ALTÉRATIONS DU LAIT
préalablement ajouté quelques gouttes de solution de potasse (la potasse ayant dissout l’enveloppe albuminoïde). A cette manière devoir Ch. Robin répond qu’il est facile, en comprimant une goutte de lait entre deux plaques, de déterminer la formation de cylindres constitués par l’agglomération des globules butyreux, et d’autre part que la caséine contenue à l’état liquide et diffus dans le lait a la propriété de maintenir à l’état d’émulsion, aussi bien le beurre dissous dans l’éther que le beurre à son état naturel; la solution de potasse agirait simplement en détruisant ce pouvoir émulsif.
Le lait peut être altéré par la présence du colostrum, par l’addition de globules de pus reconnaissables h l’examen microscopique (la potasse les dissout et laisse intacts les globules de lait), par son mélange avec des globules sanguins, etc. Le lait des nourrices réglées paraît renfermer un assez grand nombre de corpuscules granuleux; enfin, le lait des syphilitiques ne présente aucune altération caractéristique1.
Diverses colorations anormales ont été observées dans le lait. Le plus souvent, la couleur est bleue , sous forme de taches d’un bleu foncé ou violacé, à contours diffus, se réunissant bientôt les unes aux autres. Celte coloration bleue serait due (Fuchs) à un vibrion particulier (vibrio cyanogenus) , tandis que Robin croit, au contraire, qu’elle se produit sous l’influence du développement d’algues du genre Leptomitus. Le lait est parfois noir; d’après Fuchs, cette teinte serait due à la présence du vibrio xantoçjenus. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le lait qui a séjourné quelque temps au
1 Voy. article Lait, par Coulier ( Dictionnaire encyclopédique), et Chantreuil, Thèse d’agrégation, Paris, 1872, p. 54 et suiv.
contact de l’air, le lait altéré dans diverses maladies, les masses de caséum rendues par les entants nouveaunés, renferment des myriades d’infusoires vibrions ou des spores d’algues difficiles à déterminer. Disons enfin que certains médicaments ou poisons, tels que l’antimoine, l’arsenic, le bismuth, le fer, le mercure, le plomb, l’iode passent assez rapidement dans le lait et peuvent être reconnus à l’aide de l’analyse chimique.
ET SYNOVIALES