‹ Manuel des antiquités romaines (volume 4)Chapitre 12 sur 49 · AUS RE UPS TON EE NE · texte numérisé non relu

AUS RE UPS TON EE NE

était des plus défavorables. Nous n’avons sur leur compte aucun renseignement plus précis. Néanmoins, parmi les divers systèmes auxquels leur coridition a donné lieu, la préférence nous parait devoir être accordée à celui de Madvig, suivant lequel ils jouissaient, comme les anciens municipia, de la civi- | tas sine suffragio (1). Tout d’abord, en effet, les textes affirment 4 qu’ils devenaient citoyens (2), et, quand il s’agit de localités à peine conquises, ce mot ne peut évidemment revêtir que lesens . ci-dessus indiqué de sujétion, privée de droit politique. D’au- | tre part, les habitants indigènes étaient placés sous l'autorité des magistrats de la colonie et obéissaient au même droit que les colons romains eux-mêmes (3); ils ne formaient donc, à au- | cun point de vue, une commune distincte de ceux-ci. Enfin, s'ils avaient conservé la qualité de peregrini, nul doute que la fusion entre les deux éléments des colonies, fusion depuis long- 4 temps opérée lors de la /ex Julia, et dont l'effet fut de com- Ὁ | prendre sous le nom de colonta la totalité de leurs habitants (4),

n’eùt été beaucoup moins aisée. Tandis que les indigènes

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Liv., X, 1, 7). — [Sur Sora et sur Alba, voy. Mommsen, dans le C. I. L., t. X, 1, p.560, et t. IX, pp. 370 et suiv. Cf., sur l’Ager Albanus, M. H. Dessau, eod., t. XIV, p. 216.]

(1) Voy. Madvig, op. cit, pp. 232-244,

(2) Niebuhr, Rôm. Gesch., t. II, p. 56 [ —dans la trad. fr. de M. de Golbéry, t. III, p. 69]. Voy. Dionys. Halic., Il, 35. 50; 1II, 49: — Tit. Liv. VIII, 14; cf. VI, 17; IX, 16, et sur ces passages Rein, Loc. sup. cit., pp. 506 et suiv.

(3) Voy. infra, ce qui est dit au sujet des préfectures, p. 55.

(4) Niebuhr, Rôm. Gesch., t. IT, p. 52 : « Néanmoins l'usage du discours [lidiôme] changea, comme cela devait être, quand colons οὗ habitans se confondaient en une seule bourgeoisie, comme à Rome les citoyens et la commune s'étaient réunis en un seul populus, le peuple romain. Avant qu’on en fût venu là dans Rome, cette fusion était sans doute impossible pour les colonies, et tant que les patriciens ne reconnurent aucun effet civil aux mariages mixtes, ils n’auront pas toléré de connubium dans les colonies formulées selon l’ancien Droit; ils n'auront souffert, avec les habitans primitifs, qu'un simple commercium. » [Trad. fr. de M. de Golbéry, t. IT, pp. 63 in fine et 64.] La dernière observation se réfère aux plus anciennes colonies, antérieures à Servius Tullius, dans lesquelles n’entraient que des patriciens ; c’est à dessein que je n’en parle pas ici, parce que nous ne possédons aucun renseignement sur leur organisation. Pour les colonies des premiers temps de la République, l’organisation des municipes d'alors est la seule analogie que l’on puisse invoquer avec certitude.

reçurent peu à peu, comme les municipes, le plenum jus civita-

tis, les colons perdirent le caractère d’une garnison militaire,

que la soumission de l'Italie rendait inutile. L'ancien système, consistant à protéger les nouvelles conquêtes par l’établisse-

ment de colons citoyens, ne fut plus appliqué par les Romains

qu’à la Gallia cisalpina, dont il sera question plus loin. A par-

tir des Gracques, le rôle primitivement joué par les colonies se

modifie profondément, et les nouvelles fondations de colonies

sont inspirées uniquement par la nécessité d’améliorer le sort

des classes pauvres. Plus tard enfin, après l’an 654—100 (1),

les colonies reçoivent encore une autre destination : elles ser-

vent à récompenser, par des concessions de terres, les soldats congédiés. Ainsi, dans la dernière période de leur histoire, les

colonies, désormais exclusivement militaires, se rapprochent de

nouveau de leur fonction première, qui les appelait à veiller à

la conservation des territoires conquis.

Voici quelle est, d’après Madvig et Mommsen, la liste des Liste des colonies

colonies de citoyens en Italie; nous y joignons, dès à présent, dr

pour nous y reporter par la suite, les rares colonies fondées hors d'Italie jusqu'en 654—100 (2).

(1) Vellei. Paterc., 1, 15, 5 : In Bagiennis Eporedia (deducta colonia est) Mario sexztum Valerioque Flacco consulibus. Neque facile memoriæ mandaverim, quæ, nisi militaris, post hoc tempus deducta sit. Comp. Zumpt, Comment. epigr., t. I, p. 205.

(2) Voy. Madvig, op. cit., pp. 265. 295 et suiv.; — Mommsen, Rôm. Münzw., pp. 332 et suiv.[—dans la trad. fr. de MM. de Blacas et de Witte, t. III, pp. 210 et suiv.]. — Si le passage d’Asconius (p. 3 [In Pisonianam, dans les M. Tullii Ciceronis opera, éd. Orelli, J. G. Baiterus et Car. Halmius, vol. V, pars II, Turici, 1833]) doit être lu de la manière suivante: Eamque coloniam (Placentiam)LITI deductam esse invenimus, il en résulterait que cette colonie, fondée en 536 ΞΞ 218, serait la 53°, tandis que, jusqu'à cette année, nous ne connaissons que 11 colonies de citoyens et 34 colonies latines, soit, au total, 45 colonies. La liste serait donc incomplète, et c’est ce qu'admettent Savigny (Verm. Schr., t. 117, p. 280, note 1) et Mommsen (Rôm. Münzw., p. 860 [— dans la trad. fr, de MM. de Blacas et de Witte, t. III, p. 181, note 2 in fine]). Cependant O. Hirschfeld (Zur Geschichte des latinischen Rechts, dans la Festschrift zur 50jährigen Gründungsfeier des archäologischen Institutes in Rom., Wien, 1879, in-#, p. 5 [= dans la trad. franc. de M. l'abbé H. Thédenat, Contribution à l’histoire du droit Latin, par Otto Hirschfeld, etc., dans la Revue gén. du droit, 1880, p. 296, note 4, et tirage à part, Paris, E. Thorin, 1880, gr. in-8, p. 8, note 47) tient le passage d’Asconius pour obscur et lit : Placentiam autem sex milia hominum novi coloni deducti sunt... Eamque coloniam LIII [annis post civitate

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