PREFACE. XIX
suscité d'entre les morts par la gloire de son Père, nous marchions aussi dans une nouvelle vie (1). Saint Paul ne pouvait mieuxprouver à ses disciples qu'il pratiquait exactement ce qu'il leur enseignait, qu'en leur disant: Je vis, ou plutôt ce n'est pas moi qui vis, mais c'est Jésus- Christ qui vit en moi (2).
Tel est l'engagement sacré que contractent tous les chrétiens en recevant le baptême. Aussi, comme le remarque Fleury, « Tous ceux qui étaient baptisés com- « mençaient à mener une vie nouvelle, tout intérieure « et toute surnaturelle, et à trouver facile ce qui leur pa- « raissait impossible auparavant.» Etlesauteursecclésiasliques des trois premiers siècles l'attestent constamment.
Saint Justin, philosophe païen converti à la foi, fait aussi l'éloge des chri'tiens du second siècle dans son Apologie de 1 a religion chrétienne adressée à l'empereur Tite-Antonin. « Nous ne sommes pas insensés d'adorer Jésus crucifié, puisqu'il est la souveraine raison qui change entièrement les mœurs de ceux qui l'adorent. Autrefois nous prenions plaisir dans d'infâmes débauches, à présent nousn'aimons que la pureté ; nous ne cherchions que les moyens de nous enrichir, maintenant nous mettons nos biens encommun, ou, si nous les retenons, ce n'est que pour en faire part à ceux qui en ont besoin; l'esprit de vengeance qui régnait parmi nous est changé en un esprit d'amour pour nos ennemis mêmes ; nous prions pour eux, et nous étendons envers tout le monde le devoir de l'hospitalité
(1) Ad Roman., c. vi.
t2}AdGalat., c. lu