‹ Manuel del microscopioChapitre 28 sur 52 · URINE NORMALE · texte numérisé non relu

URINE NORMALE

L’urine , examinée au moment où elle vient d’être émise par un individu sain, ne présente presque aucun élément figuré à considérer , à part quelques cellules épithéliales, quelques leucocytes, et un peu de mucus provenant des voies urinaires. Mais, au bout de peu de temps, on voit s’y former des nuages, un dépôt , ou une pellicule : dès lors , on peut y constater des éléments figurés, représentés en grande

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partie par des cristaux de sels qui se sont précipités sous l’influence du refroidissement (oxalates), ou d’une légère perte d’eau par l’évaporation (acide urique et urates). Abandonnée au contact de l’air, l’urine subit bientôt des décompositions qui, spontanées ou produites par l’action de divers ferments, viennent augmenter les dépôts précédents et en amener de nouveaux (surtout de phosphate ammoniaco-magné sien). D’autre part, l’alimentation peut introduire dans l’organisme des principes qui en sortent plus ou moins modifiés, et se retrouvent sous forme de cristaux dans l’urine d’individus parfaitement sains; enfin, sous l’influence de conditions particulières d’exercice ou de régime, les principes contenus dans l’urine peuvent devenir plus nombreux et plus abondants. En les précipitant par divers réactifs , on peut donc constater par le microscope les cristaux et les précipités plus ou moins irréguliers auxquels ils donnent lieu ; la réaction chimique peut même être faite sous le microscope.

L’urine qui doit être l’objet d’un examen microscopique sera placée dans un vase de forme conique, par exemple dans un verre à champagne ; de cette manière, les dépôts urinaires se réunissent dans la partie la plus étroite du vase, et y sont facilement recueillis «à l’aide d’une pipette. Si l’urine devait être conservée plusieurs jours, on en préviendrait la putréfaction en la couvrant d’une couche de térébenthine, d’huile de naphte ou d’une solution phéniquée. Pour la plupart des examens microscopiques de l’urine, il suffira, pour obtenir un grossissement suffisant, de combiner l’objectif 3 à l’oculaire 1 (Nachet); pour rechercher les cristaux d’oxalate de chaux ou pour étudier les spermatozoïdes ou les infusoires de l’urine, des grossissements

plus considérables seront nécessaires. Nous n’avons pas besoin d’insister ici sur les précautions à prendre pour se mettre à l’abri des fraudes de certains malades; il suffit d’êlre prévenu de ces faits pour ne plus se laisser tromper par les simulateurs qui mêlent à leur urine des poussières de charbon, de sable, ou qui s’introduisent dans l’urèthre de la laine, des poils, des cheveux que l’urine entraîne ensuite à son passage dans le canal. (Voy. Ch. Robin, du Microscope, 1871, p. 586.)

a. L’urine normale ne présente que quelques rares cellules épithéliales provenant de la desquamation de la vessie et du canal de l’urèthre, quelques leucocytes , remarquables par leurs dimensions exiguës (Donné, Robin) relativement aux globules blancs que l’on trouve dans les autres liquides 1 , et des traces de mucus . A l’état normal, ce mucus est tellement mêlé à l’urine, qu’il ne la trouble nullement; cependant, comme il n’est pas dissous dans ce liquide, il ne tarde pas à se déposer; mais, même alors, il est tellement ténu et gonflé par l’eau qu’il ne montre que difficilement, avec l’acide acétique, les stries caractéristiques de la mucosine. Donc toutes les fois que le mucus sera abondant, très -visible et très-facile à caractériser, on devra penser à un état pathologique des voies urinaires.

D’ordinaire, les éléments que nous venons d’indiquer se trouvent déjà tout déposés et réunis en une petite masse filamenteuse dans l’urine au moment de l’émission; il résulte, en effet, des recherches de Donné

1 Mais lorsque l’urine est devenue ammoniacale, par dédoublement de l’urée, les leucocytes sont plus volumineux, turgescents et gonflés, comme les leucocytes du mucus buccal.

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des

plis

mictions, un du canal de

et de Robin que, dans l’intervalle peu de mucus s’arrête dans les l’urèthre , particulièrement au niveau de la portion membraneuse, se moule sur ces plis en englobant des leucocytes et des débris épithéliaux , puis se trouve entraîné par l’urine sous forme de filaments plus ou moins flexueux , dont l’origine a dès longtemps intrigué les cliniciens, mais dont le microscope fait facilement reconnaître la nature. 11 est fréquent de rencontrer quelques spermatozoïdes englobés dans ces filaments , surtout après une longue abstinence de coït. (Voy.

b . Le simple refroidissement et une légère perte d’eau par évapora- G

tion peuvent donner lieu Fig. 75. — Diverses formes de crisà la formation de dépôts taux d’acide urique. - a et B,

d acide Ulique et dura- cipités par l’acide chlorhydrique, tes , surtout chez les

grands mangeurs ou buveurs. V acide urique , en se déposant tantôt en longues aiguilles diversement groupées,tantôt sous forme de prismes et de plaques(fig. 75),

entraîne toujours avec lui les matières colorantes de l’urine, de telle sorte que ces cristaux, malgré les variétés de leurs formes (paillettes, lames, ou prismes diversement groupés, souvent en fragments, parce que ces cristaux sont très fragiles), sont toujours reconnaissables à l’examen microscopique par leur colora-

Fig. 74. — Sédiment d’urale de soude (d’après Gerhardt et Chancel).

tion jaune orangé ou rougeâtre. Si ce caractère ne suffisait point, on pourrait faire sur la plaque porteobjet la belle réaction colorée qui caractérise l’acide urique : chauffés avec de l’acide azotique et évaporés jusqu’à siccité, ces cristaux, lorsqu’on ajoute une goutte d’ammoniaque, donnent lieu à une belle coloration rouge pourpre ou violacée (murexide).

Les uvates se déposent également en cristaux colorés, l’urate de soude sous la forme de masses étoilées (fig. 74) , l’urate d’ammoniaque sous la forme de boules hérissées de pointes, comme le fruit du datura stramonium (Méhu) (fig. 75). De plus, on caractérise

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nettement les urates en déplaçant Uacide urique, dont on peut alors constater les réactions; à cet effet : « on fait glisser une goutte d’acide acétique entre les deux lames de verre; on voit les cristaux se dis-

Fig. 75. — Sédiment de phosphate ammomaco-magnésien, et d’urate d’ammoniaque (d’après Gerhard t et Chancel).

soudre, mais au bout de quelques minutes il se produit sous les yeux de l’observateur des lamelles losangiques, et peu à peu des rhomboèdres d'acide urique mis en liberté par le réactif qui s’est emparé de la base.» (Ch. Robin). L’examen attentif et l’étude microchimique des dépôts d’urate sont d’une importance d’autant plus grande que ces dépôts sont souvent pris à l’œil nu, selon leurs variétés de couleur, pour des dépôts de sperme, de pus ou de sang, et qu’un examen microscopique superficiel, sans épreuve chimique, pourrait parfois faire persévérer dans cette erreur, vu les formes des dépôts d’urate de soude, et surtout d’urate d’ammoniaque qui peuvent figurer des globules sanguins déformés, des spermatozoïdes à queues tronquées, etc.

c. Lorsque l’urine se décompose à l’air, on sait que l’urée se dédouble en donnant naissance à de l’ammo-

niaque; or Uurine contenant normalement du phosphate de magnésie, ce sel se combine aussitôt avec l’ammoniaque : on trouve donc comme élément caractéristique de toute urine ayant subi la fermentation ammoniacale des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. Ces cristaux, qui se sont déposés lentement , présentent alors une forme parfaitement caractéristique : ce sont de gros prismes ayant l’aspect de catafalques , de couvercles de cercueil (fig. 75). — Nous insistons sur ce fait que ces cristaux se sont formés et déposés spontanément et lentement, car, lorsqu’on ajoute artificiellement de l’ammoniaque à l’urine pour précipiter Je phosphate de magnésie qu’elle contient toujours nor-

Fjg. 7G. — Diverses formes des cristaux de phosphate ammoniacomagnésien (d'après Méhu).

malement, et qui peut être très-abondant dans certains cas, les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, qui se déposent par une précipitation brusque, présentent une tout autre forme ; ce sont des étoiles formées par des aiguilles groupées en feuilles arborescentes, (fig. 76). Les dépôts cristallins de phosphate ammoniaco-

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magnésien sont presque toujours accompagnés par des sédiments composés de carbonate ou de phosphate de chaux. Les premiers, noirs ou jaunâtres, striés du centre vers la périphérie, constituent parfois des plaques larges de plusieurs centièmes de millimètre. Le dépôt de phosphate de chaux est le plus souvent amorphe, sous forme de grains blanchâtres ou grisâtres, de dimensions très-petites; parfois il est composé de petites sphères striées ou même de cristaux en sablier.

d. Parmi les principes qu’une alimentation particulière introduit dans l’organisme et qui donnent lieu à des produits cristallins que l’on peut retrouver par l’examen microscopique du sédiment urinaire, nous citerons l’acide oxalique et l'acide hippurique.

Les hippurates sont très-abondants dans les urines des herbivores; on en rencontre peut-être aussi des traces dans l’urine de l’homme à l’état normal, mais ils ne deviennent abondants et ne se déposent que dans certaines conditions. On sait que l’acide hippurique peut être considéré comme formé de glycocolle et d’acide benzoïque; or le glycocolle (sucre de gélatine) est un produit que l’organisme fournit facilement; il n’est donc pas étonnant de voir l’acide hippurique apparaître dans les urines toutes les fois que l’on ingère de l’acide benzoïque ou des acides voisins (cinnamique, quinique, etc.); c’est ce qui arrive, en effet, après que l’on a mangé les baies de divers arbustes, des prunes, des amandes, etc. ; les cuticules végétales renferment des principes semblables, de sorte que l’urine d’une personne nourrie de pain noir (farine et son) sera bien plus riche en acide hippurique que celle d’une personne nourrie exclusivement de pain blanc. Dans ces cas, l’acide hippurique ou les hippurates peuvent se déposer

spontanément dans l’urine; mais comme les hippurates sont très-solubles, on constate mieux leur présence en déplaçant de l’acide hippurique : à cet effet, on abandonne au repos, pendant plusieurs heures, de l’urine mélangée à une petite quantité d’acide chlorhydrique (Icery), et en examinant sous le microscope le précipité qui s’est produit, on trouve des cristaux d’acide hippurique, sous forme de longs prismes incolores à quatre faces, terminés par des sommets dièdres (fig. 77).

L’urine peut contenir normalement des oxalates , qui sont à l’état de dissolution au moment de la miction,

Fjg. 77. — Cristaux d’acide hippurique (Méhu).

et qui se déposent en cristaux pendant le refroidissement du liquide; mais c’est après l’ingestion de certains végétaux, riches en acide oxalique, tels que l’oseille, la rhubarbe, le cresson, la tomate, après l’usage des vins chargés d’acide carbonique, etc., que l’on trouve dans les sédiments urinaires d’abondants cristaux d’oxalate de chaux : ils sont très-facilement reconnaissables

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par leur forme octaédrique etUenlre-croisement de leur axe, qui leur donne l’aspect désigné sous le nom de forme cV enveloppe de lettre (vue du côté du cachet)

Fi". 78. — Sédiment composé d’acide urique, d’uraie de soude, et d’oxalate de chaux (Gerhardt et Chancel).

( fig. 78 ). Ces cristaux deviennent très-abondants dans certains états pathologiques encore mal connus et désignés sous le nom d 'oxalurie. Notons encore que Gallois et Robin ont observé que les cristaux d’oxalate de chaux sont presque constants dans l’urine des sujets atteints de spermatorrhée. Cependant le sperme pur ne donne point lieu à la formation de cristaux d’oxalate de chaux, de sorte qu’on ne peut encore s’expliquer, d’une manière satisfaisante, la formation de ce sel dans l’urine dans les cas de spermatorrhée. Le fait n’en est pas moins intéressant, surtout si nous ajoutons, après Ch. Robin, qu’en guérissant la spermatorrhée, on fait cesser presque toujours l’excrétion de l’oxalate de chaux, et qu’alors on n’a presque jamais à s'occuper sérieusement du symptôme oxalurie.

Les cristaux d’oxalate de chaux seront aisément reconnus non-seulement en raison de leurs dimensions exiguës, mais encore à cause de leur forme octaédrique.

« Il n’y a guère que le chlorure de sodium et certains cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien neutre qui, par leur forme, se rapprochent des cristaux d’oxalate de chaux. Il sera facile de lever les doutes en opérant sous le microscope. On fera tomber entre les deux lamelles de verre une goutte d’acide acétique, et l’on verra disparaître immédiatement les cristaux de sel marin et ceux de phosphate ammoniaco-magnésien, tandis que les cristaux octaédriques d’oxalate de chaux resteront inaltérables. » (Robin.)

Golding Bird a décrit sous le nom de cristaux en sablier des amas d’oxalate de chaux, présentant à peu près la forme de deux reins opposés par leur concavité;

ces cristaux sont le plus souvent mélangés à des octaèdres; il en est de même d’autres formes cristallines observées par Da vaine et plusieurs micrographes.

e. Il est enfin assez fréquent de constater que, sous l’influence de conditions diverses (écarts de régime,

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manque ou excès d’exercice, sudations prolongées, etc.), les dépôts d’oxalate de chaux soient accompagnés d’une proportion d'urée assez considérable pour que l’addition d’acide nitrique détermine un précipité abondant qui pourrait être confondu avec un précipité d’albumine, si l’examen microscopique ne venait éclairer le

Fig. 80. — Cristaux de nitrate d’urée (d’après L. Beale).Ceux qu sont représentés à la partie supérieure de la figure ont été obtenus par précipitation dans l’urine; les autres sont des cristaux de nitrate d’urée pur, obtenus artificiellement.

diagnostic. Tandis que l’urée cristallise en prismes à base carrée, aisés à reconnaître (fig. 79), le précipité de nitrate d'urée présente un grand nombre de belles lamelles rbomboidales él incelantes. Il importe d’apprendre à distinguer ces cristaux (fig. 80), et l’on arrivera assez aisément à déterminer leur formation en ajoutant quelques gouttes d’acide azotique fort à de l’urine concentrée par évaporation.

Citons immédiatement aussi les cristaux de cysline qui s’observent parfois dans les sédiments urinaires, où elle se dépose en cristaux lamelleux hexagonaux, ayant la forme de rosettes superposées (fig. 81).

f. Parmi les éléments qui existent dans l’urine nor-% male, et qui peuvent se trouver modifiés sans que l’u-

k274 ÉTUDE MiCROSC. DES PRODUITS DES MUQUEUSES.

rine puisse toujours être considérée comme pathologique, nous devons citer la matière colorante de Vitrine et un produit dont l’existence a souvent intrigué les pathologistes, la kyestéine.

La matière colorante normale de l’urine ( urochrome ) existe d’ordinaire en fort petite quantité; cependant

Fig'. 81. — Cristaux de cysline.

après l’usage des boissons excitantes, après une longue marche, et à la suite de tout mouvement fébrile, cette matière colorante, beaucoup plus abondante, s’oxyde au contact de l’air, devient plus rouge, et se dépose avec les sédiments composés d’acide urique, d’urate de soude, d’urate d’ammoniaque.

g . Mais dans les mêmes conditions, et surtout dans certains états pathologiques (choléra, cancer du foie), l’urine renferme une matière colorante particulière, Vindican. Sous l’influence de la putréfaction, l’indican produit, par décomposition, de nouvelles matières colorantes, et particulièrement V indigo rouge et Y indigo * bleu ; l’indigo rouge vient produire à la surface de l’urine des pellicules irisées d’un violacé ou d’un rouge

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brillant d’un vif éclat : l’indigo bleu produit aussi à la surface des irisations rouges et bleues, mais, le plus souvent, il se dépose en masses iïoconneuses ou en magmas microscopiques bleus , passant, au bout de quelques jours, à une teinte plus foncée (Ch. Robin). On peut aussi l’observer sous forme de beaux cristaux d’un bleu pur (Menu). Cet indigo jouit des mêmes propriétés chimiques et physiques que l’indigo dont se servent les teinturiers.

/¿.L’urine des femmes enceintes se recouvre, plus souvent que l’urine d’autres sujets, d’une pellicule que holding Bird a comparée à celle qui se forme par le refroidissement à la surface d’un bouillon léger. Cette pellicule, déjà observée par Nauche, avait été considérée comme formée par un principe mucilagineux spécial auquel il donna le nom de kyestéine 1 . Recueillie sur une lame de verre et examinée au microscope, la kyestéine paraît formée de myriades de prismes de phosphate ammoniaco-magnésien entrelacés dans une niasse granuleuse , parsemée çà et là de globules graisseux. Plus tard, elle se fragmente, tombe au fond du vase, et dès lors le dépôt présente encore le même aspect, si ce n’est que les cristaux de phosphate sont beaucoup plus nombreux (G. Bird) ; enfin, traitée sous le microscope par l’acide acétique, la kyestéine change d’aspect; il ne reste plus qu’une masse pultacée que G. Bird considère comme de la matière animale, qui se rapproche de la caséine ; Starck donne à ce principe albuminoïde le nom de gravidine. Contrairement à l’opinion de ces auteurs, Hœffle et Veit regardent la

1 Consulter, à ce sujet, le mémoire du professeur Béchamp Recherches sur la nature de la kyestéine. — Montpellier médical, 1870, p. 299.

kyestéine comme essentiellement formée de vibrions, souvent accompagnés d’algues, de conferves, de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. Lehmann pense que la pellicule n’est autre chose que le résultat de l’altération de l’urine, qu’elle n’est formée que d’algues ou mycodermes, de confçrves, mêlés de phosphate ammoniaco-magnésien .

En résumé, dit M. Béchamp, tous les auteurs admettent l’intervention de quelque matière organique animale que contiendrait l’urine. Nauclie : la kyestéine, qui préexiste dans l’urine comme principe particulier, se séparant par le refroidissement et le repos sous la forme d’une couche crémeuse; Bird : une matière caséeuse imparfaite, provenant du lait et passée par résorption dans le sang, et de là dans l’urine; Starck : la gravidine; Lehmann : le mucus et quelque matière protéique ; Robin : la mucosine altérée au contact de l’air.

D’après les recherches de M. Béchamp, l’urine de la grossesse renferme en très-grande abondance une substance albuminoïde spéciale, qui se retrouve en quantités, relativement minimes, dans l’urine ordinaire. Mais cette substance albuminoïde, que M. Béchamp a nommée la néphrozymase , est très-soluble dans l’eau et ne peut, par elle-même, constituer une pellicule ou un dépôt. D’un autre côté, c’est la néphrozymase qui disparait la première dans l’urine. Enfin toutes les observations prouvent que des infusoires (vibrions, bactéries) existent dans la pellicule de kyestéine. D'après la théorie de M. Béchamp, ces infusoires sont donc l’unique cause de la formation de la kyestéine; sans leur développement la pellicule ne se forme pas; les apparences qu’elle présente sont le résultat

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du travail chimique et de la vie de ces organismes; enfin la néplirozymase ne sert qu’à nourrir ces petits êtres.

URINE PATHOLOGIQUE

En étudiant l’urine normale, nous venons de signaler la plupart des cristaux dont un examen microscopique peut déceler la présence. Le plus grand nombre de ceux-ci n’apparaît, il est vrai, bien nettement que dans l’urine pathologique; mais nous n’avons pas cru devoir scinder cette étude. Il est d’ailleurs tout à fait impossible d’établir une ligne de démarcation bien nette entre les modifications de l’urine qui tiennent à une exagération fonctionnelle et celles qui dépendent d’une altération pathologique 4. Nous nous bornerons donc, en nous occupant de l’urine pathologique, à indiquer quelle peut être l’utilité du microscope dans l’étude des calculs urinaires , qui résultent de l’accumulation morbide de ces masses cristallines. Nous signalerons ensuite quels sont les produits de desquamation épithéliale qui, dans certains cas pathologiques, constituent des sédiments épithéliaux ; enfin nous résumerons les modifications que subit l’urine par l’addition de produits étrangers : sang, pus, parasites, etc., mêlés à ces épithéliums.

1 Voy. L. Dcale : de V Urine et des dépôts urinaires. — Traduit et annoté par Ollivier clBergeron. — Paris, 1805.

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