GANGLION ÉTOILE
incisant les muscles intercostaux entre la première et la seconde côte. On maintient écartées les deux côtes à l'aide d'un coin de bois introduit entre elles. Alors, à Taide d'une érigne, on accroche le ganglion que Ton soulève avec une pinte à anneaux ; on le saisit et on l'arrache complètement : cela fait, on recoud la plaie extérieure des muscles.
Procédé de Carville et Bochefontaine sur le chien, — L'animal anesthésié est placé sur une table, couché sur le flanc ; un aide tient tirée en dehors la patte antérieure gauche, qui est dans la demi-flexion. .
Immédiatement au-dessous du bord antéro-inférieur de l'aisselle, on fait une incision de o centimètres environ parallèle à la direction des côtes, et on arrive ainsi dans l'interstice cellulaire du muscle grand pectoral. On rencontre alors un autre interstice, celui du muscle grand dentelé. Ces deux espaces cellulaires sont écartés au moyen d'une sonde cannelée, et l'on se trouve directement dans l'intervalle qui sépare la première et la deuxième côte, proche de la tête de ces côtes. Au moyen de l'ongle, on dilacère et on détruit facilement les muscles intercostaux, qui remplissent cet intervalle, et le doigt pénètre ainsi en arrière de la plèvre pariétale et en avant du muscle long du cou.
C'est sur cette masse musculaire que sont placés le cordon du sympathique et son ganglion premier thoracique. La pulpe du doigt ainsi introduite, sent parfaitement le cordon nerveux et le ganglion, au-dessous duquel on passe alors une aiguille recourbée munie d'un fil qui permet de lier le ganglion et d'en faire consécutivement l'ablation.
LIVON. — Vivisections. 21
Avant de procéder à rexlirpatîon du ganglion, U est très utile de le lier, afin qu'après la section du cordon sympathique, le ganglion ne soit pas entraîné en haut ou en bas ; car alors il deviendrait difficile d'aller à sa recherche sans produire des délabrements considérables.
En opérant ainsi, on ne rencontre ni vaisseaux, ni nerfs importants; on ne doit faire usage du bistouri que pour sectionner la peau.
La plaie offre la forme d'un entonnoir renversé, dont la grande couverture déclive empoche les fusées purulentes dans le médiastin ; la cicatrisation s'opère rapidement^ surtout si, comme le recommandent les auteurs, on lave la plaie avec une solution de chloral.
Ce procédé mettrait à l'abri de la pleurésie et de la pneumonie, qui viennent presque toujours contrarier l'expérience lorsque l'on emploie le procédé de Cl. Bernard.
Portion thoraciqiie du sympathique, — La chaîne que forme le sympathique dans sa portion thoracique peut être sectionnée à sa partie supérieure et à sa partie inférieure.
Pour arriver sur sa partie supérieure à peu près au niveau du deuxième ou troisième ganglion thoracique, il n'y a qu'à procéder comme il a été dit pour arracher au moyen d'un crochet le ganglion étoile (p. 314), seulement il faut se tenir un peu plus bas, en dirigeant le crochet un peu plus en bas.
Pour sectionner le sympathique avant les rameaux communiquants qu'il envoie au plexus lombo-sacré, il faut le sectionner à travers le dernier espace intercostal
SYMPATHIQUE THORAGIQUE. 323
inférieur. Cette section peut se faire ou par un procédé sous-cutané ou en le mettant à nu.
Par la méthode sous-cutanée, voici la façon de procéder : On pénètre dans le dixième ou onzième espace intercostal, au-dessous du point de départ du splanchnique. L'animal choisi de préférence doit être le chien. L'animal est anesthésié et maintenu sur une table sur le ventre. On fait dans Tespace intercostal indiqué une incision de 1 centimètre environ, aussi près que possible de l'articulation costale vertébrale. Un couteau long et mince, un peu recourbé à sa partie supérieure et tranchant sur son bord concave, ou bien un petit crochet monté sur un manche assez long, est introduit dans la cavité thoracique, de manière que sa face concave soit tournée du côté des vertèbres. Après avoir traversé les muscles de la colonne vertébrale, on pousse fortement le côté concave dans l'excavation comprise entre les corps des vertèbres et les côtes, puis, par un mouvement brusque, on retire l'instrument. L'opération a plus de chance de réussir du côté droit, car on évite la lésion de l'aorte. Mais il arrive assez souvent que Ton ne sectionne pas le cordon du sympathique, que l'on produit des lésions graves ou que l'on sectionne le grand splanchnique.
Le résultat est plus certain en mettant le cordon nerveux à nu. Pour cela, le point le meilleur est l'espace intercostal inférieur du côté droit. On met à nu l'espace intercostal, on enlève les muscles intercostaux. On isole le nerf intercostal, et on le place sur un fil. On se sert de ce nerf comme d'un guide pour arriver au cordon sympathique. On a soin, au moyen d'un fort crochet,
d'écarter les muscles de la colonne vertébrale, et Ton arrive ainsi sur le cordon, qu'il est facile de sectionner. On est rarement obligé de réséquer une côte; pourtant, si Ton ne pouvait faire différemment, il faudrait avoir soin de pratiquer une résection sous-périostée, de façon à ne pas léser la plèvre. Pour toute cette opération, il est bon que l'animal soit curarisé et soumis à la respiration artificielle (Cyon).
Nerf grand splanchnique. — Ce rameau du sympathique est un filet qui émane du sympathique thoracique, et qui, traversant le diaphragme, pénètre dans la cavité abdominale par l'arcade du psoas, pour venir se jeter dans le principal ganglion du plexus solaire. On peut arriver directement sur ce filet nerveux en ouvrant largement l'abdomen sur la ligne médiane, mais il vaut mieux procéder de la façon suivante :
On fait dans le flanc gauche, immédiatement au-dessous de la dernière fausse côte, une incision de quelques centimètres, comprenant toute l'épaisseur des parois abdominales. Pénétrant alors dans l'abdomen avec des instruments mousses, on trouve immédiatement au-des* sous de la dernière fausse côte gauche la capsule surrénale. Au-dessus de cette capsule passent transversalement une artère et une veine musculaires lombaires. Immédiatement au-dessus de cette artère, se trouve le nerf grand splanchnique qui la longe en formant une anse dont la concavité est en dedans.
On peut encore commencer par mettre à nu les gan-. glions du plexus solaire, et on voit alors le nerf grand splanchnique qui se jette dans le principal ganglion ; il est alors facile de l'isoler.