LES TRIBUN! MILITUM A POPULO
quatre premières (1), à moins qu'il n'en soit disposé autrement par exception (2).
Dans la période récente de la République, le congé annuel . Décadence et des troupes et la formation annuelle de quatre légions ou d'un plus grand nombre disparurent, et l'institution incommode qui livrait tous les officiers supérieurs aux hasards de l'urne électorale peut avoir contribué à cette disparition. Mais l'élection des vingt-quatre tribuns a néanmoins eu lieu annuellement jusqu'à la fin de la République (3) et même encore sous Auguste (4) ; car elle était prescrite par une loi permanente. La conséquence était que fréquemment, sinon régulièrement, les élus n'étaient attachés h aucune légion et n'entraient pas en fonctions. C'est probablement par là qu'il faut expliquer que tous les personnages désignés par les inscriptions comme tribimi militum a populo s'abstiennent de spécifier leur légion et ne semblent pas avoir servi en réalité (5). Lorsqu'ensuite Auguste exigea le tribunat de légion comme condition d'éligibilité aux magistratures sénatoriales (II, 202) et lui donna un rôle analogue par rapport aux fonctions équestres (VI, 2, 150. 169), il a sans aucun doute exigé son exercice effectif (6) ; et cela peut avoir contribué à
(1) Tite-Live, 27, 36, 14, et les lois citées p. 282, note 4. Tite-Live, 43, 12, montre que les quattuor prims doivent s'entendre de celles nouvellement formées dans Tannée dont il s'agit. Les légions sont, on peut le prouver, numérotées à nouveau chaque année, au temps de la République, et celles qui sont nouvellement formées reçoivent à chaque fois les premiers numéros.
(2) Dans Tite-Live, 44, 21, le sénat donne au consul destiné à la Macédoine, la liberté de choisir entre les tribuns élus par le peuple et ceux nommés par les consuls.
(3) Plutarque, Ca/o min. S. 9. Caes. 5. Suétone, Cas. 5. Cicéron, Ven\ ad. 1, 10, 30.
(4) M. Holconius Rufus (C. /. L. X, 837-839) et A. Clodius Flaccus (C. /. L. X, 1074), tous deux tribuni militum a populo, étaient, selon C. L L. X, 890, en Fan 731/752, duumvirs de Pompéi, le premier pour la quatrième fois et le second pour la troisième.
(5) Parmi les tribuni militum a populo que nous indiquent les inscriptions, il n'y a pas un homme qui ait pénétré ni dans la carrière sénatoriale ni dans la carrière équestre. Il est vrai que ces inscriptions s'arrêtent à une époque où les curstis honorum complets sont encore rares.
(6) Il y a là une certaine excuse pour les tentatives défectueuses tendant à faire des tribuni militum a populo des capitaines de garde nationale. Mais il
faire que la nomination des tribuns militaires comitiaux ait 616 supprimée, nous ne savons pas exactement quand, mais certainement peu après lui (1).