faut pas les ouvrir largement, car autrement le liquide qu'ils contiennent s'écoulerait. Pour les ouvrir, il faut sur un point, les racler doucement jusqu'à ce qu'ils soient usés sur une petite partie, ce qui constitue une petite
NERFS GLOSSO-PHARYNGIENS. 287
ouverture qui ne permet pas au liquide de s'écouler à l'extérieur. C'est par cette ouverture que l'on peut introduire la pointe de très fins ciseaux, avec lesquels on sectionne les canaux membraneux qui ont été respectés jusque-là. On peut aussi par cette petite ouverture, introduire de petites pinces qui tirent au dehors le canal membraneux, dont on peut alors faire la section à ciel ouvert. On peut aussi se dispenser d'ouvrir le canal osseux et pratiquer d'un seul coup avec des ciseaux un peu forts, la section du canal osseux et du canal membraneux. La section faite, il suffit de ramener la peau sur le crâne et de maintenir la plaie fermée par un point de suture.
NERFS GLOSSO-PHARYNGIENS
Ces nerfs, qui constituent la neuvième paire, naissent du bulbe, en arrière de la huitième paire (fig. 412) ; de là ils gagnent le trou déchiré postérieur (fig. 106, n** 10), ils présentent en ce point un ganglion* ovalaire, le ganglion pélreux ou d'Andersch. Immédiatement après sa sortie du crâne, le glosso-pharyngien décrit une courbure à concavité antérieure, en passant derrière la grande branche de l'os hyoïde, et s'accole à l'artère maxillaire interne, longe avec celle-ci le bord postérieur de la grande branche de l'os hyoïde et, avec l'artère linguale, en passant sous le muscle basio-glosse, il gagne la base de la langue.
Pour atteindre ce nerf, il faut aller le chercher à sa sortie du trou déchiré postérieur.
L'opération peut se faire sur le chien, le chat, le lapin, le rat et même le cheval.
288 NERFS CRANIENS.
On peut employer différents procédés. Oh peut y arriver en Gommeriçant à faire une incision sur le côté du larynx, comme pour préparer le ganglion cervical supérieur.. Uiie fois arrivé sur la carotide, on la suit jusqu'à sa bifurcation, et Ton trouve le glosso-pharyngien en dedans de Tartère carotide interne. Seulement, en agissant ainsi, on tombe sur une grande quantité de nerfs et dé vaisseaux, et il' est difficile de bien isoler ce nerf.'
Le' procédé suivant, indiqué par Prévost, est bien préférable.
L'animal anesthésié est placé sur le dos, la tête dans l'extension. On pratique une incision après avoir coupé les poils de cette région hyoïdienne, sur la ligne médiane de cette région. Cette incision, siir lin chien de moyenne taille,, doit avoir de. 5 à 6 centimètres, et le milieu de l'incision jdoît correspondre à l'os hyoïde. Après avoir sectionné lei tissu sous-cutané, on arrive sur une branche veineuse aous-cutanée peu volumineuse, transversalement située de chaque côté de la région où l'on doit opérer, c'est-à-dire au niveau des cornes de l'os hyoïde. Ces veines, qui se réunissent sur la ligtie médiane en un tronc. commun, doivent être tirées en haut, bu pluà simplement sectionnées entre deux' ligatures. .
Gela fait, oii arrive, après une courte dissection, & apercevoir le 'nerf hypoglosse, qu'il faut avoir soin de rejeter en dehors, afin d'opérer dans la région située immédiatement au-dessous. de. la corne de. Tbs hyoïde^ et en dedans de l'hypoglosse. Arrivé là, il faut avoir soin d'éviter une grosse veinç qui se trouve dans le sillon inter-musculaire. On sectionne alors quelques fibres musculaires appartenant aux muscles du pha-