NERFS GL0SS0-PHARYNGIKN
rynx, au-dessous desquelles se trouve le nerf glosso-pharyngien.
Ce nerf traverse la région découverte par cette opération, en se dirigeant d'arrière en avant au milieu d'un tissu cellulaire assez dense; dans ce trajet, il est longé en dehors par une branche artérielle qu'il faut ménager, et qui peut servir de point de repère.
Au fond de cette espèce de fosse triangulaire, dont le côté externe est formé par l'hypoglosse, le côté interne par la partie supérieure du cartilage thyroïde, la base par la corne de l'os hyoïde, se trouve l'apophyse mastoïde du temporal, que contourne le nerf glosso-pharyngien qui en est séparé par les parois aponévrotiques du pharynx.
Cette éminence osseuse forme le point de repère le plus important et le plus utile; on peut, en effet, très facilement la reconnaître et la toucher avec l'index, et se diriger sur cette apophyse dans la recherche du nerf. Quand le glosso-pharyngien est isolé sur un ténaculum, il est prudent de le suivre jusqu'à cette apophyse mastoïde ; on sera ainsi certain de bien tenir le nerf que Ton recherche.
Quand on dissèque le nerf jusqu'à l'apophyse mastoïde, on en voit partir la branche pharyngienne.
Au lieu de sectionner le nerf, généralement avec des pinces solides, on le saisit près de sa sortie du trou déchiré postérieur, et on l'arrache par un mouvement de torsion.
Cette opération, quoique un peu minutieuse, peut être exécutée sans effusion de sang, si l'on suit bien les indications précédemment données; mais si l'on ne suit
LivoN. — Vivisections. 19
390 NERFS CRANIENS.
pas bien lea points de repère dûsignéa, on est fort exposé
Fie. 115. — Nerfs du cou chez le chien.
«. — ï, UryiiBii infdmiir. ~ ï, laryngé aupôriciir. 3. pHElion CBTvical supiirloiir. — 4, Elosao-pkarjrngîcn. — 5, briDcho siloruo tpbi*l. — t. hypi^liDso. — T, T, piiros serviolon, — 8, norf pbrdniquo
8, loui-eiaïiÈre. — D, imtcie dlgastriquD. — X, mjlo-hyoiilieii. - L, muiclci lûjni. — M, uiuicls slccno-bjoidion. — G, gUndo lous-iDuillairo. — tncUéo.
à faire de longues dissections et des délabrements sou-
NERFS PNEUMOGASTRIQUES. 291
vent considérables, avant d'arriver à trouver le nerf glosso-pharyngien. La principale précaution à prendre, dans tous les cas, est d'opérer en dedans de l'hypoglosse et de se diriger sur l'apophyse mastoïde, en se tenant plutôt un peu en avant.
NERFS PNEUMOGASTRIQUES
Ces nerfs, qui composent la dixième paire, naissent des parties latérales et supérieures du bulbe rachidien (fig. 112, A), au-dessous des racines de la neuvième paire et au-dessus de celles du spinal, dans le sillon des racines postérieures des nerfs rachidiens. De là, ils se dirigent vers le trou déchiré postérieur (fig, 106, n° 10) qu'ils traversent et au niveau duquel ils présentent un renflement allongé qui est le ganglion jugulaire. Au delà de ce ganglion, le pneumogastrique est accolé pendant un court trajet avec le spinal, puis les deux nerfs se séparent pour laisser passer l'hypoglosse. Après cela, le pneumogastrique descend à proximité du ganglion cervical supérieur, au-dessous duquel il affecte des rapports plus ou moins intimes avec la portion cervicale du sympathique. C'est ainsi que chez le chien (fig. 115, n° 1) les deux nerfs se confondent d'une telle manière qu'il est im^ possible de les isoler au cou. Chez le lapin, le chat^ le co-^ chon d'Inde, le cheval, ces deux nerfs ne sont qu'accolés^ et on peut encore les séparer. Dans tout ce trajet, les deux nerfs affectent à peu près les mêmes rapports, seulement le gauche est plus directement en rapport avec l'œsophage.
Arrivés dans la poitrine, les deux nerfs se comportent d'une manière un peu différente. Le droit contourne
2&2 NiillPS CRANIENS.
très obliquement Tartère axillaîre de dedans en dehors et d'avant en arrière, pour suivre ensuite, sous la plèvre média^tine, la face externe de la trachée jusqu'au-dessus de Torigine des bronches, où le nerf se termine. Quant au gauche, il passe bien aussi sous le tronc brachial , mais, au lieu de le contourner pour s'appliquer sur la trachée, il reste accolé au vaisseau et gagne la racine du poumon, après avoir croisé en dehors l'origine de l'aorte. Les rameaux destinés à l'estomac et au plexus solaire sont placés le long de l'œsophage.
Le pneumogastrique peut être atteint sur plusieurs points de son parcours et dans les branches qui en émanent.
Mise à nu dans la région cervicale. — C'est généralement au milieu du cou que l'on isole le plus souvent le pneumogastrique. Pour cela, l'animal anesthésié est attaché sur le dos, la tête fixée dans Textension pour tendre la région cervicale, que l'on débarrasse préalablement des poils. Puis, sur la ligne médiane du cou, audevant de la trachée, on fait une incision longitudinale de quelques centimètres, comprenant la peau, le peaussier et le tissu cellulaire. On arrive alors sur les muscles sterno-hyoïdiens, qui recouvrent la trachée, et un peu en dehors on trouve le sterno-mastoïdien. Au moyen d'un instrument mousse (la sonde cannelée, par exemple), on pénètre dans Tinterstice cellulaire qui sépare le muscle sterno-mastoïdien du muscle ster no-hyoïdien, et l'on met ainsi à nu facilement le paquet vasculo-nerveux recouvert par du tissu conjonctif que l'on divise. Ce paquet est formé par la veine jugulaire interne, la carotide et le nerf pneumogastrique. La veine est en
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dehors, la carotide en dedans, le nerf entre les deux; c'est dans cette même gaine que Ton trouve le sympathique, à part chez le chien, et le rameau cardiaque du pneumogastrique. On] isole alors le nerf avec soin, pour ne pas amener de troubles dans ses fonctions, soit sur un instrument mousse, soit sur une anse de fil.
Section du pneumogastrique dans la cavité thoraciguë. — Ce nerf peut être sectionné dans le thorax entre les poumons et le foie, par le procédé suivant indiqué par Cl. Bernard.
On choisit un petit chien ; on l'anesthésie de façon h ce qu'il reste bien immobile pendant Topération, et on le fixe sur le dos.
Sur le côté gauche de la poitrine, on pratique une incision de 2 à 3 centimètres, parallèlement à une côte et au niveau de la douzième environ ; puis on fait glisser la peau de manière à amener l'incision entre la neuvième et la dixième côte, à peu près à égale distance du sternum et de la colonne vertébrale.
On fait avec un bistouri, dans cet intervalle intercostal, une piqûre étroite par laquelle on introduit immédiatement et avec force Tindicateurde la main gauche, de façon à pénétrer dans la cavité thoracique sans qu'il y entre de Tair. On enfonce alors le doigt vers la colonne vertébrale, jusqu'à ce que Ton sente Taorte, qu'on reconnaît à ses battements. Il faut, on le comprend, opérer sur un chien d'une taille assez petite, car autrement il serait impossible d'avoir le doigt assez long pour parvenir jusqu'à la colonne vertébrale.
Une fois que Ton a le bout du doigt sur l'aorte, on sent immédiatement à côté, et un peu en dedans, un
294 NERKS CRANIENS.
tube cylindrique et comme élastique : c'est l'œsophage qui est accompagné par les cordons des nerfs pneumo- * gastriques, parfaitement reconnaissables, parce qu'ils donnent au bout du doigt la sensation d'une corde fortement tendue. Dès qu'on est parvenu à reconnaître ainsi la position de ces nerfs, on saisit de la main droite un instrument qui consiste en une tige longue de 12 à 15 centimètres, terminée par un crochet tranchant sur son bord interne, et à extrémité mousse. On le fait glisser le long de l'index, qui est enfonc6 dans le thorax, en l'introduisant dans la poitrine, sans laisser pénétrer de l'air, et l'on accroche successivement les cordons nerveux, que l'on sent au bout du doigt, en évitant de léser d'autres organes importants, tels que la veine cave et l'aorte, qui pourraient être atteintes. Le crochet est ensuite enlevé, et on retire le doigt en même temps que Ton déplace rapidement l'incision de la peau. L'orifice extérieur et l'orifice interne ne correspondant plus l'un à l'autre, l'air ne peut pas pénétrer dans le thorax.
L'opération ne présente aucun danger; quand même il serait entré quelques bulles d'air dans la poitrine, cet air ne tarderait pas à être absorbé, et l'animal n'en souf< frirait aucunement.
Section des rameaux du pneumogastrique dans Fab^ domen, — Pour sectionner les rameaux que le pneumogastrique envoie à l'estomac, il faut procéder de la façon suivante, soit sur le chien, soit sur le chat ou d'autres animaux, sur lesquels on peut expérimenter sur l'estomac.
L'animal étant anesthésié, on le fixe sur le dos, mais un peu sur le côté droit. Après avoir coupé les poils dans
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la région de Thypochondre gauche, on pratique en cet endroit une incision de 3 centimètres environ chez les chiens, parallèlement aux côtes. Cette incision doit pénétrer jusque dans la cavité abdominale. Par cette ouverture, on va à la recherche de la portion sous-diaphragmatique de l'œsophage, que l'on soulève sur une sonde pour l'amener au dehors. On résèque alors tous les nerfs visibles à la périphérie du canal, en ayant soin de faire tourner l'organe entre les doigts, de manière à lui faire présenter successivement ses faces latérales et postérieure. On incise ensuite circulairement l'enveloppe extérieure, jusqu'à la tunique musculaire qu'il faut bien se garder de léser. Cette opération faite, on remet l'organe en place, et par des points de suture profonds et superficiels, on ferme la plaie externe.
On peut encore arriver à pratiquer la section de ces rameaux nerveux, en ouvrant l'abdomen sur la ligne blanche, et en allant chercher par cette ouverture la portion inférieure de l'œsophage, sur laquelle on opère comme il a été dit plus haut.
Nerf vague de la grenouille (fig. 115). — Chez la grenouille, ce nerf est le seul que l'on connaisse reliant la moelle épi nière au cœur. Il sort de la moelle par plusieurs racines, dont l'inférieure représente le nerf accessoire. En dehors de la colonne vertébrale, le vague porte un petit ganglion qui reçoit quelques fibres du sympathique. Il se partage ensuite en deux petites branches, dont la supérieure est le glosso-pharyngien (G), l'inférieure le véritable vague (V); ensuite il se rend au cœur, accompagné d'abord de sa petite branche, qui n'est autre que le nerf laryngé (L). Dans ce parcours il est placé presque
2% NERFS CRANfEN'S.
exactement sur le bord du faisceau musculaire (muscle pétro-hyoïdien, p), qui se rend de l'os crânien à la tx)rne de l'os hyoïde {ch). Avant sa pénétration dans le sinus veineux, en compagnie de la veine cave supérieure, ii passe à côté de la pointe de la langue, derrière l'artère linguale, et donne quelques petits filets au tissu lingual.
Ce nerf, probablement à cause de son tissu conjonctif, a un aspect gris, et à première vue il ressemble assez à une artère vide. Pour bien le trouver, il faut employer le procédé suivant :
La grenouille étant faiblement curarisée, ou ayant la moelle sectionnée, on la fixe sur le dos, et, suivant le procédé habituel (voy. p. 139), on met h cœur à nu. On introduitdansl' œsophageun tube de verre épais quel'on pousse jusque dans l'estomac. On soulève ainsi le cœur et les parties environnantes; on voit alors deux nerfs & peu
NERFS PNEUMOGASTRIQUES. 297
près parallèles, dont 1 e supérieur est Thypoglosse (H), Tinférîeur leglosso-pharyngien (G). Ces deux nerfs sont couchés sur le muscle pétro-hyoïdien mentionné plus haut. Un peu plus profondément on voit un mince rameau nerveux presque tout à fait parallèle aux vaisseaux pulmonaires et qui se rend ensuite au larynx : c'est le nerf laryngé (L). Le vague (V) est situé un peu plus profondément encore et un peu plus inférieu rement que le nerf laryngé ; on le reconnaît à sa couleur plus grise, et on l'isole plus facilement à Tendroit où il croise l'artère pulmonaire.
Mise à nu des laryngés. — Le laryngé supérieur (flg. 415, 2), le laryngé inférieur (fîg. 115, 2) ou récurrent, et le rameau cardiaque du pneumogastrique sont mis à nu dans la région cervicale de la même façon que le tronc du pneumogastrique ; seulement, pour le laryngé supérieur, la section de la peau doit être faite un peu haut, au niveau du cartilage thyroïde, sur les côtés duquel on trouve le nerf qui se dirige d'arrière en avant et qui pénètre au-dessus du muscle thyro-hyoïdien. Quant au laryngé inférieur ou récurrent, le procédé est le même : le nerf est situé le long du bord externe de la trachée à droite, et à gauche sur le bord externe aussi de la trachée, mais dans le sillon formé par l'adossement de l'œsophage contre cet organe.
Pour le rameau cardiaque, il faut le rechercher dans la partie inférieure du cou. Du reste, ses rapports varient un peu; mais le pneumogastrique découvert, avec des précautions on trouve ce rameau.
Sur le chien, on peut se dispenser d'inciser les tissus.
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pour faire la section des récurrents, on peut pratiquer cette section par la méthode sous-cutanée. Pour cela, l'animal étant maintenu sur le dos, la tête étendue, on pique la peau sur la partie antérieure de la trachée avec un petit crochet tranchant, et Ton arrive ainsi jusque sur les côtés du tube trachéal dans sa portion supérieure. Gela fait, on remonte alors le long de la face externe droite et gauche de la trachée, on accroche et on coupe les nerfs récurrents qui sont accolés sur les parties latérales des premiers anneaux du tuyau respiratoire, et l'on retire l'instrument.
On reconnaît que la section est opérée à la raucité de la voix de l'animal.
Les nerfs spinaux ou accessoires de Willis forment la onzième paire crânienne. Ces nerfs on \ des origines assez variables sur les côtés de la moelle épinière et du bulbe (B, B', fig. 112). C'est ainsi que chez certains mammifères, tels que le bœuf, le cheval, le chat, les derniers filets radiculaires descendent jusqu'au niveau de la troisième ou de la quatrième vertèbre dorsale.
Émanant ainsi des parties latérales de la moelle et du bulbe, le spinal remonte dans le canal rachidîen, entre les deux racines des nerfs rachidiens, atteint le pneumogastrique avec lequel il sort de la cavité crânienne par letrou déchiré postérieur (fig. 106, n''10)en s'infléchissant en dehors. C'est dans le trou déchiré que ce nerf s'anastomose avec le pneumogastrique par sa branche interne, et pendant un petit trajet les deux nerfs sont accolés à leur sortie du crâne ; puis ensuite le nerf spinal constitué par sa
branche externe se sépare à angle aigu du pneumogastrique, se dirige un peu en arrière, en dehors et en bas, traverse le sterno-mastoïdien pour venir se distribuer aux muscles de l'épaule.
Chez les oiseaux et les reptiles, la branche externe du spinal fait défaut, *
L'expérimentation sur le spinal peut porter, soit sur sa portion intra-rachidienne et intra-crânienne, soit sur sa portion extra-crânienne.
Si le but de l'expérience est l'excitation électrique du nerf, on peut préparer le nerf sur une moitié de tête d'un animal récemment décapité ; mais il vaut mieux avoir recours à un des procédés suivants, qui permettent de mieux étudier les fonctions de ce nerf.
Section intra-rachidienne et intra-crânienne (procédé de Bischoff). — Cette opération peut se pratiquer sur le chien et sur la chèvre, chez qui l'espace entre l'occipital et l'atlas est beaucoup plus grand. Les animaux beaucoup plus petits ne se prêtent pas bien à cette expérience.
L'animal étant ancsthésié, on le fixe sur le ventre en ayant soin de placer un billot ou un coussin sous le cou, de façon à tendre la région de la nuque et d'augmenter ainsi l'espace entre l'occipital et l'atlas, autant que possible. Par une incision transversale pratiquée avec le thermocautère, qui remplace ici avantageusement le bistouri à cause des masses musculaires que l'on divise et qui donnent beaucoup de sang, on met à découvert la membrane occipito-atloïdienne, et l'on a soin de choisir un gros chien pour cette expérience. Le sang étant bien étanché, on ouvre aussi largement que pos-
300 NERFS CRANIENS.
sible cette membrane, sans léser les vaisseaux qui se trouvent sur les côtés et qui donneraient une hémorrhagie très gênante ; le liquide céphalo-rachidien s'écoule, et sur les côtés de la moelle allongée, on distingue les deux troncs formés par les racines médullaires du spinal que Ton peut saisir et soulever avec beaucoup de précaution, à l'aide d'un petit crochet mousse introduit dans l'ouverture de la membrane occipito-atloïdienne. Mais par cette simple ouverture, le champ d'expérience n'est pas assez large, il faut l'agrandir en faisant sauter une portion de l'occipital. Ce deuxième temps de l'opération est assez difficile, car on a généralement une hémorrhagie très abondante, et il y a aussi à craindre l'entrée de l'air dans les veines. Pour empêcher ces accidents, Cl. Bernard avait tenté sans succès la ligature des quatre veines jugulaires. Le thermocautère est encore ici d'un grand secours, car il peut rendre service; le mode opératoire préféré par Cl. Bernard consistait à pratiquer au moyen d'un perforateur, immédiatement au-dessus de la saillie occipitale externe, un petit trou qui pénétrait dans !e torcular (fig. 147, c) ; par cette ouverture, qu'il faut avoir soin de fermer aussitôt avec le doigt pour empêcher l'entrée de l'air, on introduit avec pression la canule d'une petite seringue, et l'on pousse avec^ beaucoup de lenteur dans les sinus, une solution concentrée de persulfate de fer ou de nitrate d'argent. De cette façon, on obtient assez sûrement l'obstruction des sinus, par la coagulation du sang qu'ils contiennent, surtout si l'on fait préalablement la ligature temporaire des veines jugulaires.
«ËRFS spinaux. 3U1
En agissant ainsi, on peut faire sauter uoe portion de l'occipital sans complications.
Mais, après cette opération, l'animal ne peut survivre.
Arrachement extra-crânien (procédé de Cl. Bernard). — Pour pouvoir suivre les effets de la destruction du
- Cavité crlnïennc du cliîen ouverte par le ubià droit pour la disposition des einui veineux (a, h, c) et leur confluence pressoir d'Héropbile en c, au niveau duquel doit se Taira l'ouloit pour injecter une substance coagulante, soit pour puiser leineux cérébral (Ci- BcrnardJ.
spinal, Cl. Bernard a employé un procédé qui ne nécessite pas des délabrements trop considérables, et après lequel les animaux se rétablissent généralement assez bien: c'est l'arracliemeiit du nerf à sa sortie du crâne par le trou déchiré postérieur. Cette opération réussit bien sur le lapin, le chat, le chevreau, mais elle échoue généralement sur le chien; cela tient à la densité de
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tissu cellulaire qui, chez cet animal, unit le névrilème avec le périoste des os qui livrent passage aux nerfs. Aussi les branches du spinal se cassent sous les efforts de traction.
Pour pratiquer cet arrachement, voici comment on opère :
L'animal (chat, lapin, chevreau) anesthésié est fixé sur le dos, la tète dans l'extension et un peu tournée du côté opposé à celui sur lequel on opère. Les poils de la région latérale du cou et de la région parotidienne étant coupés, au moyen d'une incision étendue de Tapophyse mastoïde jusqu'un peu au-dessous de l'apophyse transverse de l'atlas, on découvre la branche externe du spinal dans le point où elle se dégage en arrière du muscle sterno-raastoïdien. Avec une petite érigne, on fait soulever par un aide la partie supérieure du muscle sternomastoïdien, que l'on tire un peu en dedans; disséquant alors la branche externe du spinal, on s'en sert comme d'un guide pour parvenir jusqu'au trou déchiré postérieur. Chemin faisant, il suffit de quelques précautions pour éviter la lésion des vaisseaux et des nerfs voisins*
Lorsqu'on est arrivé au delà du muscle sterno-mas<* toïdien, entre les faisceaux duquel il faut suivre lespinal^ on arrive vers la partie antérieure de la colonne verte* brale et, en remontant pour se diriger vers le trou déchiré postérieur, on aperçoit bientôt le nerf hypoglosse qui vient traverser la direction du nerf pneumogas*trique. C'est précisément en ce point, que la branche anastomotique interne se détache du spinal, pour se porter dans le tronc du pneumogastrique. A l'aide de
pinces spéciales qui ressemblent à des pinces à torsion pour les artères, mais dont les mors au lieu d'être tranchants sont arrondis, afin que le nerf puisse être serré solidement, sans que pour cela son névrilème soit coupé, on saisit cette branche en même temps que la branche externe du spinal ; puis, on exécute sur la totalité du nerf qu'on a ainsi saisi une traction ferme et continue, c'està-dire sans secousses, qui agit sur toutes les origines du nerf. Bientôt on sent une sorte de craquement, le nerf cède et on ramène au bout des pinces un long filament nerveux conique, qui se termine par une extrémité excessivement ténue, et dont se détachent des radicules, quand on le place sous Teau. Ce n'est rien autre chose que toute la portion intra-rachidienne du nerf spinal.
On pourra extirper isolément, soit les origines médullaires, soit les origines bulbaires du spinal. En effet, si Ton saisit avec les pinces et si Ton exerce les tractions sur la branche interne seule, on arrache seulement les filets bulbaires. Cette opération est fort difficile sur de petits animaux tels que les chats et les lapins ; elle réus^ sit mieux sur le chevreau ou sur le cheval. Si au contraire on saisit la branche externe seule du spinal, ce qui est l'opération la plus facile, on arrache seulement les origines médullaires du spinal et on aura les résul'* tats de l'ablation isolée de la branche externe.
Chez le chien en particulier, pour découvrir la branche externe du spinal, il faut prendre pour guide la
saillie de Tapophyse transverse de l'atlas, et un peu audessousj on fait une incision longitudinale. Alors en pénétrant sur le bord postérieur du muscle sterno-mastoïdien, après avoir écarté le tissu cellulaire, on découvre
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le rameau auriculaire du plexus cervical, à son point d'émergence, au moment où il s'infléchit pour se diriger vers Toreille et immédiatement derrière, se trouve la branche du spinal qui descend obliquement en bas et en arrière, sous le trapèze. En le remontant, il faut le suivre à travers le muscle sterno-mastoïdien.
Procédé de tauteur. — Le trou déchiré postérieur étant Torifice commun de sortie pour le glosso-pharyngien, le pneumogastrique et le spinal, il m'a paru préférable d'employer pour le spinal un procédé analogue à celui indiqué plus haut pour le glosso-pharyngien. Ce procédé, qui n'est pas difficile, permet d'arriver sur les nerfs émanant du trou déchiré postérieur sans lésions graves et l'on n'est pas exposé, en procédant avec soin , bien entendu, à l'écoulement sanguin que donne généralement la dissection du spinal à travers le sterno-mastoïdien.
Pour arriver sur le tronc du spinal, voici comment je procède :
L'animal anesthésié est placé sur le dos, la tête fixée dans l'extension. Je pratique ensuite sur la ligne médiane du cou, une incision, dont le milieu correspond au bord supérieur du cartilage thyroïde, un peu plus bas que pour la recherche du glosso-pharyngien. En tâchant d'éviter l'écoulement de sang par les veines superficielles de la région, on pénètre dans l'interstice musculaire qui se trouve sur les côtés du larynx ei de l'os hyoïde, et l'on voit bientôt le nerf hypoglosse. On rejette alors le nerf hypoglosse en dedans, ainsi que l'artère carotide et, en se guidant sur le nerf, on remonte dans la profondeur de la région, en ménageant autant que possible les divers
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organes que l'on rencontre. En procédant ainsi, on ne tarde pas à arriver au point où le nerf hypoglosse passe entrele nerf pneumogastrique et le nerf spinal. Le pneumogastrique occupe la partie interne et est facilement reconnaissable à sa grosseur et au ganglion cervical supérieur, avec lequel il affecte des rapports intimes. Le nert spinal, ou du moins sa branche externe, se trouve en dehors et un peu en arrière ; il se sépare du pneumogastrique à angle aigu, au moment du passage du nerf hypoglosse, et se dirige un peu en arrière et en dehors. Une fois le nerf reconnu et isolé, on le dénude autant que possible, de façon à mettre en évidence la branche interne, afin de pouvoir pratiquer soit la section du tronc nerveux en totalité, soit la section de la branche externe ou de la branche interne, soit enfin l'arrachement comme il a été dit précédemment. Pendant que Ton isole le nerf près du trou déchiré, il faut aller avec beaucoup de précaution pour ne pas léser la jugulaire, qui donnerait une hémorrhagie très abondante, très gênante et impossible à arrêter. Cette opération, qui réussit sur le chat, le lapin, le chevreau, est difficile sur le chien, dont le tissu conjonctif est extrêmement dense, ce qui rend l'isolement des deux branches difflcile et l'arrachement impossible, car les nerfs se rompent sous les efforts de traction.
NERFS HYPOGLOSSES
Ces nerfs qui constituent la douzième paire ou dernière crânienne, émanent de la pantie inférieure latérale du bulbe (fig. 442, E); ils se portent vers le
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306 MERFS CRANIENS.
trou coiidylien de Toccipital par lequel ils sortent da cr&ne.
Après sa sortie du crâne, le nerf hypoglosse passe entre le spinal et le pneumogastrique qu'il croise en se dirigeant en bas et en avant, décrivant une courbe à concavité supérieure, semblable à peu près à celle du nerf lingual. Dans son parcours il croise l'artère carotide externe, en debors de laquelle il est situé, passe sur les côtés du pharynx et du larynx, à peu près parallèlement à Tartère linguale et sur son côté externe, puis entre le muscle mylo-hyoïdien et le muscle basio-glosse et se termine dans les muscles de la langue.
Comme pour le nerf spinal, la simple excitation intracrânienne des racines de ce nerf peut se faire sur une moitié de tète d'un animal récemment décapité.
Mais si l'on veut observer les effets de sa section, il faut opérer sur l'animal vivant.
 cet effet, un animal quelconque, chien, chat, lapin, etc., anesthésié, est maintenu sur le dos, la tête fixée dans l'extension, comme pour la recherche du glosso-pharyngien et du spinal par mon procédé. La région hyoïdienne étant débarrassée de ses poils, on fait sur la ligne médiane, au niveau de l'os hyoïde, une incision de quelques centimètres, comprenant la peau, le peaussier et le tissu cellulaire sous-cutané. On tombe alors sur une veine qui quelquefois est assez volumineuse, il faut avoir soin de l'éviter ou mieux encore d'en faire la section entre deux ligatures. Pénétrant alors avec la sonde cannelée, en dedans du niuscle digastrique que Ton tire un peu en dehors, on ne tarde pas à apercevoir un gros tronc nerveux qui n'est autre chose que
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riiypoglosse, se dirigeant d'arrière en avant. Il est alors très facile de Tisoler sur un crochet mousse ou sur une anse de fil pour expérimenter. Mais si l'on veut en pratiquer la section à sa sortie du crâne ou encore Tarracher, il faut le mettre à nu dans une plus grande étendue, en remontant en arrière, le long du trajet de Thypoglosse qui est d'abord parallèle à l'artère linguale et un peu sous-jacent, puis qui se trouve sur le côté externe de la carotide. On peut arriver ainsi iusqu'au point oîi il passe entre le spinal et le pneumogastrique. En cet endroit on peut en pratiquer la section ou bien, le saisissant avec les pinces ad hoCy on l'arrache comme on le fait pour les autres nerfs crâniens. Mais ici encore le chat, le lapin, le chevreau et les jeunes animaux sont préférables. Le chien ne se prête pas très bien à cet arrachement, à cause de la densité de son tissu conjonctif qui, comme il a été déjà dit, s'oppose à la réussite de l'arrachement des nerfs.