‹ Manuel des antiquités romainesChapitre 38 sur 46 · MAGISTRATS AUXILIAIRES CHARGÉS DE CONSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

MAGISTRATS AUXILIAIRES CHARGÉS DE CONSTRUCTIONS

dinaires que pour des raisons pratiques. Sans aucun doute, nous ne connaissons qu'une très petite partie de ces magistrats certainement très nombreux et le plus souvent sans importance politique ; mais les renseignements qui nous ont été conservés accidentellement font comprendre jusqu'à un certain point cette sphère de l'activité des magistrats.

1. Construction d'aqueducs. La durée des fonctions des Aqueducs. censeurs, — qui d'ailleurs est pratiquement sous ce rapport

de trois ans (p. 24) — n'a pas suffi pour la construction des grands aqueducs de la République. En dehors de celui peu important de l'aquaTepula, ils ont tous été construits par des procédés exceptionnels. Pour l'aqueduc Appien, construit dans les années 442 et suivantes, son hardi constructeur trancha la difficulté lui-même en rendant sa censure quinquennale (p. 25, note 1). L'aqueduc Marcien a été construit par un moyen analogue, le préteur urbain qui en fut chargé à la place des censeurs ayant eu pour cela ses pouvoirs prorogés d'une façon absolument anormale (p. 24, note 2). Lorsque les pouvoirs des censeurs, qui avaient en 482 traité pour la construction de l'aqueduc de l'Anio, expirèrent avant son achèvement, on nomma à cette fin des duumvirs spéciaux (1).

2. Construction de routes. La construction des voies de chemins, la République ne pouvait pas plus que celle des aqueducs s'enfermer dans la durée étroitement limitée des pouvoirs

des magistrats. Ce qui est vrai de l'aqueduc Appien l'est de la voie Appienne, et la plupart des grandes routes italiques ont probablement été établies au prix d'anomalies semblables. Cependant la prolongation pouvait ici être obtenue sans vio-

(1) Frontinus, De aquis^ 6: Post biennium (c'est-à-dire sans doute peu après Texpiration de la prorogation probable de la censure) deinde actum est in senatu de consummando ejus aquœ opei^e... ex senatus consulto duumviri aquas perducendœ creati sunt Curius [qui eam] locaverat et Fulvius Flaccus : Cttrius intra quintum diem quam erat duumvir creatus decessity gloria perductœ pertinuil ad Fulvium. On peut avoir ici omis le plébiscite précédant Télection parce qu'il s'agissait seulement de la réception d'une construction affermée de la manière normale.

DaorT PuBL. Rom., t. IV. 25

lation en forme de la constitution, parce que la magistrature des magistrats employés hors de la ville à des constructions de routes pouvait être prorogée autant qu'on voulait, si ce n'étaient pas des censeurs.

curaiorea via- Au VU* sièclo, il parait y avoir eu, en vertu d'une loi Visellia qui ne nous est pas autrement connue, une cura vtarum distincte (1), dont on a relevé jusqu'à présent les applications suivantes (2) :

a. Lorsque le censeur de 639, L. Metellus, fit marché pour la construction de la via Salara, il confia la réception des travaux adjugés en trois sections à trois curatores vianim différents (3)1;

b. C. Glaudius Pulcher, consul en 662, administra entre la préture et le consulat une curatelle viis stemundis (4) ;

c. La réception d'une construction est faite en Tan 683 de Rome par un cur(ator) viar(um) e lege Visellia, qui était alors en même temps tribun du peuple (5) ;

d. Le pont du Tibre, actuellement appelé Quattro Capi, a été élevé et reçu en l'an 692 par L. Fabricius C. /. cur. viar. (6).

Ces éléments ne suffisent pas pour motiver 'un jugement précis sur les curatores viarum, et c'est pour cela que nous ne les avons pas admis dans la série des magistrats ordinaires. Mais, d'après les termes de leur titre, ils ne peuvent point

(1) J'ai rassemblé dans le Jahrbuch des gem. deutsch. Rechts de Bekker ci Muthcr, â, 335, les renseigements fournis par notre tradition sur la loi ou les lois ViselUa.

(2) Les viocuri de Varron (5, 158 : Clivos Publicius ab sedilibus pUbis PttbHcis qui eum publiée sedificarunt : simili de causa Pullius et CosconiuSj quod ab his viocuris dicuntur œdificaii) pourraient se rattacher aussi à cela.

(3) Inscription, Ephem. epigraph. Il, p. 199 = C. /. i. VI, 3824. ^

(4) C. /. L. 1, p. 279 : Curator vis stemundis. On ne voit pas clairement si cette cura était ou non organisée en collège.

(5) C. /. L. I, n. 593. Avant la publication de Tinscription du censeur Metellus, on a conclu de cette inscription, où la réception des travaux a lieu de con- Ifegarum) sen(tentia} et où suivent les noms des neuf autres tribuns, que la cura viarum était liée au tribunat du peuple. Désormais il est au contraire établi que cette coïncidence est fortuite.

(6) C. /. L, I, n. 600. Dion, 37, 45.

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