‹ Manuel des antiquités romaines (volume 3)Chapitre 25 sur 54 · VIMPERIUM OU PUISSANCE PROCONSULAIRE · texte numérisé non relu

VIMPERIUM OU PUISSANCE PROCONSULAIRE

qui ne l'ont portée ni comme titre ni comme nom (1).

Il en est de même, encore plus nettement, du titre de pro- Le utredepro-

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consul. Les pouvoirs des généraux avaient été bannis d Italie i»«et exclusivement reportés aux provinces par Sulla : sous ce rapport le côté militaire du principat trouve son expression dans la puissance proconsulaire, au même degré que dans le nom d'imperator. D autre part, le titre de proconsul est clairement une désignation de fonctions et on ne retrouve pas en lui le caractère équivoque, intermédiaire entre la désignation des fonctions et le nom propre, que présente le mot imperator. Mais précisément pour cette raison, les empereurs n'ont jamais pris le titre de proconsuls jusqu'à la fin du i" siècle, et, depuis Trajan, ils l'ont pris seulement pendant qu'ils se trouvaient hors d'Italie (p. 38). On ne pouvait dire plus clairement que la puissance impériale comprend bien en elle les pouvoirs des généraux, mais qu'elle ne s'exerce sous cet aspect que dans les provinces et non dans la mère patrie.

Au contraire, l'adoption du nom d'Auguste n'est pas Nom dAng«ste. seulement la conséquence légale et immédiate de l'acquisition de Y imperium ; elle en est aussi, du moins quant au caractère, l'expression absolue. Cette dénomination, née avec le principat (p. 3, note 1), est devenue l'expression vivante et, au lieu d'être spécifiquement militaire comme le nom à'imperator, l'expression générale du pouvoir suprême. Mais il est vrai d'elle encore et même à un plus haut degré , qu'elle n'est pas la désignation d'une magistrature, mais exclusivement un nom propre indissolublement lié au pouvoir suprême. Auguste le prit sans y être autorisé par un sénatus-consulte en forme, en s'appuyant matériellement sur le vœu de tout le peuple exprimé, en première ligne, dans la pétition du sénat, de le lui voir prendre (p. 32, note 1). Postérieurement, il va de soi que celui qui est invité par le sénat à prendre Y imperium est invité, du même coup,

(i) Les actes des Arvales disent précisément pour Caligula, qui ne s'est jamais appelé imperator, qu'il impera[toi' appellattis est] (p. 114, note 1).

à prendre le nom d'Auguste ; mais celui-là même qui est proclamé empereur par les soldats, prend en même temps aussitôt le nom d'Auguste, ainsi que le montrent l'exemple de Niger et beaucoup d'autres.

La puissance proconsulaire impériale se distingue à deux points de vue de la puissance proconsulaire ordinaire : en premier lieu, si le commandement militaire est bien encore en lui-même lié au proconsulat ordinaire, la totalité de l'armée est sous les ordres immédiats de l'empereur. En second lieu, les autres puissances proconsulaires sont nécessairement limitées, quant au temps et quant aux lieux, tandis que la puissance proconsulaire impériale n'a été, dès le principe, limitée ni dans le temps ni dans l'espace. Caractère exclu- Sur toutc la surfacc dc l'cmpire, toutes les troupes, sans

sifdu commande-

ment impérial, distiuction dc gamlsou ni de service, prêtent le serment militaire à l'empereur et lui obéissent comme à leur général régulier : c'est là le véritable fondement du principat et ce caractère exclusif du commandement impérial de l'armée, qui est né avec lui, a toujours été maintenu sans interruption. Tous les corps de troupe se désignent môme expressément, depuis Caracalla, comme étant les soldats de l'empereur actuel. Une portion notable des troupes avaient, à la vérité, leurs garnisons dans les provinces sénatoriales au commencement du principat, et, lorsque cela cessa d'avoir lieu sous Galigula, en l'an 39 après J.-C, lorsque leurs quartiers furent assignés dans les provinces impériales à tous les corps de troupes, les proconsuls gardèrent toujours le commandement des soldats détachés à leur service des provinces impériales voisines et ils exerçaient sur eux certains des droits du général. Mais ces soldats n'étaient pas leurs soldats à eux, c'étaient des soldats qui leur avaient été prêtés par le prince, qui n'avaient prêté serment qu'au prince et qui ne pouvaient être appelés et libérés que par lui (1). L'autorité militaire n'appartenait donc pas seulement à l'empereur dans la plus

(1) Ce point a été établi plus en détail dans le chapitre des Gouveiaieurs de province, tome III, p. 302 et ss.

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