III. — FÉCÈS PATHOLOGIQUES
Les évacuations alvines peuvent devenir palhologiques : Io par augmentation ou diminution des éléments qu’elles renferment normalement; 2° par le mélange à certains liquides, accidentellement déversés à l’intérieur du tube digestif (sang, pus, etc.) ; 3° par la présence de corps étrangers ou de parasites.
JNous avons vu que les fécès normales renferment : des débris épithéliaux, du mucus et des aliments plus ou moins réfractaires à la digestion. L’augmentation des débris épithéliaux s’observe dans toutes les maladies accompagnées de diarrhée. Tantôt les cellules épithéliales, peu modifiées, nagent au milieu d’un liquide séreux; tantôt elles sont encore adhérentes les unes aux autres, formant des amas qui reproduisent en partie les coiffes des villosités ( dysenterie ) et qui peuvent apparaître sous forme de lambeaux blanchâtres ; d’autres fois, elles sont granuleuses ou même presque totalement détruites, n’apparaissant plus que sous forme de noyaux libres mélangés à des cellules plus volumineuses, sphériques, à protoplasma granuleux (choléra) ; quelquefois les lamelles épithéliales, retenues par du mucus plus ou moins concret, forment de larges membranes gélatini formes, que souvent on a confondues avec des débris de la muqueuse intestinale mortifiée dans toute son étendue. Ces pseudo-membranes ne présentent pas l’aspect fibrillaire qui caractérise les fausses membranes diphthéritiques ; leur forme ne rappelle en rien celle des membranes hydatiques ; enfin, on les distingue des fausses membranes du mu-
MUQUEUSE DIGESTIVE
guet par l’absence d’algues. Le microscope y fait reconnaître le mucus et les cellules épithéliales : jamais on n’y voit de vaisseaux. On les observe dans les cas de constipation opiniâtre, d’entérite chronique, dans la dyspepsie des hypochondriaques, etc.
Les débris gangréneux grisâtres de muqueuse intestinale mortifiée s’observent dans les cas d’invagination intestinale : leur structure microscopique ne pourra être reconnue qu’à la suite de coupes pratiquées sur ces membranes préalablement durcies. Dans certaines formes de diarrhée et surtout dans le choléra, les évacuations alvines renferment des grains riziformes composés de cellules épithéliales, réunies sous forme de petits lambeaux mélangés à des leucocytes, du mucus, des cristaux d’acides gras, etc. Dans les inflammations du gros intestin, dans la dysenterie, les corpuscules grisâtres, transparents (rappelant l’aspect de grains de sagou), que l’on observe dans les fécès sont, au contraire, presque exclusivement composés de leucocytes renfermant deux à trois noyaux. Le Mucus intestinal peut être assez liquide, glaireux, conservant son aspect strié sous l’influence de l’acide acétique (selles séreuses et muqueuses) , d’autres fois il constitue des flocons blanchâtres englobant des leucocytes, des cellules épithéliales desquamées ou agglutinées sous forme de cylindres. Dans les cas de diète prolongée, ou après une constipation opiniâtre , ce mucus devient concret et s’élimine sous forme de cylindres grisâtres ou blanchâtres, quelquefois creux, d’autres fois plus tenaces encore et pleins. Ces amas de mucus grenu, très-difficiles à gonfler sous l’influence de l’eau, englobent des gouttes de graisse, des cellules épithéliales plus ou moins granuleuses, quelquefois des cris-
taux d’acides gras ou de phosphate ammoniaco -magnésien. Quand ces cylindres de mucus sont blancs et très-aplatis, on peut les confondre avec des débris de vers intestinaux; d’autres fois, leur forme cylindrique les a fait prendre pour des lambeaux de muqueuse intestinale.
Plus ou moins modifiés par les sucs digestifs, les débris de matières alimentaires peuvent se reconnaître dans les selles pathologiques : quelquefois, les aliments passent sans grande modification (selles lientériques), et se reconnaissent alors mélangés à du mucus, de la bile et des lamelles d’épithélium cylindrique ; d’autres fois, quelques substances sont seules réfractaires à la digestion. Ainsi la présence de la graisse sous forme de couche huileuse ou blanche, ou bien encore présentant l’aspect de lobules adipeux, appendus aux fibres musculaires à peine modifiées, peut faire penser à une maladie du pancréas. Dans le choléra , on reconnaît aussi, au milieu des débris alimentaires, de nombreuses gouttelettes huileuses, sphériques. Enfin, certains débris de végétaux toxiques, introduits par la voie de l’alimentation, pourront être retrouvés à peu près intacts dans les selles. Bornons-nous à mentionner les spores des champignons, qui se retrouvent toujours dans les selles et qui, par leur agencement avec les basidies et le tissu cellulaire, pourraient servir à diagnostiquer à quelle espèce, comestible ou toxique, on a eu affaire1.
D’autres fois, le microscope pourra faire reconnaître certains médicaments qui, introduits sous forme pul-
1 Boudier, des Champignons au point de vue de leurs caractères usuels chimiques et toxicologiques Paris, I SGG .
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vérulente ou pilulaire, n’auront pas été modifiés. Enfin, le tamisage des matières fécales fera trouver les calculs et les concrétions stercorales.
La bile se reconnaît, le plus souvent, non au microscope, mais par les réactions obtenues à l’aide de l’acide nitrique. Elle ne contient quelques éléments anatomiques que lorsqu’elle a séjourné quelque temps dans la vésicule biliaire. Dans les matières fécales, on ne reconnaîtra que très-rarement la bile au microscope. Toutefois, l’existence de calculs biliaires ou de calculs stercoraux pourra nécessiter un examen plus approfondi. Disons immédiatement que les calculs mélangés aux matières fécales pourront renfermer des cristaux caractéristiques. Les uns existeront sous forme d’amas brillants semblables à de la leucine (glycocholate de chaux); d’autres aciculaires, minces, jaunâtres, formeront des faisceaux en forme de rosace, de feuille d’étoile, etc. (acide margarique), quelques-uns aplatis, prismatiques en forme de feuilles de fougère, finement dentelés, ou bien prenant la forme de prismes droits à base rectangulaire (phosphate ammoniacomagnésien), se rencontreront surtout dans les calculs urinaires, mais pourront exister aussi mélangés aux fécès. Nous renvoyons à l’article Urine pour l’étude microchimique de ces dernières formes de calculs.
Les leucocytes que l’on rencontre toujours, mais en petites proportions, mélangés aux fécès pathologiques, se présentent parfois en proportions telles que Je liquide prend un aspect puriforme caractéristique. On les observera soit dans les cas d’ulcérations du rectum, soit dans les cas où un abcès s’ouvre dans l’intestin. Les leucocytes granuleux, à un ou plusieurs noyaux, sont parfois (dysenterie) retenus avec des épithéliums
déformés par un mucus consistant, conservant l’aspect strié, et formant dès lors la plus grande partie des lambeaux ou des flocons que l’on observe dans les selles. Les granulations graisseuses, souvent trèsabondantes, donnent à ces flocons une coloration blanche. D’autres fois les leucocytes, très-granuleux, nageront au milieu d’un liquide grisâtre, fétide, souvent mélangé de sang, renfermant, en outre, des débris de matières alimentaires, quelques cellules épithéliales et des amas de mucus strié (ulcères chroniques de l’intestin). Enfin, nous avons déjà vu que, dans certaines formes de diarrhée, dans le choléra, etc., les grains riziformes contiennent un assez grand nombre de leucocytes granuleux. Ceux-ci peuvent manquer cependant; leur présence n’a donc rien de caractéristique. — Rappelons que le pus évacué avec les matières alvines, peut présenter une coloration bleue ou verte signalée par Ch. Robin, Delore, Fordos, etc. (Voy. Traité des humeurs.)
Les hématies peuvent aussi être reconnues dans les selles : tantôt on y rencontrera des globules sanguins de dimensions, de formes et de colorations normales. Ce sera toutes les fois qu’une grande quantité de sang aura été versée dans l’intestin ou lorsque le sang n’y aura pas séjourné pendant longtemps (hémorrhoïdes, dysenterie, maladies du gros intestin) : le plus souvent, les globules sanguins seront dentelés, crénelés, désagrégés en granules. (Voy. p. 38.) On observera ces modifications dans les évacuations noirâtres qui surviennent dans les cas d’ulcère ou de cancer stomacal. Souvent les globules sanguins seront réunis en amas, mélangés au mucus, ou formant des caillots plus ou moins volumineux ; dans ce dernier cas, la
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fibrine, qui, observée dans les matières alvines, retient souvent dans ses mailles plus de leucocytes que de globules sanguins, englobe ces derniers comme dans le caillot d’une saignée.
Nous ne ferons que signaler les liquides d’aspect puriforme, plus ou moins mélangés de sang, qui s’écoulent par l’anus dans les cas de cancer intestinal. Sans doute, le liquide peut, dans ces cas, contenir encore un grand nombre de cellules, dites cellules cancéreuses, dont les formes si variées se rencontrent dans certaines néoplasies purement inflammatoires. Sans doute, les noyaux volumineux de ces cellules, leurs aberrations de forme ou leurs modifications ultérieures ne pourront affirmer un diagnostic. Toutefois leur présence, quand elle sera constatée, pourra donner quelques indications précieuses. (Voy. p. 156.)
Les corps étrangers que l’on rencontre dans les fécès sont des débris alimentaires non digérés, des parcelles de corps réfractaires h la digestion et accidentellement introduites dans les voies digestives, quelquefois des globules formés par des aiguilles d’acides stéarique ou margarique (choléra, dysenterie), parfois confondus avec des productions cryptogamiques ; quelquefois des calculs biliaires ou des concrétions stercorales, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien (diarrhée, dysenterie, choléra), enfin des sels toxiques ou des poisons de diverse nature éliminés en même temps que les résidus de l’ailmentation. Nous renvoyons à l’article Vomissements (p. 212) pour ce qui concerne les recherches médico-légales à entreprendre dans les cas d’empoisonnement. Nous devons avouer toutefois que la dialyse nous a moins bien réussi pour les matières fécales que pour les crachats
ou même les matières des vomissements auxquels ; nous ajoutions des solutions toxiques. Ces recherches sont donc à reprendre.
Les parasites observés dans les déjections alvines proviennent de trois sources différentes : Io les uns ont pris naissance dans les matières putréfiées ou alté- j rées dans l’intérieur du tube digestif. Tantôt, en effet, ces parasites infusoires se rencontrent dans les matières récemment évacuées et disparaissent par le refroidissement (Davaine) ; d’autres fois, ils naissent peu de temps après l’évacuation des matières intestinales, et leur présence est liée à des phénomènes de putréfaction; — 2° d’autres parasites, introduits par la voie de l’alimentation, se sont développés à l’intérieur du tube digestif qui leur a servi d'habitat , puis ont été expulsés par fragments ou en totalité; — 3° enfin il est un certain nombre de parasites qui se sont accidentellement introduits dans le tube intestinal dont la paroi a été perforée. Ce sont les parasites erratiques.
Dans la première classe, nous rangerons les protozoaires appartenant aux familles des vibrioniens, des monadiens et des paramécies. Les vibrioniens dont nous avons déjà indiqué les caractères (p. 55) n’existent pas dans les fécès normales, mais apparaissent trèsrapidement dans les liquides diarrhéiques. Davaine affirme que ces parasites disparaissent par le refroidissement des matières évacuées ; ils se développent donc dans les matières encore renfermées dans la cavité intestinale. Toutefois, certains vibrioniens se développent dans le liquide qui a séjourné quelque temps au contact des matières fécales et qui a déjà subi un commencement de putréfaction. Il ne faudrait donc pas attacher une trop grande importance à la présence de vibrioniens
dans les garde-robes des diarrhéiques. Il importe cependant de les signaler, un jour devant venir où la pathogénie des maladies parasitaires sera plus complètement élucidée.
Les vibrions s’observent dans toutes les formes que présente la diarrhée : leur nombre paraît d’autant plus considérable que la maladie est plus grave; mais on les rencontre aussi bien dans la diarrhée lientérique que dans la diarrhée qui accompagne la fièvre typhoïde, les ulcérations intestinales des phthisiques, la diarrhée du choléra etc. On observe encore dans les évacuations alvinesdes filaments d’algues (leptothrix); enfin Davaine a signalé dans les salles des cholériques et des typhiques des protozoaires du genre cercomonas.ei Malmsten y a reconnu des paraméciens (paramecium coli).
Les cercomonas sont caractérisés par :
Un corps nu, de forme arrondie, discoïde ou ovoïde, un filament flagelliforme antérieur, un prolongement postérieur en forme de queue, plus ou moins long, plus ou moins filiforme et variable, qui s’agglutine quelquefois aux corps environnants et fixe momentanément l’animal. (Davaine).
D’après le savant helminthologiste auquel nous empruntons cette description :
La petitesse, la continuité, la rapidité de leurs mouvements rendent une observation exacte très-difficile, observation qui ne peut être complétée après la mort de l’animalcule, car il devient impossible alors de le distinguer des corpuscules de diverse nature, des cellules épithéliales plus ou moins altérées parmi lesquels il se trouve.
L e paramecium coli (Malmsten) présente les caractères suivants :
Corps ovoïde, aminci en avant, long de 0mm,l environ, un peu variable; tégument couvert de cils serrés, disposés en séries obliques ; bouche antéro-latérale munie de cils plus long; œsophage légèrement élargi et recourbé; anus situé en arrière à la face abdominale, plus ou moins saillant et distinct par sa constitution, un noyau oblong elliptique; deux vésicules contractiles Tune plus petite, subcentrale; l’autre située près de Eanus, très-variable; mouvements plus ou moins rapides, quelquefois tournoyants.
Nous avons déjà vu que, dans le choléra , les selles ne renfermaient plus qu'un épithélium à peu près détruit, troublé, grenu. La grande masse des flocons est composée de mucus hyalin retenant quelques leucocytes, des corpuscules analogues à des amas de globules graisseux, et des cristaux aciculaires d’acides gras. Au milieu de ce liquide trouble, on voit se mouvoir avec la plus grande rapidité des vibrioniens que l’on a comparés au h acterium 'punctum, au hacterium termo et au hacterium catenula. On y remarque, en outre, une grande quantité de leptollirix. Ceux-ci, que nous avons déjà signalés comme existant dans les fécès normales ou diarrhéiques, sont très-abondants dans les selles des cholériques. Us peuvent se feutrer, s’anastomoser, former de grandes masses, englobant quelques leucocytes ou quelques rares cellules épithéliales. On voit enfin dans les selles des cholériques :
De grandes quantités de lorulcs , ferment de la bière, cryptococcus ; cet élément peut provenir de boissons fermentées ou d’ailleurs, vu qu’il est très-répandu ; son apparition en masse n’en est pas moins remarquable b
1 Voy. Wieger, Gaz. hebd., 1868, et Bouchut, Path. générale , p. 794.
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Les spores que l’on a trouvées dans les déjections cholériques et qui ont été bien décrites par Williams, puis par Klob et Rallier, ont été considérées par quelques auteurs comme les germes du choléra, qui ne serait dès lors qu’une maladie parasitaire. Wieger, qui a résumé les travaux modernes, concluait de la manière suivante :
Ou bien les cultures des infusoires seront reconnues capables de reproduire le contage et alors ce sera une découverte d’une portée immense ; sinon il faudra revenir au point de vue de Pacini et de Klob qui admettent une affection primitive de l’épiderme produisant, d'une façon secondaire, les troubles fonctionnels de la maladie.
Nous devons avouer que la présence des sporules de la prétendue mucédinée du choléra n’a jamais été constatée dans le sang, malgré les affirmations de Beale, que les expériences de culture tentées par Rallier ont été justement réfutées, enfin, quede nouvelles recherches et surtout des expériences tentées sur les animaux vivants sont encore nécessaires avant qu’on puisse affirmer la spécificité d’action de ces amas de sporules (zooglæa). N’a-t*on pas prétendu, d’ailleurs, les retrouver dans l’intestin d’animaux empoisonnés par l’arsenic (Hoffmann). Dans un travail récent, Waldeyer 1 a décrit, sous le nom de mycosis intestinalis une maladie caractérisée : Io par des accès cholériformes accompagnés de cyanose et suivis de mort au bout de deux jours; 2° par une fièvre avec stomatite, hypertrophie splénique, puis cyanose et mort au bout de cinq jours. L’auteur dit avoir trouvé dans l’intes-
Cité par Spillmann, Arch. génér. de méd., 1872, p.347.
tin, sur les ramuscules de la veine porte, dans les petits vaisseaux de la peau qu’ils oblitéraient, etc., des amas de champignons se rapprochant des zooglæa.
Fig1. 60. — Œufs d' entozoaires (Davaine). — 1, Ténia solium armé (gr. 340) — 2. Ténia progloltidien renfermant un embryon dont on aperçoit les crochets (gross. 350) — 3, Ténia inerme (gross. 340) — 4, Botryocépbale (gross. 340) — 5, Tricocéphale (gross. 550) — 6, ascaride lombricoïde (non fractionné, gross. 250) — 7, le même, plus développé, renfermant des cellules embryonales — 8, oxyure vermiculaire (gross. 400) — (Davaine. — Traité des entozoaires ). •
Disons, en terminant, que l’on rencontre parfois dans les selles des parasites végétaux déjà signalés dans les
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vomissements : tels sont Y oïdium albicans, certaines oscillaires , enfin, la sarcina ventriculi (Voy. p. 208.)
Parmi les parasites qui, introduits par l’alimentation, viennent se développer dans l’intérieur du tube digestif, nous citerons en première ligne les ténias. En présence des accidents que détermine la présence de ce vers, le médecin devra examiner avec soin les matières fécales, surtout après l’administration d’un purgatif; quelquefois, en effet, des portions suffisamment grandes pour préciser le diagnostic seront évacuées. D’autres fois, le malade ne rendra que quelques anneaux libres et vivants, déjà reconnaissables à l’œil nu, mais qu’il faudra étudier au microscope, afin de connaître l’espèce de ver à laquelle il appartient. Souvent, enfin, le diagnostic pourra être établi en recherchant, dans les selles, les œufs de ténias qui sont expulsés en grande quantité.
Ces œufs sont arrondis , très - lisses, ovoïdes; leur membrane d’enveloppe, trèsépaisse, à double contour, étant traitée par une solution de potasse caustique, laisse voir l’embryon que renferme la vésicule (fig. 60, 2). Celui-ci est dépourvu de ventouses et possède six crochets qui diffèrent de ceux du scolex par le nombre et par la forme. La tête ou scolex Flf. Te,te du tema se distingue des anneaux par rhomme (gross.
sa forme, ses ventouses, ses crochets 12 fois)(Davaine).
lorsqu'ils existent et l’absence d’organes sexuels. On devra toujours rechercher ce scolex parmi les fragments évacués. Le ténia solium ( ténia armé et ténia fragile, Davaine) et le ténia mediocanellata se distinguent aisément quand on peut examiner le scolex qui, lorsqu’il
provient du ténia mediocanellata.ne présente pas de crochets {%• 62).
Le botryocéphale , appelé aussi ténia non armé, se distin-
Fig. 62. — Tête de ténia inerme de l’homme (gross. 5 fois); œuf du même ténia (gross. 340) — (Davaine).
gue du ténia mediocanellata par la disposition de ses organes génitaux situés sur les parties latérales dans la tribu des téniadés, disposés, au contraire, sur la ligne médiane dans la tribu des bot njocép haies (üg. 63). L’œuf du botryocéphale est ovoïde long de 0mm,068, large de 0mm,044 : il est pourvu d’un opercule et renferme un embryon inerme (?) (Davaine'.
En traitant l’œuf par de l’acide sulfurique concentré, on peut apercevoir son opercule.
Parmi les vers nèmatoïdes, le plus fréquent est Y ascaride lombricoïde. Le plus souvent expulsé «à l’état adulte, ce ver blanc ou rougeâtre, fusiforme, à tête munie de trois valves distinctes presque semblables, convexes ou semi-globuleuses, finement dentelées, se reconnaît aisément. L’œuf dç l’ascaride, qui est expulsé avant son développement et peut se retrouver dans les selles, est ovoïde, entouré d’une coque assez
Fig. 65. — Tête du botryocéphale de l’homme (Davaine).
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épaisse, à double contour, frangée à sa surface (fig. 60, 6 et 7).
Le trie hocé p h ale (Trichocephalus dispar) est plus rare : on l’observe assez fréquemment toutefois dans la fièvre typhoïde. Les œufs, « oblongs, revêtus d’une coque résistante prolongée en un goulet court, arrondi, translucide aux deux extrémités «(Dujardin) sont évacués avec les iécèsffig. 60, 5). Le ver est blanc-jaunâtre, filiforme, long de 37 à 50 millimètres : son tégument est strié transversalement à l’exception d’une bande longitudinale hérissée de petites papilles. Le corps du mâle est plus petit que celui de la femelle. Le mâle possède un spiculé tubuleux, contenu dans une gaine renflée ou vésiculeuse, de forme variable et sortant à l’extrémité postérieure. La femelle est à ovaire simple, replié dans la partie postérieure, terminé en avant par un oviducte charnu qui s’ouvre au point de jonction des deux parties du corps.
L'oxyure vermiculaire, qui occupe le rectum et le pourtour de l’anus, et se reconnaît aisément à l'examen des fécès est blanc, fililorme, très- étroit. Le mâle entouré en spirale est long de 2 à 3 millimètres ; la femelle est longue de 0 à 10 millimètres ; son extrémité caudale est droite et trèsfine : les œufs sont lisses, oblongs non symétriques, longs de 53 y. larges de 28 /¿. On ne les trouve que très-rarement dans les selles (fig. 60, 8) . *
Entin U anchylostome duodénal très-rare en Europe n’a que 6 à 9 millimètres de long : le corps est cylindrique, la tête un peu amincie, arrondie au sommet ; le limbe de la bouche muni de papilles inégales coniques ; le corps droit transparent en avant. C’est à la présence de ce vers et aux hémorrhagies qu'il détermine que l’on a attribué la maladie connue sous le nom de chlorose d'Egypte.
Les parasites erratiques, accidentellement introduits dans la cavité abdominale et éliminés avec les fécès sont, le plus souvent, des vers vésiculaires appartenant à la tribu des téniadés et connus sous le nom cVhydatid.es.
Celles-ci, qui existent sous forme de vésicules dans le parenchyme des organes, renferment un liquide limpide et conliéunent des cchinocoques dans leur cavité. De volume très- variable, à parois plus ou moins épaisses, ces liyda-
lides peuvent s’ouvrir dans l’intestin. On trouvera dès lors, dans les matières fécales les fragments du kyste qui contenait les échinocoques, et les débris de ceux-ci. Les lambeaux membraneux de la poche bydatique présentent un aspect caractéristique. La membrane est plus ou moins
Fig. 64.— Hydatide de l’homme (Davaine)— 1, Fragment dont la tranche montre les feuillets dont le tissu se compose; à la surface extéiieure existent des bourgeons hydatiques — 2, bourgeon comprimé et grossi 40 fois.
mince, élastique, blanchâtre, semblable à du blanc d’œuf coagulé, sans fibres ni cellules, disposée en laines stratifiées, semblables aux feuillets d’un livre. Cet aspect permettra de les distinguer de lâmbeaux membraneux provenant d’aliments mal digérés1.
Quelquefois les hydatides, de volume peu considérable, sont rendues en totalité sous forme de corps ronds ou ovales : d’autres fois, les vésicules s’étant rompues, on trouvera, si le kyste est ancien, des lambeaux pseudo-membraneux venant de la paroi, des crochets isolés, restes de l’échinocoque et des concrétions de phosphate et de carbonate de chaux, sous forme de noyaux ou délayées dans un liquide séreux auquel elles donnent l’apparence de pus. Quelquefois ce liquide renferme du sang ou de la bile. L’examen microscopique permettra de distinguer cette substance crémeuse d’un liquide purulent proprement dit. En effet, on n’y rencontre pas de leucocytes, tandis que
1 Voy. Davaine, L c., p. 31)2,
MUQUEUSE DIGESTIVE
Don constate un grand nombre de lamelles de cholestérine,
Ides globules huileux, quelquefois des cristaux d’hématocristalline, enfin parfois des cristaux d’oxalate d<? chaux, de phosphate de soude ou môme d’acide urique. L’ échinocoque , lorsqu’il existe à l’intérieur de la vésicule hydatique expulsée par les selles, se reconnaît à son corps oblong, ovoïde, séparé en deux parties par un étranglement circulaire ; la partie antérieure formant une tête pourvue d’un rostre est munie d’une double couronne de crochets et de quatre ventouses musculaires contractiles.
Le distome hépatique vit généralement dans les conduits et la vésicule biliaire, mais il peut émigrer et se rencontrer dans l’intestin, d’où il est évacué par les selles. On peut donc avoir à rechercher la présence de cet entozoaire. Voici la description qu’en donne Davaine : « Corps blanchâtre long de 18 à 51 millimètres et large de 4 à 15mm,5 chez l’adulte ; n’ayant environ que la moitié de ces dimensions chez les jeunes ; ovale oblong ou lancéolé obtus ; plus large et arrondi en avant où il se rétrécit tout à coup et forme une sorte de cou conique rétréci en arrière et aplati en forme de feuille ; tégument couvert d’épines plus ou moins aplaties, longues de 0mm,05 ; ventouse antérieure terminale, arrondie ; ventouse postérieure à orifice triangulaire, située tout près de la première ; intestin ramifié distribué dans tout le corps, plus ou moins apparent suivant 1 état de contraction de ses divisions ; orifices génitaux contigus, situés au milieu de l’intervalle des deux ventouses ; pénis cylindrique, saillant, contourné en spirale; ovaires blancs en grappe; oviducte formant des circonvolutions nombreuses contenant des œufs plus ou moins colorés en jaune ovoïdes, pourvus d’un opercule, longs de 0a,m,15 à 0mm,14, larges de 0mm,07 à 0mœ,09; embryon inconnu, »
MUQUEUSE DES FOSSES NASALES
Au niveau de l’ouverture des narines, la peau pénètre dans la cavité du nez et tapisse toute la surface interne des narines (vestibule des fosses nasales , Sappey) ; d’abord pourvue de poils (vibrises) et de glandes sébacées, la peau se dépouille bientôt de tous ces organes accessoires pour se continuer insensiblement avec la muqueuse olfactive qui tapisse toutes les fosses nasales, et l’arrière-cavité des fosses nasales (partie supérieure du pharynx). Au niveau de la partie toute supérieure des fosses nasales, la muqueuse se modifie de nouveau pour former une surface très-sensible, la surface olfactive, sur l’histologie de laquelle nous ne nous arrêterons pas. Nous étudierons seulement la structure générale de la muqueuse des fosses nasales, ou membrane de Schneider.
La membrane de Schneider, qui tapisse les fosses nasales et les cavités accessoires ou sinus qui y sont annexés, est partout formée par un épithélium vibratile stratifié ; les cellules profondes sont plus ou moins polyédriques ; les cellules superficielles, coniques et très-allongées (jusqu’à 07 p de longueur) sont munies sur leur extrémité libre de cils vibrátiles ( fig. 65); cet épithélium est identique à celui des voies aériennes (trachée et bronches) , et en effet la physiologie nous enseigne que les fosses nasales sont le commencement des voies respiratoires. 11 est facile en raclant sur soi-même la surface des fosses nasales avec un
MUQUEUSE DES FOSSES NASALES
Fi„r. 65— Epithélium
cure-deiit, par exemple, d’en ramener des cellules encore munies de leurs cils vibrátiles, mais il faut aller les chercher assez loin en arrière, car elles n’existent pas encore sur la muqueuse qui correspond au cartilage latéral du nez. Suivant Ecker, l’extrémité antérieure du cornet inférieur et la portion antérieure du méat inférieur seraient encore tapissées d’un épithélium pavimenteux. Les cils de ces cellules vibrátiles sont implantés sur un plateau
vibradle de la mu- analogue à celui des cellules de l’intestin, queusede Schnei- . , ,,, , ,
der (Kœlliker ) mais P us mince î au debut du coryza, ces cellules épithéliales vibrátiles tombent en plus grand nombre qu’à l’état normal, et on peut alors nonseulement les étudier commodément, mais encore pénétrer certains détails de leur structure : c’est ainsi que Ranvier a pu observer que, dans ces cas, ces cellules se gonflent , leur protoplasma devient granuleux , leurs noyaux grossissent et se divisent , la membrane de la cellule se dissout en même temps que se dissout aussi le plateau qui limite sa surface libre. Il arrive parfois que les cils sont détachés, mais le plus souvent ceux-ci persistent alors même que le plateau a disparu. Ce fait suffit pour démontrer que les cils vibrátiles ne sont pas simplement soudés sur le plateau, ils apparaissent comme une simple expansion du protoplasma de la cellule (?).
Le chorion sous-jacent à ce revêtement épithélial ne pré-
sente pas la même structure dans les fosses nasales et dans les cavités accessoires. Dans ces cavités ou sinus (frontaux, maxillaires, ethmoïdaux, etc.), ce chorion est très-mince, confondu avec le périoste, peu vasculaire, et moins riche en glandes : on a cependant signalé quelques glandes sur le plancher du sinus maxillaire (Sappey), dans les sinus sphénoïdal et ethmoïdal, près de leur orifice, où ces glandes se dilatent parfois en petits kystes volumineux. D’après les recherches récentes de Sappey, les glandes des sinus différeraient de celles des fosses nasales, moins par leur nombre que par leur volume et leur disposition : en effet, elles se présentent ici la plupart du temps sous l’aspect de
longs tubes noueux, sur lesquels s’échelonnent des utrieules inégalement espacés et de fort petit volume. — Au contraire, dans les fosses nasales proprement dites, la muqueuse est épaisse, très- vasculaire, et très-riche en glandes. Les vaisseaux forment des réseaux veineux très riches, qui arrivent presque au contact de l’épithélium, de sorle que les hémorrhagies sont très-faciles, et que, sans qu'il y ait hémorrhagie proprement dite , il est très- fréquent de trouver des globules rouges dans le mucus nasal. Les glandes, étudiées surtout par Sappey, représentent le type de petites glandes en grappe parfois excessivement et très-finement ramifiées.
Le mucus nasal présente les éléments que nous avons signalés dans les mucus en général (mucosine, cellules épithéliales et débris de cellules épithéliales, leucocytes, souvent des globules rouges du sang). Il se concrète facilement en amas ou grumeaux de consistance et d’aspect de chair lavée : il se dilacère alors en petits fragments et en pellicules très-minces, finement striées (mucosine), surtout par Uaclion de l’acide acétique (Ch. Robin); c’est ce mucus nasal, très-riche en cellules épithéliales cylindriques, souvent vibrátiles (voy. p* 241), à protoplasma granuleux, et à noyaux volumineux, qui constitue la plus grande partie du produit évacué dans les cas de coryza. Ce liquide renferme parfois des pseudo-membranes, souvent des débris figurés provenant de l’ulcération de la muqueuse. Toutefois* l’examen microscopique ne peut faire distinguer le coryza inflammatoire simple du coryza dû à la scrofule, à la syphilis, à la morve ou à certaines intoxications. La présence de vibrions dans le jetage des malades atteints de coryza morveux est loin d’être caractéristique.
11 peut arriver que les croûtes jaunes verdâtres qui
MUQUEUSE DES FOSSES NASALES. 245
résultent, de l’accumulation du mucus dans les fosses nasales s’incrustent de sels calcaires et constituent alors les calculs désignés sous le nom de rhinolithes . Ces calculs sont riches en phosphates et en carbonates de chaux.
Les kystes des glandes de la membrane de Schneider renferment souvent des lamelles de cholestérine.
MUQUEUSE RESPIRATOIRE
ANATOM IE
La muqueuse respiratoire ne présente pas partout la même structure : la plus grande partie de son étendue est couverte par un épithélium cylindrique vibradle ; le reste par un épithélium pavimenteux stratifié (glotte) ou simple (alvéoles pulmonaires).
Muqueuse à épithélium cylindrique vibratile. Telle est la muqueuse des fosses nasales, de la trachée et des bronches : on voit que cette muqueuse des voies aériennes est interrompue en deux points : à l’endroit où le canal aérien croise le canal alimentaire et au niveau de la glotte, où l’épithélium vibratile rie pouvait s’adapter aux fonctions de l’organe phonateur. — Étudiée au niveau des fosses nasales (voy. p. 240), cette muqueuse doit l’être aussi au niveau de l’arbre aérien proprement dit.
V épithélium vibratile commence à se montrer sur la base de l’épiglotte et sur les cordes vocales supérieures ; il tapisse alors tout l’intérieur du larynx, excepté le bord libre des cordes vocales inférieures (seules véritables cordes vocales, glotte) ; il apparaît de nouveau au-dessous de ces cordes vocales, et tapisse la trachée et les grosses bronches. — Dans toute cette étendue, cet épithélium est stratifié; c’està-dire qu’il se compose de plusieurs couches profondes de cellules polyédriques ou plus ou moins arrondies, et d’une couche superficielle de cellules coniques, très-longues
MUQUEUSE RESPIRATOIRE
(35 à 45 ¡j. de longueur), s’insinuant par leur extrémité trèsaiguë entre les cellules précédentes, et se terminant par leur base libre en un plateau garni de nombreux et longs cils vibrátiles (fig. 6b). L’étude de ces cils a été rapidement
Fig. 66. — Épithélium vibratile de la trachée de l’homme (3’0 d.) — (Kœlliker.) — a, portion interne des fibres élastiques longitudinales — b, couche supérieure homogène de la muqueuse — c, cellules arrondies — d , cellules moyennes allongées — e, cellules externes vibrátiles.
indiquée à propos de l’épithélium des fosses nasales ; il est facile de trouver encore de ces cils en mouvement sur le cadavre, car ils conservent leur oscillation vingt-quatre et même quarante-huit heures après la mort générale. Cet épithélium est supporté par un chorion de tissu conjonctif riche en fibres élastiques, généralement dépourvu de papilles, et très-riche en glandes. Ces glandes sont pour la plupart des glandes muqueuses, c’est-à-dire qu’elles se composent de culs-de-sac ramifiés et disposés en grappes, et à vésicules tapissées d’un épithélium pavimenteux comme les glandes muqueuses de la bouche. Telles sont les glandes parfois volumineuses du larynx, les glandes moins développées de la trachée (surtout en paroi antérieure), et même des grosses bronches; mais sur ces derniers canaux les glandes deviennent de plus en plus petites, et ne présen-
tent qu’un épithélium cylindrique et des vésicules allongées, * circonscrivant une cavité étroite; quelques-unes sont de simples culs-de-sac ou présentent tout au plus une bifurcation. (Kœlliker.) —
A mesure que l’on descend dans les fines bronches, l’épithélium vibradle diminue d'épaisseur, puis ne se compose plus que d’une seule couche de cellules à cils vibrátiles, puis enfin, ces cellules ellesmêmes perdent leurs cils, s’aplatissent, et se transforment insensiblement en un simple épithélium pavimenteux (fig. 67); en même temps les glandes disparaissent, c’est donc une transition graduelle qui nous conduit à l’épithélium des alvéoles pulmonaires.
Muqueuses à épithélium pavimenteux :
l’épithélium du bord libre des cordes vocales ne mérite pas de nous arrêter : c’est un épithélium stratifié identique à Fig. 67. —Épithélium cefui de la bouche et du pharynx, vibradle de la tra- n n’en est pas de même du revête-
chée (gross. 350 >. ment épithélial des alvéoles pulmonaires; l’existence et le mode de disposition de cet épithélium a été longtemps un sujet de débat entre les histologistes. Cependant on peut dire aujourd’hui , avec Kœlliker, que l’opinion d’après laquelle les vésicules pulmonaires seraient complètement dépourvues d’épithélium, peut être considérée comme définitivement controuvée.
L’un des plus éminents parmi les micrographes qui ont nié l’existence de l’épitliélium pulmonaire, le professeur Yillemin nous paraît avoir été induit en erreur par les prépara' ions compliquées qu’il faisait subir aux lobules pulmonaires avant de les étudier au microscope (dessiccation, bichlorure de mercure, eau ammoniacale, et enfin iode). L’épithélium pulmonaire, qui est très-délicat devait
Cellules isolées des diverses couches.
(Kœlliker.)
i Archives générales de médecine. 1866
MUQUEUSE RESPIRATOIRE
être détruit par ces préparations. Depuis les travaux d’Eberth et d’Elenz (1804), l’étude de cet épithélium faite par l'imprégnation au nitrate d’argent a permis de constater que la surface interne des alvéoles pulmonaires est tapissée par une mince couche d’épithélium formé de cellules minces et aplaties contenant un gros noyau. Kœlliker avoue que chez l’homme une préparation complète de cet épithélium
Fig. 68. — Épithélium pulmonaire d’un alvéole périphérique de rat adulte, rendu apparent par le nitrate d’argent (d’après E.lentz) — a, capillaires — b, îlots de petites cellules — c , contour des larges lames membraneuses qui s’étendent au-dessus des capillaires — d, cellule qui n’est unie à un des îlots voisins que par un contour simple.
est très-difficile, et que même chez des enfants il lui a été impossible de le voir in situ ; mais on peut parfaitement le préparer sur des mammifères très-voisins de Uhomme, et nous donnons, d’après Kœlliker, une figure de cet épithélium chez le rat adulte (fig. 68). On voit que les noyaux des cellules se réfugient pour ainsi dire dans les mailles des capillaires, et que la partie de la cellule qui recouvre les
m ETUDE MICROSC. DES PRODUITS DES MUQUEUSES.
capillaires se réduit à une mince plaque ; souvent même ces plaques se fusionnent et on n’aperçoit plus les lignes de séparation des cellules. Mais on voit aussi que là où les mailles vasculaires sont un peu larges, elles contiennent,, outre les portions des cellules précédentes, des cellules complètes, dont tout le contour est visible, et. qui ne prennent aucune part à la formation des plaques presque amorphes étendues sur les capillaires. Nous insistons sur l’existence et la nature de cet épithélium pulmonaire, parce qu’il est très -important au point de vue des produits pathologiques auxquels il peut donner lieu. Au-dessous de l’épithélium pulmonaire on ne trouve pas de chorion muqueux, mais directement la charpente des alvéoles ; on pourrait tout aussi bien dire que le chorion muqueux forme la charpente des alvéoles. En effet, cette charpente est formée d’une tunique fibreuse qui « résulte évidemment de l’union intime de la muqueuse bronchique avec la tunique fibreuse des bronches, toutes deux fort amincies. » (Kœlliker.) Elle se compose d’une couche fondamentale de tissu conjonctif homogène avec des fibres élastiques et de nombreux vaisseaux. Les éléments élastiques sont les plus importants à considérer, car ils résistent longtemps aux causes de destruction, et sont souvent les seuls débris qui, dans une portion de poumon nécrosée et éliminée, conservent une structure reconnaissable et caractéristique à l’examen microscopique. Ce sont des réseaux élastiques très-serrés dont les mailles figurent des fentes extrêmement étroites : parfois les fibres élastiques se montrent plus écartées, et, par dissociation, on peut parfaitement les rendre évidentes ; elles se présentent alors sous l’aspect de fibres à conlours nettement indiqués, avec bifurcations nombreuses, dont les branches se dirigent en tous sens, et forment, en s’unissant les unes aux autres, un réseau plus ou moins serré ; tandis que l’acide acétique fait pâlir tous les autres éléments, il rend ceux-ci beaucoup plus distincts : la potasse caustique étendue agit de la même manière.
Le mucus des voies respiratoires ne se produit normalement que dans la trachée, le larynx, les grosses bronches ;
MUQUEUSE RESPIRATOIRE. 249
| dès qu’on arrive dans les toutes petites bronches, dont la muqueuse ne présente plus de glandes (en même temps que la tunique fibreuse ne présente plus ou presque plus de noyaux cartilagineux), il n’y a plus de mucus produit en
; ces points. « Il n’y a pas à l’état normal de mucus pulmonaire, il n’y a que de la vapeur d’eau sortant avec des gaz expirés et entraînant des traces de substances azotées. » (Cb. Robin.) Par contre, dans les états pathologiques, les exsudations et les productions et dégénérescences nouvelles sont très-abondantes au niveau des alvéoles pulmonaires. — Du reste, le mucus laryngien et tracheo-bronchique ne présente rien de bien particulier, et qui lui mérite une étude à part après les indications que nous avons données à propos du mucus en général (voy. p. 161). La mucosiney est presque homogène et faiblement striée ; il est toujours mêlé de fines bulles d’air ; on y trouve, après son expectoration, les débris des divers épithéliums par lesquels le mucus a été produit, ou avec lesquels il s’est trouvé en contact. Ce sont des cellules cylindriques, ayant parfois conservé leurs cils vibrátiles, des cellules pavimenteuses, venant surtout de la bouche; cependant ces cellules pavimenteuses peuvent venir aussi du larynx, c’est-à-dire de la surface des cordes vocales inférieures, et des ventricules du larynx, car l’épithélium pavimenteux stratifié de la fente glottique émet des prolongements qui tapissent une partie des régions voisines, et, surtout en arrière, se continuent vers la région aryténoïdienne, avec l’épithélium pharyngien. Les leucocytes sont nombreux dans le mucus laryngo-bronchique, et ce n’est qu’une exagération déjà assez prononcée dans leur nombre qui peut être regardée comme un état pathologique.