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DÉSARTICULATION SIMULTANÉE DES DEUX PREMIERS MÉTATARSIENS

(FARABEUF). — FIG. 32 (I).

Exécutée pour la première fois par Béclard, 1824 (môme procédé que pour les deux derniers) ; puis par Soupard, avec une seule incision.

Incision oblique ab, arrondie en b, suit le pli digito-plantaire bc, rejoint c au point a ; puis deux incisions complémentaires ad et ae sur la face dorsale du deuxième métatarsien et du premier cunéiforme.

Fin de l’opération comme pour la désarticulation du premier et du deuxième.

Résultat. — Abaissement du bord interne; relèvement du bord externe; déviation en dehors des trois derniers métatarsiens ; inclinaison et flexion des orteils; marche difficile (peu d’observations, la principale est celle de Béclard).

D’une manière générale, la désarticulation d’un métatarsien isolé est moins fréquemment laite que celle d’un métacarpien ; les fonctions du membre sont mieux conservées quand, suivant le précepte de Scliede, on se borne aux amputations perpendiculaires à l’axe. Elle ne devient une bonne opération qu’avec le décollement du périoste.

Dr Roux.

DÉSARTICULATION TARSO- MÉTATARSIENNE (LISFRANC).

HISTORIQUE

Velpeau soutient qu’elle n’est récente qu’à cause de l’ignorance des chirurgiens, on ne peut cependant considérer comme opérations réglées des mutilations barbares faites avec un large ciseau et un maillet, ou une hideuse machine; ces modes d’intervention sont ceux des chirurgiens du xvc siècle ; ou en trouve encore des traces dans Scultet, Solingen, Roonhuysen et Heister.

Dès le début du xvme siècle, les procédés s’améliorent avec les Félix, Marxhall, Lapeyronie, Petit. — En 1720, Garengeot en signale la difficulté ; dans deux articles il la désigne sous le nom d’amputation entre les os du métatarse, titre qui est interprété par Lisfranc, dans le sens d’amputation tarso-métatarsicnne, dans un autre sens au contraire par Robert et Boyer.

Pendant près de soixante-dix ans, on n’en rencontre aucune trace puis, Le Blanc lui accorde une phrase dans son précis d’opérations ; Brasdor dans son mémoire à l’Académie de chirurgie rappelle simplement les procédés anciens; Vigaroux en parle dans un premier mémoire (1764), puis dans ses œuvres de chirurgie (1812); Laroche, — Turner (1787), rappelle simplement les procédés de Garengeot. Percy (1789), la pratique à grand’peine sur un moine profès de Clairvaux qui, après un écrasement de l’avant-pied, avait une série de fistules osseuses. La désarticulation lui avait été conseillée par Chambon de Monteaux. Percy l’exécuta avec une difficulté inouïe par suite d’une ignorance complète des véritables dispositions anatomiques.

En 1793, Larrey imagine un procédé opératoire impraticable, commençant la désarticulation par la partie moyenne de l’articulation tarso-métalarsicnne. Ilcy de Lccds en accomplit une en 1797, une deuxième en 1799, avec résection de la partie saillante du cunéiforme ; la publication de son opération eut lieu en 1810, sans indication de repères précis, démontrant l’absence de données exactes. Cette observation peut s’appliquer d’une manière générale à Petit (thèse, 1802); Rossi, Blandin (thèse Strasbourg, 1805); Plantade (thèse Montpellier, thermidor an XIII); Yatmam, Villermé, Bcrthié (1814).

Jusque-là pas de règles précises, les connaissances anatomiques font

entièrement défaut. En 1815, paraît le travail de Lisfranc : « Nouvelle méthode opératoire pour l’amputation partielle du pied dans son articulation tarso-métatarsienne, précédée des nombreuses modifications qu’a subies celle de Ghopart, 13 mars 1815, lre classe de l’Institut de France (Deschamp, rapporteur). » Ses recherches ont rendu l’opération praticable ; son enseignement l’a vulgarisée en Europe.

Depuis, travaux nombreux sur ce sujet. Tous les traités de médecine opératoire décrivent avec soin la désarticulation de Lisfranc. Des thèses de valeur lui sont consacrées, entre autres celle de Guyot 1874; Clavier (1885, Lyon) qui développe les idées du professeur Gras sur l’exploration des lésions au moyen d’une incision exploratrice pouvant servir de base à une opération chirurgicale portant sur un point quelconque du pied, Labouesse (Bordeaux, 1890), etc.

Choix du procédé. — Chercher à obtenir une cicatrice soit dorsale (il faut pour cela toute la plante), soit terminale suffisamment éloignée de la plante (il faut pour cela un capuchon de téguments dorsaux d’au moins 2 centimètres).

Repères. — A. Repère externe. Extrémité du cinquième métatarsien (milieu du bord externe du pied).

T. Repère interne. Tubérosité du premier métatarsien (milieu du bord interne 2 centimètres en avant d’un plan transversal coupant le pied à l’extrémité postérieure du cinquième métatarsien).

En suivant le bord interne à partir de la malléole, on trouve : 1° Une saillie forte ; celle du scaphoïde ; 2° Une deuxième large plus effacée (l’articulation est à 5 ou 6 centimètres en avant); une troisième plus étroite, celle du premier métatarsien (article à 1 ou 2 millimètres en arrière).

En le suivant à partir des orteils, on sent une tubérosité, puis un enfoncement, puis une deuxième saillie ; l’articulation est entre les deux saillies.

En fléchissant le pied on sent le tendon du jambier antérieur qui s’attache au premier cunéiforme.

Les tubercules de Lisfranc sont précieux mais parfois difficiles à reconnaître d’une manière positive.

DESARTICULATION TARSO-MÉTATARSIENNE

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