MAGISTRATS AUXILIAIRES EXTRAORDINAIRES
Les divers magistrats extraordinaires dont nous avons traité jusqu'à présent peuvent être désignés comme constitutionnellement prévus, parce cpi'ils sont affectés à des fonctions nécessaires, mais soustraites à la compétence de la magistrature ordinaire ; et, en ce sens, il y a de la stabilité et de la régularité dans ce domaine, en dépit de la variété des formes. Maintenant il nous faut étudier les cas, aussi nombreux que divers de nature, où des magistrats propres ont été élus à titre auxiliaire par les comices, pour des actes qui rentraient par eux-mêmes dans la compétence ordinaire des magistrats, mais que pour des raisons quelconques on ne voulait ou on ne pouvait faire accomplir par ceux qui y étaient appelés (p. 323, note 1). Les informations qui nous sont parvenues à ce sujet sous une forme très fragmentaire et accidentelle ont été ici rassemblées par groupe, selon qu'il s'agit de magistrats affectés à la guerre, aux enrôlements, à la présidence d'élections de magistrats, à la conduite de procès, au soin de la sûreté publique, à des constructions ou aux cérés^les. — Il n*y a pas de dénomination commune pour ces m^istrats auxiliaires. A vrai dire, on désigne, en langue technique, les plus élevés, notamment les militaires, comme cum imperio (1, 133, note 3 [135, note 2]), et les moias élevés, ^ptamment les nonmilitaires comme eumpotesiate (I, 36, note i [note 2]); mais ces expressions s*étendeQt en même temps aux magistrats ordinaires, et si elles ressprtent davantage pour les magis-
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trats auxiliaires, c'est parce qu'il n y a pas pour elix de dénomination générale. Dans le langage courant, l'expression technique qui désigne la magistrature supérieure déléguée ou prorogée, le terme pro consule, pro preetorCj ou en général pro magistratu^ est également employé, verrons-nous, quoiqu'au sens propre abusivement, pour les magistratures militaires de ce genre. Les non-militaires sont le plus souvent qualifiées du nom de curationes.
Espècesde ma- La gucrre était par elle-même un état d'exception; par Si*iuki""**'^une conséquence, qui n'a pas été la moins nuisible à l'État, elle n'a fourni qu(5 trop souvent le motif ou le prétexte de dérogations au régime constitutionnel, de création de magistatures extraordinaires. Entre les nombreuses formes de commandement exceptionnel que présente l'histoire de la République romaine, nous laissons ici de côté toutes celles qui viennent d'une modification, si profonde qu'elle soit, de la magistrature ordinaire. Le commandement conféré à César pour dix ans dans les deux Gaules est en droit un proconsulat étendu, et les exceptions qu'il a fallu admettre pour rendre cette extension possible ont été discutées en même temps que les règles. Nous ne voyons de magistratures militaires auxiliaires extraordinaires que dans le cas où le haut commandement militaire est cumulé avec une magistrature à laquelle il n'appartient pas ou n'appartient pas dans cette étendue, ou encore dans ceux où il est conféré sans magistrature ni titre de magistrat à un particulier (1). Cela donne les groupes suivants :
(1) Nous nous occupons donc ici des imperia consulaires qui ne sont ni le consulat ni la préture elle-même et qui ne se fondent pas sur un mandat du consul ou du préteur, ni sur la prorogation du consulat ou de la préture, pas plus sur la prorogation proprement dite de la constitution ancienne que sur la prorogation fictive admise malgré Texistence d'un intervalle par la République récente et TEmpire (III, 277), qui par conséquent ne sont pas
1. Cumul de Vimperium consulaire avec la préture ou la propréturei