LA COUR ET LA .MAISON DE LEMPEREUR
quant à l'ordre équestre, on n'y a, semble-t-il, admis, dans la première période, que ceux de ses membres à qui ce droit avait été concédé à titre spécial (1), puis, plus lard, probablement tous ceux qui se présentaient porteurs de l'anneau d'or (2). La séparation, déjà faite dans les grandes maisons républicaines, en amis de la première et de la seconde série (3), a été conservée par les empereurs, et on lui a donné pour base la distinction de l'ordre équestre et de l'ordre sénatorial, sans pourtant en faire la ligne de démarcation exclusive (p. 104, note 2). La dénomination d'amis de Tempereur n'a pas été étendue aux plébéiens ni aux nonromains (4). A l'inverse de ce qui a lieu pour l'amitié ordi-
(1) Au temps de Claude quiconque avait accès à la cour portait l'image de l'empereur à son anneau d'or (Pline, H. n.33, 3, 41 : Quibtis admissiones libers Jus dédissent imaginem principis ex auro in anulo gerendi; car, c'est ainsi qu'il faut lire, semble-t-il, cf. Hermès, 4, 129) ; ce qui avait sans doute pour but de faciliter un contrôle pénible et blessant. Si donc, au temps de Claude, le droit d'entrer à la cour n'appartenait pas à tous ceux qui portaient l'anneau d'or, il faisait sûrement défaut à tous ceux qui n'étaient pas en droit de le porter.
(2) Vespasien permit le port de cet anneau d'or à tous les chevaliers; il supprima donc ce mode de contrôle, à moins que, comme il est plus vraisemblable, il n'ait accordé J'entrée à la cour à tous les membres des deux ordres privilégiés qui n'auraient pas fait l'objet dune exclusion spéciale. Dion, 66, 10 : '0 oî OjîJxaT'.x^;. .. Trr/Ta; ojy û; aCTOxpi-riup, iXk' û; lo'.tJTr,; [AVT.ixT, TT,; zpoTÉpa; aiToiJ t>/t,î èoï^ioôto. L'exclusion des plébéiens a sans doute subsisté. Une décision de Caracalla a pour préambule (Cod. Just. 9, 51, 1) : Imp. Antoninus Augustus cum salutatus esset ab Oclatiuio Advento et Opellio Macrino praefeclis prsetorio clarissimis viris, item amicis et principalibus officiorum et iitriusque ordinis viris et processisset.
(3) Sénèque. De benef. 6, 34 : Apud nos primi omnium Gracchus et inox Livius Drusus instituerunt segregare turbam suam et alios in secretum recipere, alias cum pluribus, alios universos. Habuerunt itaque isti amicos primos, habuerunt secundos, numquam veros. Les personnes de la troisième catégorie, qui n'étaient pas reçues, mais seulement autorisées à présenter leurs salutations en commun, n'appartiennent pas aux amici.
(4) Ce n'est qu'improprement que les Grœci sont comptés dans les comités ou dans la co/jors amicorum. Suétone, r<6. 46: Comités peregrinationum expeditionumque... unamodo liberalitate ex indulgenlia vitrici (donc avant l'adoption; prosecutus, cum tribus classibus factis pro dignitate cujusque primœ sescenta sestertia, secundae quadringenta dislribuit, ducenta terliae, quam non amicorum, sedGrœcorum [gratorum est une mauvaise correction; appellabat. Plutarque, Brut. 53 : '0 Kaîiap ir/sv a-j-cov êv zz toi; -ôvo;; xaî h toT; r^z?\ "Axtiov àyÛT:-/ é'va Tiv r.zç,'. aj-:ôv àyaeiiv yïvojxÉvwv 'Eaàt.vuv. Cf. Dion, 51, 20 : Toîî... çévoi;, "^Xkryic, Tsa; iT,:x-x\i-:7i-. iajTÔJ T-.va... Tî'jLî'v.ja: ir.i-Z'ii-li'i .
naire, celle-ci se rapporte moins à la personne du prince qu'au principal (1). Mais la dénomination d'ami de l'empereur n'est pas arrivée à être employée comme un titre proprement dit, quoiqu'elle soit fréquemment donnée par l'empereur luimême comme un qualificatif honorifique (2) ; il se lie encore moins à cette situation des droits nettement formulés, à moins qu'on ne veuille considérer comme tels la présence à la cour ou, par exemple encore, l'admission à la table impériale (3). Mais c'est dans ce cercle que sont sans doute toujours choisis tant les personnages dont l'empereur prend le conseil en cas de besoin, que ceux qui l'accompagnent dans Comités Aitfjusti. SCS voyagcs lorsqu'il quitte l'Italie (comités Augusti). Nous parlerons des premiers plus loin, dans le chapitre du Droit de relation et dans celui de la Juridiction. Quant aux compagnons de voyage de l'empereur, cette dénomination est portée comme titre, dès les premiers temps du principal, mais elle n'implique pas d'attributions déterminées, quoique les comités soient employés à des affaires publiques, en particulier, à servir à l'empereur de conseillers pendant sa route (4). Ils pouvaient indifféremment appartenir à l'ordre sénatorial et à l'ordre équestre (5) et un
(1) Suétone, TU. 7 : Amicos elegit, quihus etiam post eum princeps ut et sibi el reip. necessariis adquieverunt prœcipueque sunt iisi, où, à la vérité, amicus désigne nécessairement un véritable confident. Pline, Paneg. 88, dit pareillement des affranchis impériaux de Trajan : Neminem in usii habes nisi aut tibi aut patri tuo aut optimo cuiqite principum (évidemment en particulier Titus) dilectum.
(2) Hermès, toc. cit. p. 129. Dans les inscriptions honorifiques, la dénomination ne se trouve que rarement et sans doute seulement associée à cornes (C. /. L. V, 5811. Vï, 3839), évidemment parce qu'il n'est pas convenable que des tiers précisent la relation personnelle existant entre le prince et un sujet.
(3) Pour le temps de Claude ou celui qui va jusqu'à lui, on peut encore ajouter le droit de porter l'image de l'empereur à son anneau (p. 105, note 1).
(4) 11 est traité plus longuement des comités Augusti (l'ancienne cohors amicorum) Hermès, 4, 120 et ss.
(5) Il est surprenant que parmi les compagnons de voyage de l'empereur, nommés dans les inscriptions, qui ne sont, d'ailleurs, pas précisément nombreux, on ne rencontre, en dehors d'un chevalier de rang sénatorial du temps d'Hadrien (C. /. L. VIII, 7036), qu'un seul chevalier des derniers temps de Sévère iC. I. L. XIT, 1856 : C. Julio Pacatiano... adlecto inter comités Auggg.