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« lui dit, Fleury, qui était jugé capable de devenir chré- « tien était d'abord fait catéchumène par l'imposition des « mains; l'évêque ou le prêtre le marquait au front du si-
plus élégant que son Exhortation aux Gentils, où il montre aus païens la beauté de la religion chrétienne et l'absurdité de l'idolâtrie, dont il découvre l'origine et les infamies que cachaient ses mystères. Tertullien le disputa à Clément par l'étendue et la variété de ses connaissances, et le surpassa par la vivacité et la fécondité de son génie» par la force du raisonnement. 11 était déjà fort habile dans toutes les sciences, et surtout dans la connaissance des lois romaines, lorsqu'il se convertit à la foi. Son Apologie pour les chrétiens est un chef-d'œuvre d'éloquence et d'érudition dans son genre. Ce grand homme a été parmi les Latins ce qu'a été Origène parmi les Grecs.
Dans les premières années du troisième siècle, et lorsque Tertullien continuait d'enrichir l'Église de savants ouvrages que nous avons encore, florjssait Ammonius Saccas : son école de philosophie, qu'il tenait à Alexandrie, était si célèbre, que les païens comme les chrétiens y accouraient de toutes parts ; il eut pour disciples le fameux Origène, Adamance, Plotin, qui jouit d'une si grande réputation parmi les païens, et Longin, d'Athènes, si connu par son admirable Traité du sublime. Porphyre, ennemi des chrétiens, qui fut depuis disciple de Plotin, appelait Ammonius le plus grand philosophe de sonsiècle (Apud Euseb., Hist. eccL, c. xix). Sous le règne de Sévère, Minufius Félix exerçait à Rome, avec une grande réputation, la profession d'avocat. Après qu'il eut embrassé le christianisme, il composa son Dialogue intitulé Octavius, que nous avons encore, et où l'on trouve toutes les beautés de la langue latine; il y démontre, avec autant de grâce que de solidité, l'extravagance du paganisme et l'excellence de la religion chrétienne. Jules A f7-icain, qui florissait vers le milieu du troisième sièice, renonça aussi au paganismepour suivre Jésus-Christ. L'historien Socrate le met au nombre de ceux qui s'étaient rendus habiles dans tous les sciences (Histor., lib. ii, c. xxxv). 11 a rendu son nom célèbre dans l'Église par son Histoire des cemps^ dont Eusèbe nous a conservé un grand nombre de précieux fragments.
Vers le même temps florissait Origène, le plus grand génie de «on siècle; il joignit à un esprit solide, vaste, profond, une éloquence qui entraînait ses auditeurs, une force de raisonnement à laquelle oa
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« gne de la croix, en priant Dieu qu'il profitât des instnc- '(tions qu'il allait recevoir, et qu'il le rendît digne de par- « venir au saint baptême; il assistait aux sermons publics «auxquelles infidèles mêmes étaient admis. Le temps du «catéchuménat était ordinairement de deux ans; mais on « le prolongeait ou on l'abrégeaitsuivant les progrès et les « dispositions du catéchumène. On ne regardait pas seu- «lement s'il apprenait la doctrine, mais s' il corrigeait ses
ne pouvait résister, une érudition immense, et les plus éminentes vertus Porphyre nous apprend que ce grand homme, étant allé à Rome, entra par hasard dans l'école de Plotin, le plus célèbre 4es philosophes païens de ce temps, et que Plotin, si fier d'ailleurs de son mérite, mugit à l'aspect d'un tel auditeur^ cessa de parler, et ne reprit son discours qu'à la demande d'Origène, mais ce fut pour faire l'éloge de l'illustre étranger (In Vita Plotin.). Son ouvrage contre Celse est une des plus solides et des plus brillantes apologies de la religion chrétienne. Parmi les plus savants païens qu'il convertit à la foi, on remarque Tliéodore, né de parents nobles et très-riches, connu depuis sous le nom de Grégnire le Thaumaturge, évéque de Néo-Césarée. Avant de se séparer de son maitie, il fit son panégyrique devant un nombreux auditoire ; nous avons encore son discours, qui est une pièce d'éloquence achevée. Gérard, Vossius, Casaubon, Fabricius, du Pin et autres savants critiques, disent de ce panégyrique, que l'antiquité n'en olfie pas de plus beau ni de plus élégant. Firmilien, depuis évéque de Césarée en Cappaloce, et Demjs d'Alexandrie, autres disciples d'Origène, nés de parents distingués par leur naissance et leur fortune, excellaient déjà dans les sciences profanes avant qu'ils eussent cmbra-sé le christianisme.
Vers le milieu du troisième siècle parut avec un grand éclat saint Cyprien, évéque de Carihage. C'était un homme de grand esprit, cultivé parla philosophie et les belles-lettres avant sa conversion. Ses parents étaient les premiers parmi Us sénateurs, et il nous apprend lui-même qu'il avait vécu longtemps dans l'opulence et au milieu des faisceaux, qui étaient chez les Romains l'emblème de la souveraine magistrature. (Epist ad Donat.). Après avoir reçu le baptême, il
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«mœurs, et ou le laissait en cet état jusqu'à ce qu'il fût «parfaitement converti (1). » — «On refusait le baptême, dit Origbne (2), à ceux qui ne voulaient pas renoncer à leurs habitudes vicieuses et ne montraient pas de dignes fruits de pénitence. » Un philosophe païen, célèbre professeur d'éloquence, qui avait pendant longtemps déclamé contre le christianisme, ne put être admis au baptême avant d'avoir publié un ouvrage contre le paganisme et en faveur de la religion chrétienne. C'est à celte fermeté de l'évêque deSicca, en Afrique, que nous devons l'excellent livre d'Arnobe contre les Gentils (3). « Plus réservés que les philosophes qui discourent en public sans choisir leurs auditeurs, les chrétiens, disait Origène, examinent avec soin le cœur de ceux qui demandent à être mis au nombre de leurs disciples, et, avant de les recevoir dans leurs assemblées, ils les forti-
quitta le laste et les vanités du siècle, et devint par son zèle, sa charité, par la sagesse et la fermeté de son administration, un modèle de toutes les vertus épiscopales. Nous avons la plupart de ses ouvrages, qui sont autant de preuves de son éloquence.
Arnobe^ célèbre professeur d'éloquence à Scique, embrassa aussi la foi. Ladance, son disciple, avait été élevé comme lui dans le paganisme. Nous avons de lui d'excellents ouvrages, où l'on trouve la même pureté de st}le que dans Cicéron, la même clarté, la même noblesse, la même élégance. Saint Pamp/iile, et Eusèbe de Césarée, son disciple, parurent également dans les dernières années du troisième siècle; le premier fonda à Césarée une académie qui devint célèbre, et forma une bibliothèque qui contenait plus de trente mille volumes. Eusèbe nous a laissé plusieurs ouvrages qui sont admirés par les savants.
^1) Mœurs des chrétiens, n° 2.
|2) Contr. Cels., hb. m.
(3) Fleury, Hist. eccL, liv. vin, no 45.
ÏVIII PREFACE.
fient par diverses exhortations dans la résolution qu'ils ont prise de bien vivre (1). »
Ce qu'on inculquait principalement à tous ceux qui, après de longues épreuves, étaient admis au baptême, c'était la nécessité de vivre, après Tavoir reçu, de la vie même de Jésus-Christ. « On leur enseigne, dit encore Origène, que par le baptême on est enseveli avec Jésus- Christ, et qu'on doit marcher avec lui dans une vie toute nouvelle (2). » C'est ce que l'apôtre saint Paul exige de tous les chrétiens ; il enseigne, dans son Épitre aux Romains, qu'ayant été comme plantés et entés en Jésus-Christ par le baptême, nous ne devons plus vivre que de son esprit et de sa vie, comme une branche entée et incorporée avec un arbre vit de sa vie, est nourrie de sa sève. Ce grand apôtre considère le fidèle converti à Jésus-Christ comme une personne changée entièrement en une autre ; il appelle la première le vieil homme, et la seconde l'homme nouveau. Le vieil homme, c'est-à-dire les anciennes habitudes criminelles, les péchés commis avant la régénération, a été crucifié avec Jésus-Christ pour ne plus revivre. Vous devez, dit-il encore, vous considéi^er comme étant morts au péché et comme ne vivant plus que pour Dieu en Jésus-Christ Notre- Seigneur ; et, faisant allusion à la manière dont on baptisait autrefois les catéchumènes, qu'on plongeait entièrement dans l'eau : Nous avonsy dit-il, été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir au péché, afin que, comme Jésus-Christ e,st reS'
(1) Contr. VIII., lib ni.
(2) Lib. viiii^ in Ep. ad Kom.