LIMPERIIM OU PUISSANCE PROCONSULAIRE
nèrent là désormais sont l'œuvre d'Auguste (1). h'imperiunt uniquement provincial, au sens propre, de l'empereur arriva de la sorte à avoir des garnisons permanentes en Italie et mt^me à Rome (2): c'était un résultat commandé par les conditions géographiques de l'empire et, pour les empereurs, une excellente occasion d'atténuer la situation d'exception de l'Italie. Cependant cette flotte n'est pas immédiatement entrée dans l'existence comme institution d'État ; il n'y a d'abord eu là qu'une disposition privée prise par le prince pour le bien de l'empire, les hommes jusqu'au grade de capitaine, d'une part, et les chefs de la flotte, de l'autre, étant ou pouvant être, les premiers, des esclaves et, les seconds, des aff'ranchis de l'empereur. Et telle demeura la flotte sous les empereurs de la dynastie Julienne (3). C'est seulement sous Claude que nous trouvons ces hommes reconnus comme des soldats et recrutés parmi les pérégrins libres (4); des afi'ranchis impériaux apparaissent encore, à titre isolé, comme amiraux sous la dynastie Claudienne(o). C'est seulement plus tard, — on ne peut l'établir que depuis Hadrien, — que les soldats de lia flotte ont ou reçoivent, au moment de leur enrôlement, un statut supérieur au statut pérégrin, probablement la latinité, et que les deux commandements de la flotte italique pénètrent définitivement parmi les fonctions équestres élevées (6). Désor-
(1} Suétone, Aug. 49 rapproché de Tacite, Ann. 4, 5: Dion, 55, 24; Végéce, 4. 33. Nous ne savons absolument rien des circonstances précises de cette création importante. Sur l'organisation de la flotte que nous n'avons pas à exposer ici, cf. Marquardt, Handb. 5, 501 = tr. fr. 11, 223 et ss. et Hirschfeld, Untersuch. p. 122.
(2) La date des castra Misenatium et des castra Ravenniatum de la ville de Rome est incertaine: cependant ils paraissent au moins avoir déjà existé sous Commode (Ki/a Comm. 15). En droit, on ne pouvait pas faire la moindre objection à ces créations, tant que ce furent des stations de la familia impéiùale.
(3) C. I. L. IX, 41 : Malchio Cœsaris trierarchus de trière Triptolemo. VI, 8928 : Caspius trierarchus Ti. Cœsaris. Autres témoignages, Hermès. 16, 463.
(4) Le plus ancien témoignage certain est le diplôme de lan 52. C. I. L. HT, p. 844.
(5) En Van 52 : C. I. L. III, p. 844. X, 6318: Pline, H. n. 9, 17, 62. — En lan 59 : Tacite, Ann. 14, 3. A côté d"eux on rencontre des praefecti classis de rang équestre [C. I. L. V, 533. X, 4868;.
6) Y. les développements donnés Hermès. 16. 463 et ss. 19. 31 et ss.
mais les flottes italiques sont soumises à un régime analogue à celui de la garde du corps : l'empereur est considéré comme le grand amiral et les deux classes jinelorise (1) sont parallèles au prœtorium de la capitale. La flotte impériale a atteint son but; pendant toute la bonne époque de l'Empire, on n'entend plus parler de pirates sur la Méditerranée (2). (ommandonipiit 5, Dès Ics dcmicrs temps de la République c'était devenu
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un usage que le général, que plus largement tout officier ayant wn commandement indépendant, aftccta, parmi les troupes mises à sa disposition, une cohorte une fois formée (cohors), qui était dispensée du service de remparts et d'autres corvées analogues et qui recevait une solde supérieure, à la défense de sa personne et du quartier général {prœtoriiim) (3). Lorsque en 712, après la bataille de Philippes, une grande partie des légions victorieuses durent être dissoutes, on forma, de ceux qui désiraient continuer à servir, une troupe de choix de huit mille horiimes et on donna par là au prœtorhim, à la garde impériale, la situation qui a tant influé sur la suite de l'histoire du principal. Mais elle ne reçut sa forme définitive qu'après la bataille d'Actium. h'imperator permanent et séjournant régulièrement à Rome y avait son quartier général ; la troupe aflectée à ce quartier y eut donc sa résidence (4). Cependant Auguste ne fit ce dernier pas, dans lequel se manifestait ouvertement l'extension pratique de
(1) La dénomination a seulement été introduite entre l'an 11 et Tan 12T (C. /. L. III, p. 913. lioo). Leurs capitaines s'appellent aussi parfois frierarchi Auf/usti {C. I. L. VI, 3621. X, 3336).
(2) Arrien, Diss. Epict. 3, 13, 9 : Ktp-/;vT,v [j.£yâ>kT,v 6 Kataap (Trajan) f,!J.tv ooxc? Trapéj^siv, ÔTi oùx stijtv oùxét'. ttoXsixo!. o'jûè [idyjxi oôôs )vT,57rf,pia ixtyiloi. oùoè Tîs-.pa- Tixa* iW è'^cati xdcari îipa ôocûsiv, -nTvôïv àizb àvato^^wv èirl 5'J5;x3(;. Les commandements extraordinaires contre les pirates sont rares du temps do l'Empire ; on trouve au 111° siècle un pareil commandant de rang équestre tt,; s-l -râjav ôâXasaav f,yT|aaîJiEvo; slpTivTiî [ast' è^o'jsîa? aiSr^pou (C. /. Gv. 2509).
(3) Festus, Ep. p. 223 : Frœtoria cohors est dicta qiiod a prastore non discedebat. Scipio enim Africanus primus fortissimum quemgue delegit, qui ab eo in bello non discederent et ceiero munere militiœ vacarent et sesquiplex stipenditim acciperent. V. mes explications Hermès, 14, 25 et ss. et Handb, 5, 401 = tr. fr. 11,199 et ss.
(4) Selon Dion, 53, 11, la première mesure provoquée par l'établissement du principal est le doublement de la solde de la garde future du nouveau prince.
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Yimperium proconsulaire à la capitale qui y était constitutionncllement soustraite, qu'avec son goût propre des demies mesures : il ne lit jamais résider dans la ville plus du tiers delà troupe et il ne l'y caserna pas (l). C'est Tibère qui là aussi a le premier achevé l'établissement de la monarchie : bientôt après le début de son règne, il fit conduire toute la garde dans la capitale par L. .'Elius Sejanus, le chef capable et énergique qui la commandait alors, et il construisit pour elle en dehors de la porte Viminale la grande caserne aux formes de forteresse (2) qui fut, à partir de là, pendant trois siècles, la citadelle dominant la ville et qui a fait autant d'empereurs qu'elle en a renversés. L'une des cohortes prétoriennes était toujours de garde au palais impérial (3) et les chefs s'y trouvaient aussi d'ordinaire (4). — La troupe fut, conformément à la prédominance des pouvoirs du général auquel elle était adjointe, portée à peu près à la force d'une légion (o) et composée, comme les légions, de fantassins et de cavaliers, sans pourtant recevoir la forme d'une légion (6V — Le corps
(1) Suétone, Aug. 49.
(2) Tacite, Ann. 4, 2. 7, sur l'an 23. Dion, 57, 28, sur lan 19. Suétone, Tib. 37. Scolies de Juvénal, 10, 93. Les castra prœtoria furent plus tard enclavés par Aurélien dans sa muraille, avec laquelle subsistent encore les trois côtés extérieurs du fort; Constantin a fait détruire le mur intérieur tourné du côté de la ville (Zosime, 2, 47), lorsqu'il a dissout la garde. Becker, Top. p. 199.
(3) Tacite, Ann. 1, 7. 2, 34. 11, 37. 12, 69 : Foribtis Palatii repente diductis eomitante Rurro 'il est préfet) ^ero egredilur ad cohortem, quœ. more mililiae excubiis adest. lo. 52 : Omissis excubiis. Hist. l , 24. 29. Suétone, Tih. 24. Ner. 21. Les soldats qui étaient de garde portaient encore la toge au temps de Néron (11, p. 70, note 3).
'4) Dion, 69, 18.
:5) Sous Auguste, et même encore sous Vespasien (C. /. L. III, p. 1136), elle comptait neuf cohortes, plus tard elle en compta dix (Marquardt, Handb. 5, 477 =:; tr. fr. 11, 201), donc autant qu'il y en avait dans la légion. Mais les cohortes étaient toutes doubles [miliariœ^. Le chiffre total de neuf mille hommes et plus tard de dix mille est sensiblement égal à celui de la légion avec ses atixilia. Les trois cohortes urbanae ne sont pas comptées là, quoiqu'elles aient dû militairement former jusqu'à Tibère une partie du prsetoinum, tout en ayant été employées dès le principe pour le service de la ville. Cf. ce qui est dit plus loin du commandement à\x praBfectus urbi.
(6) Comme expression d'ensemble on emploie le terme praetorium ; on dit prsefectus praetorio, mililare in praelorio, decedere in prsetorio, mittere ex prœtorio. On n'ajoute guère le nom de l'empereur, qiioique Vespasien. par exemple.
était composé exclusivement de volontaires (1). Mais, tandis que les prétoriens des triumvirs avaient été pris parmi les vétérans des légions , Auguste a formé sa garde du corps des jeunes gens d'Italie qui se présentèrent volontairement, en excluant même à l'origine les habitants de la Gaule cisalpine qui n'avait été réunie à Tltalie que par César (2), et jusqu'à Sévère la troupe garda, jusqu'à un certain point, son caractère national romain. Le service y était avantagé sous tous les rapports, sous celui de la diminution de la durée et de l'élévation de la solde comme sous celui des diverses distinctions et des espérances de toute sorte. Le commandement en était exercé en droit par l'empereur en personne (3), en fait, depuis l'an 7o2 (4), par des représen- Los prmfecti tauts uommés par lui à son gré (5), les prœfecti prastorio (6),
parle des soldats qui in pi'œtorio meo militaveriint [C. 1. L. 111, p. 853). Le ierrae cohortes prœtoriœ (disent les inscriptions, en particulier les diplômes, et non, comme font souvent les écrivains, cohortes -prxtorianse) exclut au sens strict les speculatores qui sont à cheval /C. /. L. loc. cit.); c'est pourquoi l'expression prœfectus cohortiiim prsetorianorum employée par Suétone, Tib. 4. Domit. 6, est aussi étrangère au langage rigoureux. Le soldat isolé servant dans le prsetorium est appelé praelorianus.
(1) Cf. le débat devant Hadrien chez Dosithée, Sent. Hadrian. 2. 11 n'y a certainement jamais eu de recrutement en forme de la garde.
(2) Telle est la règle indiquée par Tacite pour le temps de Tibère {Ann. 4, 5; cf. Hist. 1, 84); cependant, dès le temps de Claude, tous les Italiens étaient admis, et plus tard même les habitants des provinces romanisées (Dion, 14, 2). V. les détails Hermès, 4, 117 et ss. 19, 52 et ss.
(3) L'empereur donne lui-même le mot d'ordre (signum) au tribun des prétoriens. Tacite, Ann. 1, 7 : Defuncto Augusto signum praetoriis cohortibus ut imperator dederat. 13, 2. Vita PU, 12. Marci, 7. C'est pourquoi aussi les prœfecti ne sont jamais nommés dans les diplômes militaires des prétoriens, tandis qu'on y trouve mentionnés les légats des provinces et même les préfets de la flotte.
(4) Dion, 55, 10 : 'ETiâpyouî -côiv Sopu-fopwv "uôxe zpwxov KOtvTÔv xe 'Ouxtôpiov IxanroûXav xat IIoû-Tviov SaAouiov "ATipov àTtéSci^f. Lydus, De mag. 1, 13. 2, 6. Les auteurs postérieurs comparent ou rattachent le prœf. praetorio au magister equitwn de la République (111, p. 204, note 3).
(3) Le sénat n'a sans doute été interrogé à ce sujet que par Alexandre Sévère, Vita, 19 : Prœfectum prsetorii sibi ex senatus auctoritate constituit.
(6) En grec ïizoïpyo^ xwv 8opu!pôpwv (Dion, 55, 10) ou xfiî aùXf.î xal xwv Soputpôpuv (Plutarque, Galba, 13) ou simplement -rfi; aùAfii; {op. cit., 2) ou xwv Q-zpcixotéSwv (Hérodien, 1, 8, 2; cf. f,Y£[xà)v xwv sxpaxoTîsSwv», Philostrate, Vit. soph. 2, 32) -, habituellement Êxapyo; tout court, comme dit Dion, loc. cit. : Oîixw yâp xot aOxoùî xal éyà» iaôvouç xwv é-Trapydvxwv x-.vdî, èi:s'.5T,-i:ep èxv£vtx-fix£v, ovofidÇw.