LES QUESTEURS ITALIQUES
aux consuls, dans une situation semblable à celle occupée par les questeurs par rapport aux préteurs provinciaux. Mais il y a pourtant une différence essentielle : c'est qu'ils ne sont pas attachés à un consul déterminé et que, par suite, ils sont au contraire, sous ce rapport, assimilés aux questeurs urbains. Leurs résidences étaient Ostie (1), Calés en Campanie (2) et la Gaule Padane (3), ce qui doit probablement s'entendre de Ravenne (4). Le siège du quatrième questeur ne nous est pas indiqué : il n'est pas impossible qu'il s'agisse là de celui résidant à Lilybasum, l'île de Sicile ayant dû forcément, pendant les premières années, être administrée de Rome et n*ayant reçu que plus tard des magistrats supérieurs propres (5). — Les attributions de ces questeurs doivent en
(1) Cicéron, Pf^o SesL 17, 39 (cf. De fiarusp. resp. 20, 43) : Quod a se quœstore Ostiensi pei^ ignominiam ad,.. M, Scaurum rem fi^mentariam tranalalam sdehat (Saturninus en Tan 650 de Rome), dolorem suum magna conlentione animi perseqttebatur. Pro Mur. 8, 18 : Quaatura utriusque propemodum pari momenio sortis fuit. Habuit hic lege Titia provindam tacitam et quietam^ tu illam cuij cum quœstores sot*tiuntur, etiam acclamari solet, Ostiensem non tam gratiosam et illustrem quam negotiosam et molestam. VcUeiua, 2, 94 : Ti. Claudius Nei*o... quœstor maximam difflcultatem cmnonœ ac rei frumentariss inopiam Ostim atque in urbe mandatu vitrici moderalus est (cf. Suétone, Tib. 8; Dion, 53, 28). Dion, 55, 4 (p. 274, note 2). Suétone, Claud. 24 ; Collegio qusestorem... detracta Ostiensi et Gallica provincia curam asrarii Saturni reddidit.
(2) Tacite, Ann, 4, 27, raconte qu'en l'an 24, un soulèvement d'esclaves fut réprimé dans la contrée de Brundisium par les équipages des deux galères qui se trouvaient là fortuitement de passage et à la tète desquels se mit le questeur Curtius Lupus : Erat iisdem regionibus Curtius Lupus quœstor, cui provincia vetere ex more Cales evenerant. On voit par là que Brundisium faisait aussi parUe de sa circonscription ; c'est probablement le même questeur que nous rencontrons à Formiœ en 695 (Cicéron, Ad Att. 2, 9, 1). Si sa circonscription administrative comprenait toute l'Italie méridionale, Calés était pour elle un chef-lieu bien approprié ; en outre. Calés était la plus ancienne colonie latine de Campanie et sans aucun doute la capitale romaine de la Gampanie, lorsque ces questures furent créées.
(3) Plutarque, Sertor. 4 : lUptwpioç... TajA^aç dticoStfxvuTai xf;? icipl lliSov PaXocciaç. Suétone, Claud. 24 (note 1).
(4) L'indication du Padus et le rôle postérieur de Ravenne sont favorables à cette idée ; cependant la colonie latine d'Ariminum dans Vager Gallicus peut avoir été le siège de cette questure comme Calés est celui de la questure de Campanie.
(5) Rcem. Gesch. 1, 8© éd. 545 = tr. fr. 3, 88. En dehors du fait que les préteurs n'ont été nommés qu'en 527 pour la Sicile (romaine depuis 513) et la
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général avoir présenté le môme caractère que celles des questeurs provinciaux; sauf qu'en fait, ils agissaient sans doute plus librement par suite de labsence plus fréquente du général en chef. Leur situation militaire doit avoir été analogue à celle des questeurs des généraux et ils ont exercé le commandement en cas de besoin (1), quoiqu'en général il n'y eut pas de troupes dans leurs circonscriptions. Nous ne savons rien de la part prise par eux à la juridiction et il est probable qu'ils y ont été étrangers ; car les procès italiques ne sont pas de la compétence des consuls, mais de celle des préteure de la capitale (III, 115), en sorte que les consuls ne pouvaient pas, comme les préteurs provinciaux, déléguer la juridiction. Leur rôle principal était sans aucun doute administratif, en premier lieu, la réunion des contingents dus par les alliés en navires (2) et en hommes (3) et, dans la mesure où il y en avait, des redevances dues à Rome (4). Pour la questure d'Ostie, il fallait ajouter la surveillance du commerce des blés d'outre mer (5). — De ces quatre questures, celle de Sicile, si elle en a fait véritablement partie, passa parmi les questures provinciales en 527 ; celle de Campanie semble avoir disparu bientôt après l'an 24 (6) ; celle de Gaule et celle d'Ostie furent enfin supprimées par Claude en l'an 44, lorsqu'il rendit aux questeurs l'administration de TiErarium (7).
Sardaigne (romaine depuis 516) (IIl, 227), on peut invoquer dans ce sens que Tacite (p. 274, note 1) rattache l'établissement des quatre nouvelles questures, non seulement à la soumission de Tltalle, mais à l'adjonction des provinces.
(1) Tacite, Ann. 4, 27 (p. 275, note 2).
(2) D'où quaslores classici,
(3) Plutarque, Sertor, 4 ; ToO. MopaixoO icoX<{iou ouviaxapivou ff-cpaxtuTatç xt TcpofftaxÔèv aÙTij) xatTaXivttv xal SitXa itoieîoôai.
(4) On ne peut assurément point admettre une imposition régulière de ritalie telle que la suppose Tacite (p. 274, note 1).
(5) Ciçéron, De har. resp. 20, 43 : In annonse caritate quœstorem a sua frumentaria procuratione senatus amovit et les textes cités p. 275, note 1.
(6) Car, à partir de la suppression des questures de Gaule et d'Ostie, il ne resta plus aucune questure italique (note 7).
(7) Suétone, Claud. 24 (p. 275, note 1). Dion, 60, 24 ; Toî; jxèv ouv -caixUiç t^.v SiotxTjaiv dwTl Tûv àpyûv twv ïv tÇ 'ï-caXia ?Çw rf;; -sôXswç ivcigwxt • iciaa; ykp