‹ Manuel des antiquités romaines (volume 4)Chapitre 11 sur 49 · Colonies romaines (6). —Les Romains enlevaient ordinaire · texte numérisé non relu

Colonies romaines (6). —Les Romains enlevaient ordinaire

(ἢ) Cicero, Pro Balbo, XIII, 31 ; De offic., I, 11, 35. — Sur ces villes, voy. Mommseni epistola dans T. Livii periochæ, éd. Jahn, pp. XXII et suiv.—[Comp,. aussi M. H. Dessau, dans le C. 1. L.,t, XIV.]

(2) Le”passage suivant de Festus, dans le Cod. Vatic. (apud Mommsen, Festi codicis quaternio XVI, dans les Abh. d. Berl. Acad., 1864, p. 61), distingue les municipes de l’époque originaire et les municipes de l'époque postérieure : municeps [est], ut ait Ælius Gallus, qui in municipio liber natus est ; item qui ex alio genere hominum munus functus est; ilem qui in municipio ex servilute se liberavit a municipe (c’est-à-dire, par conséquent, qu'on devient maintenant municeps : 1° par la naissance ; 20 par l'admission ; 3° par l’affranchissement). Aé Ser. filius aiebat, initio fuisse, qui ea condilione cives fuissent, ut semper rempublicam separatim a 'populo Romano haberent [videlicet] Cumanos, Acerranos, Atellanos. |

(3) Paulus, p. 127, éd. Müller.

(4) Ainsi lisent Niebuhr et Madvig, au lieu de la leçon du manuscrit : wéi municipia essent sua cuiusque De

(5) Voy. Savigny, dans la Zeitschr. f. geschichtl. Rechtswiss., IX, 3, p. 223; — C.G. Zumpt, loc. cit.; — Peter, loc. cit., p. 220. — [Sur Præneste, voy. M. Emm. Fernique, Étude sur Préneste, ville du Latium, dans la Bibliothèq. des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, fascic, XVIIe, Paris, E. Thorin, 1880, in-8;, — sur Tibur et Præneste, voy. M. H. Dessau, dans le C. I. L., t. XIV, pp. 365 et suiv.; 495 et suiv#; 288 et suiv., et 494; — sur Nola, voy. Mommsen, dans le Ὁ. 1. L., t. X, 1, pp. 142 et suiv.]

(6) C’est dans Madvig (De jure et condicione coloniarum populi Rom., dans ses Opusc., pp. 208 et suiv.), que se trouvent les renseignements les plus complets sur les colonies. Traitent en outre la matière : Sigonius, De ant,

ment aux peuples soumis une portion de leur territoire, alors même que d’autre part ils respectaient leur autonomie ou leur concédaient la civitas sine suffragio; et cette portion, qui, en règle générale, était d'un tiers (1), tantôt demeurait comprise dans l’ager publicus, tantôt était vendue (2), tantôt enfin était attribuée à des colons romains. Les habitants expropriés se réfugiaient à Rome, lorsqu'on ne leur permettait pas de rester

jure Italiæ, II, ὁ. 2-5 ; — Spanheim, Orb. Rom., I, ὁ. 9; — Trekell, loc. cit., pp. 187 et suiv. ; — Heyne : De velt. colon. jure, Opuse., I, pp. 290 et suiv. ; De Romanorum prudentia in colon. regendis, Opusc., III, pp. 19 et suiv.; — Niebuhr, Rôm. Gesch., t. II, pp. 48-56 [— dans la trad. fr. de M. de Golbéry, it. III, pp. 59-69]; — Weiland, De bello Marsico, Berol., 1834, c. 2; — Ruperti, De coloniis Romanorum, Romæ, 1834, in-4; — GC. Dumont, Essai sur les colonies Romaines, Bruxelles, 1844, in-8 ; — Schmidt, Das Colonialwesen der Rümer, Postdam, 1847, in-4; — Sambeth, De Romanorum coloniis, Tübingen, Pars 1. 2, 1861-62, in-4; — Rudorff, Rôm. Feldmesser, t. ΤΙ, pp. 323 et guiv.; — Voigt, Jus natur., t. II, p. 331 et suiv. — [Adde : 4. Naudet, Des changemens opérés dans toutes les parties de l'administration de l'empire rom., Paris, 1847, t. I, pp. ἀξ et suiv.; — Rud. Help. Eyss. Wichers, De coloniis veterum Dissertatio, Groningæ, 1825; in-8; — Rein, Colonia, dans la Pauly's : Realencycl. ; — Zumpt, De coloniis Romanorum militaribus libri quatuor, dans ses Commentationes epigr., t. I, pp. 195-491; — Walter, Gesch. d. Rüm. Rechts, 3° 64., Bonn, 1860, t. I, ὃ8 217-223. 225. 245. 253. 265-210 ; — Houdoy, Le droit munic., t. I, Paris, 18176, pp. 40-49; — Firmani, 1 comuni doppii nella costituzione di Roma, Torino, 1871; — Beloch, Der ilal. Bund, Leipzig, 1880, pp. 111-119 ; — Th. Mommsen, Die italischen Bürgercolonien von Sulla bis Vespasian, dans Hermes, t. XVIII, 1883, pp. 1601: 8} suiv. ; — Madvig, Verf., t. II, ch. 7, $ 4 — dans la trad. fr. de M. Ch. Morel, L'État romain, t. III, Paris, 1883, pp. 26 et suiv.; — P. Willems, Le droit public romain, 5e éd., Paris, 1884, pp. 369 et ‘suiv., et Le Sénat dela Rép. rom., t. II, Louvain et Paris, 1883, p. 675 et suiv.; — les deux dissertations remarquables et d’une importance capitale de MM. G. Humbertet F. Lenormant, dans le Dict. des Antiq. grecq. et rom. de MM. Ch. Daremberg et Edm. Saglio, 9 fasc., Paris, 188%, mots Colonies romaines et Monnaies des colonies romaines, pp. 1303 et suiv., et 1319 et suiv.; — Otto Karlowa, Rüm. Rechtsgesch., t. I, Leipzig, 1885, $ 47, pp. 304 et suiv.; — A. Bouché-Leclercq, Manuel des Instit. Rom., Paris, 1886, pp. 174 et suiv. ; — J.-B. Mispoulet, Les instit. politig. des Rom., t. II, Paris, 1883, pp. 31 et suiv., et Étude sur les tribus romaines, dans ses Études d’instit. rom., Paris, 1887, passim, et Spécialement pp. 9 et suiv., et 41 et suiv. — Comp. infra.]

(1) Dionys. Halic., II, 35. 50, 53; — Tit. Liv., X, 1.

(2) Hygin., dans les Gromat., éd. Lachm., t. 1, p. 115: Quæstorii autem dicuntur agri, quæ populus Romanus devictis pulsisque hostibus possedit man-

davitque quæstoribus, ut eos venderent. Cf. eod., pp. 116. 417. 131. 136. 137. 151. 152, "

Ὡ PCR ὦ S UT ἘΠ᾿ EE 4 ἄν ὙΠ δι ΣΡ ΣΥΝ et DR Ὁ D à πὰ γὼ δ΄ του D, D 22" ὴ PRES ““ ΣῊ: . ἈΚ ἜΣ, Ὁ ον ΜΟῚ es ae Eos Ἂς ET eue ΜΕ MTS Te Le: He é À + E , CT +! 4 ML A

chez eux (1). L'établissement de citoyens romains sur le sol conquis avait pour but d'y maintnir la domination romaine; il se justifiait ainsi dans les premiers temps par des considérations militaires, puisqu'il n’y avait pas d’armée permanente pour tenir garnison dans les territoires annexés (2). Ce n’est qu’à l'époque des Gracques que la fondation des colonies eut pour objet de venir en aide à la fraction la plus nécessiteuse de la population urbaine (3). Comme d'ordinaire l’émigration était dirigée vers des régions déjà habitées, vers des communes déjà existantes (4), il faut distinguer dans la colonie deux

(1) Voy. ci-dessus, p. 36. Dionys. Halic., II, 35: ὁ δὲ ῬΡωμύλος τριαχοσίους μὲν ἄνδρας εἰς ἑκατέρας ἀποίχους ἀπέδτειλεν. οἷς ἔδοσαν αἱ πόλεις τρίτην χληρουχῆσαι μοῖραν τῆς ἐαντῶν γῆς. Καινιτῶν δὲ καὶ ᾿Αντεμνατῶν τοὺς βουλομένους μεταθέσθαι τὴν οἴχησιν εἰς Ῥώμην γυνα!:ξὶν ἅμα χαὶ τέχνοις μετήγαγε.

(2) Cicero, De Leg. agrar., II, 21, 18 : Est operæ pretium diligentiam majorum recordari qui colonias sic idoneis in lacis contra suspicionem periculi collocaruné, ut esse non oppida Italiæ, sed propugnacula imperii viderentur. Et telle est. laraison pour laquelle la colonie s'appelle φυλαχή ou φρουρά (Dionys. Halic., II, 53. 54), les colons φρουροί (Dionys. Halic., VI, 32. 34), et pourquoi il est dit de Crustumerium, dans Denys d’Halicarnasse (III, 49) : τοῦ δὲ μηδὲν ἔτι παρακινῆσαι χάριν ἐποίχους αὐτοῖς χατέλιπε Ῥωμαίους. Cf. VII, 13; — Tit. Liv., I, 56, 3 ; II, 34, 6; IV, 11, 3; — Appian., Bell. civ., I, Ἵ.

(3) L'opinion que les colonies auraient eu pour but de secourir la lie de la plebs romaine (Roth, De re municipali, Stuttgart, 1801, p. 5, note), 8 été . vivement combattue par Madvig (De jure et condic. colon., p. 245) : il cite l'exemple de la colonisation de Velitræ (262 — 492), à propos de laquelle, à défaut de colons volontaires, des colons furent désignés par le sort dans l’ensemble du peuple romain tout entier et furent astreints, sous des peines sévères, de prendre part à la fondation de la colonie. (Dionys. Halic, VII, 43; — Plutarch., Coriol., 13.) Sans doute, les colonies servaient bien déjà, dans la lutte entre les patriciens et les plébéiens, à apaiser la plebs et à en éloigner une partie (Tit. Liv., V, 24; VI, 16), ou, comme le dit Tite-Live (ΤΙ, 16) : μέ beneficio prævenirent desiderium plebis ; maïs, comme la colonie s’établissait sur un territoire précisément conquis, elle répondait ainsi au but qui lui était propre.

(4) La remarque de Niebuhr (δηλ. Gesch., t. II, p. 49 [— dans la trad. fr. de M. de Golbéry, t. III, p. 59]), que les colonies grecques auraient été en général des villes bâties tout exprès, à la différence des colonies romaines, souffre, quant à ces dernières, quelques exceptions, puisque Ostia (Tit. Liv., I, 33) et Signia (Dionys. Halic., IV, 63) ont été de création nouvelle [sur Ostia, νου. M. H. Dessau, dans le C. I. L., t. XIV, pp. 1 et suiv., et 481, et, sur Signia, Mommsen, eod., t. X, 1, p. 591]. Mais elle paraît avoir servi de règle dans les anciennes définitions de la colonie. Siculus Flaccus, dans les Gromat., ëd. Lachm., t. I, p. 135 : Coloniæ autem inde dictæ sunt, quod Romani in ea municipia sie colonos, vel ad ipsos priores municipiorum populos coercendos, vel ad hostium incursus repellendos ; — Serv., Ad

mere ah ». Fu φ " ΣΥΝ L

éléments différents : d’une part, les colons; de l’autre, les indigènes, les habitants vaincus. Les colons, dont le nombre s'élevait la plupart du temps à 300 (1), réminiscence des 300 gentes romaines (2), formaient entre eux une commune, à l'image de la métropole (3). Ils constituaient dans la colonie un ordre privilégié, comme les patriciens à Rome (4);

possédaient le tiers de son-territoire; ils élisaient dans leurs rangs leur sénat et leurs magistrats, et continuaient, semblet-il, même après leur émigration, à jouir de l’intégralité de la civitas cum suffragio et jure honorum (5). À eux seuls s’applique à l’origine l’appellation de colonie, qui n’embrasse pas les habitants vaincus (6). Ces derniers cherchaient souvent, en revanche, à reconquérir leur liberté par l'expulsion ou par le meurtre des coloni (7), ce qui donne à penser que leur condition

Verg. Æn., 1, 12 : Sane veteres colonias ita definiunt. Colonia est cœtus eorum hominum, qui universi deducti sunt in locum certum ædificiis munitum, quem certo jure obtinerent. Ali : colonia est, quæ Græce ἀποιχία vocalur : dicta au= tem est a colendo : est autem pars civium aut sociorum missa, ubi rempublicam habeant ex consensu suæ civilatis aut publico ejus populi, unde profecti sunt, consilio. Hæ autem coloniæ sunt, quæ ex consilio publico, non ex secessione sunt conditæ. — Dionys. Halic., 11, 16. Ξ

(1) Voy. Madvig, De jure et condic. colon., Ὁ. 226, et les sources par lui

‘indiquées ; — Dionys. Halic., 11, 35. 53; — Tit. Liv., VII, 21; XXXII, 29;

XXXIV, 45. Cependant, il y a eu des exceptions ; c’est ainsi, par exemple, que Lavici reçut 1500 coloni (Tit. Liv., IV, 47). — [Sur Lavici ou Labici, voy. M. H. Dessau, dans le Ὁ. I. L., t. XIV, pp. 914 et suiv., et p. 493, XVI.]

(2) Voy. Niebuhr, Rôm. Gesch., t. II, p. 55 [— dans la trad. fr. de M. de Golbéry, t. 111, p. 67]; — Madvig, op. cit., p. 225.

(3) Aul. Gell., Noct. att., XVI, 13 : quasi effigies parvæ simulacraque populi Romani.

(4) Voy. Niebubr, op. et loc. sup. citt.

(5) Ce système, que Madvig (op. cit., pp. 244-254) développe en détail, et en faveur duquel se prononcent Peter (Zeitschr. f. Alterth., 1844, p.198), Rein (dans la Pauly's Realenc., t. 11, Ὁ. 506) et Walter (Gesch. d. Rôm. Rechts, t. I, $ 219), ne s’appuie sur aucun témoignage direct; mais la doctrine opposée, adoptée par Kuhn (Zeistschr. f. Alterth., 1854, n. 67. 68) et par A. W. Zumpt (Studia Rom., p. 361), ne peut pas en invoquer davantage.

(6) Dionys. Halic., VIII, 14 : ἐπὶ Κιρχαίαν πόλιν ἐν ἢ χληροῦχοι Ῥωμαίων

. ἧσαν ἅμα τοῖς ἐπιχωρίοις πολιτευόμενοι; — Niebuhr, Rôm. Gesch., t. II, p. 52

[= dans la trad. fr. de M. de Golbéry, t. III, p. 63].

(1) γον. Madvig, op. cit., p. 227. Ainsi Denys d'Halicarnasse (II, 54) dit de Cameria : τοὺς μὲν ἀπέχτειναν τῶν ἐποίχων τοὺς δ΄ ἐξέθαλον. Ainsi encore Sora se donna aux Samnites (444 — 310) inferfectis colonis Romanorum (ΤΊΣ, Liv., IX, 23; — Diodor, XIV, 102) et Alba se souleva en 452 — 302 (Tit.

Organisation Romaïne, t. I. 4

Page 1